novembre 27th, 2013

Stonebirds : Kreiz-Breizh Sessions Vol. 1En Bretagne, il n’y a pas que la pluie (le vilain cliché…). En farfouillant encore plus loin, on peut trouver de très belle découverte Métallique et plutôt que de nous intéresser à un groupe en particulier, aujourd’hui, je vous en propose deux ! Stonebirds et Stangala sont donc deux groupes Bretons, l’un de Lorient, l’autre de Quimper et évoluant tous deux dans une sphère Doom/Sludge aux inspirations toutefois très différentes. Pour leur première collaboration, les deux groupes nous offrent donc ce « Kreiz-Breizh Sessions Vol. 1 », comportant dix pistes, cinq pour chaque groupe.

Commençons par Stonebirds. Créé en 2011, leur premier album, « Slow Fly » a été enregistré seulement deux semaines après la formation du groupe, il en a donc résulté un album moyen, car manquant grandement d’expérience. Deux ans après, la route a forgé un peu plus le caractère et l’entente des membres, qui reviennent avec un son brut, entre la lourdeur d’un Doom/Sludge et le groove du Stoner/Southern Rock.

« Red Is the Sky » est une entrée en matière extrêmement correct. Le son est très classique, mais efficace, gras dans ses riffs rock’n'roll teinté de Stoner. Fañch possède un timbre de voix grave et viril, comportant quelque chose d’émotionnel, même si le sentiment que le chanteur exagère le tout ressortira plus d’une fois. Concernant l’ensemble, les guitares sont grasses comme il faut, déversant un groove impeccable, tandis que le duo batterie/basse se fera discret, mais toujours parfaitement dans le ton.

Néanmoins, une fois cette introduction rock passée, le groupe s’enfoncera de plus en plus dans les atmosphères poisseuses caractéristiques du genre. « Game Over » est davantage Doom, offrant des riffs hypnotiques et plus lourds, lancinant, dimension évidente du Stoner. Le chant s’autorise même quelques growls bien sentis, même si relativement imparfait. Le côté crade de la musique ne sera pas nous rappeler quelques petites réminiscences des chefs de file que sont par exemple Down ou Eyehategod. Et le rythme suivra une évolution de plus en plus malsaine par la suite, notamment sur la plombée « Outro Drama », avec basse pessimiste et atmosphère en saturation et hurlements constants. Dans une ambiance plus psyché, Stonebirds frappe juste, osant même quelques passages de voix plus célestes sur la fin.

Mais la suite ne nous offrira pas tant de surprise que ça, « Red Lights » revenant à des passages Desert Rock tendant vers le Sludge et un groove plus grunge, notamment dans la voix. « Dark Passenger » clôture la face A sur une rythmique Stoner plus classique avec un groove excellent, mais qui marque une disparition inexpliquée de la batterie. La voix est envoûtante, lorgnant vers Soundgarden sur certains éclats avant de laisser place à une conclusion se rapprochant des constructions Post-Rock avant de conclure définitivement sur les sonorités d’une vieille cassette audio déréglée.

Place maintenant à Stangala. Peu de chose à voir avec Stonebirds, le son sera plus expérimental, une hybridation de Doom/Stoner avec une musique plus folklorique et celtique et un chant intégralement en breton et sans livret de parole. Chauvinisme régional ou totale prise de risque ? Ce sera à vous de décider, d’autant plus certain que cela ne vous laissera pas totalement indifférent.

« Kemper » ouvre le bal sur une ambiance folk assez basique, presque sage, saxophone et basse (synthé ? Comme le bassiste n’est pas crédité dans le livret…) au premier plan pour emmener une guitare extrêmement lourde sur une attitude qui confinera à une sorte de pop très sombre sur un chant réverbéré à outrance et à la dimension hypnotisante plus que présente. C’est très classique là aussi, mais ça n’en sera pas moins plutôt léger et réjouissant, même si nous serons bien loin du véritable talent et de la pure folie présente sur « Boued Tousek Hag Traou Mat All ».

La suite n’en sera que plus perturbante, « Konk Kerne » opposant le pire (ces blasts sans aucun sens et des hurlements à la peine) au meilleur (certaines lignes de chant presque incantatoires ou encore ce saxophone complètement habité) sans véritable fil conducteur. En parlant de cris, ceux-ci ne sont pas prédominants dans la musique de Stangala, mais « Evel ar re Yen » nous apposera à certains moments un chant presque Black sur une rythmique qui confinera au rock sale des amateurs de Stoner Doom. Étrange, mais pas inintéressant, d’autant plus que le chant clair est toujours aussi prenant et que l’atmosphère complètement psycho et bruitiste de l’ensemble sera plutôt bien retranscrite.

Et si on parle de bruit, pourquoi ne pas également parler de la schizophrénique « Ar Stang » au groove rock assez indéfinissable sur un son vraiment sale qui colle plutôt bien au tout. De nombreux hurlements en tous genres prendront place ici, permettant de débrider encore davantage cette ambiance très glauque, qui perdurera sur le titre bien nommé « St. Alar et les Algues Hallucinogène ». Entièrement instrumental, la rythmique y sera très répétitive, lente et véritablement psychédélique. Le saxophone complètement fou n’aura de cesse de donner de la vie à un morceau beaucoup plus sombre.

Pour Stangala, on regrettera peut-être que les délires à la Electric Wizard soient bien moins présents sur leurs partitions, semblant préférer quelque chose de plus « droit ». De plus, le son sera bien moins chaud que Stonebirds, nuisant quelques peu à la concentration sur certaines pistes et même si le son sale est un parti pris, il y a quand même certaines limites. Pour Stonebirds, donc, le contrat sera rempli sans dépassement, jouant sa partition sans véritables fausses notes et surtout avec une rigueur très professionnelle. Ce volume 1 est un split plutôt bien ficelé qui saura contenter tous types d’amateur de Stoner-Doom, que celui-ci préfère écouter une musique sérieuse ou plus fun, dans tous les cas, nous attendons le volume 2 avec impatience.

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