By vinterdrom


Alors Sébastien, pour débuter cette interview et pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, peux-tu nous présenter le groupe ainsi que le style musical que vous pratiquez ?
Avec plaisir ! Syrens Call est un groupe de Heavy Prog du Nord de la France (bienvenue chez les chtis vindedious!) emmené par la chanteuse Soraya. Outre notre charmante chanteuse (si, si !!!), le groupe est composé d’un non moins charmant guitariste rythmique, d’un guitariste soliste, d’un clavier, d’un bassiste et de moi-même à la batterie. Cela fait maintenant 10 ans qu’on squatte les planches et on a sorti deux albums chez Brennus : “Fantasea” en 2000 et “Emocean” en 2004 avec notre précédente chanteuse Valérie, puis le mini-CD 5 titres “Against Wind and Tide” en 2006 toujours chez Brennus afin de présenter Soraya à nos fans.
Depuis l’arrivée de Soraya, les choses se sont accélérées et nous avons mis en boîte notre premier DVD “Live from the Abyss” en mai 2007 pour célébrer nos 10 ans. Il est aujourd’hui prêt à investir les bacs mais sur le label Thundering Records cette fois.

Dans quel état d’esprit se trouve le groupe à la veille de la sortie de ce DVD et quel en est son contenu exact?
On peut dire qu’on est tous très excités et heureux de voir enfin sortir le bébé après un an de travail. On a tout mis en œuvre pour sortir un “produit” de qualité. Le DVD est présenté dans un digipack 3 volets + livret 8 pages tout en couleur. Notre graphiste et webmaster Fred Duvivier a fait un travail de fou pour que le packaging soit très séduisant et je pense que c’est vraiment réussi ! Le DVD contient la quasi intégralité de notre concert anniversaire (2 heures de musique !) et deux bonus (historique du groupe et making-of du concert). Un CD audio contient la piste audio du concert. Je laisse la surprise pour le reste du contenu du livret…
Avez-vous d’ores et déjà prévu quelques concerts pour promouvoir cette nouvelle sortie ?
Oui, bien sûr on est aussi très impatients de retrouver la scène pour promouvoir notre DVD. On va d’abord faire quelques showcases acoustiques à droite à gauche (cf. notre site web www.syrenscall.com pour toutes les infos) car c’est plus facile à organiser qu’un concert électrique qui demande une infrastructure plus lourde. Mais très vite notre nouveau tourneur va nous décrocher des dates et nous ferons la promo de “Live from the Abyss” dans notre configuration préférée avec de gros amplis et une batterie qui pète ! Il y a même déjà des choses de prévues pour 2009 !

Après deux albums à votre actif, un mini CD et maintenant un DVD Live, à quand la composition et l’enregistrement d’un troisième album ?
La composition est en bonne voie. Nous avons une douzaine de titres déjà à peu près structurés. Il y a cependant encore beaucoup de boulot pour peaufiner tout ça et travailler les arrangements notamment. On va s’y mettre sérieusement cet été afin de maquetter proprement les titres. On peut envisager un enregistrement en 2009 et une sortie fin 2009, début 2010.
De quel groupe français ou étranger vous sentez-vous le plus proche musicalement et humainement ?
Musicalement, on se sent proche de tas de groupes qui nous ont influencés de près ou de loin mais on espère avoir réussi à digérer tout ça pour rester originaux et ne pas être des clones de nos idoles ! Pour ma part je citerais Maiden, Savatage, Metallica première époque mais aussi Rammstein, Nightwish et plus récemment Riverside ou Pagan’s Mind, mais il y en a tant d’autres. Chaque musicien de Syrens Call ferait une liste totalement différente et je pense que c’est ce qui apporte de la diversité à nos compos.
Humainement c’est difficile à dire car nous connaissons très peu de groupes personnellement. En tout cas, on peut dire qu’on s’entend généralement très bien avec les musiciens avec qui on partage la scène.
Justement, quel est ton plus beau souvenir sur scène ?
Sans hésiter, le concert anniversaire qui est sur le DVD. Là, pas de secret, les fans étaient bien là pour nous (normal, on jouait sans première partie) et quelle ambiance, ça fout le frisson de revivre ça sur le DVD. Mais j’ai quand même d’autres excellents souvenirs comme la première partie de Symphony X à Lille, de Nightwish à Bruxelles, de Doro à Paris…il y en a plein en fait.

Le chant est un élément particulièrement mis en avant dans ce qui est votre style musical. Qu’a apporté l’intégration de Soraya dans le groupe suite au départ de Valérie, votre charismatique première chanteuse ?
Le chant est effectivement très important et le changement de frontwoman a été un virage difficile à négocier. On a eu la chance de rencontrer Soraya qui en plus d’être une excellente chanteuse est quelqu’un de super facile à vivre. C’est un net plus !
Chanter c’est le métier de Soraya, donc sa technique vocale, son habitude de la scène et son charisme naturel nous apportent énormément. Sans parler de son carnet d’adresses qui nous aide aussi très souvent !
Qui est le principal compositeur pour la musique et qui s’occupe des paroles ?
Thibaut (guitare solo), Stéphane (rythmique) et Frank (claviers) composent toutes les idées de base. Souvent nous structurons les morceaux ensemble en répét. Soraya s’occupe des lignes de chant et des textes. C’est mieux ainsi car elle chante alors ses propres mots et les émotions sont beaucoup plus faciles à faire passer comme ça.
Une question pour nos amis musicos: quel kit de batterie utilises-tu ?
J’utilise un kit SONOR S-CLASS 5 fûts (10, 12, 14, 16 et 22), des cymbales Paiste Signature (j’aime les splashs mais je les explose trop souvent), une vieille caisse claire en bois SONOR, mais mon arme secrète c’est une double pédale Axis importée d’Allemagne. Un pur bonheur.
Parfois, je triggue la grosse caisse et les toms (jamais la caisse claire !) avec des capteurs D-Drum reliés à un module de son de la même marque. Je ne suis pas endossé par ces marques c’est donc de la pub totalement gratuite ! SONOR, PAISTE, AXIS et D-DRUM si vous m’entendez…
Pour finir, merci Sébastien, si tu veux ajouter quelque chose en plus qu’on n’a pas abordé…
Et bien, je voudrais inviter toutes celles et ceux qui ne nous connaissent pas à venir découvrir un extrait de notre DVD sur notre myspace à l’adresse www.myspace.com/syrenscall et à nous donner une chance de les convaincre. Pour toutes les infos relative au groupe, n’oubliez pas notre site et à très bientôt en concert. Merci de votre soutien, sans vous, tout ça ne rime à rien !
Interview de Sébastien Paul, batteur de Syrens Call, réalisée par Steelhardos en Avril 2008.
By vinterdrom

