novembre 8th, 2013

C’est un peu tout nouveau, pour moi. Une chronique en “indépendant”. Ni sur Spirit of Rock, encore moins sur Spirit of Metal, juste pour moi et quelques curieux qu’il me revient d’aller chercher. Et pourquoi donc ? Un duo qui m’a tapé dans l’œil (ou l’oreille). Ça nous vient de Toulouse (et oui, encore), ils sont deux et ça se nomme Cats On Trees. D’un côté, Nina Goern, de l’autre, Yohan Hennequin, que beaucoup pourront reconnaître comme étant la base rythmique du groupe de piano-postcore My Own Private Alaska, mais les deux compères nous ont déjà montré l’étendue de leur talent et complémentarité avec Aeria Microcosme. Mais pour aujourd’hui, il ne s’agit ni de Postcore ou d’un quelconque rejeton Rock.

L’album éponyme de Cats On Trees se forme autour du piano/clavier et de la voix de Nina et de la batterie bien rythmée de Yohan. Pour Yohan, habitué à violenter ses fûts sur les hurlements viscéraux de Matthieu Miegeville, nul doute que la collaboration sera déjà plus relaxante. Pour Cats On Trees, il s’agira de confirmer la réputation acquise après un premier EP de bonne facture, une victoire au Printemps de Bourges 2010 et une signature chez Tôt Ou Tard (Shaka Ponk et les Têtes Raides, notamment).

Musicalement, qu’est-ce ? Une pop mélancolique, un folk relaxant. La voix de Nina domine l’ensemble. Elle y paraît souvent enfantine, naïve, mais empreint d’une impressionnante sensibilité et surtout d’un véritable vécu, donnant l’air d’habiter chacune des compositions de l’album, surtout dans la seconde partie de l’album. Les battements de Yohan ne domine jamais réellement l’échange, le mix trouvant de ce fait un équilibre parfait pour rendre l’écoute extrêmement fluide.

Pour ainsi dire, les premiers titres sont très rythmé, rapide, la voix se fait très mélodique et presque joyeuse. Les chansons y sont courtes, allant droit à l’essentiel, à l’émotion juste. Sur « Burn », titre d’introduction, la batterie y apparaît forte, lourde comme un métronome sur la voix dansante de Nina. Sensation qui se poursuit sur la très douce « Siren’s Call », les lignes de chant sont tremblantes, fragiles, mais tellement maîtrisée. Yohan joue avec une belle finesse pendant que des cordes délicates bercent l’ensemble avec maîtrise.

La légèreté de « Full Colours » aura cœur de mélanger les sonorités de batterie pop et de cordes mélancoliques, violon, légère guitare dans un ensemble limpide. Si un peu plus de joie vous manque, « Tikiboy » vous apportera ce qu’il faut. La batterie se veut plus rapide, le piano plus aigu, la voix usant de variations rendant le tout encore plus vivant. On retrouve une pop à la Amy Macdonalds sur le piano métronomique de « Too Much » aux vocaux envolés et à la lourde batterie ou encore un duo de voix entre Nina et Yohan sur le vintage « Wichita », petite pop électronique catchy (parfois un peu niais, mais ça reste à l’appréciation de chacun) au piano dansant.

Mais loin de ne proposer qu’un album empreint de joie, beaucoup de titres transpirent une belle mélancolie. C’est notamment le cas de la légère « Jimmy », trouvant son équilibre dans ses ensembles de cordes très épurés en complémentarité des partitions de piano. La plus expérimentale « Flowers » mélange les inspirations mélodiques de l’album pour proposer plusieurs superpositions de plans de voix (tantôt voilée, d’autres plus mises en avant) et de mélange cordes/piano/percussions pour un ensemble qui se rapproche d’une composition symphonique.

On touche une émotion plus pure avec un « You Win » transpirant une certaine fatigue. Plus solennel dans son approche vocale, le piano est beaucoup plus grave, la batterie plus rare, mais plus résonnantes, les cordes très étirées. Dans la pleine continuité, on pourrait trouver un « Walking on the Line », chanson à l’apparence plus légère, mais masquant efficacement une atmosphère plus pesante et torturée, notamment dans les chœurs de Nina. On touche la perfection de la voix de la chanteuse sur « Who You Are ». Minimaliste et intime, progressant lentement vers une émotion plus sourde et soudaine, délaissant sa petite voix pour des éclats résonnants et sensible.

On dira ce qu’on voudra sur Cats On Trees. L’émotion est là, pure et réelle au travers de deux musiciens passionnés et complémentaires qui n’ont pour seuls envie que de la faire vivre et nous la faire ressentir. Il est vrai qu’à la longue, certaines pistes peuvent paraître se ressembler entre elles, c’est pour ça que je clôturerais en disant que c’est avant tout un album qui se ressent et qui demande une certaine compréhension de cet univers particulier, parfois sucré, souvent poétique, tout ça en le savourant lentement.

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