novembre 13th, 2013

Year Of No Light : TocsinYear Of No Light est un groupe qui a tout compris et qui a su s’imposer comme un groupe majeur de la scène Doom/Sludge à tendance atmosphérique. Les Bordelais ont sonné le premier coup de semonce avec « Nord », album autant sombre et malsain qu’embrumé de légères touches de lumières noires, porté par un Postcore ambiant et la voix écorchée de Julien Perez. Mais quand Julien a quitté le navire, YONL ne l’a pas remplacé par un autre. Privilégiant dorénavant les longues ambiances sombres, le groupe a recruté de nouveaux musiciens, d’où le fameux duo de batterie.

De rencontres musicales à de nombreuses collaborations avec des groupes aussi variés que reconnus (Karysun, Rosetta, East Of The Wall, Altar Of Plagues, Mars Red Sky…) depuis la création du groupe en 2004, ils ont pu accoucher d’« Ausserwelt », point d’ancrage de la nouvelle dimension du groupe Bordelais. Plus question de chanteur, uniquement un savant Postcore instrumental lorgnant aussi bien du côté du Sludge et du Doom, voire même du Drone sur certains bourdonnements ou encore du Post-Rock. Avançant à grands pas et en toute discrétion, après la B.O « Vampyr » visiblement peu apprécier chez nos confrères anglophones, le groupe revient avec son troisième opus : « Tocsin ».

Dès les premieres notes de « Tocsin »-titre, nous sommes en terrain connu. Un rythme progressif, mené par des frappes résonnantes, quelques petits arpèges lointains… Tout en lenteur, le titre attend plus de trois minutes pour déployer guitares lourdes et batteries claquantes. Avec le temps, on intègre les ingrédients de Year Of No Light. Les distorsions sont nombreuses, les guitares se détachent de la tête pour laisser en démonstrations des riffs plus implorants et mélodiques, quelquefois pour imposer une rythmique abrasive et offensive, tout en gardant cette trame hypnotisante et monolithique, en la réduisant quelque peu, il est vrai.

« Tocsin » est, de la même manière que l’était « Ausserwelt », un album qui se vit plus qu’il ne se décrit. La trame vocale de « Nord » pouvait empêcher de se créer une histoire, mais le fait que l’ensemble soit dorénavant instrumental rend le tout beaucoup plus imaginatif. De même, en faire une description musicale est extrêmement compliqué sans tomber dans le piège du track-by-track.

L’essence même de l’insondable « Désolation » ne peut pas réellement se décrire avec des mots. On y relèvera une intense et pénétrante mélancolie, de délicats passages Post-Rock sur de somptueux passages mélodiques, des sonorités de cuivres apportant une dimension épique à cette noirceur ambiante… Mais par-dessus tout, la capacité du groupe à nous offrir des stupéfiantes boucles inquiétantes en nous bouleversant encore davantage. Mais plus qu’un groupe à ambiance, « Géhenne » nous prouve que YONL peut accélérer considérablement le tempo sans perdre sa dimension atmosphérique. Les deux batteries explosent le rythme, martelant férocement leurs fûts alors que les guitares se font incroyablement planantes et mélodiques jusqu’à une progression beaucoup plus violente et plombée d’une lourdeur touchante.

Je parle de progression … Deux types de progression s’offrent à nos oreilles. La première dans une lenteur exceptionnelle avec « Stella Rectrix ». Des claviers presque symphonique, une lourdeur flirtant avec le Drone, un malaise musical ambiancé au travers d’une batterie lourde et résonnante. On a parfois la sensation qu’un hurlement perce ce rideau abyssal, aussi léger que pesant sur un ensemble mélodico/atmosphérique extrêmement prenant. La seconde, « Alamüt », clôture l’album. Un début composé de légère saturation, de petites tapes et d’un clavier discret et dramatique. Pour ainsi dire, le titre met plus de cinq minutes à démarrer véritablement pour nous asséner une écrasante partition résonnant de toute la puissance libératrice du groupe. Des breaks ambiants et menaçants, des cordes autant mélodiques que complètement démentes, jusqu’au final. Tout s’arrête sur un Post-Rock agonisant et des guitares étirées au maximum.

Une ambiance crépusculaire comme le fait si bien Year Of No Light … « Tocsin » est simplement la bande-son du film retraçant les événements les plus mélancoliques de votre existence, des moments regorgeant de tristesse et d’émotion qu’une telle force de frappe ne pourra que vous libérer de vos rancœurs. Je me répète, mais plus qu’une véritable pièce musicale, c’est une véritable histoire qui découlera de l’heure d’écoute de ce nouvel opus des Bordelais, qui confirme encore une fois tous les espoirs mis dans ses membres. Year Of No Light et l’un de ces groupes de Doom/Sludge atmosphérique prêt à devenir une véritable valeur sûre de cet univers difficilement compréhensible.

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