Salut BadaOfBodom, peu de personnes te connaissent réellement. Peux-tu nous faire une brève présentation de toi ?
Bien entendu ! Je m’appelle Baptiste (Bada pour les intimes) et je suis arrivé en ce bas monde le 27 septembre 1989 (pour éviter d’éventuels calculs fastidieux à certains, je précise que j’ai donc 19 ans à ce jour… Pour autant, il est inutile de me remercier dans la mesure où je suis débonnaire par nature…).
Actuellement, je fais des études en économie : j’ai, en effet, intégré en 2007 une classe préparatoire aux grandes écoles de commerce située à Marseille. Et, bien que je n’affectionne guère cette ville en elle-même, je ne peux nier que je suis plutôt satisfait d’y résider car cela me donne l’opportunité de suivre une formation de qualité qui, je l’espère, m’ouvrira de belles perspectives de carrière.
Par ailleurs, parce qu’il faut bien entrer dans le vif du sujet à un moment ou à un autre, j’ai découvert le Metal durant mes années de collège, et depuis, je dois bien reconnaître que c’est devenu une passion dévorante. Et, naturellement, un certain groupe du nom de Children Of Bodom n’est pas étranger à ce phénomène…
Tu as des goûts musicaux plutôt modérés, quel regard portes-tu sur la scène Metal Extrême ?
Etant modérateur, je ne vois pas comment mes goûts pourraient ne pas être modérés (je sais, cette blague est exécrable).
Plaisanterie mise à part, le regard que je porte sur la scène Metal “Extrême” (entre nous soit dit, je trouve cet adjectif peu pertinent…) est comme le regard que je porte sur l’ensemble de l’univers musical, à savoir un regard objectif. Or, force est de constater qu’il y a, dans la scène Metal « Extrême », comme partout, de bonnes voire de très bonnes choses, mais aussi des choses très moyennes voire de la grosse daube. Evidemment, je m’exprime ici au sujet du caractère intrinsèque de la musique, mais je tiens également à m’exprimer sur tout ce qu’il y a autour.
En effet, à mon humble avis, le défaut majeur du Metal “Extrême”, et tout particulièrement du Black Metal, c’est de s’enferrer parfois dans la fameuse “trve attitude”. Bien sûr, cette idéologie “trve” est inhérente au Black Metal car elle donne un sens concret à la musique, mais je crois qu’elle est loin d’en constituer la substantifique moelle ! En d’autres termes, l’idéologie “trve” est souhaitable quand elle est utilisée intelligemment, mais dès lors qu’elle se répercute sur la qualité de la musique ou sur le comportement des fans du genre, elle en devient automatiquement risible. En fait, ce que je dénonce, ce sont les groupes qui, sous prétexte de vouloir paraître “trve”, produisent de la musique aussi raffinée que le bruit d’une machine à laver ; et je ne parle même pas des groupes qui confondent musique et réalité, au risque de tergiverser des heures (si je te dis que Burzum en constitue l’archétype, je pense que tu vois où je veux en venir…). De la même façon, je déplore voir des individus se vanter d’écouter du bruit : certes, cela permet de paraître “trve” puisque c’est tout à fait inaudible pour tout un chacun, en revanche, ce n’est pas très crédible.
Bref, heureusement que certains groupes de Black Metal, dont, paradoxalement, des groupes de True Black Metal, sont là pour relever un peu le niveau car c’est bien beau de jouer les “trve”, mais lorsque la musique ne suit pas et se réduit à du vulgaire bruit, le néant est à la limite préférable.
Faisant partie de la génération actuelle du Metal, quel regard portes-tu sur le téléchargement illégal et l’industrie du CD ?
J’ai un avis plutôt nuancé sur la question du téléchargement illégal car, certes, ce dernier a des inconvénients, mais il a aussi des avantages qu’il faut prendre en considération. Ainsi, il est, à mon sens, impératif de s’éloigner d’une vision trop manichéenne du sujet qui consisterait en l’occurrence à diaboliser la pratique du téléchargement illégal (comme il est d’ailleurs coutume de le faire) et à encenser celle de l’achat.
En fait, en un sens, lutter contre le téléchargement illégal pourrait sembler logique et légitime puisque celui-ci est indubitablement en contradiction avec la notion de droit d’auteur et dessert conjointement les intérêts de l’industrie du disque.
Cependant, il faut bien avoir conscience que ceci mine, parfois gravement, les possibilités qu’ont les groupes inconnus de se retrouver sous le feu des projecteurs car, ne l’oublions pas, le téléchargement est parfois une véritable aubaine pour les groupes souhaitant sortir de l’ombre. De plus, sans tomber purement dans le misérabilisme, c’est également une aubaine pour des individus qui, faute de moyens, ne peuvent s’offrir le luxe de s’acheter un album. Cela dit, je ne sous-entends pas pour autant que les personnes ayant les moyens de s’acheter un album et qui téléchargent illégalement malgré tout ne sont pas excusables parce que tout est affaire de conscience : selon moi, le téléchargement illégal n’exclut en rien l’achat ultérieur…
Quelles qualités doit avoir un groupe de Metal pour qu’il te plaise ?
C’est difficile à dire d’emblée. En général, les groupes de Metal qui me plaisent le plus sont ceux qui misent sur l’aspect mélodique ou symphonique de leur musique. Et, n’en déplaise aux puristes de Metal “Extrême”, je trouve que l’introduction de l’ingrédient mélodique ou symphonique, que ce soit dans la recette traditionnelle du Death Metal ou dans celle du Black Metal, est particulièrement exquise lorsqu’elle est réalisée avec brio.
Toutefois, il est bien évident que je n’aime pas absolument tous les groupes jouant dans ce registre ; et n’étant pas hermétique musicalement parlant, je sais tout aussi bien apprécier la compagnie de groupes non-mélodiques ou non-symphoniques, des plus “calmes” aux plus “brutaux” selon l’humeur du jour.
Comment vois-tu l’avenir de notre musique chérie ?
Là encore, il est difficile de répondre sans difficulté. Néanmoins, s’il faut vraiment réaliser des pronostics, je dirais que le Metal va sans doute continuer dans sa lancée, à toujours plus se diversifier, s’enrichir, s’ouvrir à de nouveaux horizons (au grand dam de quelques-uns mais au profit de quelques autres, si tu vois ce que je veux dire…). Quoi qu’il en soit, il y a fort à parier qu’il restera dans le milieu “underground” et ce en dépit du succès commercial actuel du Néo Metal qui laisse présager le contraire. Le reste, l’avenir nous le dira !
Questions un peu moins musicales maintenant : comment arrives-tu à gérer tes études et la modération de S.O.M ? Comment as-tu découvert S.O.M ? Qu’est-ce qui te plaît sur ce site ? Qu’est-ce que S.O.M t’a apporté dans ta culture en général et ta personnalité ?
Eh bien, j’avoue que c’est assez compliqué d’autant qu’en plus de mes études très prenantes et de la modération de S.O.M, j’aide l’équipe de correction de l’encyclopédie en résolvant les problèmes (au niveau des soumissions) particulièrement tenaces. Malgré tout, je parviens à caser tout cela dans mon emploi du temps qui, de ce fait, est extrêmement chargé et laisse finalement peu de place aux imprévus. Bref, le moins que l’on puisse dire, c’est que ma capacité d’organisation est mise à rude épreuve.
J’ai découvert S.O.M, par hasard, en cherchant des informations sur un groupe, en l’occurrence sur Heavenly, si ma mémoire est bonne. Et puis, j’ai eu la bonne idée de m’inscrire quelques semaines plus tard, et crois-moi, je ne regrette toujours pas mon geste.
Ce qui me plaît sur ce site, c’est d’abord la dimension encyclopédique : S.O.M regorge, en effet, d’informations et constitue donc un environnement propice à la découverte de nouveaux horizons musicaux au sein même du Metal ou tout simplement de nouveaux groupes. Ce qui me plaît également, c’est le fait que chacun puisse, à sa guise, participer à son amélioration. D’ailleurs, en dépit de quelques défauts, le système des points a désormais fait ses preuves. Enfin, le dernier point fort du site est, selon moi, l’image communautaire qu’il véhicule : S.O.M est un véritable lieu d’échange et de partage via notamment les fora qui, loin d’être superflus, constituent une vraie opportunité pour faire des rencontres fort sympathiques.
S.O.M m’a beaucoup apporté sur divers plans. En effet, d’une part, S.O.M m’a permis d’enrichir considérablement ma culture Metal qui, je dois bien le reconnaître, était encore assez floue avant mon inscription. D’autre part, S.O.M m’a appris un certain sens des responsabilités, par exemple au travers de la modération, et m’a véritablement donné goût au travail en équipe.
Y a-t-il des choses qui t’ont déplu ou des propositions que tu pourrais faire pour améliorer le site ?
La seule chose qui me déplaît vraiment, c’est la profusion de boulets car, en plus de faire chier le monde avec leurs remarques débiles et leur esprit borné, ils polluent sans vergogne les fora en pondant des topics plus cons les uns que les autres et ne trouvent rien d’autre à foutre que de soumettre, en toute conscience de cause, des fakes pour occuper leurs journées. Par conséquent, je pense solennellement qu’une législation anti-boulets contribuerait de façon notable à l’amélioration du site.
Par ailleurs, si à l’avenir une idée intéressante me vient pour améliorer S.O.M, je ne manquerai pas d’aller me manifester sur le topic réservé à cet effet.
Un nouveau MySpace a été entièrement rénové par le membre Phoenix. As-tu eu l’occasion d’y faire un tour ? Si oui, qu’en penses-tu ?
Bien sûr ! Je suis allé voir ce MySpace par curiosité après que Phoenix ait annoncé la nouvelle sur le forum “Amélioration de Spirit of Metal” (de toute façon, il m’était difficile d’y échapper puisque Phoenix fait partie de ma liste d’amis…). Eh bien, tout ce que je peux dire, c’est qu’il a fait de l’excellent travail, en particulier au niveau du design que je trouve très agréable visuellement.
Une dernière chose à ajouter pour la fin ?
Oui, pour achever cette interview, je tiens à remercier sincèrement tous les membres qui s’évertuent à faire avancer le site dans une direction souhaitable. Je pense notamment à l’équipe de correcteurs qui fait un travail remarquable et dont j’ai l’honneur de faire partie ; je pense aussi aux administrateurs dont le rôle est plus qu’indispensable pour assurer la pérennité du système de fonctionnement de S.O.M ; et je pense enfin aux modérateurs dont la fonction, bien que controversée, est absolument nécessaire pour maintenir l’ordre mais dans le véritable objectif de faire régner, autant qu’il est possible, un bon esprit sur les fora.
De même, il va de soi que je te remercie spécialement, Romain, pour ton interview.
Interview réalisée par Sathanas
By vinterdrom

La sélection approche.
Le stress augmente. La crispation peut se lire sur les visages et l’anxiété est pratiquement palpable. Sommien depuis bientôt un an, j’attends près la porte de l’Über-Kommität de sélection et de révision des chroniques.
Les rumeurs les plus folles circulent, les Über-membres du Premier Cercle entoures de leurs minions veulent mettre un terme à la spéculation ambiante. Des têtes vont tomber, c’est sûr.
Dans le couloir, quelques membres effrayés du Cinquième cercle jettent des regards discrets vers mon banc. J’ai beau arboré l’écusson du Quatrième et lorgné de près vers le Troisième, la purge récemment entreprise fait trembler même les plus forts et ceux qui osent affirmer en public que les orientations récentes du Premier Cercle dénaturent l’esprit originel ne sont pas en odeur de sainteté.
Sur mes genoux, cinq dossiers attendent fébrilement leur acceptation. La scène grecque Death Metal semble ne devoir pas causer de problèmes. Fruit du travail de plusieurs Sommiens, les huiles du Premier Cercle devraient l’entériner sans même la relire. On ne cherche pas à trouver de points faibles dans un travail collectif. Entendez : trop de ménage à faire par la suite. L’Über-Kommität préfère les brebis esseulées, celles qui ne peuvent répondre sans avoir à subir l’opprobre des membres de tous les cercles confondus.
La sélection Fusion également devrait bien s’en sortir. Même si on n’atteint pas volontairement les quinze albums voulus pour faire figure d’ Über-Incontournables, quatorze ce n’est pas si mal. La Fusion de toute façon est regardée comme un genre mineur. Mélanger la musique du Cercle à d’autres blasphèmes relève de l’hérésie. Malgré tout, on veut se donner une image d’ouverture d’esprit alors on fera comme si en attendant une sélection digne du support des siens (même si pertinemment on sait que dans cette sélection, en coulisses, beaucoup semblent apprécier tel ou tel album. Il ne faut pas le dire trop fort sous peine de rectification par les membres de l’Über-Kommität).
Restent les trois autres.
Je sais que mon style est lourd, pas assez aéré. Des fois j’en fais peut-être même un peu trop mais surtout mes chroniques ne s’insèrent pas dans le sacro-saint prédéfini moule. Pourtant j’ai essayé… Ah quelle était belle la vie insouciante du Cinquième Cercle. On nous faisait miroiter à nous les nouvelles recrues tant de privilèges. Seulement à force de travail et de persévérance. Arbeit Macht Frei, comme ils disaient.
Passés quelques chroniques de groupes dont tout le monde se moque éperdument, l’épreuve des pairs peut commencer. J’ai choisi de défendre trois groupes.


Mon premier, mon coup de cœur, le dernier album de Vicious Art, intitulé “Pick Up This Sick Child”. Je sais que je ne prends pas trop de risques. Je ne marche sur aucune platebande de l’Über-Kommität, Vicious Art est une sorte de super-groupe du Death Metal que nos glorieux aînés des premiers Cercles pourront avaliser ne serait-ce que par bienveillance et au nom de l’éclectisme.


