octobre 30th, 2013

Hell Of A Ride : Fast as LightningÀ l’heure où le Stoner devient de plus en plus populaire et où le nombre d’ersatz de Kyuss grimpe férocement, il est encore des groupes rafraîchissant et offrant une belle bouffée d’oxygène. Comme Hell Of A Ride, un groupe français à l’énergie américaine, roulant des mécaniques sur une pochette et une histoire rappelant le ” Boulevard de la Mort ” de Tarrantino.

Ici, point de Mike Stuntman, mais plutôt de John “Mad Dog” Ringsdale, pilote solitaire qui s’est fait dérober sa voiture par plusieurs demoiselles un peu tête brûlée, à n’en pas douter. L’attitude des cinq musiciens est déjà bien pro, maîtrisant l’art de la communication et du packaging aguicheur, comme cette pochette rappelant bien évidemment l’affiche du film de Tarrantino. « Fast as Lighting » est un EP de 2011 ressorti en septembre 2013 par Send The Wood Music et se voyant agrémenté d’un show acoustique au Rack’Am de Brétigny-sur-Orge.

Pour un premier EP, la production est en tout point excellente, faisant ressortir chacun des instruments et la voix du chanteur de très belle manière. L’EP fait d’ailleurs très Road Movie avec ses nombreux interludes. Par trois fois, ” Mad Dog ” intervient pour se présenter, menacer et se résigner à retrouver sa ” Damn Car “.

L’explosif single « Fast as Lighting » ouvre la piste par une rythmique Heavy parfaitement en place. La voix de Djej est proprement éclatante, une tessiture grave et groovy, partant facilement dans des cris énergiques. Le riffing est obsédant et entêtant. « The Road » balance aussi dans un Heavy moderne avec un rythme très catchy, peut-être un peu trop téléphoné. La voix est proche d’un relent grunge à la Nickelback et semble bien moins naturelle… Même remarque pour un « Tears and Scars » très efficace, mais manquant nettement de personnalité. Si le titre est lourd et puissant sur ces couplets, il ne semble pas vraiment en accord avec ce refrain très mélodique et classique, clairement mal inspiré.

L’incroyable énergie du groupe le sauve à de très nombreuses reprises, cela se ressent sur la rythmique écrasante et rapide de « Screaming Out ». Mais après un début massif, nous avons affaire à un morceau Heavy/Grunge beaucoup trop classique, nous laissant finalement sur notre faim. Ce morceau, comme beaucoup d’autres, contient de réguliers passages vraiment intéressants (ici, une belle coupure plus douce et mélodique ou bien les similis breakdown), mais le groupe semble malheureusement retenir sa main beaucoup trop souvent. Finalement, nous nous pencherons sur la douceur de « Where’s My Damn Car » dans une veine plus reposante et acoustique, un peu western, cette même chanson qui introduira le live unplugged à suivre.

Ce live est extrêmement relaxant. Uniquement à l’acoustique et d’une batterie beaucoup plus douce et groovy, Hell Of A Ride prouve leur vrai talent de musicien. Les chansons sont réécrites et réorchestrées, mais ne perdent jamais leurs âmes. On a vraiment l’impression de se retrouver au coin du feu. Les régulières accélérations sont bien senties et ne font jamais ” too much “. Il y a vraiment une belle ambiance avec un public très réceptif. Ce sera l’occasion pour nous de découvrir deux nouveaux morceaux non présents sur l’EP : « Hell of a Ride » à l’atmosphère très country et « Holding Back the Years » aussi ambiancé qu’énergique.

Hormis certaines transitions mal ajustées et quelques inspirations un peu trop évidentes, Hell Of A Ride livre un premier EP extrêmement solide et vraiment encourageant en la matière. Au milieu d’un genre vivant un Revival plus ou bien mené, le groupe Parisien prouve qu’il a de très bons coups à jouer pour l’avenir. Il ne reste plus qu’à attendre la suite des aventures de ces allumés du bitume.

juin 25th, 2013

Toledo : No Springs Honest WeightLes contrées désertiques et désolées qui nous traversent la tête quand nous parlons de Stoner et de Heavy ne se franchissent pas qu’au long des longues autoroutes américaines. Dans le cas de présent, c’est plutôt en Alsace que nous posons nos bagages. Toledo est donc un quatuor Strasbourgeois revendiquant dans sa musique des influences allant de Alice In Chains à Faith No More et les étalant le temps de cinq titres sur leur premier EP : « No Springs Honest Weights ».

Tout débute par « A Failure » qui n’en est sûrement pas une. Dans une ambiance confinant à un lourd Stoner Rock, le groupe nous propose une suite de riffs mécaniques et répétitifs et d’une rythmique basse-batterie très lourde. Vocalement, c’est la voix féminine de K-Ro qui dicte le rythme. La demoiselle s’en sort admirablement, faisant tourner son organe dans de nombreuses directions, de la voix dure à l’aérienne, tout en s’autorisant des passages presque éprouvés ou encore dans un chant plus mélodique.

Qui dit Heavy Rock, dit forcément quelque chose de puissant. Un titre comme « Do It Your Way » ne laisse pas indifférent dans son approche, peaufinant encore davantage cette atmosphère lourde et étouffante si chère aux Alsaciens. Beaucoup de changements de rythme (attention à la surdose) parsèmeront ce titre, laissant la majorité de la place à une basse très grave et passant facilement par-dessus la guitare. Même refrain pour un « Be My Bird » nettement plus direct, mettant en avant un très bon duo guitare-batterie arrondis parfaitement par une basse omni-présente. Empreint d’un fond de folie, la voix de K-Ro n’hésite pas à se torturer le temps d’un refrain perturbant.

Au rayon des titres sortant de “l’ordinaire”, « Down Up » a sa place. Semi-ballade très bien emmenée par ce sentiment de faux-calme, d’une guitare accordée très grave qui appuie peu à peu une ambiance sombre du plus bel effet (sans doute la meilleure performance de K-Ro sur cet EP, la chanteuse passe ici par tous ces registres). Tournant autour d’une trame se mouvant sans cesse, ce titre pourrait perturber par ses nombreux changements de rythmes, nuisant, pour certains, quelque peu à la bonne compréhension de l’EP. « Nomad », qui clôture l’album, met l’accent sur une rythmique coup de poing pour assommer une dernière fois l’auditeur. Beaucoup d’ajout intéressant (les chœurs masculins sur la voix de Caro pendant les refrains, cette atmosphère épique avec cette magnifique association basse-guitare…) qui pourront avoir davantage de poids sur une future plus longue production.

Pour un premier EP, Toledo prouve déjà une certaine maturité. Cinq titres plutôt homogènes font de « No Springs Honest Weights » un EP intéressant qui ne peut qu’encourager à garder un œil attentif sur le développement du groupe, qui devra davantage gérer ses changements de rythmes et ses inspirations.