juin 15th, 2012

Apparue à la fin des années 1970 avec l’ouverture musicale engendrée par le mouvement punk, la New Wave est une nouveauté qui démarrera à la fin des années 70 et qui ne durera finalement que moins d’une dizaine d’années. Démocratisé par diverses ou certaines créations de groupes renommés comme Joy Division, The Cure, Dead Can Dance, Kraftwerk et bien entendu Depeche Mode, ce courant musical accompagna les beaux jours d’un groupe d’allumés comme on en voit finalement trop peu aujourd’hui : The B-52’s.

Le groupe s’est formé autour de Fred Schneider avec le guitariste Ricky Wilson et le batteur Keith Strickland. Le nom B-52’s fait référence aux bombardiers américains Boeing B-52 Stratofortress. Plus généralement, il serait aussi emprunté à l’argot sud-américain et permettrait de désigner les exubérances capillaires des deux chanteuses du groupe, Kate Pierson et Cindy Wilson. Exubérance au final devenu emblématique dans l’esthétique du groupe.

Particularité importante du groupe à leurs débuts : l’absence quasi-totale d’expérience musicale, contraignant ainsi le groupe à jouer avec des guitares pré-enregistrées lors de leurs premiers shows. Finalement en 1978, c’est le titre « Rock Lobster » qui va attirer quelques regards sur eux. Un concert au Max’s Kansas City club (où débuta notamment Aerosmith) et quelques vagues apparitions au club CBGB’s vont permettre au groupe de sortir leur « Yellow Album » éponyme, composé de titres dansants bizarroïdes. « Rock Lobster » et « Planet Claire » vont directement propulser « The B-52’s » dans le Top 20 américain.

« Planet Claire » d’ailleurs, c’est par elle que débute l’album. Quelques petites interférences et ce rythme mythique de basse qui a bercé un nombre incalculable de jeunes musiciens lors de leurs apprentissages des instruments à cordes. L’ensemble est terriblement psychédélique, les samples omniprésents, ces riffs de guitare sortant d’on ne sait où, le timbre exceptionnel de Fred Schneider, ce hurlement de dégénéré. « Rock Lobster » et le trio délirants de voix entre Kate, Cindy et Fred pour nous conter l’histoire de homard amoureux d’un scarabée est d’une efficacité redoutable. Le jeu de Ricky est étonnant tant rien ne semble cohérent alors que tout s’enchaîne à la perfection. Et toujours cette basse fantastique sur les cris de dégénérés des chanteuses.

Les textes sont au moins aussi dérangés que l’ensemble musical qui nous est offert. Sortes de croisements de Pop-Punk-Funk-Rock à la sauce New-Wave pétés au LSD, « 52 Girls » vous forcera, quoiqu’il arrive, à effectuer de ridicules pas de danses sur cette mélodie d’une légèreté incroyable nappée de sucre glace. Les cris de harpie poussés par Kate sur la groovante « Dance This Mess Around » n’en seront que plus entraînants. En parlant de cri, comment ne pas nommer l’introduction criante de « There’s a Moon in the Sky (Called the Moon) » pour un morceau Rock et entrainant comme pas deux, le mélange de voix passe toujours à la perfection.

Parvenir à faire rimer « Plymouth Satellite » avec « Speed of light » est au moins aussi jouissif que la Pop de plage de « 6060 842 », le Rock épatant de la voix des chanteuses sur « Hero Worship » et son jeu de batterie d’une simplicité envoûtante, la sensation implacable de joie laissée par le punch de « Lava » ou encore la chanson Fête Foraine par excellence que sera l’hilarante « Downtown », dont les samples imitant des gens en pleine discussion sur fond de chants excités n’en seront que plus immergeant dans l’état de fête perpétuelle de cet album, malgré que cette version soit quand même moins allumée que celle de Pétula Clark.

1979, ça n’en rajeunit pas certains et c’est évident qu’une grande partie de la jeunesse vous rigolera au nez à l’écoute de ce premier album de The B-52’s. Mais qu’importe ! Du moment que la musique est entraînante et réussie comme l’est cet opus qui a permis un peu plus de révolutionner la musique de sa génération. Il vaut mieux un disque de ce quatuor qu’une vulgaire cigarette pour vous réveiller le matin !

C’est exceptionnel, irréel, intemporel ! Et c’est un p’tit jeunot de 20 ans qui vous le dit haha !