octobre 21st, 2013

Des sonorités électro et des influences rock/metal diverses, de la musique industrielle couplée à un esprit coldwave très 80’s. Le groupe d’électro-dark lyonnais Our Scars appose un mélange hybride ressemblant quelque peu à celui-là pour son EP « Babylon ».

Le disque est assez déconcertant. L’ambiance globale se veut résolument vintage tout en y incorporant une mélodie qui se veut beaucoup plus moderne. Parti pris ou non, l’électronique manque nettement de puissance, faisant que l’écoute de l’EP se révèle fastidieuse, notre esprit essayant tant bien que mal de donner du sens à des choses qui ne semblent pas en avoir. Je vais tenter de m’expliquer.

Le groupe s’emmêle dans ses inspirations et ses sonorités, « Desire » en est un exemple criant. Entre des chœurs ambiants au début, un chant qui va du chuchotement plat à des hurlements poussifs rendant le tout semblable à une mauvaise imitation de Moonspell et des guitares peinant à sortir de l’amas électronique globale ressemblant à une techno bas de gamme (même si je pense que c’est voulu), ce titre est symptomatique de l’échec de l’EP.

Pris indépendamment, il y a de bons éléments (les chœurs célestes de « Nothingness », la dualité chœurs/guitare sur les pré-refrains d’ « Oceans », les très bons éclats au chant sur « Dark Sun », même si ça reste laborieux, l’ambiance gothique de « Underworld »), mais il y a également beaucoup de choix discutables ! La volonté de faire renaître un esprit coldwave 80’s est louable mais encore faut-il mettre les formes.

Ainsi, la majeure partie de la techno pourra être affiliée à des synthés extrêmement simplistes, bassinant le même beat jusqu’à usure de la touche. Le chant, bien que placé dans le fond, sera ennuyeux. Le chanteur oscillera entre des chuchotements incessants (prenant sur un titre, ennuyeux par la suite) et des éclats de voix clairs/growls complètement plat et dénués de tout impact. La guitare ne sera finalement qu’un artifice, faisant parfois quelques apparitions très remarquées, mais restant dans l’ombre d’un package électronique bien trop sur le devant.

Our Scars livre un disque qui aurait pu être assez intéressant, ou du moins amusant sur le concept adopté. Mais comme beaucoup de “première composition”, la copie rendue devient un brouillon trop vite recopié. Et au final, la tentative échoue par une volonté d’y mettre beaucoup trop d’éléments, rendant l’EP confus et excessivement maladroit.