Mon second dossier est mon chef-d’œuvre oublié. Ici je vais devoir prendre plus de risques. En effet, j’ai choisi Tool et son premier album “Undertow”. C’est un peu ma passerelle vers la sélection Fusion. J’avais trouvé que cela pourrait aller mais désormais que les secondes s’égrènent comme des sentences, je ne suis plus tout à fait sûr de mon choix. Bah… Il faut bien se lancer… au pire ils me rétrograderont (pourraient-ils me lapider ? me déshonorer sur la place publique ? je frissonne…). De toute façon, c’est hors de question, que cet album ait une chronique façon “carte d’identité”… Ils y survivront.


Mon troisième est réellement délicat, un choix cornélien… un album qui ne m’a pas plu. Le choix est vaste mais l’exercice n’est pas aisé. Il ne s’agit pas de prendre le premier album venu de Linkin Park et le mettre dûment en pâture. Ca c’est trop simple, à la portée du premier Cinquième Cercle venu, c’est indigne de mon rang et l’Über-Kommität saurait me le rappeler, à juste titre. Non il faut vraiment que je prenne des risques ici mais sans pour autant faire sourciller les Über-membres. C’est décidé, même si je joue gros, il le faut, je prends donc sur moi de chroniquer le dernier Bloodbath qui s’intitule “The Fathomless Mastery” (ou Death Metal d’ascenseur, ou Easy Deathening, ou comment vous faire croire que c’est du bon quand au final ce n’est rien qu’un peu de vent).

L’horloge sonne 15 heures… C’est l’heure. Un membre de l’Über-Kommität sort m’ouvrir la porte. Il est cagoulé comme d’habitude pour qu’on ne puisse pas le reconnaître mais je devine son regard inquisiteur. Je serre une dernière fois mes dossiers. Je me jette dans la gueule du loup…
par VastAire
By vinterdrom

FAITH NO MORE - Angel Dust

Nous sommes en 1992, trois ans après le succès commercial de “The Real Thing” pour la scène US, Faith No More revient avec le disque qui va asseoir leur réputation au niveau mondial.
Un marketing savamment orchestré de la part de Slash Records, mais surtout des titres catchy qui permettent à chaque auditeur lambda de “kiffer” au moins un ou deux titres sur l’album. La palme du meilleur du comble reviendra sûrement au fait que cette renommée sera notamment acquise à la sortie du single “Easy” qui… ne figure même pas sur l’album (en tout cas sur le premier pressing). Reprise génialissime, il faut rendre à César ce qui appartient à Lionel Richie, le tube de l’été 1992 propulsera à jamais FNM sous les starlights du monde entier.
Assez de mauvaise langue me direz-vous. Oui assez, outre un single outrancièrement accrocheur, l’album n’est pas dénué de qualités. On appuie peut-être (ou pas) un peu trop souvent sur la touche “Mike Patton” (il faut dire qu’avant son recrutement les deux premiers FNM avec Chuck Mosely étaient… hmmm… insipides ?) et sa palette vocale hors du commun, mais il faut avouer que c’est plutôt jouissif.
Comment ne pas frissonner sur les pig squeals de “Be Agressive”, la voix chaude de “Everything’s Ruined” et le croonisant (et hilarant) “RV” ? Musicalement aussi, la palette des musiciens de FNM prend de la couleur sur Angel Dust. On aurait pu reprocher à “The Real Thing”, son côté teenagers/kids, musique formatée pour MTV, sur “Angel Dust”, on retrouve ce genre de titre (l’autre single “Midlife Crisis”) mais il y a aussi une dimension plus sombre qui donne de la consistance aux titres.
Faith No More ne renouera ensuite plus avec cette magie et Patton, trop talentueux pour eux, s’en ira 5 ans plus tard montrer au monde toute la versatilité qu’on lui connaît.

RAGE AGAINST THE MACHINE - Rage Against The Machine

C’est un peu un paradoxe de s’appeler comme ça et en même temps de se faire signer sur Epic / Columbia, le tout chapoté de haut par Sony au Japon. Non ? RATM s’est toujours défendu de n’être qu’une vache à lait supplémentaire pour ses patrons et d’utiliser la voie des majors pour disséminer son message séditieux au plus grand nombre possible.
Néanmoins le DA, entendez directeur artistique, qui signa RATM sur Epic à l’écoute de leur démo / maquette n’a certainement pas eu besoin de faire Sciences Po pour se rendre compte qu’avec une production “à la major”, il tenait une putain de bombe entre ses doigts.
En effet, la Fusion hip hop + metal était jusqu’à RATM du domaine de l’anecdotique voire de l’humoristique. Humoristique avec Run DMC versus Aerosmisth, oui versus parce que là c’était plus de la mise en opposition de deux styles qu’un véritable mariage des genres. Anecdotique lorsque Public Enemy et Anthrax décident de faire scène commune avec le titre phare “Bring the Noise” (à l’époque, les deux étalons dans leurs genres respectifs commencent à trouver le terrain un peu lourd…).
Et voici qu’en 1993 arrivent Zack, Tom, Brad et Tim pour mettre un coup de pied dans la fourmilière. Pour une première fois des lyrics de MC avec un flow de MC se marient avec bonheur avec une instrumentation “metal”. C’est tout à l’honneur de Zack d’avoir su réussi à poser son flow sur une rythmique “metal” et de Tom d’avoir su adapter son jeu de guitare, unique soit dit en passant, pour faire office de platines de DJ quand il n’aide pas à sortir des riffs guerriers.
La vision contestataire du groupe, son immense énergie en studio décuplée sur scène (un concert de RATM vaut toutes les chroniques du monde) et ces titres construits comme des exercices militaires à la AK47 vont vite construire la légende de la bande à Zack.
Du fédérateur “Killing in the Name” qui donne envie de tout casser au somptueux “Take the Power Back”, sans oublier les singles “Freedom”, “Bombtrack” ou “Bullet in the Head”… Le AK47 de RATM a seulement 10 cartouches mais, même les yeux fermés, elles font toutes mouche.
Assurément un des tous meilleurs albums metal tous genres confondus.

RED HOT CHILI PEPPERS - Mother’s Milk

Les fans de Red Hot Chili Peppers qui ont aujourd’hui entre 13 et 18 ans auraient naturellement tendance à oublier que le groupe californien n’est pas simplement le groupe de “Californication” ou “By the Way”. Se rappellent-ils simplement de “Blood Sugar Sex Magik” qui vendit la bagatelle de douze millions d’albums ?
A vrai dire, le groupe existe depuis 1983 et donc depuis vingt-cinq ans, délivre, développe, affine son style à la croisée de tous les genres : Hard Rock, Funk, Rap ou bien Punk…
En 1989, RHCP sort déjà son quatrième album : “Mother’s Milk”. C’est l’album qui verra naître le line-up (quasi-)définitif du groupe puisqu’à Flea et Anthony Kiedis viennent se greffer Chad Smith à la batterie et John Frusciante à la guitare.
En comparaison de ses petits frères, “Mother’s Milk” est certainement le dernier album de RHCP à posséder cette veine prédominante qui tire vers le punk / hardcore. Les guitares de Frusciante sont relativement acérées et n’ont pas encore la production toute en feeling qu’on retrouvera sur BSSM, leur côté funk est bien présent mais tout cela respire profondément l’anarchie.
Il est également celui qui tire le plus vers les sonorités improbables, les cuivres de “Subway to Venus” ou de “Sexy Mexican Maid” ressemblent étrangement à un Ceux Qui Marchent Debout… “Nobody Weird Like Me” nous présente une sorte de rockabilly avec des voix remixées à la Kraftwerk… ou même “Punk Rock Classic” qui n’hésite pas à se foutre délibérément de Guns N’ Roses en reprenant au final brièvement le riff de “Sweet Child O’ Mine”…
Flea développe son jeu de basse classique… funky à souhait. Loin de moi l’idée de critiquer son art mais force est de reconnaître que Flea et son compère Kiedis sont depuis toujours les porte-drapeaux du groupe et que chacun apporte son petit truc invariable au groupe. Oui, ni Flea n’a appris à slapper sa basse sur “One Hot Minute”, ni Kiedis n’a appris à user de sa voix de velours ou de son flow hip hop sur “Californication”…
L’album se vendra “seulement” à deux millions d’exemplaires… Le songwriting y est pour beaucoup puisque des chansons comme “Higher Ground” ou “Knock Me Down” sont ce qu’on peut appeler des “instant classics”, pop et rentre-dedans dans le sens gentil et respectueux du terme.
Néanmoins, on se prend d’affection pour les autres titres précurseurs du futur hit BSSM que sont “Taste the Pain” et “Pretty Little Ditty”, des titres à la charnière d’un moment fragile… Ce moment où on acquiert suffisamment d’expérience et de maîtrise pour jouir et faire jouir de son art et le moment où on bascule définitivement et irrémédiablement dans le star-system.
“Mother’s Milk” représente cette transition dans la carrière de RHCP, c’est un album juste, représentatif de leurs années passées et annonceur du succès planétaire de demain. Un album rare.

JUDGEMENT NIGHT - Music from the Motion Picture

En 1993, l’industrie américaine du cinéma nous a gratifié d’un énième film d’action dont presque personne ne se souviendrait si les producteurs (certainement alarmés par la qualité déplorable de ladite pellicule et le fiasco commercial programmé qui allait s’en suivre) n’avaient pas eu une formidable idée de génie.
Extrait d’une conversation téléphonique entre les deux producteurs enregistrée à l’insu de leur plein gré :
“John : merde Tom, t’étais là pendant les rushs ?”
“Tom : un peu que j’y étais… je crois que je viens de perdre ma prochaine Ferrari. Ce film il est tellement naze, même la cassette vidéo va avoir honte de se faire enregistrer…”
“John : Pff, m’en parle pas, un film d’action où on s’endort… Je me demande ce qu’on pourrait faire pour rattraper ça… Même pas une scène de cul pour attirer le spectateur… Dis d’ailleurs, on avait décidé quoi pour la B.O.?”
“Tom : Mmouais, je verrais bien un de tes groupes à deux balles style Slayer ou Sonic Youth…”
“John : Tu peux suck my dick ouais… Ca c’est plutôt pour tes groupes de rap style Cypress Hill en plus l’action, si on peut dire, se déroule à L.A….”
“Tom : On n’a qu’à leur faire faire des putains de duos…”
“John : Wow. Pas con.”
Et c’est ainsi qu’un des pires films hollywoodiens se vit gratifier de ce qui serait certainement l’une des toutes meilleures bandes originales de film.
Sans faire l’inventaire complet de cet album, on pourra recommander les mariages suivants… Si vous êtes d’humeur lascive, laissez-vous guider par l’alliance Cypress Hill vs Sonic Youth ou celle de Teenage Fanclub vs De La Soul… Au contraire, si vous sentez que vous avez besoin d’un petit boost, passez à la vitesse supérieure en compagnie de Faith No More vs Boo-Ya Tribe ou bien Therapy? vs Fatal. Et puis pour terminer si vous souhaitez tout dépouiller chez vous, il vous reste à enchaîner les titres de Biohazard vs Onyx et surtout l’excellentissime association Slayer vs Ice-T.
Album unique de mariages contre-raison et, certains le penseront, contre-nature, “Judgement Night” nous livre un kaléidoscope musical de haute volée. Un disque qui, en son temps, réconcilia des familles musicales “ennemies” à tort et qui, au delà de son aspect purement marketing, reste un petit bijou dont il serait idiot de passer à côté tant il respire la fraîcheur.

