octobre 14th, 2013

Farthest Theory : Human's DisastersAh qu’il est difficile de faire du –core aujourd’hui ! Toujours de vilains chroniqueurs pour dire que ce n’est pas très recherché, que c’est un peu comme tout le monde, que c’est trop pompé sur les têtes d’affiche. C’est une conclusion à laquelle arrivent environ 75% des chroniques actuelles des albums de cette mouvance. Et aujourd’hui, direction Montpellier pour le premier EP de Farthest Theory.

Une vingtaine de minutes pour composer ce premier jet constitué de quatre morceaux et d’une introduction totalement inutile, faite de sonorité ambiante sans aucune émotion et d’une légère guitare mollassonne. Vivement la suite, me dis-je. « Evol/Etah » démarre. Rythme saccadé (Meshuggah, sort d’ici), atmosphère déstructurée … Et un(des) chant(s) horripilant ! Enfin, peut-être pas à ce point-là non plus. Mais si le groupe a le mérite de varier les vocalises, le chant écorché est extrêmement désagréable, plat et les growls sont soporifiques, ne variant pas le rythme et donnant l’impression d’entendre un ours geindre. Le groupe entrecoupe le titre de passage atmosphérique, mettant en place des arpèges plus reposant auquel s’accompagne un chant clair beaucoup trop plat.

La suite ne sera pas forcément plus reluisante. « Green Disaster » tente le mélange Djent/Deathcore mais voilà la tentative raté par des breakdowns/saccades/power-chord placés complètement n’importe comment, empêchant de ce fait toutes prises de repère. Faire ces mélanges n’est pas un reproche en soi, beaucoup de groupes maîtrisent le sujet. Ce qui n’est pas le cas de Farthest Theory, dont l’envie de bien faire se ressent, mais à trop vouloir faire de démonstration, le quintette se perd dans ses propres expérimentations.

« Human Bait » possède de jolies idées, ces petits accords mélodiques sont sympathiques, mais la voix n’est pas là, claire comme growlé, le chanteur donne profondément l’air de s’ennuyer derrière son micro. Quant à « The Room », elle s’enfonce encore dans les mêmes reproches faits précédemment. Tristan (Weaksaw) relève le niveau de par un véritable chant empreint de haine, de crasse et de vomissement. Mais sur le fond, ça reste encore la même soupe de référence en tous genres à la scène Djent/Core sans parvenir à tisser un vrai lien entre elles.

En fait, c’est surtout la production extrêmement aseptisée qui pèse sur le contenu global. L’EP manque de profondeur, d’émotion et d’un fil conducteur. Pour le coup, il aurait peut-être mieux fallu avoir quelque chose de plus conventionnel. Ce n’est encore qu’un premier EP. Le groupe, en voulant montrer tout son potentiel, s’est auto-sabordé. Parce que oui, en fragments, il y a de jolies choses, de belles idées. Mais rien ne semble fonctionner en adéquation. Tout peut encore s’améliorer, le groupe en a les moyens, mais il faudra songer à calmer l’inspiration. Trop, c’est trop.

juillet 16th, 2012

Né en 2006, le groupe Cannois Korakore fait ses armes dans un mélange de Metal en –core, parfois Hardcore, d’autres fois plus Deathcore et rien qui ne crève l’originalité au final. Après avoir ouvert pour des groupes comme Gojira, les cinq Azuréens décident de tenter l’aventure du Maxi en sortant « Alive. » en 2008.

Une seule écoute sera suffisante pour emmagasiner la musique du quintet. Beaucoup de déjà-entendus pour de trop rares surprises elles-mêmes extrêmement courtes. Au rayon de l’expéditif, passons rapidement sur des titres comme « Alone » ou « End of Nothing » qui n’apporteront rien au disque. Du Deathcore basique, sans grand intérêt, une écoute et au placard, malgré la bonne prestation des musiciens, double pédale et guitares acérés à l’appui.

