juin 11th, 2013

De nombreuses années se sont écoulées depuis la dissolution de Starshooter, en 1982. Véritable révélation de l’époque, quasiment au même niveau que Trust ou Téléphone pour ne citer qu’eux, le groupe aura marqué de son emprunte aussi bien pour ses coups de génie (« Betsy Party ») que pour les remous crées par d’autres titres (la reprise des Beatles avec « Get Baque »). Lors de la séparation des punkeurs, Kent a fini par sortir son épingle du jeu.

Nul ne peut se targuer de n’avoir jamais écouté des titres comme « Tous les Hommes » ou « J’Aime un Pays », parmi d’autres de la dizaine d’album solo que le chanteur lyonnais compte dans sa besace. En 1998, lassé quelque peu par sa routine de scène (album => promo => tournée etc…), Kent décide de se tourner vers la musique émergente, “technoïde” comme il se plaît à l’appeler.

Uniquement suivi par ses musiciens (Barclay trouvant le projet “casse-gueule”), Kent va composer “Métropolitain” en une petite semaine, le composant ainsi essentiellement de proses sombres, laissant libre cours à une description noire et triste du monde qui l’entoure, de la jeunesse et de la vie quotidienne, l’artiste jugeant lui-même ne pas avoir le temps d’égayer ses textes. Au final, « Métropolitain » sortira un peu sous silence, l’artiste refusant toute promo, préférant faire de cette expérimentation un objet mystérieux, selon ses propres dires.

“J’ai eu envie de le faire, et je l’ai fait, c’est tout, contre l’avis de ma maison de disques au début. Barclay ne voyait pas pourquoi j’allais nuire à mon image avec un disque pareil, d’autant plus qu’après j’ouvrais une parenthèse avec Enzo Enzo (l’album « Enfin Seuls ! » ndlr) qui allait encore m’éloigner de mon actualité solo. Mais la vie d’un chanteur qui fait toujours les mêmes disques, c’est chiant. Je veux m’amuser. La musique offre des tas de possibilités, je travaille au quart des miennes, j’ai envie que ça cesse.” – Kent

On peut en dire ce que l’on veut, mais « Ton Bonheur » tranche dans le vif. La rythmique électro est puissante, les beat assourdissent, la batterie résonnante enferme l’auditeur dans un dédale de sonorité très étrangère à l’univers de Kent, mais que l’artiste finit par s’approprier au fur et à mesure de la progression musicale du morceau. La voix extrêmement arrondie et reconnaissable de Kent tape dans le mile de ce titre expérimental et intéressant sur la forme.

Dans une veine purement électro, Kent fusionne les claquements d’une batterie et d’une basse extrêmement lourdes sur les paroles noires de « Qu’est-ce que c’Est le Monde ? ». Relayé par une ambiance électronique saturant l’atmosphère, l’artiste démontre une nouvelle fois sa capacité à jouer au caméléon, tout comme le prouve également la très reposante « Laisse Tomber la Nuit ». Toujours une basse lourde pour dicter le rythme et une ambiance très sombre apportée par un synthé au placement très judicieux.

Loin de n’avoir fait qu’un album synthétique, Kent propulse également des morceaux rock comme on aime, le très mélodique « Orang des Villes » impose une très belle complémentarité de l’acoustique sur les couplets et de l’électrique sur les refrains. Nettement plus haché, « Rebelle Nouveau » laisse la six-cordes mettre en place son rythme nerveux et malsain (superbe basse encore pour l’accompagner), alors qu’ « A.D.O » délivre une suite de riffs saturés sur des passages vocaux épiques aux rythmes effrénés, extrêmement complémentaire des passages technos oppressants des couplets. Et que dire de la furieuse conclusion de ce morceau.

La noirceur de Kent prend un nouveau visage sur le long final « Métropolitain ». Une frappe discrète et constante d’une caisse claire et un clavier symphonique et ambiant, la douce et rêche voix de Kent aux vers salés et acides. Rien de plus pour conclure dans une sombre douceur cet album expérimental, osé.