PRIMUS - Pork Soda

Primus est un ovni musical qui défie le temps et les critiques. Les Claypool, bassiste de génie et ami de Kirk Hammett, un temps pressenti pour remplacer Cliff Burton au sein de Metallica suite à son décès fut jugé trop doué par la paire Hetfield / Ulrich.
Peu importe, il en fallait plus à ce surdoué pour arrêter là où d’autres lui mettaient des bâtons dans les roues. Les éternels nostalgiques pourront toujours se demander à quoi Metallica aurait pu ressembler avec l’addition de ce clown, les autres, dont je fais partie, savoureront à juste titre sa prestation dans Primus.
Armé de sa basse à six cordes, Claypool nous livre “Pork Soda” comme un bonbon de farces et attrapes. L’enrobage acidulé multi-fruits fait papilloter la langue et toutes sortes de saveur s’en dégagent. Fraise, melon, fruits de la passion, tous sont bien ici représentés. Chaque titre est un condensé de fraîcheur et chaque titre délivre son lot de surprises. Mais Primus ce n’est pas qu’un groupe d’ahuris qui s’obstine à nous pondre des morceaux tous plus farfelus les uns que les autres (”The Air Is Getting Slippery”, “Welcome to this World”) dans une veine très freestyle à la limite du jam en studio. Le coeur du bonbon laisse deviner un contenu parfois amer et les clowns quelquefois sont tristes. Certains morceaux (”Bob”, “Ol’ Diamondback Sturgeon”, “The Pressman”) ne mentent pas sur leur contenu sans jamais pour autant sombrer dans la ballade mélodramatique avec sa sacro-sainte partie acoustique…
De “My Name Is Mud” construit autour d’un riff de basse slappé improbable jusqu’à “Hail Santa”, outro ponctuée de sa sonnette de vélo fatigué, “Pork Soda” surprend par sa diversité et sa technicité qui, bien que mise en avant, n’en reste pas moins digeste. “Pork Soda” n’est pas uniquement une bizarrerie à recommander à tout bassiste en herbe, c’est un album plein de sens et de contenu qui aujourd’hui n’a pas pris une seule ride et comme nous le chante si bien Les : “Grab a can of pork soda, you’ll be feeling just fine!”.

INFECTIOUS GROOVES - The Plague That Makes Your Body Moves

Infectious Grooves est ce qu’on appelle communément un side-project, un groupe qui réunit différents membres d’autres groupes qui se consacrent le temps d’un ou plusieurs albums à autre chose qu’à leurs groupes respectifs.
Infectious Grooves c’est donc la réunion du chanteur Mike Muir et du bassiste Robert Trujillo (à l’époque tous deux membres de Suicidal Tendencies), Stephen Perkins batteur de son état chez Jane’s Addiction et également entre autres Adam Siegel, guitariste pour le groupe de thrash crossover Excel (une excellente reprise de “Message in the Bottle” à leur actif au passage).
Quand de joyeux lurons entrent en studio et se retrouvent presque accessoirement pour composer des titres qui doivent figurer sur un album, on obtient quelque chose d’incroyablement frais et surtout rien qui ne sente la prise de tête.
Loin des considérations pseudo-artistiques ou des limelights, Infectious Grooves prend le pari de prendre tout le monde à revers. En 1991, alors que Guns n’ Roses ou Red Hot Chili Peppers trustent les charts américains, Infectious Grooves nous propose son post-thrash metal teinté de funk notamment grâce à la basse de Trujillo (mention spéciale à “Punk It Up” qui annonce la couleur ou “Do The Sinister” qui détruit tout…) et la batterie de Perkins dont le jeu tout en finesse nous démontre tout le talent dont on le savait déjà capable chez Jane’s Addiction (”Infectious Grooves”, “Back to the People”).
Mike Muir apparaît presque également comme un homme qui vient de faire peau neuve. Alors que le style de Suicidal Tendencies tend à se normaliser au fil des années, certainement miné par les sages recommandations de son label et une musique de moins en moins Hardcore (la semi-déception “Lights, Camera, Revolution”).
Quant à Adam Siegel, il semble s’épanouir aussi bien sur les riffs plus thrash (”Monster Skank”) pour lesquels on le connaissait avant que sur les accords bien funky que même Kool And The Gang ne renierait pas (”Stop Funk’n with my Head”, “Back to the People”).
La bonne humeur de chacun des titres est ponctuée de petits passages “interludes” où Sarsippius, the Reptilian Lover, chanteur soul à la gloire oubliée tente désespérément de squatter le studio pour faire quelques prises avec les musiciens.. Whipcream… Put it… I love your booty. Est-ce un clin d’oeil à Ozzy Osbourne qui gère les backing vocals (cheesy) sur Therapy ?
La patte Suicidal Tendencies reste néanmoins bien présente et un titre comme “I’m Gonna Be My King” aurait très bien pu figurer sur “How Will I Laugh Tomorrow” ou “Controlled By Hatred”.
Pour résumer, un album d’une qualité telle que l’aventure Infectious Grooves se poursuivra jusqu’en 2000 pour même revoir le jour en cette année 2008 avec une tournée et même un nouvel album annoncé. Fans d’hier et futurs fans d’aujourd’hui… Cet album est ce qu’on appelle : un incontournable.

BEASTIE BOYS - Licensed to Ill

Prenez trois jeunes New-Yorkais, juifs de surcroît pour faire plus couleur locale, fans de punk et de hardcore aimant la déconnade et les mots gras et une envie de montrer au monde à quel point bonne humeur et talent peuvent faire bon ménage. Ils se font appeler MCA, Mike D ou encore Ad-Rock et dès leur premier album deviennent des icônes internationales de la Musique. Oui celle avec un grand M, celle qui dépasse les simples clivages de styles. Alors me direz-vous, mais Beastie Boys c’est du hip hop… Oui et bien plus encore. N’essayez pas de trouver ne serait-ce qu’un seul disque se rapprochant par la musique ou l’esprit (pas avec un grand E celui-la…) de “Licensed To Ill”. La blague est tellement réussie que l’album devient le premier best-seller hip hop à atteindre le sommet du Billboard. De quoi rendre jaloux Eminem et consorts.
L’album est résolument hardcore dans l’ensemble même si les titres les plus farfelus sont dénués de toutes guitares (”Girls”, un classique de tous les dancefloors américains), lyrics et attitudes trash - marque de fabrique du NYHC - ponctuent tout l’album.
Enfin les hymnes internationaux que sont “No Sleep Till Brooklyn”, une parodie de “No Sleep ‘Til Hammersmith” de Motörhead, ou “Fight For Your Right” sont accompagnés de la monstrueuse présence guitaristique (là aussi on nage en pleine parodie) de Kerry King (Slayer pour les incultes), transfuge commode de l’écurie Def Jam où les deux formations sont signées.
Un album résolument frais, résolument old-school dans tous les sens du terme à recommander chaudement dans toutes les chaumières pour y mettre une ambiance de pochetrons.

LIVING COLOUR - Vivid

Living Colour produit en 1988 son premier véritable album “Vivid” et ce directement sur une major importante : Epic Records. Parvenus ? Coup marketing ? Peut-être un peu du dernier. Voyez par vous même.
Vernon Reid, anglais de naissance, guitariste de talent, écume les clubs de free jazz ou de rock indé comme le célèbre CBGB’s de New York, longtemps le repère de toute la scène Hard-Core locale (Beastie Boys, Cro-Mags, etc…).
Il est également le co-fondateur de la Black Rock Coalition, mouvement voulant émanciper la présence de musiciens black dans le rock et le métal. Avec son talent et son penchant naturel pour la guitare saturée, un peu dommage de rester enfermé dans l’image traditionnelle à la Earth, Wind And Fire ou Cymande où se trouvent cantonnés les blacks.
Epic ne réfléchira pas deux fois une fois que Living Colour aura sorti une démo produite tout bonnement par… Mick Jagger, vous savez LE Mick Jagger des Pierres Qui Roulent…
Living Colour délivre un Hard Rock qui ne ferait pas rougir David Coverdale, titres catchy, basse funky à l’occasion (”Funny Vibe”), son de guitare très 80’s in L.A. Une musique bien plus “blanche” que celle d’un Red Hot Chili Peppers ou d’un Jane’s Addiction. Certainement pour éviter de se faire taxer de musique “noire”, Living Colour évite les clichés faciles (sauf en termes vestimentaires mais bon ça sent bon les eighties, ressortez vos photos, vous verrez par vous même) et délivre une Fusion bien plus Hard Rock que Funk.
Bourré de hits, “Vivid” attirera (évidemment) aussi MTV, alors quasi-unique détenteur de la vérité musicale à la télévision… Ainsi “Cult of Personality” ou “Middle Man” iront truster les charts du Billboard grâce au matraquage massif sur les écrans. L’album n’est pas pour autant juste une vitrine pour des “Afro-Américains” en mal de reconnaissance ou un condensé de soupe musicale destiné à faire cracher les thunes des kids. Musicalement, c’est une petite leçon de feeling. Grâce à une production infaillible, chaque instrument donne le meilleur de lui-même et ce jusqu’aux vocals à la variété inouïe de Corey Glover, l’alter-ego black de Mike Patton. Néanmoins, ce sont pourtant les guitares de Reid et ses soli très proches du jeu de Steve Vai (que Mick Jagger utilisera d’ailleurs en tournée lors de la sortie de son album solo Primitive Cool) qui sont la star de cet album sans pour autant le rendre indigeste.
Lors du second album de Living Colour, le groupe tentera trop de choses pour perdre aussitôt son essence et finira par sombrer dans l’indifférence générale. Il reste cependant ce témoignage unique qui aujourd’hui encore pourra tout simplement ravir les amateurs de bonne musique de toutes les couleurs.