Il y a ensuite les titres sympas, mais c’est tout. L’intro « At the Beginning » y a sa place, courte instrumentale qui introduit le disque de façon intéressante, oscillant entre moments plus calmes et d’autres plus bourrins. « Strange Comedy » offre les premiers mots en chant clair de la growleuse Cynthia. Chant clair plutôt chuchoté dans une intonation qui n’est pas sans rappeler Eths (le growl de Cynthia rappelant également parfois celui de Candice).

Du côté des bons titres, « Universe » se distingue comme un morceau, certes déjà-entendus sur sa structure classique (couplet hurlé, refrains clair), mais reste très efficace et bien exécuté. Il y a aussi « Alive » et sa longue intro presque atmosphérique et reposante avant de laisser la place à une structure plus massive et écrasante, proche d’un Thrash sur certains accords, y compris sur le solo (pas très original, mais bien fait) sur le break.

Au final, Korakore ne nous offre pas un disque très original, mais suffisamment bien réalisé pour que l’on puisse y jeter une oreille par curiosité. « Alive. » pourra plaire aux fans de Deathcore et dérivé, les structures sont classiques et les musicos se débrouillent plutôt bien. Pour les autres, il vaut mieux jeter une petite oreille à tout hasard.

juin 5th, 2012

Formé sur les cendres de Drows, Betrayed Heaven est un groupe revendiquant diverses inspirations Deathcore et Metalcore, deux genres musicaux qui ont aujourd’hui bien du mal à se diversifier de la masse, tant tous les groupes se ressemblent, essayant tant bien que mal d’imiter les maîtres du genre que sont Born Of Osiris, All Shall Perish, Suicide Silence ou encore August Burns Red.

Drows était donc un groupe mélangeant un Metal Progressif avec quelques touches un peu Black. Mais quand certains membres ont pris le large, les restants voulurent s’orienter vers un style qui leur correspondait un peu mieux, en l’occurrence, le Metalcore et le Deathcore. « Inner Bleeding » n’est ni plus ni moins qu’une petite démo visant à démarcher un peu de public et quelques concerts. Finalement, l’EP a réussi un petit tour de force et a donc réussi au-delà des espérances du groupe.

Dans le fond, « Inner Bleeding » ne se différencie pas vraiment des productions de base du milieu, mis à part avec son intro « Eleven », électro et quelques violons pour un effet relativement sympathique. Pour le reste, on se retrouve avec du basique et dès « Betrayed Heaven » (le titre), on sent les approximations typiques d’un premier jet. Les growls sont assez mal agencés avec la musique, les quelques présences de chants clairs rendent mal tant ceux-ci sont mis en arrière-plan (autant carrément ne pas en mettre), mais malgré tout, on ressent l’envie de bien faire.

Et de cette envie, le groupe n’en manque pas, en témoigne par exemple la présence de chœurs et de sonorités électro sur la très rythmée « Upside Down », qui donnera sûrement une belle envie d’headbanguer. Le groupe garde encore quelques influences de Drows avec la présence de ce solo sympathique en fin de morceau. Solo que l’on retrouvera également sur « God’s Slut » et qui cassera la monotonie de ce morceau finalement assez quelconque, déjà entendu bien trop de fois.

Sur le titre “Inner Bleeding” , l’ensemble débutera de façon très lente et pesante, nouvelle bonne idée. Le reste du titre toutefois sera également très classique, très régulier et basé pendant quasiment tout le titre sur le même rythme, y compris sur les growls, ce qui aura tôt fait d’en agacer certains. Pour clôturer ce petit EP, le groupe choisit l’humour avec « Bo(b)nus Track (Sponge Bob Cover) » qui est, comme vous vous en doutiez, une petite reprise du générique de l’éponge carrée jaune assez agréable et marrante, bien qu’anecdotique sur le fond.