« Métropolitain » est un disque beaucoup trop méconnu et sous-estimé. Avec celui-ci, Kent n’hésite pas à se mettre artistiquement en danger. En s’opposant à Barclay, il démontre que les années n’ont aucune emprise sur lui. Laissant libre cours à son imagination, évoluant avec le temps, avec les changements de mœurs musicales, « Métropolitain » est une expérience intéressante. La chanson française n’a pas encore révélé tous ses secrets.

avril 29th, 2012

Sa belle voix de crooner, son timbre si unique, son éternel chapeau posé sur sa tête, sa barbe de trois jours, personnalité si attachante : inutile de dire que vous aurez reconnu Charlie Winston. L’une des révélations de 2009 nous vient tout droit d’Angleterre (ce dont son look atypique qui lui va comme un gant ne peut tromper). Naît dans une famille de musiciens, il était évident que l’anglais se devait de suivre la même voie et ce fut chose faites avec son premier album auto-produit en 2007, « Make My Way ». S’en suit aussitôt une rencontre avec Peter Gabriel. L’ex-Genesis permettra ainsi à Charlie de faire la première partie de quelques-uns de ses concerts. Un an plus tard, il fait la rencontre d’Atmosphériques et c’est chez eux que sera enregistré « Hobo ».

Un Hobo est une sorte de vagabond, impeccablement mis en scène par Charlie Chaplin. Mais c’est également l’un de ces travailleurs américains des années 30. Mais c’est surtout la recherche d’un monde libre, un monde qui n’est pas régi par des codes, qui n’a pas de règles, qui ne se borne pas à vivre avec des contraintes… Charlie Winston est un vagabond de la musique, nous embarquant dans un monde à part, autant folk que pop, autant mélancolique qu’heureux. Le tout produit par l’excellent Mark Plati (David Bowie, Alain Bashung, The Cure, Louise Attaque…).

Nul doute que les multiples singles de l’album ont déjà dû sauter à vos oreilles. Le titre d’ouverture « In Your Hands » déjà. La basse groove et c’est incroyablement efficace, la batterie tape fort, c’est carrément entraînant. Lorsque le piano se met en marche, cette sensation de joie emplit peu à peu notre inconscient et quand Charlie envoie la musique de plus en plus forte le long des multiples refrains, entre une guitare discrète, une trompette très présente, un harmonica léger et présent dans les bons moments. Et puis ça bouge de plus en plus quand Charlie monte dans des aigus véritablement géniaux ! Pas le temps de vous rasseoir, « Like a Hobo » démarre. Un petit côté country/folk sortira de cet ensemble. Introduit par des sifflements et une guitare acoustique parfaite, le titre débutera véritablement au refrain. Toujours ces mêmes instruments qui apporteront une pêche indéniable à l’auditeur. Comment résister à l’envie de vous prendre un chapeau et de sortir votre vieille guitare pour danser avec ? Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? « Kick the Bucket » et son démarrage à la beet-box, son groove presque parlé et sa guitare des plus présentes pour une indéniable envie de danser.

À de nombreuses reprises, Charlie cultivera le goût du rythme entraînant qui fait mouche, celui qui vous rentrera en tête pour ne plus jamais en sortir. Comment ne pas nommer « I Love Your Smile » ? Un début délicat, seul le chant et le piano sont à l’honneur. Mais au fur et à mesure, la musique se fait plus joyeuse, plus mouvementée, avec l’apparition de la batterie et de la trompette pour donner un rythme supplémentaire jusqu’au break piano-voix préparant d’office à l’explosion de joie qui s’en suivra, notamment sur la voix délirante de Charlie, un vrai régal et un vrai plaisir. « Tongue Tied » et son rythme pressant de basse vous fera claquer des doigts. Et que dire des divers couplets en français qui ponctuent cette chanson ? Car oui, Charlie nous gratifie d’un français so british mais véritablement sympathique. Et puis tient, tant qu’à faire, autant également prononcer quelques mots en espagnol ! Batterie, trompette et autres violon assureront le rythme. Un titre vraiment surprenant, qu’il convient d’écouter plusieurs fois pour en saisir le rythme. Dans un registre purement pop, « Generation Spent » se place. Entraînant, légère tendance rock et surtout un engagement profond d’un artiste sincère et profondément anticapitaliste. L’homme reste humble, simple et c’est évidemment ce qui fait son charme.