URBAN DANCE SQUAD - Mental Floss for the Globe

Venus tout droit d’Utrecht en Hollande, Urban Dance Squad apporte un son neuf avec ce premier opus. Formation de musiciens classiques assortie d’un DJ, UDS nous assène dès les premières notes d’une fusion réussie entre metal en hip hop. Bien souvent, les combos qui ont essayé d’allier les deux genres s’y sont cassés les dents et seuls les véritables talents ont réussi à prendre leur part du petit gâteau.
Certainement l’album le moins “agressif” du combo batave parce que celui aussi avec le plus de résurgences 70’s, la guitare de Tres Manos sentant bon la période Hendrixienne (”Prayer for my Demo” ou encore “Big Apple”) et les samples bien sentis de DNA (”Deeper Shade of Soul”) se marient idéalement au flow “soyeux” et “soft” de Rudeboy Remington. Avec cette formation éphémère de surcroît suite au départ dès le second album de DNA, Urban Dance Squad réussit le pari de réconcilier amateurs de guitares et aficionados du groove soul. La où RATM enfonce le clou et nous abreuve d’hymnes quasi-guerriers, UDS charme et enchante l’oreille, la berce.
Pour les plus “metal” d’entre nous, l’album pourrait se révéler une déception justement. Ici les riffs ravageurs de Morello et la rage de De La Rocha sont absents et la sensibilité est beaucoup plus soul que la contrepartie RATM. On ne cherche pas à vous en mettre plein les oreilles mais simplement à passer du bon temps le bouton “loudness” enfoncé pour vous faire bercer par des basses funky que Flea ou 3D eux-mêmes ne renieraient pas.
Un album essentiel pour ceux qui n’ont pas peur d’exposer leurs flancs et d’oublier les sempiternelles pseudo-querelles entre metal et hip hop.

FISHBONE - The Reality of My Surroundings

Fishbone est parmi notre sélection le groupe auquel le terme Fusion convient certainement le mieux. Fishbone distille son savant mélange de Heavy Metal, Ska, Punk ,Reggae, depuis 1979. Presque trente ans de carrière mais seulement sept albums à leur actif. “Truth and Soul” leur avait apporté la consécration musicale et commerciale en 1988 et aussi une certaine liberté musicale. En effet, deux années après en sortant “The Reality of my Surroundings” (TROMS), Fishbone se permettait de sortir un album qui bien que bien moins accessible que son prédécesseur est encore aujourd’hui leur plus grand succès commercial et l’album qui les définit le mieux.
Chaque morceau de TROMS mériterait une mini-chro en soi mais malheureusement, Chef Contresens ne le permettrait pas ! Pour mieux apprécier la musique de Fishbone, essayons donc avec un jeu des sept familles…
Dans la famille Ska … hmm je voudrais les Skatalites…
Dans la famille Funk… je voudrais George Clinton période Parliament / Funkadelic !
Dans la famille Soul… je voudrais Cymande, Mandrill ou Sly And The Family Stones !
Dans la famille Black Music…un truc genre Herbie Hancock ou un bon vieux Stevie Wonder !
Dans la famille Ska Punk… je voudrais… Sublime et les Mighty Mighty Bosstones.
Dans la famille Reggae / Ragga… je voudrais un truc joyeux à la Jamalski ou genre vieux reggae des 70’s.
Et puis tout de même pour terminer, dans la famille metal un zeste de Bad Brains ou de Primus…
Voilà, si vous connaissez toutes ces références sans connaître Fishbone, inutile de dire que vous resterez le cul assis par terre à l’écoute de TROMS qui est tout ça et bien plus encore. Si vous êtes un metalleux pur et dur, passez votre chemin, ou plutôt non, entrez on ne sait jamais vous pourriez avoir un déclic. Et pour les derniers sceptiques, sachez que depuis 2003, Rocky George, le légendaire guitariste de Suicidal Tendencies, a rejoint les rangs de Fishbone !!
En 2009, trente ans de carrière au compteur, toujours actifs, ça se fête et n’en doutez pas, eux vont le fêter cet anniversaire. Et moi avec.

MORDRED - In This Life

Mordred n’a pas réussi à déchaîner les passions comme leurs homologues de Faith No More. Signés chez Noise International, label connu et reconnu pour ses prestigieuses signatures Thrash et Power Metal (Kreator, Helloween, etc) lorsque FNM est signé chez Slash / London Records (propriété de Polygram…) est déjà un premier signe de faiblesse.
Lorsque l’on est un groupe américain signé par un label allemand, lorsque de surcroît on mixe allègrement sonorités hip hop en allant inclure un DJ dans son line-up et riffs thrashy, et lorsqu’on est seulement en 1991 avec George Bush Père au pouvoir, on a tous les ingrédients pour ne remporter qu’un maigre succès d’estime.
Qui plus est, Faith No More, le groupe auquel on va forcément penser en écoutant Mordred, a déjà pris la meilleure part du gâteau en 1989 avec la sortie de “The Real Thing”. Néanmoins, Mordred n’est pas dénué d’intérêt et presque vingt ans plus tard, on est en droit de se dire que les Californiens, s’ils avaient eux aussi bénéficié du support logistique des plus grosses machines de l’époque, auraient marqué un peu plus de leur empreinte le paysage musical.
Quoi qu’il en soit, In This Life propose un savant mélange de riffs Thrash saupoudrés d’une pointe d’épices hip hop avec quelques scratches bien sentis. L’album a son lot de hits potentiels prêts à vous faire bouger les cheveux mais aussi le popotin. “Falling Away”, dont sera issu un clip video en est le parfait exemple, le scratch de la platine venant se marier avec bonheur aux riffs de guitare. Avec Scott Holderby au chant qui tantôt fait penser à Mike Patton (encore lui) et tantôt à Mark Osegueda (Death Angel), Mordred ne renie pas son penchant Thrash et parvient à un résultat assez harmonieux de chants typés thrash avec un débit proche de celui d’un MC.
Un album de très bonne facture qui en ravit plus d’un à sa sortie et qui, seul le temps sait pourquoi cela arrive aux uns et pas aux autres, a su se faire oublier au point de devenir une anecdote de l’Histoire de la musique. Si vous êtes de ces historiens qui savent que tous les rouages de la machine ont eu leur importance, prenez le temps d’écouter un jour cet album qui préfigure, en mieux, le succès de bon nombre de groupes “neo”… dix ans au moins avant.

JANE’S ADDICTION - Ritual de lo Habitual

Difficile de considérer Jane’s Addiction comme un “groupe”. Etymologiquement et musicalement parlant, un groupe ce sont plusieurs musiciens qui concrétisent leur passion commune par de la musique et lorsqu’ils sont chanceux et/ou talentueux, cela se traduit le plus souvent par la sortie “physique” de quelque chose (album, démo, etc…).
Le terme sied relativement mal à Jane’s Addiction dont les multiples séparations et reformations n’intéressent depuis bien longtemps plus personne. Derrière le “groupe” se cache la tête pensante (lorsqu’elle n’est pas intoxiquée) de Perry Farrell. Le nom ne vous dit peut-être rien mais sachez que c’est le gars derrière le fameux festival Lollapalooza.
Aussi, en tant que bébé de Farrell, celui a une enfance pour le moins agitée.
Je vous passerai les incessants changements de line-up pour arriver en 1990, date à laquelle, l’isotope “Ritual de lo Habitual” devient suffisamment stable le temps d’enregistrer un album.
Stephen Perkins batteur au groove imparable (Infectious Grooves), Dave Navarro rockstar fan d’Alerte à Malibu et guitariste funky et mercenaire à la fois (RHCP, Alanis Morrissette, Christina Aguilera…) et Eric Avery, bassiste inspiré ayant même voulu remplacer Newsted au sein de Metallica se retrouvent autour de Farrell pour sortir l’album qui rendra Jane’s Addiction éternels.
Muscialement, on pourrait comparer Jane’s Addiction aux Red Hot Chili Peppers. Les sonorités sont presque identiques : la guitare est funky, la basse slappée à l’occasion comme Flea sait aussi le faire, batterie groovy et pourtant… Oui, Farrell possèdes des sonorités vocales qui font poindre la mélancolie.
Les cinq premiers titres sont assez symptomatiques de l’époque, que ce soit “Ain’t no Right” ou le single “Been Caught Stealing”, ils versent un peu dans le “titres à la RHCP pour vendre mieux mon album”. C’est bon mais sans plus, c’est créatif et funky mais c’est loin d’être jouissif et on n’a pas inventé le fil à couper le beurre. Mais alors ? Me direz-vous.
Et bien il n’y a pas que cinq morceaux voyez-vous, les quatre dernières productions sont tout bonnement exceptionnelles. Aurait-il mieux valu ne sortir que celles-ci dans un maxi plutôt que de sortir le reste en bouche-trou ? Eh, qu’est-ce que j’en sais ? Rien.
Simplement, ces morceaux proviennent d’autres personnes, pas celles qui ont fait la première partie de l’album. Etaient-ils sous l’influence d’autre chose qu’un 7-Up ? Probablement, émotion narcotique, désespoir funky, “My Dying Bride meets George Clinton” (ok, j’en fais un peu trop), font de “Ritual de lo Habitual” l’ultime disque d’un groupe somme toute dispensable. Une perle dans un océan de merde médiatique.