Quelques bonnes idées pour un ensemble finalement déjà bien trop entendu. Pour un premier EP, le groupe ne se démarquera pas foncièrement de la masse coreuse du Metal. Toutefois, la promesse d’un premier album pour la fin de l’année avec « une véritable identité musicale » retient l’attention… « Wait and see » comme on dit si bien.

décembre 18th, 2011

On dit souvent que l’on est toujours mieux chez soi que d’aller flâner à droite et à gauche. Il en va de même pour la musique apparemment et alors que je m’évertue à voyager jusqu’aux confins de l’Amérique pour trouver des groupes « de la mort qui tue », j’en viens à dénigrer notre pourtant belle scène méditerranéenne (Dagoba, Eths, Fairyland, Agressor pour ne citer qu’eux). Et c’est alors qu’en flânant sur le net, j’en viens à discuter avec une jeune demoiselle du nom de Marion. Parlant de nos expériences musicales respectives, elle m’annonce qu’elle fût un temps bassiste d’un groupe toulonnais. Pris de curiosité, elle m’envoie un exemplaire de leur unique EP. Me voilà donc en possession de la première esquisse de Theory of Silence, baptisé « (R)evolution ».

L’artwork surprend. Bien qu’extrêmement basique, ce tyrannosaure au premier plan nous amène déjà à penser à la puissance qui va nous frapper à l’écoute de ce disque. La musique de Theory of Silence est un mélange d’originalité et d’influence marquée. Difficile de déclarer un style musical précis dans cette galette, on navigue au gré d’un Deathcore particulièrement moderne et de parole à la croisée d’un chant growlé et screamo. Le mélange est effectué très adroitement en tout cas.

Cet EP ne contient « que » quatre titres, mais la diversité et le mélange des influences qui ressort de ces diverses compositions sont tels que le quart d’heure qui compose cet album est extrêmement bref ! « In This Town » est une introduction et une mise en bouche idéale. C’est rythmé, agressif, l’ambiance garde un fond pesant marqué par un refrain des plus planants, d’un break délicat totalement dans le coeur du sujet et d’un final extrêmement atmosphérique, au gré de ce mur de guitare et de ce chant hurlé avec force et émotion. « John Wayne Gacy » nous la joue plus classique, distillant un groove totalement deathcore même si celui-ci reste quand même maintes fois entendus chez des classiques du genre, le tout accompagné d’un chant naviguant d’une facilité déconcertante entre growls lourds et agressifs et screamo violent. « Illusion » est sans conteste le morceau le plus violent de l’album, vitesse, puissance et hargne règnent en maîtres, les riffs saturent et le chant s’accorde extrêmement bien. C’est certes là aussi déjà entendu mais c’est fort bien exécuté. Et pour finir, « Wrath » calque des riffs plus orientés post-hardcore et laisse une place majoritaire à l’émotion violente de Theory of Silence.

Instrumentalement parlant, les riffs sont aussi lourds que les guitares sont accordées basses, la batterie se fait violente, rapide aussi bien que lente, variant son rythmes avec une aisance déconcertante et la basse quant à elle demeure aussi discrète qu’elle est présente, c’est-à-dire qu’elle s’implante vraiment bien dans la musique, si bien qu’il en ressort un son vraiment naturel et pur. Quant à la production, elle est aux petits oignons pour un premier EP : ne vous attendez pas à un vieux son rouillé, ici tout est parfaitement mixé, préparé, prêt à déguster.

Comme première démo, on en as vu passer des casseroles, mais un peu moins souvent des bombes comme celle-là. Soyons francs, ce n’est pas parfait, l’album souffre tout de même de fréquents passages déjà entendus. Mais pouvons-nous réellement dire que c’est une erreur ? Theory of Silence ne signe que son tout premier EP et il est bien évident que le groupe ne va pas directement nous sortir une bombe atomique d’originalité, mais va plutôt chercher à cerner son style. Sur ce point-là, c’est une vraie réussite.

« (R)evolution », c’est varié, puissant, brute, rapide. Le groupe nous sert une musique pure et agréablement accompagnée d’une très belle dose d’émotions. On en a entendu des démos ratées, alors quand un premier jet est aussi réussi que ne l’est cet EP… Jetez-vous dessus sans aucune hésitation !