novembre 19th, 2013

Duck Explosion. Voilà un nom pas banal. Les Canards sont né dans le Vaucluse d’un amour pour le Rock’n'roll oldies, formation étant né de la passion de deux guitaristes avant de voir d’autres musiciens se rajouter peu à peu à la fête. C’est donc en cette fin d’année 2013 que le groupe nous lance « Zebra Pilot », premier petit EP ne durant qu’une petite dizaine de minutes.

Encore une fois dans ces premières démos, on ne recherche pas de l’originalité. On recherche plutôt son style, sa démarche artistique, celle qui aboutira à un premier véritable album. Pour Duck Explosion, les inspirations vont un peu dans tous les sens, les quatre titres de l’EP brassant ainsi des genres plutôt différents, même si tous affiliés à une base Hard-Rock’n'roll.

Beaucoup de choses sont en tout cas très agréables, notamment le grain de voix bien rauque de Charly, donnant une pêche non négligeable à un ensemble très bien produit pour une auto-production, même si un « Lie to Me » plus posé et mélodique à clairement l’air de manquer de puissance. De l’autre côté, « In the Inside » démontre aussi un côté un peu plus posé, la voix grave et un peu cassée du chanteur s’accordant plutôt bien à la musicalité ambiante, bonne ballade Hard-Rock et intéressante.

Bien sur, on privilégie les titres rock et rentre-dedans. On pestera un peu devant l’omniprésence de la basse sur « No Way Out » pour un groove manquant nettement de tranchant malgré la bonne variation de la guitare. La voix sera là extrêmement communicative. Enfin, « Top of the World » clôture ce disque d’un ensemble mélodique et talentueux, avec de bons éclats de voix. La guitare et la batterie se mettent enfin en avant et la basse s’accorde bien mieux au tout, même si celle-ci a tendance à se pointer un peu trop souvent.

Un premier EP plutôt sérieux pour une formation qui prend tout son temps pour grandir. Encore une fois, il n’y a ici que la preuve d’un bon bagage musical, il ne reste plus qu’à le roder encore davantage, car tout ça ne fera pas vraiment illusion si rien n’évolue vers une musique plus personnelle.

mars 5th, 2012

Il est vrai que l’univers du Rock’n'Roll est bercé par ses idoles de toujours et il est évident que pour la plupart, Rock’nRoll signifie entre autres les Johnny Halliday, Eddy Mitchell, Elvis Presley ou encore Chuck Berry (pour ne citer que ceux-là). De plus, nous pouvons également constater la remontée du Rock’n'Roll au travers de jeunes groupes comme The Strokes ou Wolfmother (parmi d’autres). C’est dans cette optique que My Fancy Zoot place son EP éponyme : démontrer que le Rock’n'Roll a encore de très beaux jours devant lui.

Originaires de Mulhouse, les cinq musiciens desservent des riffs tout droit sortis de l’âge d’or du Rock en s’inspirant ouvertement de grands classiques (Led Zeppelin, AC/DC, Allman Brothers …). Depuis 2009, le quintet écume les salles, de façon à se procurer une bonne dose d’expérience et c’est en 2012 seulement que le groupe met sur disque ses premières créations. Cinq titres profondément dans un esprit Rock, mélangeant habilement le Hard-Rock d’antan avec un Rock’n’Roll bien plus moderne.

L’énergie est bonne, la musique est bonne et on tape du pied dès les premières notes de « Stoned Soul », notamment sur cette montée progressive de la batterie. La voix de Raphaël est juste et mélodique. Peut-être même un peu trop par rapport à l’agressivité que celui-ci veut sortir des morceaux, bien que son chant reste quand même dans un tempo très correct et véritablement entrainant.

Faire une description titres par titre est assez inutile, au fond, chaque titre se complète et se ressemble plus ou moins. Attardons-nous plutôt sur la prestation des musicos. Les cordes tout d’abord ! Deux guitaristes, un pour le rythme, l’autre pour les solos. Le premier assure bien, la guitare ressort très bien du mixage global et nous dessert des riffs qui, même s’ils sont déjà maintes et maintes fois entendus (« In the Middle »), restent fort agréables. Le soliste quant à lui maîtrise plutôt bien son manche, même si quelques fausses notes ressortent de temps en temps et que quelques passages sont assez stridents (« Magic Johnson ») et pas forcément agréables. Les solos sont nombreux, souvent bien exécutés mais quelquefois assez agaçants par une grandiloquence pas toujours de très bon goût. Rien de grave, My Fancy Zoot n’en est qu’à son premier essai. Quant à la basse, elle est bien trop discrète ! Mis à part sur « Stoned Soûl » où elle ressort très bien pendant les vingt premières secondes, son temps de paroles sera beaucoup trop effacé.

Le batteur assure ! Et les fûts sont frappés vite et fort (« Leave That Jerk » notamment, « Plastic Dolls »). Les frappes sont très précises et ne laissent que rarement la place à l’expérimentation, ce qui enlève toute grandiloquence futile et concentre donc la puissance dans le ton juste et suffisant. Les chœurs sont présents sur globalement tous les refrains et apportent une profondeur certaine aux titres, même si certains rappellent un peu trop AC/DC… Le chant à lui du mal à monter véritablement dans les grosses puissances que l’on attend d’un chanteur de Hard-Rock. Toutefois, ce léger défaut est vite atténué par une prononciation très bien maîtrisée (pas de franglais, un accent très efficace) et surtout un sens mélodique qui captive et intéresse. Aucune lassitude ne pointe.

Alors oui, faire du Rock’n'Roll ou du Hard-Rock aujourd’hui est difficile car les ouvertures sont bouchées par les éternelles pointures que tout le monde connaît et on peut difficilement faire quelque chose sans toucher au plagiat. My Fancy Zoot ne fait aucun plagiat, bien que leurs inspirations soient très (trop ?) facilement reconnaissables et présente. Bien qu’il s’agisse que d’un premier EP, le groupe gagnerait davantage à proposer leurs propres visions du Rock’n'roll, tout en incorporant encore leurs influences, car c’est évidemment ce qui signe leurs marques de fabrique. Un bon EP malgré tout, qui ne peut que laisser présager un avenir radieux à un groupe à suivre de près.