DUB WAR - Pain

1993 : Earache Records est un label désormais connu et reconnu. Au milieu des années 80, parti de rien, une boîte postale et quelques livres sterling en poche, Dig Pearson va créer le label de musique extrême le plus en vu abritant dans son écurie des groupes comme Napalm Death, Carcass ou encore Entombed.
Mais voilà, la faute à des velléités trop commerciales et/ou à un style, le Death Metal, qui semble s’essouffler, Pearson lorgne vers d’autres horizons. Alors que ses poulains traditionnels remarqués par des majors américaines produisent une musique qui perd de sa personnalité, Earache s’éloigne de son bastion pour tenter d’autres aventures certaines fois réussies mais pas toujours très heureuses.
Parmi les nouveaux héritiers, entre les Pitchshifter et les Fudge Tunnel ou les Misery Loves Co., Dub War fait une arrivée à peine remarquée.
C’est pourtant bien dommage. Ce groupe qui nous vient du Pays de Galles nous offre une musique hybride dont le contenu est assez original. Mêlant allègrement un punk hardcore peaufiné digne des meilleurs groupes US et notamment des fameux Bad Brains avec tout de même des influences très metal dans le sens de la composition, Dub War déverse sa fouge avec des lyrics carrément ragga. Cela leur vaudrait le quolibet journalistique de premier groupe de “ragga metal”. Bon, on connaît le talent de nos journalistes pour nous pondre un nouveau genre musical chaque semaine, mais l’image semble tout de même être la bonne. Dub War profitera notamment de la gloire nouvelle de groupes dans la lignée d’Asian Dub Foundation et leur Facts & Fiction bien que leur orientation musicale reste résolument beaucoup plus metal.
“Pain” regroupe des titres assez endiablés comme les furieux “Why” ou “Mental” qui débutent l’album (et qui ne sont certainement pas placés là par hasard histoire de ne pas tout de suite faire peur à l’amateur des productions “traditionnelles” Earache). Une fois le venin passé, on trouve des titres de facture plus classique tels “Respected” ou “Fols Gold” qui constituent un véritable hommage à leurs grands frères des Bad Brains ou Gorrit qui lui penche plus vers une sauce à la Faith No More d’un point de vue vocalises. “Over Now”, le titre final vous en remet une, de claque, juste à la fin, histoire de se rappeler à son public.
La véritable discographie de Dub War tient en deux albums. Les divergences artistiques entre Earache et le groupe qui ne devait pas représenter une des préoccupations majeures de Pearson auront eu raison de Dub War en moins de dix ans. Promis à un bel avenir, deux albums formidables à leur actif, Dub War s’éteint injustement faute d’être tombé sur la bonne carte. Néanmoins on pourra toujours faire confiance à Earache pour sortir régulièrement une “compilation” (déjà une en 2005 pour Dub War…) de tous ces groupes qu’ils ont exaspéré et n’ont finalement pas su garder.

TOOL - Lateralus

Est-il possible de ne pas connaître Tool ? Est-il possible d’ignorer un des groupes qui malgré la réussite commerciale a toujours joué sa musique sans se demander quelle en serait la portée médiatique, sans se demander si les kids allaient apprécier ou rejeter tel ou tel album ?
“Lateralus” est le troisième opus du groupe. Malgré un album certifié double platine, n’allez pas vous imaginer que son contenu ait été étudié pour faire fantasmer les midinettes ou les pré-pubères. Si le côté obscur d’Ænima y est moins accentué, les compos de Tool gagnent en puissance en allant vers des sphères plus progressives. Chaque morceau s’insinue viscéralement, créant une alliance de précision rarement atteinte entre la prise de tripes et la prise de l’âme, ceci dû en grande partie à un des tous meilleurs batteurs au monde qui soit.
Certaines mauvaises langues diront que “Lateralus” déçoit en oubliant d’innover par rapport à son petit frère “Ænima”, d’autres ajouteront que cet album ne s’écoute que sous influence. Peut-être ont-ils raison après tout. Et alors ? Le premier but est atteint. Nous ensorceler par une musique hypnotique et surtout unique dans le monde du metal.
Difficile de ranger ailleurs qu’en fusion la musique de Tool. Les éléments progressifs, rock, pop (oui c’est bien ce que j’ai écrit), les percussions orientales et la voix de velours de Maynard tendent à le faire dériver dans cette catégorie. Néanmoins, si la musique est inclassable il eut été dommage de laisser Tool de côté dans notre sélection des Trublions.
par vastAire
By vinterdrom
La Grèce, ses îles, sa moussaka, ses soldats en jupe et Nikos… Par Zeus, c’est parti…
TELE SOM : Vous présentez Greek Metal Academy pour la cinquième année consécutive (ouais il faut bien enjoliver). Quel est votre sentiment ?
NIKOS ALIAGAS : C’est comme la mort. Ça sent le sang et les tripes. On retrouve la caméra, les décors, les maquilleuses. J’espère donner envie aux gens de la regarder (nous aussi).
TELE SOM : Qu’est ce qui vous plaît dans ce programme ?
NIKOS ALIAGAS : La qualité du spectacle, le fait que des stars, des artistes confirmés tels que Demis Roussos ou encore Nana Mouskouri viennent partager leur savoir avec Nightfall et Septic Flesh. Je trouve ça formidable. La prouesse technique aussi est incontestable. C’est l’émission de metal en direct la plus lourde. Tu as un mois pour préparer, parfois un trimestre (ça dépend de Contresens). Là, on a le prime, samedi soir. Lundi, on débriefe, mercredi, il y a les nominations et, jeudi, c’est reparti. Greek Ac’, c’est un mastodonte !
TELE SOM : Avez-vous vu les candidats ?
NIKOS ALIAGAS : J’ai les dossiers de chacun et quand j’ai du temps, je me plonge dedans. Je regarde quel est celui qui chante avec sa mère (sic), celui qui joue de la guitare (Nikos, réveil, ils en jouent tous, arf…)…
TELE SOM : Comment est ce casting ?
NIKOS ALIAGAS : il est très intéressant parce que vocalement puissant. Je crois que cette année, on a tourné autour de grandes voix (un peu mon neveu…).
TELE SOM : De fortes personnalités ?
NIKOS ALIAGAS : Sur le papier, oui. Maintenant, on verra dans le château. Entre ceux qui vont vouloir jouer un rôle (Nightfall), ceux qui vont être timides (Obsecration), ceux qui joueront aux grandes gueules (Inveracity)… Je crois qu’on ne peut pas le déterminer le premier jour. Il faut attendre (Contresens n’attend jamais…).
TELE SOM : Vous ont-ils étonné ?
NIKOS ALIAGAS : Vocalement, il y a des candidats… GROOOOOOARG ! Cette année, ils n’ont pas essayé de ressembler aux stars ou starlettes à la mode. On a des gens atypiques (tu m’étonnes John).
TELE SOM : Si vous aviez la possibilité d’y participer…
NIKOS ALIAGAS : Secrètement, je rêve de pouvoir, un jour, péter les plombs en direct et chanter avec Nightfall. J’adore m’éclater (merci Nikos, ce sera tout).
par vastAire pour Télé SOM en direct de la Greek Metal Academy
By vinterdrom

Autant vous le dire tout de suite, la scène grecque est assez singulière en ce qui concerne le Death Metal. Les clones de Cannibal Corpse ou Morbid Angel ne sont pas légion et les groupes de Death brutal connus sont plutôt rares, mais c’est justement la spécificité de cette scène et ce qui a contribué à la reconnaissance des groupes qui seront cités ici.
Tout d’abord il est impossible de disserter sur le Death Metal hellénique sans parler de la maison de disque française Holy Records. C’est en effet sous l’impulsion de ce label que la scène grecque s’est progressivement imposée au grand public au milieu des années 90.
Cette période était un moment charnière car certains vieux groupes de Death Metal commençaient à donner dans la redite stérile (Dismember,…) ou dans la reconversion à un style éloigné du Death plus ou moins réussie (Gorefest, Morgoth, Benediction…). De plus sur le plan des musiques extrêmes, le Black Metal commençait à prendre une place prépondérante par rapport au Death, tout en sachant que les groupes de Death nouvelle génération (Nile, Hate Eternal,…) n’avaient pas encore explosé au grand jour.


Ce sont autant de facteurs qui font que certaines places restaient à prendre, et Philippe et Sévérine d’Holy Records l’avaient bien compris en donnant sa chance à Nightfall. Alors certes, les débuts du groupe avec “Parade into centuries” (1992) sont un peu balbutiants, mélangeant Death mélodique et Doom d’une façon un peu anarchique. Le groupe persiste et “Macabre Sunsets” (1993) est plus abouti, les morceaux mieux structurés et leur style Death mélodique/mélancolique commence à se mettre en place, simplement gâché par une production bâclée.
Mais Nightfall a enfin gagné la confiance d’Holy Records et c’est avec un budget plus adapté que le groupe enregistre “Eons Aura” (1994), superbe EP 4 titres révélant enfin leur talent, mais l’apothéose de leur répertoire est bel et bien “Athenian Echoes” (1995). En effet, tel Poséidon soufflant sur les océans, la furie mélodique des guitares se déchaîne ici et atteint son apogée sur des titres comme “Azure Aye” ou “Iris”. Nous passerons ici sur la chute progressive du groupe vers des contrées plus electro / heavy.
Pour davantage de détails, voir les chroniques de “Parade into Centuries”, “Macabre Sunsets” et “Athenian Echoes”.


Leurs compatriotes de Septic Flesh ont profité du travail de fond de Nighfall, pour eux aussi se retrouver signés sur le label. Au niveau de la maturité, Septic Flesh est en avance sur Nightfall et dès leur première offrande “Mystic Places of Dawn” (1994), nous avons à faire à un Death subtil, intelligent et original qui marie parfaitement puissance guitaristique et mélodie.
Le combo enchaînera d’ailleurs deux chefs d’œuvres dans la lancée : “Esoptron” (1995) et “The Ophidian Wheel” (1997) sur lequel ils se sont adjoint les services de la talentueuse chanteuse soprano Nathalie Rassoulis, qui magnifie à merveille des morceaux comme “The Future Belongs to the Brave” ou “Geometry in Static”.
Voir aussi, pour leur chef d’œuvre “Esoptron”, notre précédente sélection sur le Metal Symphonique.


Toujours chez Holy Records, il faut également se pencher sur On Thorns I Lay et son deuxième album “Orama”, un très bon concept-album basésur l’Atlantide et exécuté au travers d’un Death gothique à chant féminin. Ce ne fut qu’un passage éclair dans le groupe vu que OTIL se tournera ensuite vers un Gothic rock très intéressant, mais trop éloigné du sujet qui nous tient à cœur (le Death Metal bien sûr !).
Pour davantage de détails, voir ici.


Allez encore un petit dernier de chez Holy : Exhumation, transfuge de chez Die-hard après son premier album et auteur de deux galettes de Death Metal mélodique un peu dans le style de Godgory (”Dance Across the Past” - 1998 - et “Traumaticon” - 1999 - ).