« Hobo » contient aussi un nombre important de ballades et libre à vous de penser si c’est vraiment nécessaire ou non… Toujours est-il que vous ne pourrez pas enlever la classe et le talent de composition du trentenaire britannique. Dans un accès profond de mélancolie se place « Boxes », rien de plus que le chant délicat de Charlie et un piano d’une pureté dont on ne peut douter. L’apparition de violon ne fait que renforcer cette grande tristesse. « My Life as a Duck » est l’une des meilleures pistes de cette galette, tous les instruments se partagent l’affiche, aussi bien une guitare entraînante, une batterie en retenue, des violons splendides, une basse bien ronflante, un piano magnifique… La montée progressive, tout en tristesse et en émotion est incroyablement poignante… Mais c’est surtout la guitare à la main que les ballades se dérouleront, bien que « Every Step » contienne encore quelques notes de piano, l’ambiance globale de ce titre fait bien plus penser à une chanson que l’on interprète autour d’un feu, un soir d’été.

« Calling Me » possède son charme également. La guitare acoustique y est belle, le chant de Charlie reposant et montant dans certaines hauteurs. L’harmonica, instrument qui vous casse une oreille au tout premier essai, est ici parfaitement interprété, donnant des petits airs de longues routes américaines à ce titre. « Soundtrack to Falling in Love » est à peu près du même acabit et c’est là que ça commence un peu à lasser… Très belle chanson, oui, mais finalement trop ressemblante aux autres. La voix féminine qui s’élève a tôt fait de rendre le tout finalement plus agréable. La montée en puissance de la fin (avec notamment les chœurs) est, elle, tout à fait splendide. Quant à « My Name »… Le chef-d’œuvre incontestable de ce disque, entre tristesse et angoisse, notamment avec ce bruit de fond assez perturbant sur l’intro, révèle un côté un tant soit peu épique qu’il vous faut obligatoirement écouter attentivement pour en repérer toutes les subtilités. Même un peu symphonique sur les bords…

L’homme est simple. Sa musique oscille entre plusieurs styles en faisant constamment mouche et le tout est très cohérent. Certains pourront reprocher les longueurs du milieu de l’album (avec notamment plusieurs ballades à la suite) mais tout cela reste très subjectif. On ne peut pas nier l’émotion, la joie et la tristesse mêlées que nous fait partager ce chanteur génial. Inutile d’espérer ne pas tomber sous le charme.

avril 13th, 2012

“Je n’ai pas réussi parce que je suis beau mais cela m’a aidé” – Brandon Flowers

Oui bah oui ! Forcément, prononcer une telle phrase dans les médias ne peut qu’entraîner un regard massif de la populace, désireux de mettre un nom et un visage sur le nouveau message prétentieux à la mode. Et de prétention et de provocation, Brandon Flowers n’en manque pas ! Leader de The Killers depuis le tout début du groupe, c’est à coups de messages hautains que le chanteur a promu son quatuor et non par la musique en tout premier.

Au premier abord, The Killers est LE nom cliché, au logo bien kitsch. Quand on sait que certains voient la vie en vert ou on même réussi à compter jusqu’à 182, on était en droit d’attendre quelques choses de plus élaboré. The Killers n’est pas non plus un hommage à notre célèbre groupe de Heavy Aquitain. The Killers proviendrait donc d’un nom présent dans un clip de New Order. Nos quatre joyeux drilles proviennent de la cité « Américain way of life » par excellence, la bien nommée Las Vegas.

« On est meilleurs à chaque concert, le prochain album nous fera stars, on va entrer dans l’histoire » – Brandon Flowers dans « Libération ».

Oui oui oui, mon grand, mais tu devrais rentrer à ta maison, ta maman va s’inquiéter. Comment ? Tu fais du Rock ? Allons bon. Regardons donc tout cela en détail. Une influence principale tendant vers la bonne vieille New-Wave 80’s à la Depeche Mode, mais aussi vers un Rock plus entraînant à la U2 ou encore la Britpop efficace comme Oasis. M’oui, tout un programme, mais pourquoi pas après tout ? Alors pourquoi ne pas écouter ce « Hot Fuss », première offrande du groupe.

Très vite, les passages bien rentre-dedans de la basse de « Jenny Was a Friend of Mine » me font oublier les déclarations tapageuses de son leader et The Killers impose surtout une rythmique mélodique qui, si elle n’a aucune véritable surprise dans le milieu, tape surtout dans le mile par son efficacité. Les guitares sont puissantes, la batterie suffisamment variée et le chant assez pêchu pour accrocher l’oreille. On a parfois tort de juger comme ça, trop vite. Car la qualité est là, avec une certaine efficacité.

