juin 30th, 2012

Entre un chanteur ayant fait ses armes sur les terres britanniques et deux musiciens s’étant développés au grès des scènes Metal de leurs localités respectives, on avait fort à parier que de la réunion de ces trois artistes quelques choses de puissant et d’énergique allait émerger. Ainsi fut formé The MOz, sur une base Power Rock très direct, sans fioritures, mêlant les inspirations britanniques recueillies par Lulu et la puissance Mélodique de ces deux compères.

Il en résulte l’album « The MOz », qui voit le jour début juin et dont le groupe espère en obtenir un bon résultat, idéal pour débuter tranquillement leur nouveau projet, chacun ayant connu plus ou moins de succès avec leurs anciens groupes respectifs.

Pourtant, dès le début, ce n’est pas un emballement incroyable qui ressortira des premières secondes de ce disque… « Horsepower » est une introduction fortement dispensable. Le chant de Lulu est incroyablement agaçant et l’ensemble musical est d’une passivité vraiment limite. Ce n’est que le début, me dis-je. Et pourtant… « Switch On » est au moins presque aussi agaçante que le titre précédent. Les riffs ne transpirent d’aucune originalité et les légers cris de Lulu semblent désagréablement être copié-collé sur les ténors du Hard-Rock. Toutefois, on ressent quelques petites touches intéressantes. À commencer par le chant de Lulu. Quand il en fait trop, c’est extrêmement agaçant. Mais sur certains passages, celui-ci module sa voix avec aisance pour un résultat qui groove efficacement. La basse s’en sort très bien et la batterie est d’une technicité irréprochable, même si un peu trop sèche parfois. Les riffs de guitare s’orientent entre du déjà-vu et de très bonnes idées. Et globalement, ça sera plus ou moins ça sur tout l’album.

Après deux titres poussifs et qui aurait pu convaincre certains d’écourter leur écoute de « The MOz », « The Cork » accroche l’oreille. C’est rapide, efficace, groovant, un très bel ensemble entre les trois musicos qui permet de se reconcentrer efficacement. Les petits cris de Lulu sont très agaçants, toujours, tout comme sur « Young’s Fight », qui nous sert pourtant un petit Hard-Rock 80’s accompagné d’une basse chauffée à point. Pour un titre bien plus direct, on peut également se tourner vers « One Shot ». Les riffs incisifs servent, pour la première et unique fois de l’album, une voix plus agressive et grognante du plus bel effet. Le duo voix-basse est excellent.

The MOz dispose dans son attirail d’une belle tripotée de semi-ballades (ou non) comme « Apart ». Même si un peu longuet sur les bords, tout est beau dans ce titre. Les différentes variations de Lulu, le jeu de batterie, plutôt puissant, le duo guitare-basse se transmettant la « parole » avec une belle aisance, entre moments plus calmes et d’autres plus bruts. « Hate Everybody » est en demi-teinte, encore une fois, on a l’impression que Lulu veut trop en faire avec sa voix. Derrière, la basse et la battertirés distinguent par leur jeu pénétrant et tout en délicatesse. Si le break un peu plus posé à la guitare reste agréable, on note encore une fois une certaine monotonie. « Things Changed » est une ballade plus classique, bien accompagnée par une voix féminine apportant douceur et émotion. Même si on peut déplorer sa relative absence, la voix de Vanessa s’accorde idéalement. Notons également un petit solo tout en douceur.

Le groupe n’hésite pas parfois à changer un peu de registre avec notamment l’introduction au piano (certes simpliste) de « An Old Picture », un ensemble très progressif, montant en puissance au fur et mesure, sans jamais quitter cette dimension émotionnelle (mis à part sur le break plus furieux qui a tendance à gâcher un peu trop le tout…). « Hey Angel » nous sert un morceau entièrement acoustique du plus bel effet, calme, reposant, un petit peu country sur certain accord, un chant parfait et rempli d’émotions.

Et puis il y a la perfection. Le long titre de conclusion « I’m So Tired ». Un côté épique et Heavy autant que mélodique, un refrain puisant dans des sonorités émotionnelles et un chant presque épuisé. Un très bon mélange de toutes les influences du groupe pour un Heavy Rock somptueux. Rien à jeter ici, sûrement pas les quelques petits solos, la présence de chœurs tout en chuchotements (chœurs d’ailleurs présent aussi sur des titres comme « Appart » ou « An Old Picture »), la basse étouffante… C’est peut-être sur ces titres les plus longs que le groupe s’en sort le mieux.