En se penchant du côté de choses un peu plus récentes, il y a Inactive Messiah (encore un groupe Holy Records, décidément je me demande si Philippe ne nous cache pas des choses…) évoluant dans un dark metal moderne et symphonique qui plaira sans problème aux adeptes du genre.
Pour trouver en Grèce des combos de death plus brutaux, il faut se pencher davantage vers l’underground. En voici un petit aperçu…


Quatre ans avant la sortie de “Extermination of Millions” (je vous renvoie à la très bonne chronique de Fabien : ici), Inveracity sortait en 2003 “Circle of Perversion”.
Hélas, Ô Hélas, si “Extermination of Millions” propose un Death brutal de plutôt bonne facture, son prédécesseur ne laisse pas cette impression. Comme souvent, la production peut s’avérer être le point faible de ce genre de galettes et peut-être auraient-ils du s’approprier les soins d’un réel producteur plutôt que de tenter de faire le boulot seuls comme des grands.
La batterie, ou plutôt son son, tue littéralement ce qui aurait pu être un bon disque (le roulement de tambour sur “Multiple Homicide”, le dernier track de cet album, vient finir de vous arracher ce rire qu’on ne voulait pas éructer…). Quoique. Le vocaliste Marios, depuis remplacé (et heureusement) par George, est également insignifiant et remplit son office sans grande conviction. Au final le son étouffé de “Circle of Perversion” avec cette batterie (peut-être le seul atout réel de cette sortie ratée … La batterie en death metal : do’s and don’ts) n’offre rien de nouveau aux auditeurs.
Dommage parce que les tracks sont relativement agréables et rappellent à l’occasion leurs glorieux aînés de Suffocation sans toutefois chercher à les dépasser ou à innover un poil.
Je ne suis certainement pas réellement objectif car si on enlève certains aspects de la production, si on n’est pas trop allergique au chant somme toute classique de Marios et si on se satisfait de clones de Suffocation, et bien ma foi, rien n’empêchera d’écouter cet album d’Inveracity voire même de l’apprécier.


Terrordrome offre un death grind sans concession mais également et malheureusement sans originalité.
S’ils se présentent comme influencés par Nile ou Hate Eternal, leur musique néanmoins n’offre pas la “subtilité” des groupes précités. Jeu de batterie à la Gigantic Brain mixé avec du Circle Of Dead Children, chant qui oscille entre Goratory et Last Days Of Humanity…
Bref, passons sur les comparaisons car c’est justement là où le bat blesse. Terrordrome n’offre que du réchauffé peu goûteux et donc ne satisfera que les fans les plus endurcis d’un mouvement Death Grind qui, malgré ses ténors les plus connus, n’offre que trop souvent de pales copies de leurs aînés. De Nile ou de Hate Eternal, Terrodrome n’a retenu principalement que la vitesse des compos, mais pas la hargne ni la qualité. La guitare sonne à mon sens trop heavy metal et le batteur a réellement beaucoup de mal à garder le rythme, la basse est quasi inexistante et si le grunt du chanteur semble à la hauteur, il est réellement sans aucune originalité.
En résumé, la production de “Vehement Convulsion” est plus que moyenne, les compos sans âme et rébarbatives, et il faudrait soit être féru de Moussaka Metal soit blindé de thunes pour faire consciemment le choix de vouloir acheter cette galette.


Sorti en 1996, “The Inheritors of Pain” est une des toutes premières productions de Obsecration. Est-ce ma chance ou ma punition d’avoir à découvrir les pires bouses du metal grec…?
Obsecration, tout en restant dans un registre (Doom) Death, ose pénétrer dans le blackisant en nous sortant des vieux soli de clavier Bontempi qui ponctuent l’album soit avec des nappes ridicules, soit (encore pire) en en faisant l’instrument principal (le monstrueux “For the King of this World”). N’est pas Rotting Christ qui veut.
Se cherchant indéfiniment, les titres se veulent tantôt Death, tantôt Doom, tantôt Black. La guitare est accordée à la Manowar et les soli sont d’une heavy metalitude intolérable et de bas étage, la basse est (volontairement ?) presque funky, la batterie est “ok” mais sans grande originalité et ce chant… God bless me…. Heureusement que Monsieur Bontempi nous fait bien rire.
Le cinquième morceau ironiquement intitulé “Suffering the Unnamable” nous rappelle que cet innommable a bien un nom : Obsecration.
Autre moment fort : le ridicule “The Serenity of the Crystal”, balade acoustique qui se veut le penchant grec de “Eerie Inhabitants” de Testament…
Au final, une bonne tranche de rigolade et un groupe à jeter du haut de l’Olympe…
par BeerGrinder et vastAire
By vinterdrom

INTRODUCTION
Pour les metalheads purs et durs ne jurant que par le sacrosainte combinaison B.C.B.G. (comprendre par là : Batterie / Chant / Basse / Guitare), le Dark Ambiant n’est au mieux qu’une très vague et lointaine notion, ou bien une musique ou plutôt un assemblage de sons passablement ennuyeux, pour ne pas dire chiant. Et pour cause, imaginez des compositions assez minimalistes, uniquement basées sur de l’électronique, des nappes de synthés, des samples, parfois sans aucun rythme et très souvent sans la moindre once de voix, le tout dans une approche isolationniste, bien éloignée des soirées metal festives où les pogos sont légion et où la bière coule à flots.
Il ne faut s’attendre à rien de tout cela avec le Dark Ambiant. Les riffs de guitare … très peu dans le meilleur des cas, pas un seul à l’horizon le plus souvent … La bonne humeur … Bannie … Le contact humain … Insupportable …
Bon nombre d’entre vous seront certainement étonnés, voire même choqués par le simple fait qu’un tel style soit mis à l’honneur ici, dans un webzine consacré au Metal.
Et pourtant, malgré des mises en forme diamétralement opposées, Metal et Dark Ambiant sont bel et bien deux cousins pas si éloignés que cela.
Premièrement, il est clair que le Dark Ambiant puise une très grande partie de ses fans dans le vivier du metal, en particulier parmi les adeptes de black metal, qui y retrouvent certaines atmosphères froides, sinistres, et donc des sensations proches de celles délivrées par leur style de prédilection.
Deuxièmement, le Dark Ambiant est, tout comme le Metal, un style intègre, à la personnalité forte et au caractère intemporel, bien loin des standard people, des courants mainstream et des modes de passage, donc logiquement voué, dans notre société basée sur la soupe musicale et la consommation rapide, à rester marginal (et entre nous soit dit, c’est tant mieux !).
Autant de points communs qui ont permis à ces deux univers que tout sépare à priori de tisser de nombreux liens, et il est courant de voir des maisons de disques Metal, qu’elles soient plus ou moins renommées, proposer dans leur catalogue VPC un large éventail d’œuvres Dark Ambiant.
Cependant, les liens ne s’arrêtent pas au simple partage d’une liste de distribution, de nombreuses formations n’hésitant pas à associer les genres black metal et Dark Ambiant dans leur musique, résultant en un style hybride que l’on a coutume de nommer le “Black-Ambiant”. Abruptum et Spektr en sont deux parfaits exemples, deux symboles : pionnier pour l’un, représentant de l’ère moderne pour l’autre. Mais nous aurons largement le temps d’y revenir plus en détail lors d’une prochaine sélection. Pour l’heure, place au Dark Ambiant pur…
… Un style possédant plusieurs niveaux d’écoute : de la simple musique de fond, que l’on écoute d’une oreille distraite, à la drogue dure, dont on ressent les effets au plus profond de notre être. Des compositions dégageant une sensation de solitude, de repli sur soi, une musique très renfermée sur elle-même mais au combien intense, chargée de vibrations négatives et malsaines, riche en rebondissements pour peu que l’on fasse les efforts nécessaires pour voir plus loin que la façade rêche, abrupte et l’aspect très peu accueillant qu’elle présente de prime abord.
Un outil d’introspection qui ne peut s’apprécier pleinement qu’après un long parcours initiatique. L’expérience est difficile et nécessite de la part de l’auditeur une implication, une concentration et un isolement total, sous peine de se retrouver perdu en chemin dans le magma d’ombres mouvantes et de sensations abstraites que la musique suggère.
Aussi, une immersion progressive est préférable, et dans cette optique, la première sélection dark ambiant qui vous est présentée ici entend dresser un état des lieux général de ce style pour le moins obscur : ses origines et ses principaux acteurs, artistes et maisons de disques, afin que les non-initiés sachent un peu mieux où ils mettent les pieds.
L’invitation est lancée, ne vous reste plus, si vous le souhaitez, qu’à suivre le guide …

DESCRIPTION
Le dark ambiant est un sous-genre de la musique ambiante essentiellement basé sur des nappes synthétiques et caractérisé par des compositions en général longues, déstructurées et aux vertus hypnotiques stimulant le psyché.
A l’inverse de la musique dite de “relaxation” dont elle est à la fois un parent et l’exact opposé, la musique dark ambiant distille des atmosphères sombres, pesantes, angoissantes voire déshumanisées de par le recours fréquent à des rythmes saccadés, des sonorités sèches et métalliques (dans ce cas, on parlera de “dark ambiant industriel”), pouvant parfois être extrêmement agressives et bruitistes (dans ce cas, on parlera de “dark ambiant noise”).
L’usage important de sons et d’effets d’origine naturelle, tels que des craquements ou des cliquetis recueillis en environnement hors-studio (que l’on désigne sous le terme de “field recording”), rapproche d’une certaine manière le dark ambiant de la musique dite “concrète”, usant de n’importe quel outil pour en créer une expression.
L’omniprésence des sensations de solitude et d’isolement lui confère en outre un second niveau d’écoute, la musique, propice au repli sur soi, atteignant alors une dimension plus introspective.

