novembre 26th, 2013

It Came From Beneath : When No Light RemainsLe nom reste bien dans les clichés du Deathcore. It Came from Beneath est donc un groupe Lyonnais sortant cette année son premier méfait, sobrement intitulé « When No Light Remains », offrant une quarantaine de minutes bien ancrées dans un Deathcore primaire et hargneux. Mais au-delà de ça, on se pose sans arrêt la légitime question coreuse : qu’est-ce que ce disque apportera à un genre déjà extrêmement bien (et trop) fourni ?

La question n’aura clairement pas de réponse. It Came from Beneath s’impose d’emblée dans un carcan classique du milieu, sans pour autant s’enfoncer dans la facilité. Aujourd’hui, si on veut sortir de la masse, il faut s’en dégager de soi-même, convaincre le chroniqueur que le groupe en question possède les armes pour s’en sortir, pour lui faire dire qu’il écoute quelque chose « d’autre ». It Came from Beneath possède ces armes… Par intermittence.

Clairement, les pistes tendent à se ressembler et à mutuellement s’empiéter sur leurs territoires. Comment cela ? Et bien les Lyonnais veulent nous montrer que la technique ils l’ont. Ce disque transpire d’une technique globalement bien maitrisé. Mais où est le souci ? Il réside dans le fait que le groupe semble clairement hésiter dans la marche à suivre.

Ainsi, tous les morceaux tendent à se ressembler dans leurs approches brutales, mais pour ne pas s’enliser, le groupe multiplie cassures rythmiques, breakdown, break… Tout le temps ! Si l’idée est en soi intéressante, tous les morceaux ne dépassent généralement pas les 3-4 minutes. Et quatre minutes dans lesquelles le rythme change sans arrêt, c’est extrêmement épuisant. Pour vous donner un exemple TRES basique et sans aucun rapport, prenez du Dream Theater. Dans des morceaux d’un quart d’heure, le groupe a le temps de distiller ses ambiances, de casser ses rythmes, de changer d’univers. Alors qu’ici, on finit très vite par se retrouver à surnager devant autant de changements en trois minutes.

Cela nuisant à la concentration globale, on notera des choses quasiment inutiles. L’introduction « Kassapian » par exemple. Elle part d’une bonne idée, classique certes, mais bonne : celle de l’ambiant inquiétant, avec grincement et voix lointaine. Sauf qu’en fait, l’intro de « Suicide Icon » débute de façon totalement hors-sujet, directement massive et sans aucune continuité. Autre chose : la production. Elle est propre, mais extrêmement sèche, étrange en sachant Will Putney (Suicide Silence, notamment) à la masterisation. Si la batterie ressort du mixage, elle passe trop allégrement devant les guitares, la partie mélodique étant d’ailleurs complètement invisible à cause de ceci, autant que la basse. On arrive donc à un résultat malheureux : l’album perd quasiment toute sa brutalité par sa platitude ambiante, la preuve en est avec les intros de chaque piste, débutant quasiment tout le temps par des blasts, retirant tout l’effet de surprise.

C’est flagrant, tout l’album semble être dans une hésitation constante. Outre les changements de rythmes trop incessants pour être naturels, la voix pâtit de ce capharnaüm d’influences. Constamment en hurlement, le chant manque clairement de folie, même si on pourrait soulever les tons Postcore déchirant de la plus touffu « Dedication » et les tentatives intéressante, mais pas suffisamment poussé, de pig squeals sur la très facile « Buried Under Dejections ». Et sur le reste de l’album, ce sera festival de growls mal mis en avant et de hurlements assez monocordes, même si bien prenant.

On note donc que l’album contient des petites perles qu’on aurait sans doute aimé entendre davantage. Les hurlements revendicatifs et Hardcore sur « Daylight in Agony » ou « Dead and Gone », la partie piano sous-exploité sur « Collapse Aftermath », la belle démonstration d’un Deathcore sobre et violent avec « Fill the Silence » ou encore l’instrumental « Bright Shadows », marquant une pause bienvenu, extrêmement bien foutus, mais manquant d’émotion encore une fois à cause de la production globale. Mais cela ne suffira pas à sauver un album extrêmement maladroit trouvant son point d’orgue dans le bordel qu’est « One Thousand Failures », combinant en trois minutes tous ce que le groupe n’a, semble-t-il, pas pu intercaler dans les pistes précédentes.

« When No Lights Remains » n’est donc pas profondément un mauvais album. Mais à trop vouloir en faire, It Came from Beneath a littéralement créé un disque redondant et épuisant dans le mauvais sens du terme (tout l’inverse des belles prestations scéniques), vomissant beaucoup trop d’idées pour réellement accrocher l’auditeur. On sent un très bon potentiel, toutefois, suffisamment pour se dire que le groupe peut faire bien mieux. La davantage maîtrisé « The Answer Remains Unknown » finale me laisse en tout croire à ceci, maintenant, tout repose principalement sur le groupe…

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