Il y a de tout sur ce premier album. Du trop peu et du surplus, notamment au niveau du chant dont les multiples envolées fausses restent agaçantes au plus haut point. Mais le chant de Lulu demeure de belle qualité quand celui-ci ne tente pas tout et n’importe quoi. On sent que les musicos en ont encore en réserve, qu’ils n’ont pas tout révélé encore… Il y a beaucoup de talents et d’expérience, néanmoins, un peu plus de contrôles des compositions, qui ont souvent tendance à être un peu cassées par des breaks très mal choisis, seraient nécessaires. À voir sur la durée, mais il y a fort à parier qu’en continuant de cette manière, le groupe a de fortes chances de se faire une bien belle place.

mai 9th, 2012

Se créer un groupe de rock aujourd’hui est d’une facilité déconcertante. Facebook, MySpace, YouTube et plus récemment ReverbNation, Soundcloud ou BandCamp permettent, chacun à leurs manières, de se rapprocher un peu plus de la lumière. Internet offre aujourd’hui aux artistes une plus grande visibilité, mais l’auditeur, lui, peut se sentir perdu dans ce capharnaüm impitoyable de dizaines, de centaines de groupes de tout horizon.

Les petits nouveaux qui nous intéressent aujourd’hui proviennent d’Etampes, dans l’Essonne. Enfin « petit nouveau »… Hazelight se bâtit en 2010. Quatre personnes autour d’un même projet : atteindre les sommets. Pour un premier jet, « The Twilight Zone » s’accompagne d’une jolie petite pochette, sobre et simple, certes, mais efficace. On pourrait presque chipoter sur le titre du disque qui semble être vulgairement collé en bas mais bon, ne chipotons pas. Hazelight fait du rock à chant féminin, agréable et très bien produit.

« Stronger » introduit l’album. Et ça commence tranquillement, la basse pousse les notes qu’il faut, la guitare se fait doucement frôler et tout accélère subitement. Les riffs sont simples mais efficaces, bien que déjà entendus. Le chant de Jess est puissant, agréable mais… Les parties les plus énervées du titre (surtout vers les deux tiers quand l’ensemble se voudra plus puissant encore) rappelleront vraiment la pêche de la jeune Izia. Un titre donc agréable, mais qui manque un peu de personnalité. Même constat pour « Not a Slave » qui, bien que très rythmée et agréable, souffrira encore de la comparaison avec Izia. Toutefois, le titre proposera de petites touches très agréables, comme cette coupure un peu plus planante après le second refrain et les chœurs présents sur les refrains, qui apporteront une touche plus profonde et un impact forcément différemment. La puissance du final et ses guitares saturées ainsi que sa batterie puissamment frappée apporteront des touches également très appréciables. « Bewitched » est un titre particulièrement spécial, les riffs sont puissants et bien polis comme il faut, une touche presque Heavy Rock d’ailleurs, voire même un peu sudiste sur le fond. On regrettera par contre le manque de puissance de la voix à bien trop de moments. Le break du milieu qui fait ressortir intelligemment la basse est, lui, vraiment très bien placé, tout comme les mini-soli presque Hard Rock. On apprécie également quand Jess monte sa voix. Beaucoup plus puissante, celle-ci distille un groove épatant.

« Homeless » montre un autre visage du groupe, uniquement à la guitare sèche et bien accompagné par un duo batterie-basse d’une belle entente et bien profond. Néanmoins, la voix de Jessy tape un peu sur les nerfs quand celle-ci monte dans certaines hauteurs, ce qui tranche un peu trop nettement avec le « calme » de ce morceau. Parti pris pour certains, d’autres apprécieront. Quand elle chante plus calmement, le tout demeure plus agréable. Et puis sur la fin, elle étoffe sa voix de sonorités un peu plus dures, plus rock dans l’esprit et ça demeure ici par contre très agréable.

Pour un premier jet, on peut apprécier le professionnalisme dont fait preuve le quatuor. Le son est propre, les compos sont bien droites, ne laissant que peu de place à de l’expérimentation. Et puis comme tout premier jet dans le milieu immense qu’est le rock, on peut évoquer le même défaut : l’originalité. Une touche Izia semble ressortir très (trop) souvent. De plus, Jessy en fait trop à de nombreux moments… La chanteuse possède un timbre puissant avec une pointe mélodique très agréable, mais elle semble un peu trop tirer sur la corde pour imposer une rythmique plus forte à l’ensemble. Des petits défauts qui sont loin d’être insurmontables. De plus, l’épreuve de la scène que le groupe semble traverser avec grand succès ne pourra que conforter l’idée de les voir revenir dans peu de temps avec un disque plus consistant. À suivre sur la durée, mais on ne peut que rester positif.

février 18th, 2012

L’état médiatique du Rock français me fait peur.

Pas la scène actuelle en soi, mais plutôt les rares groupes que la télévision francophone accepte de montrer. Et sérieusement, entendre que, d’après l’un des journaliste Rock les plus connu, les BB Brunes n’ont aucune concurrence me fait bien rire. Mais un rire très jaune. Car c’est vrai, médiatiquement parlant, les BB Brunes domine la scène française. Moi je trouve cela flippant, car la France ne se préoccupe pas des rockeurs, qui ne sont « qu’une bande de gamins hurlant dans un micro », la nouvelle vague ado préférant s’extasier sur la voix hyper trafiquée du colonel Reyel ou sur les rythmiques entêtante et soulante de sieur Guetta (qui passe d’ailleurs bien plus de temps chez les ricains que chez lui, en France). Pourtant, on en a des artistes en France qui mériteraient une exposition médiatique et une vraie ! Pas trois lignes et demie dans une rubrique « supplément ». Alors, quand le Grand Journal présente Izia comme un « nouvel espoir du Rock en France », je me marre d’avance. Puis « So Much Trouble » se lance. Et je n’ai pas ri.