LES ORIGINES
Les travaux du britannique Lustmord (alias Brian Williams) sont souvent décrits comme ayant posé les fondations du genre dark ambiant au début des années 80. Il s’agit certes du premier compositeur ayant véritablement “fait son métier” de ce style musical, mais cette description s’avère quelque peu réductrice si l’on creuse un peu plus en profondeur.
En effet, certaines compositions ambiantes de son compatriote Brian Eno, grand expérimentateur notoire, présentaient déjà un aspect sombre et déstructuré, voire torturé, en témoigne la longue complainte sinistre “An Index of Metals” durant près d’une demi-heure et apparaissant sur l’album “Evening Star” sorti en 1975 et issu de la collaboration avec Robert Fripp (le mentor de King Crimson).
En continuant à remonter le temps, il est possible d’en trouver quelques prémices sur la bande-son du célèbre “Massacre à la Tronçonneuse” sorti en 1974, avec ses épouvantables assemblages de craquements et de sons stridents soutenant de manière efficace les exactions du célèbre Leatherface et de sa famille de tarés, conçus à partir “d’instruments de fortune” tels que des tôles d’acier ou des tubes en carton (dixit le réalisateur Tobe Hooper himself).
Sans oublier le fameux “Echoes” d’un certain Pink Floyd (pièce dantesque dépassant les 23 minutes et occupant la seconde face du vinyle “Meddle” sorti en 1971), avec sa partie centrale constituée d’un très long passage purement ambiant, sinistre et abyssal au possible.
Ces diverses expériences pré-années 80, qui sont dans tous les cas demeurées ponctuelles prouvent qu’il est difficile de définir un point de départ précis du style dark ambiant, dont les origines sont aussi floues, nébuleuses et insaisissables que les atmosphères qu’il distille. Tout au plus peut-on affirmer, au vu de ses pionniers, que les origines du Dark Ambiant sont à chercher du coté des Iles Britanniques plutôt que de la Scandinavie, contrairement à ce que pourrait laisser penser la renommée actuelle de ce genre musical, aujourd’hui considéré comme une “spécialité suédoise”, ayant résulté de l’apport majeur du label Cold Meat Industry au niveau de l’organisation, de la production et de la distribution de ce genre pour le moins obscur.

LES ARTISTES-CLÉS

Brian Eno
C’est un fait divers somme toute assez anodin qui a conduit le britannique Brian Eno à élaborer de la musique dark ambiant : un grave accident de voiture survenu en 1974, de longs mois cloués dans un lit d’hôpital, l’impossibilité de se mouvoir, l’estompement des sensations tactiles au profit du développement des sensations auditives, l’ambiance sonore caractéristique d’une chambre d’hôpital, le tout associé à une déprime chronique et un moral ayant basculé du côté obscur, tous les ingrédients étaient réunis pour créer, au sortir de cette période, des compositions sombres et dissonantes, en témoigne le caractère foncièrement dark de certaines compositions de l’album “Evening Star” écrit en collaboration avec Robert Fripp (mentor de King Crimson) et sorti la même année.
Cette expérience est cependant restée ponctuelle, car la suite directe de la carrière du bonhomme sera essentiellement axée sur de la musique ambiante non dark, avec la publication de la série des “Ambiant” (”Music for Airports”, “The Plateaux of Mirror”, “Day of Radiance” et “On Land”), se concentrant sur des atmosphères aériennes, mélancoliques ou des sonorités cristallines en fonction des chapitres, bien que le dernier marque un retour (mesuré) à des ambiances obscures.
Enfin, il faut bien garder à l’esprit que Brian Eno est un intenable touche-à-tout, multipliant les fonctions (musicien, compositeur, producteur), les collaborations (Robert Fripp, David Bowie, U2 et plus récemment Coldplay dont il a produit le dernier album en date “Viva la Vida”) et les trouvailles techniques (il a contribué au développement du tape-delay et de la musique algorithmique).
Petite anecdote : le concepteur du “Microsoft Sound”, le fameux jingle d’ouverture du système d’exploitation Windows 95 (qui se devait d’être universel, optimiste, futuriste, sentimental, émotionnel, … le tout en quelques secondes !), n’est autre que Brian Eno en personne.

Album phare : Fripp & Eno - “Evening Star” (1975)
Après un grave accident l’ayant contraint à une longue période d’immobilisation, Brian Eno retrouve son compère Robert Fripp (King Crimson), avec qui il avait déjà travaillé quelques temps auparavant (”No Pussyfooting”, 1973), pour un nouvel album d’ambiant expérimental baptisé “Evening Star”. On y retrouve bien sûr l’ambiant éthéré caractéristique de la période fin 70′ - début 80′ de Brian Eno (sur la face A du LP), mais cette œuvre se distingue surtout par sa face B constituée d’une unique pièce de près d’une demi-heure “An Index of Metals”, très inhabituelle de la part du bonhomme car très sombre et perturbante, chargée de distorsions et de vibrations typiquement “drone”. L’une des toutes premières pierres à la base de l’édifice du Dark Ambiant.

Lustmord
Bien que Lustmord (Brian Williams de son vrai nom) ne soit pas à proprement parler le fondateur du genre dark ambiant, il est incontestablement celui qui lui aura donné ses lettres de noblesse. Ambiances hautement malsaines, expérimentations sonores extrêmes réalisées dans des environnements aussi “accueillants” que des cryptes, des usines désaffectées et des abattoirs, visuels choquants (images crasseuses et sanguinolentes, clichés d’autopsies et de malformations humaines), le compositeur gallois a frappé fort d’entrée avec la publication de son premier album presque éponyme (”Lustmørd”) en 1981.
Epaulé à ses débuts par Reg Sailyne, Goeff Rushton et Nigel Dunster (dont les oreilles, soumises à des seuils sonores excessifs, ont été prises de saignement au cours des sessions d’enregistrement du premier album !), Lustmord s’est très vite retrouvé seul aux manettes de son projet, dont la musique, bien qu’ayant évolué au fil des années vers une forme moins industrielle et davantage ambiante au sens premier du terme, ne s’est jamais départie de ses atmosphères sombres et oppressantes, tout en développant un aspect cinématographique très prononcé.
D’ailleurs, son attirance pour le septième Art l’a tout naturellement amené à composer les bandes-originales de plusieurs dizaines de films, dont “Zoetrope” (obscur film indépendant basé sur le concept d’un être humain captif d’un monde post-apocalyptique, prenant une tournure métaphysique bien éloigné du film d’action hollywoodien de base) qui a donné lieu à la sortie d’un album présentant une version de la B.O. remaniée (publié par le label tchèque Nextera en 2002).
Lustmord s’est également signalé par des collaborations ponctuelles avec divers compositeurs de bande-originales, comme Paul Haslinger (créateur de la B.O. de “Underworld”) pour un titre de l’album “Metavoid” (”The Eliminating Angel”).
Toujours en activité à l’heure actuelle, il s’est désormais installé aux Etats-Unis, sous le grand soleil de la Californie (ce qui n’a en rien diminué le pouvoir de nuisance de sa musique), et possède son propre studio d’enregistrement : Scientific Electric.

Album phare : Lustmørd - “Paradise Disowned” (1986)
“Paradise Disowned” s’inscrit comme une œuvre charnière dans la longue carrière de Lustmord, représentant le chaînon manquant entre le Lustmord “roots” foncièrement indus voire bruitiste (face B du LP d’origine) et le Lustmord “moderne” davantage tourné vers l’ambiant pur (face A).
Cet album, loin de délaisser le “field recording” brut, laisse donc beaucoup de champ à des atmosphères éthérées, sans que celles-ci ne se départissent de leur aspect oppressant et menaçant, comme si l’on planait à l’intérieur d’une chape de plomb. Atmosphères auxquelles les sonorités de cors et les voix incantatoires confèrent une dimension mystique, renforcée par le recours fréquent à des chants religieux (comme le fera Peter Andersson quelques années plus tard pour son projet Raison d’Etre).

Roger Karmanik
Autre personnage incontournable de la scène Dark Ambiant / Indus : le suédois Roger Karmanik, alias “Captain” Karmanik (de son vrai nom Roger Karlsson), reconnu non seulement pour être responsable de la fondation du label Cold Meat Industry (tout aussi incontournable dans le milieu), mais aussi pour son travail au sein de l’effroyable Brighter Death Now, véritable concentré de pulsions maladives et suicidaires, de fantasmes malsains et de pensées inavouables.
Après des débuts proches du “pur” Dark Ambiant” et marqués par des atmosphères à la fois vicieuses et sadiques, dignes d’un véritable snuff-movie bien craspec, sa créature s’est progressivement transformée en une infernale machine industrielle bruitiste et déshumanisée, constituée de fréquences et grincements inhumains mixés à des vocaux distordus au-delà de tout limite du raisonnable : un véritable terrorisme sonore, que l’on nomme communément “power electronics”, qui ne s’est cependant pas départi des ambiances caractéristiques des débuts, faisant de cette “chose” bien plus qu’un simple mur de boucan.
Si la tessiture musicale a nettement évolué, les thèmes de prédilection du bonhomme sont en revanche restés totalement intacts : la mort, les déviances mentales, la torture, le sadisme, la pédophilie, l’inceste, le meurtre, … J’en passe et des meilleurs … Tout autant de sujets violents voire tabous pour certains, abordés avec un second degré ravageur, “Captain” Karmanik, adepte invétéré de l’humour décalé, n’hésitant pas à balancer, au milieu des pires insanités, des passages de musique d’ascenceur, de disco ou encore des chants d’église cul-cul, corroborant ainsi la maxime de son label Cold Meat Industry, disant que “ni la vie ni la mort ne doivent être pris au sérieux”.
Son activité grandissante de responsable de maison de disques l’a contraint à ralentir la cadence des productions de Brighter Death Now, mais la bête est toujours bien présente, prête à se manifester à tout moment, comme le prouve la sortie de “Kamikaze Kabaret” en 2005 alors que “Obsessis” (2000) était censé être son dernier album studio. Tous les espoirs de voir une nouvelle publication sont donc permis …

Album phare : Brighter Death Now - “The Slaughterhouse” (1993)
L’horreur absolue ! … Voilà ce qu’a enfanté Roger Karmanik sur “The Slaughterhouse”, bien avant de plonger dans la marmite du power electronics, dont on retrouve cependant quelques prémices, au travers de grincements inhumains déchirant les nappes de synthés glauques comme des hurlements de terreur.
Impossible, à l’écoute de cet album, de ne pas penser à “Nekromantik”, l’un des films les plus sordides et crasseux jamais réalisé.
Plus oppressant et poisseux que la plupart des œuvres Doom, plus violent et malsain que le plupart des œuvres Black, cet abominable “Slaughterhouse” démontre, s’il en est besoin, que le Metal Extrême ne bénéficie pas du monopole desdites sensations extrêmes. Qu’on se le dise !

Peter Andersson
Fer de lance du label Cold Meat Industry, Peter Andersson est un compositeur suédois présentant la particularité d’aborder à peu près toutes les facettes de la musique ambiante (et pas seulement dark) au travers de multiples projets, des plus posés et éthérés (Raison d’Etre, son projet le plus célèbre, avec Necrophorus) aux plus agressifs et noise (Stratvm Terror, qu’il partage