Soyons clairs, The Killers ne se démarquera pas avec une affriolante recherche musicale, mais plutôt avec ce sens mélodique qui, bien que déjà entendu, relève d’une efficacité à toute épreuve. Chacun des titres présents ici est susceptible de faire vibrer votre station de radio favorite. Les mélodies sont entêtantes et facilement reconnaissables, les refrains vous resteront en tête des heures durant et le son, entre Pop-Rock acidulé et ensemble électro tapant dans une New-Wave plus moderne, entretiendra cette sensation d’éclair commercial.

Et les deux tubes que sont « Mr. Brightside » et « Somebody Told Me » ne me contrediront pas. « Mr. Brightside », l’un des tous premiers titres enregistrés par le groupe pour l’anecdote, est un concentré de ce qui se fait de mieux dans le Rock simple sans être foncièrement simpliste. Très estampillé New-Wave avec ce petit côté passe-partout, sa basse bien présente et ses lignes mélodiques, on bougerait bien vite sur ce morceau, une tartine d’une célèbre pâte à tartiner noisette dans la main (comprenne qui pourra, ne faisons pas de pub ici). Quant à « Somebody Told Me », nous avons LE titre radio par excellence, que j’ai pour ma part découvert lors d’un passage sur le plateau de Taratata. Puissant, dansant, groovant, ligne vocale très entêtante et énergique, le single par excellence, capable de passer aussi bien sur des radios spécialisées électro que Pop-Rock.

« All These Things That I Have Done » apporte un petit côté spirituel, ancré dans ses guitares lentes et surtout la voix résonnante de Brandon, au refrain toujours entraînant et entêtant, mais c’est surtout sur le break de la chanson, sous forme de chœur gospel que cet aspect se développera davantage. Chœur aussi présent sur « Andy, You’re a Star », rajoutant ainsi une plus grosse puissance vocale sur le refrain d’un titre baignant de plein fouet dans son ambiance lente et très électro, dominé par une basse proéminente. Atmosphère pesante également présente sur la niaise ballade finale « Everything Will Be Alright », qui, elle, est carrément dispensable car, que ça soit la voix ou le peu de guitares, tout est extrêmement synthétique, trop stéréotypés et finalement très rapidement agaçant.

Au niveau des autres titres également dispensables, nous retrouvons « Midnight Show ». Entre riffs certes plus puissants, mais mal coordonnés dans le morceau, un chant agaçant, régulièrement ponctué de « ouhouhouh » mal assortis à l’ensemble. « On Top » et son introduction électro extrêmement kitsch sera heureusement rattrapé par sa guitare plus calme et reposante, bien que le chant de Brandon soit très agaçant à la longue. Il en fait décidément trop le bonhomme. Le refrain un peu plus spatial sera là pour rattraper le tout heureusement. « Change Your Mind » est le titre pop mielleux par excellence, pompeux et sirupeux.

En fait, comme l’atteste le très planant et agréable « Smile Like You Mean It », à base de guitare fleuretant entre le son plus puissant et les notes légères et entêtantes et surtout un chant totalement correct et une basse bien présente, il y a deux parties dans ce disque. Les six premiers titres, entièrement bons et efficaces, les cinq derniers mi-figue, mi-raisin, avec du positif et du plus lourd.

Alors oui, on sait déjà que comme tout bon groupe de Rock acidulé à la Pop, The Killers aura son heure de gloire et sombrera peu à peu dans l’oubli, on sait aussi que les déclarations lourdingues de Brandon (qui qualifiera d’ailleurs modestement « Sam’s Town », l’album qui a succédé à « Hot Fuss », de « l’un des meilleurs albums de ces vingt dernières années ») ne joueront pas toujours en sa faveur. L’attitude provocante du groupe n’hésitant pas à se mettre au-dessus de tout est pour le moment assez favorable au quatuor, mais méfiance. Reste malgré tout que « Hot Fuss » est un album véritablement très agréable, sans être vraiment une perle d’originalité.

janvier 30th, 2012

Le secret d’un bon groupe de rock aujourd’hui ? Il y a bien sûr le niveau musical, la technique, les thèmes… Mais tout ça est d’un classique. Chez The Stumps, on cultive l’amitié et l’amour de la musique avant tout autre chose. « The Beat » n’est pas qu’un album de Pop-Rock, c’est surtout la démonstration de ce qu’est l’amitié et la simplicité. Mais classer le groupe dans la Pop-Rock reste relativement réducteur car ce que l’on trouve la dedans est pour le moins varié et chacun des titres tourne vers un état d’esprit bien distinct.

