novembre 15th, 2013

Venant droit de Besançon, Wendy’s Surrender est l’un de ces innombrables groupes s’auto-proclamant jouer du Punk-Hardcore et prêt à en découdre de la même manière que la centaine de groupes naissant mois après mois un peu partout dans notre belle planète musicale. Et pour livrer un premier EP agressif avec ce « Hold on for Victory », rien de mieux que de balancer des répliques cultes du film « C’est Arrivé Près de Chez Vous ».

Pourtant, ça ne commence pas trop mal. L’instrumental « H-Bomb » est une introduction très correcte. Musicalement, ça ne part pas bien loin, mais ça tient la route. C’est rock, ça groove, c’est rapide, c’est carré. Enfin voilà, quoi. Il en va de même pour la deuxième instrumentale, de conclusion cette fois, qu’est « No Surrender » aux riffs sympathique et à la rythmique classique et facilement mémorisables.

Mais ce qui est intéressant dans le punk, ce sont les textes, la voix ! Et bien c’est là que ça se gâte. Sur les quatre titres de l’EP, le chant de William est extrêmement gentillet. Il n’est pas foncièrement désagréable, même s’il est imparfait. Le chanteur semble avoir envie de brailler plus fort, mais en même temps donne méchamment l’air d’être très timide derrière son micro. Résultat : le chant n’accroche jamais, se révèle même soporifique sur de nombreux passages, manquant énormément de personnalité et tuant tout le charisme voulu par le chanteur.

Et musicalement ? Et bien c’est … Gentillet. La production est belle, mais très plates, tuant dans l’œuf toute tentative plus Hardcore, la faute à des guitares s’effaçant trop souvent pour faire sortir la basse. C’est jolie, une basse, mais là, ça en devient proprement énervant de n’entendre que ça, au même titre qu’une batterie répétant inlassablement les mêmes frappes. Tout comme la voix, la musique manque terriblement d’accroche, se contentant de rester bien sagement dans ses pantoufles sans jamais rien tentés de véritablement intéressant. Quitte à se planter !

L’imagerie nette du groupe ne se voit pas validé sur ce disque, au même titre qu’un clip bien réalisé, mais terriblement plat et sans la moindre émotion. Un peu comme cet album, qui sera sans doute sympathique en ouverture de scène, mais terriblement ennuyeux dans la platine. C’est bien sur cela qu’il faut insister : l’EP n’est pas mauvais, il est quelconque. On l’écoute une fois, puis on oublie. C’est triste à dire, surtout en imaginant le travail pour et autour de ce disque. Mais pas de raison de se décourager ! Ils sont jeunes, ils ont largement le temps de trouver des idées bien intéressantes pour la suite.

octobre 29th, 2013

Ah ça fait bien longtemps que je ne me suis pas attelé à un groupe Punk. Aujourd’hui, c’est les Nancéiens de Reviens qui vont passer sous ma plume (ou mon clavier). Reviens, c’est un trio marchant sur les pas d’un Punk à la fois rock et hardcore, mais rien de franchement très violent. Des petites démos ici et là, des concerts avec pas mal de tête d’affiche du genre (Les Sales Majestés, Diego Pallavas …) démontre tout de même une certaine expérience.

« Reviens » est un disque qui d’écoute vite et se comprend facilement. Rien ici ne révolutionne le genre, le trio se contentant de sa technique pour propulser un regard cynique et amer sur la société. La très faible durée des pistes fait que je ne pourrais pas franchement les décrire ainsi, je me contenterai de parler en surface.

Musicalement, il y a des guitares bien maîtrisées, rock comme il faut, avec un groove parfois bien foutu (« C’en Est Assez », très 80’s sur « Ça Manque de Sucre »), une basse bien ronde, mais pas assez mise en avant (nickel sur « Le Dernier Homme ») alors que la batterie jouera son rôle de façon intelligente (même si l’intro de « Métaphysique de la Grenade » fait sacrément boîte de conserve), sans jamais trop en faire.

Ce qui pourrait coincer, c’est la voix. C’est faux. Quand Julien chante, c’est désagréable. Ça va déjà un peu mieux sur ses réguliers passages un peu criés, même si l’ensemble reste gentillet. De toute manière, la volonté du musicien n’est certainement pas de chanter juste, mais vrai. Sur ce coup, c’est déjà mieux, ses éclats de voix sont sincères, déplorant avec des formules assez clichés (autant que les noms des pistes) dans le milieu, mais relativement efficace, pour dire que ” tout va mal “. Mais comme le dit le groupe lui-même, cet album, « Ça Manque de Sucre ».

Le groupe varie parfois son sujet, comme sur les cinq parties de « Chroniques d’un Naufrage ». Si découper la piste en cinq morceaux inégaux est complètement inutiles, on relèvera les différents changements de rythme, parfois Speed et hurlé, à d’autre moments plus rock et chanté (et même vaguement rappé) ou même entièrement acoustique sur la dernière partie, très intéressante, d’ailleurs.

Reviens ne bouscule rien, mais se contente de jouer avec son cœur. C’est suffisant pour avoir un disque divertissant, mais trop insuffisant pour se dire que l’on y reviendra. Ce disque sent davantage le plaisir entre pote et c’est sans doute bien suffisant comme ça.