décembre 5th, 2011

Quitter sa formation initiale pour monter sa propre affaire est risquée. Quelque part au-dessus de votre tête restera l’ombre de ce passé peut-être glorieux ou bien l’ombre d’un univers médiocre que l’on souhaite pertinemment laisser tomber, mais qui nous revient sans cesse en pleine tête. Pour Mat, Nico et Julien, il s’agissait de se défaire des liens qui les unissaient à Kwamis (Metalcore) et Wünjo (Néo Metal). Ce fut chose faite en 2009 lors d’un « Amazing Grace » efficace et bien pêchu, doté d’une bonne inspiration et d’une énergie à toute épreuve. Très bien accueilli par une très grosse partie de la critique, nombreux étaient ceux à attendre au tournant le deuxième opus de ce trio parisien. « The Midnight Sons » confirmera-t-il Bukowski comme un bel espoir de la scène Stoner française ? Ou bien la réussite du premier album ternira-t-il les envies du groupe de proposer du nouveau ?

Et pourtant, tout commence étrangement. Les coups sauvages de batterie qui ont introduit « Amazing Grace » sont ici remplacés par un long moment de guitare acoustique uniquement accompagné d’un chant très calme de Mat’. Mais cette intro sert de point d’ancrage pour le titre éponyme qui se berce d’une atmosphère très chaleureuse, montant crescendo en puissance jusqu’à enfin sonner le réveil, retrouver cette voix caverneuse et ce riff plus que planant, jusqu’au break, le solo et une conclusion comme un dernier appel. C’est beau, certes, mais où est le Bukowski rageux du précédents opus ? Et bien juste après. « Carnivorous », rythmes accélérer et hurlement quasi constant. Puissant, certes, mais quand même déjà vu.

Et c’est ainsi que l’album va tourner, au gré de chansons puissantes auxquelles répondront plusieurs chansons plus ou moins calmes. « Stuck in the Mud » contient de bien bonnes idées avec ce rythmes plus groovy, plus martial. Bukowski rappelle quelques fois ses origines Neo/Core (de par ses membres, j’entends bien) et des titres comme « Hit the Ground Again » donne un punch qui aurait pu avoir de la gueule sans cette introduction ridicule ou un gamin demande la chanson du monstre qui « hurle comme un fou ». Soyons sérieux, ok ça gueule un peu, la batterie se fait à la double pédale et la guitare saturé joue vite et fort mais n’abusons rien, on a déjà entendu bien pire que ça. « The Downtown Revenge » joue également la carte de la composition musclé qui, sans être là non plus d’une grande originalité, se vaut sur son refrain ou la voix rocailleuse de Mat’ distille des lignes de chant puissant bien accompagné par une guitare saturé de manière idéal. Un peu de calme ? « Slugs and Bats » devrait vous satisfaire, ou des couplets plus calme laisse la place à des passages rocailleux d’émotions sur un refrain sympathique ou encore « After All These Years » sur un chant intégralement clair (pour lui, je parle), Mat’ nous délivre des émotions et une telle mélancolie que ça en devient terriblement touchant. Emotion encore plus palpable sur la fin lorsque la guitare se fait mur et que mat’ monte de plus en plus en puissance vocalement, la batterie se suffit à elle-même dans ce titre, variant le tempo avec aisance. « Fight ! » joue une carte très spéciale, donnant l’impression du vieux hard-rock accompagné de choeurs en rythme qui donne un côté très sympathique à ce titre. Toutefois … Aimez-vous le beat-box ? Qu’importe, vous allez devoir supporter deux minutes que je n’ai pas franchement trouvées folichonne à la fin de ce morceau.

On n’a pas parlé de la basse ? C’est vrai ! Tout simplement parce que celle-ci distille sa profondeur sur globalement tout l’album, toujours juste et jamais en surplus, « Get Dirty » en est un bel exemple. Remarque personnelle, mais sur ce titre, la guitare et la voix de Mat’ m’ont rappelle le Anthrax de Volume 8 … A vous de vous en faire votre propre opinion maintenant.

Que dire de la production ? C’est propre ! C’est net ! C’est lisse ! Un peu trop d’ailleurs… Certes, ça contribue à donner une atmosphère vraiment nickel qu’on a vraiment plaisir à écouter mais tout semble bien « trop bien » fait. Un peu plus de transpiration et de crasse aurait peut-être servi l’album comme il faut. Ensuite, si Bukowski fait tout simplement cette musique qu’il aime, il faut bien reconnaitre que certains morceaux manquent nettement d’originalité. La grâce de cet album est là, mais elle n’atteint pas la force d’ « Amazing Grace » pour la simple raison que le groupe semble avoir légèrement dévié du droit chemin à vouloir nous servir un album bien trop varié pour être transcendant.

Mais voilà, c’est toujours du Bukowski quoiqu’il arrive et « The Midnight Sons » saura ravir un très grand nombre de fan. A découvrir si ce n’est déjà fait !