décembre 22nd, 2013

Locomuerte : Traición BendeciónAu milieu de la foule de petits engendrés par les Suicidal Tendencies ou Agnostic Front (entre autres, évidemment), on aime parfois trouver une petite formation qui cherche à se démarquer d’une quelconque manière de ses aînés. Chez nos Parisiens de Locomuerte, on préfère davantage boire de la « cerveza » et beugler en espagnol sur un Hardcore old-school tout ce qu’il y a de plus classique et efficace.

« Traición Bendición » est donc le deuxième album du groupe, deux ans après le poétiquement nommé « Máquina de Guerra ». Pas besoin de parlementer des heures, en 36 minutes, le groupe met tout le monde d’accord et ce, dès « Manera Violenta ». Débutant direct sur des saturations et le timbre explosif de Noxy, Locomuerte balance ainsi un Hardcore direct, dont chaque titre ne dépassera guère les trois minutes. Dans un registre plutôt épicé, l’ensemble de l’album tient la route, offrant une production impeccable, mais pas non plus aseptisé, gardant efficacement ce mini-côté crasseux renforçant les inspirations old-school du tout.

On aura tôt fait de rebondir sur les efficaces « Hayayay » de la mastoc « Pa Mi Gente » à l’accent espagnol plutôt français, mais tout de même excellemment bien mis en paroles. Les transitions de voix plutôt efficace de « Ranfla » seront tout simplement excellentes, variant de ce chant revendicatif à un clair dansant et graveleux. Ce côté mélodique présent sur la conclusion se révélera également à la hauteur. La voix joue donc un rôle primordial dans le tout, dans le sens où les sonorités vocales espagnoles demandent un travail très différent par rapport au fait de faire ressortir de l’anglais, chose que nous pouvons relever sur le travail fait avec les refrains très catchy et réussis d’ « Aguantate ». Malgré tout, malgré une volonté évidente de varier les timbres, une certaine redondance ressortira parfois de l’ensemble, abusant des mêmes plans et déroulement vocaux trop souvent.

Un peu à la manière de ma chronique du dernier Pro-Pain, la base se veut très similaire, le fait d’enchainer des morceaux de 2-3 minutes rendra le tout extrêmement digeste, les répétitions sont relativement minimes (cela se situera très souvent au niveau des chœurs, gardant pour beaucoup une intonation très similaire comme sur « En la Calle Muero », très semblable à « Ronque », par exemple) et la section rythmique se charge bien souvent d’apporter de subtile variation (ces passages de basse idyllique sur « HxC De Prende »), les références hispaniques n’hésitant aucunement à apporter un petit quelque chose de tribal, parfois.

Reste que Locomuerte n’est pas un groupe pour danser un flamenco et qu’un « Traición Bendeción »-titre ou bien la brièveté de « Fuerte Y Feurte » ne sont qu’une invitation aux headbangs de masses. Alors évidemment, certains auront la concentration relâchante en avançant dans l’album, les titres finaux que sont « A Fuego » ou « Celoso » ne feront que remettre sur le devant des idées de voix et de déroulement déjà globalement bien utilisé, que ça soit ailleurs ou par le groupe lui-même. Mais au-delà de ça, c’est dans une ambiance de joie, de groove et d’orgie aux chorizos que se finira l’album avec « En La Calle Vivo ». Chant clair plus présent, guitare lourde et rock’n'roll, un titre qui nous laisse présager ce à quoi pourraient ressembler les shows lives du groupe !

Si musicalement, la base rythmique se retrouve toujours être emplie de divers clins d’œil plus ou moins appuyés sur les références du style (Suicidal Tendencies, dans le cas présent), il n’en reste pas moins que le Hardcore hispanique que nous propose ce quatuor parisien est clairement bien fichus et recèle de bonnes idées qui ne demandent qu’à être appuyé davantage. Chaleureux et vivant, Locomuerte s’offre un deuxième album explosif et direct, confirmant le très bon départ pris par le groupe après un solide premier disque.

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