Pour Izia, la voie de la célébrité était déjà toute tracée dans la catégorie « enfant de… ». Fille de Jacques Higelin et soeur d’Arthur H, il est vrai que la demoiselle se prédestinait à une avancée semée d’embûche pour connaître ne serait-ce qu’un minimum de succès personnelle et non par les influences de sa famille. Et pourtant… Une démo et les premières parties d’Iggy Pop à même pas 18 ans, la brunette brûle toutes les étapes. Et c’est ainsi que sort « Izia », son tout premier album qui obtient deux Victoires de la Musique (dans les catégories “Album pop/rock de l’année” et “Révélation scène de l’année”). Encensé par la critique, mais pêchant justement pour une surdose d’énergie, Izia revient donc deux ans plus tard avec « So Much Trouble », orientation légèrement plus pop-rock et voix davantage maîtrisée à la clé.

Car dès que l’album se lance, vous n’aurez même pas le temps de vous installer tranquillement que « Baby » (non, pas celui du mécheux) vous balancera une sauce Rock’n'Roll décoiffant. Le rythme y est lourd et puissant, la voix d’Izia toujours aussi relevée bien que l’on sente une maîtrise supplémentaire, notamment dans la cinquantaine de « Baby » répété dans le titre sous diverses intonations, certains ne manqueront pas de noter ces très belles variations alors que d’autres auront la tête enflée par ces « Baby » qui peuvent se révéler, il est vrai, assez fatiguant. Mais bon, ce serait chipoter d’en tenir rigueur. « So Much Trouble », premier single et titre présenté à ce fameux numéro du Grand Journal présenté au-dessus est une pépite jubilatoire de l’étendue vocale de la belle et de la puissance musicale de ses acolytes. Et sur scène, c’est encore mieux !

Le disque tournera également vers des titres plus délicats, plus sensibles, où Izia révélera l’étendue de son talent sans forcément se mettre à monter sa voix dans des hauteurs insoupçonnées. « Twenty Times a Day » offre ainsi un côté plus pop à la musique d’Izia, révélant un côté mélodique des plus plaisants, entre une instrumentation dansante et l’apport de quelques cordes. On pense également à « She » où Sebastien Hoog fait chanter sa guitare sur les rythmes des envolées d’Izia de façon majestueuse. Et comment ne pas citer « Penicilline », le plus long morceau de cette album offre une montée progressive, débutant calmement sur une basse puissante et une guitare aérienne… Sensation que la voix mélodique et magnifique d’Izia perpétue. Mais déjà, on sent le titre s’énerver, les guitares se font plus fortes et Izia monte de plus en plus en puissance avant de revenir à la douceur du début pour achever le titre sur un long break assez ambiant puis un long passage planant dont la puissance se laisse découvrir au fur et à mesure. « That Night » continue dans cette voie et nous livre un titre lent, quasiment Ambiant sur sa teneur, tout en gardant le côté « pêchu » d’Izia. « You’re Love Is a Gift » révèle surtout le côté Pop du groupe, mais dans une veine très dansante et mélodique.

Mais Izia n’oublie pas ses premiers amours et les titres bien Rock et pêchus de son premier album. « Top of the World », entre mélodie et furie sauvage, entre voix calmes et voix excitées, entre guitare lourde et batterie rapide, un régal auditif. « I Hate You » reste dans le ton, entre couplet puissant et refrain orienté power-pop remuant qui donne un côté plus lourd au titre. « I Can Dance » met surtout en avant une basse groovy des plus sympathiques qui rajoute de la profondeur à un titre pour une mini touche stoner-rock (mini hein).

Alors, tout n’est pas rose dans cet album, mais il est vrai que les quelques défauts ne gênent aucunement une écoute passionnante d’un disque qui fait profondément du bien dans un monde où le Rock est bien trop relayé au second plan. Pêle-mêle, cet album souffre encore légèrement d’un certain manque de maturité, qui rend parfois les compos un peu trop lourdes. Mais ce défaut reste tout à fait relatif, car la belle n’a que 21 ans et tout son temps pour améliorer ce disque déjà d’un très bon niveau dans son domaine.

Le point fort d’Izia reste sa franchise, sa spontanéité, son énergie, son envie de faire le rock qui lui plaît. Et rien que pour ça, je tire mon chapeau à la demoiselle, qui sait se livrer avec envie et passion tout en nous transmettant une pêche très contagieuse et jubilatoire. Certainement pas le plus grand Rock de tous les temps, mais un excellent album sur lequel il convient de placer une oreille attentive !