Toujours est-il que le Pop-Rock est bien trop souvent dénigré comme « trop facile », « trop basique », « trop commercial » … Ni vrai, ni faux, partout on trouve des groupes originaux et des groupes commerciaux. Ne faisons pas de généralité, la sphère francophone du Rock-Metal tous horizons est déjà bien assez réduite étant donné la déprime que je me suis infligé à regarder les NRJ Music Awards.

Les funérailles finies, je m’enfile à nouveau le disque de The Stumps. Dans un savant mélange de Pop-Rock énergique, d’une légère touche de Britpop et d’une bonne dose de disco, disons que le mot qui revient très souvent à l’esprit en écoutant leur album « The Beat » est … C’est kitsch ! L’ambiance Carlos/vacance/Franky Vincent (sans les zizis) saute aux oreilles. Pas extrêmement originale, c’est une chose mais purement rafraîchissante et joyeuse ! « The Beat » est un concentré de joie, de bonne humeur et de tranche de rigolade assurée !

Parce que soyons clairs ! Le groupe ne brille pas par une technique ou une créativité étonnante. Les quatre musiciens maîtrisent vraiment bien leurs instruments et leurs sujets, mais c’est surtout leur bonne humeur et leur joie de vivre qui seront contagieuses. Leurs façons de jouer et leurs accents franglais font rire et sourire (mais je ne dis rien, étant une quiche en anglais…). Une guitare groovy, une basse 80’s, une batterie simple mais efficace et quatre voix pour un déluge de joie et c’est parti !

« Douze titres, douze orgasmes » : tel était le titre de l’article du Monde à propos du groupe. Un tel compliment peut sembler présomptueux mais bon, ça ne coûte rien d’y poser une oreille, me dis-je la première fois. « Jack the Ripper » est une bonne entrée en matière, la basse sonne ronde et efficace autant que la batterie délivre de bonne frappe. Quant à la guitare, elle fait indéniablement penser 80’s, le chant lui-même respire les 80’s, tout comme les refrains semblant chantés à plusieurs. On a vraiment l’impression de revenir dans le temps et de bouger en rythmes sur le groove des discothèques lors des booms de l’époque (que de souvenirs héhé). « Wonderland » modifie légèrement le pas et se classe comme un pur titre Pop-Rock porté par une guitare aussi simple que dansante, le tout agrémenté de ce chant si particulier, tournant entre les membres du groupe sans jamais perdre sa classe et ce grooving particulier.

« Alice or Stephanie » nous fait sourire de par cette basse grondante tout droit sortie des clubs Med et d’une guitare nous rappelant les cocotiers. « Sleep Well Live Twice », avec un début à la croisée d’Étienne Daho et des animateurs de colo se joue TRÈS kitch mais c’est étrangement plaisant (on croirait entendre la mer lors de ce clavier un peu « trompette »). Mais rien n’est plus rafraîchissant que ce « What’s Next » final où des flow légèrement rap au niveau vocal vienne cohabiter avec ces cordes un peu antillaises au niveau des rythmes, ou encore cette basse reggae qui accompagne une guitare très bien rythmée sur des accords simples et efficace sur « Young and Fabulous ».

Si le kitch est très présent, il reste une poignée de titres qui ressortent du lot. « Leave My Money Baby » fait apparaître un style légèrement plus énervé, plus rock, moins dansant mais vraiment efficace. « Beatcomber » est un titre qui se démarque également de par une guitare nettement mise en avant pour notre plus grand bonheur, mais rappelant également étrangement des groupes de Britpop en tous genres.

Le temps que « Snakes and Rats » nous ramène dans les 80’s avec un petit côté blues-pop sympathique et que « Sisters and Co » nous ramène sur le dancefloor avec un riff des plus dansants ; on finit par s’asseoir, car on est finalement épuisé de ce voyage dans le temps sous les tropiques. The Stumps est un groupe à part, ni très original, ni copie, les quatre Parisiens font la musique qu’ils aiment, entre pop-rock joyeuse et disco 80’s. Une bonne tranche de bonne humeur, de joie et une furieuse envie de danser : voilà les ingrédients de « The Beat ».

De quoi commencer l’année avec le sourire !