avril 11th, 2012

« Airwolf ! Starring Jan-Michael Vincent, also starring Alex Cord and Ernest Borgnine as Dominic ! Created by Donald P. Bellisario»

Je divague là, mais quand j’ai entendu pour la première fois parler de The Supercopters, ce n’est pas forcément de musique vers quoi mes pensées se sont tournées (avouez, vous aussi vous avez eu ce générique ultra-kitsch et cet hélico en tête pendant quelques instants). Il faut dire qu’une fois la pochette de « Psychos Heroes » sous mes yeux, mes pensées n’ont eu de cesse de s’égarer vers le monde très étrange qui se représentait sur la pochette … Trois personnages tiennent place au centre de la scène, probablement « Superzero » au centre, une demoiselle buvant de l’essence (« She Drinks Gazoline »), le tout surmontant un genre de Godzilla. Enfin, en haut de l’image, les quatre membres du groupe cartoonifié. Le tout très annonciateur d’une bonne dose d’humour et de bonne humeur !

The Supercopters n’est pas un groupe de débutant. Les quatre membres ont déjà écumé une centaine de salles et sorti deux albums avec Breakpoint, groupe de Thrash Metal. Mais voilà, après une dizaine d’années d’activité, une certaine lassitude a pointé dans les têtes. Finalement, fini le Thrash, fini Breakpoint et place à The Supercopters, dans un esprit désireux de se rapprocher du bon vieux Hard-Rock de derrière les fagots, avec une pêche qui va faire des envieux. Un Hard-Rock, oui, mais avec un certain côté Punk et Stoner et un soupçon du Rock Psychédélique des 60’s.

L’expérience se ressent ! Chacun des instruments ressort à merveille. Les guitares se font terriblement entraînantes, la basse, bien qu’assez discrète, ressort de temps à autre pour apporter encore plus de lourdeur bénéfique aux compos, le tout sans grandes grandiloquences, nos musicos vont droit au but. Treize titres pour environ trois-quarts d’heure de Rock intense et chaque titre s’enchaînent parfaitement, de quoi secouer frénétiquement la tête, sans temps mort, sans moments doux, uniquement un son puissant et grave, uniquement calmé par des passages plus en mid-tempo, seulement présent pour mieux nous relancer dans la mêlée qui s’ensuivra !

Dès le début, on sait que le groupe ne rigole pas et « Superzero » se lance sur un bon long riff remuant, le tout accompagné par une batterie bien puissante et entraînante ! Mais déjà, un petit point faible se fait sentir au niveau du chant. Il est plus que correct, bien dans le ton, sans trop d’accent, agréable, mais trop linéaires sur l’ensemble de l’album, ne variant que trop peu, s’accordant de trop rares accès de rage et restant bien trop souvent dans cet aspect tout juste Rock. Pour un ex-chanteur de Thrash, c’est tout de même une légère déception, on était en droit d’attendre une verve vocale plus virulente.

Treize chansons, au fond, c’est un peu trop, dans le sens où de très bons titres côtoient des passages qui ont franchement du mal à emporter. Si ces titres ne sont pas mauvais, « Splashback » et son côté un peu trop glam-chamallow vocalement tranche avec l’énergie des guitares qui balancent leurs riffs secs et tranchants. « Gatorhead » (Motörhead ?) part sur une bonne idée, mais les riffs trop lents et la batterie trop en retrait alourdissent un morceau qui aurait pu être plus agréable. La petite voix grave sur le break plus « calme » du titre apporte toutefois une touche bien sympathique. « She Drinks Gazoline » apporte un côté très entraînant, bien accompagné par le chant lancinant de Seb, mais le côté très répétitifs du titre en énervera plus d’un. « B&C » et ses relents Bluesy partent également d’une bonne idée mais n’apportera finalement pas grand-chose, la voix de Seb semblant trop décalé par le côté Hard-Rock des beaux solos des refrains. « Lunchtime Disco » apporte des solos tout à fait sensationnels, mais une fois de plus rattrapé par des passages plus incohérents. Des titres sympathiques, un peu, puis lassant au bout du compte.

« N.R.A » apportera un côté plus Punk à l’ensemble, plus énervé, au solo bien efficace et au chant suffisamment variés pour apporter une énorme énergie. On l’imagine déjà en live. Tout comme « 6 Is 6 » qui démontre toute la technique des musiciens, basculant de moments bien Rock et pêchus à d’autres plus calmes et annonciateurs de la tempête qui approche. « Hippie End » apporte une petite surprise en combinant ses riffs énervés à un harmonica, « Electric Chair » apportera sans doute la plus grande cohérence entre instruments puissants et chant dans le ton, du bon vieux Hard-Rock comme on aime, relayé par un break totalement passionnant, plus lent, plus entraînants relayé par une batterie efficace comme jamais. « A Shape of Punk to Come » débutera par une magnifique régurgitation orale avant de laisser place à une guitare virevoltante sur tout l’ensemble du morceau. Merveilleux quoi. Même remarque pour le massif « Against All Pets » (bien que le chant soit ici un peu plus gênant…). Heureusement, les chœurs apportent l’énergie manquante à la voix. « Ronnie Go ! » est un morceau de conclusion parfait, tout est parfaitement harmonisé ici, mais je vous laisse le découvrir vous-même, un peu de surprise voyons.

En soi, nous avons ici un premier jet (ou troisième en comptant Breakpoint) comme il s’en fait souvent : des approximations, une musique très souvent en quatre temps qui n’apportent rien au genre, un chanteur efficace, mais un peu trop monocorde. Le disque est peut-être trop long et certaines chansons auraient surement dû être remodelées voire même retiré afin de ne garder que le meilleur de ce disque. Mais nous avons ici ce qui se fait de plus classiques, mais aussi de très efficace en matière de Hard-Rock, The Supercopters est un groupe à suivre sur la durée et, au vu du vécu musical de ses membres, nul doute que le prochain opus ne pourra être que meilleur.