TRANCEFER

Hell’o,

Comme vous avez peut-être pu le constater, Stargazer n’est plus actif depuis un certain temps. Après environ un an sur Metal Blogs, j’ai décidé de poursuivre l’aventure ailleurs. Ce n’est pas un blog mais deux (voire trois également) où vous pouvez désormais me retrouver :

STARGAZER : http://stargazer666.blogspot.com

LE CERCLE NOIR : http://cerclenoir.blogspot.com

A bientôt et long live rock’n'roll !

Le Cercle NoiR

soleil-noir

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STEVEN WILSON : INSURGENTES (2009)

Kscope – 9 / 10

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La question n’est finalement pas où Steven Wilson a-t-il trouvé le temps de graver cette première aventure en solo – entre ses activités de musiciens et de producteur, sa boulimie, si elle impressionne toujours autant, ne  surprend plus vraiment – mais pourquoi. Oui. Pourquoi, alors qu’il a les coudées franches dans son Porcupine Tree ou Bass Communion, alors qu’il peut assouvir ses penchants pour la musique pop (dans le bon sens du terme) avec Blackfield ou plus intimiste avec le précieux No-Man, pourquoi l’Anglais a-t-il donc ressenti le besoin d’accoucher de Insurgentes ?

La réponse saute en fait aux oreilles. Si bien entendu, son empreinte est reconnaissable immédiatement à travers ce chant fragile, cette science des arrangements soignés et ce goût intact pour une architecture exigeante, précise et équilibrée ainsi que pour une certaine mélancolie, il est aussi évident que la plupart des compositions au menu de cet album n’auraient certainement pas pu trouver une place au sein de ses autres projets. Un petit bijou tel que « Salvaging » par exemple, qui débute comme une ballade diaphane avant de plonger dans une folie destructrice avec l’apparition de la guitare drone de  Dirk Serries de Fear Falls Burning en témoigne, tout comme « Abandoner » et son final bruitiste. Il en va de même pour le schizophrénique et très crimsonien (ce qui est un pléonasme !) « No Twilight Within The Courts Of The Sun » dont on dirait qu’il s’est échappé de The Power To Believe. Les connexions tant humaines qu’artistiques entre Steven et le groupe de Robert Fripp sont nombreuses (Tony Levin joue d’ailleurs sur ce titre), on en a ici une preuve supplémentaire.

Et même quand on a l’impression d’être en terrain connu aussi bien avec des chansons plus rock telles que le superbe « Harmony Korine », « Only Child » ou des respirations plus atmosphériques (« Veneno para las hadas », « Significant Other » ou « Twilight Coda », il y a toujours un détail, un son, des notes de piano (souvent dues à Jorden Rudess de Dream Theater dans une veine bien différente de ce style habituel), une façon dont l’écriture déroule sa trame qui vient perturber le schéma connu à l’image du sombre et tourmenté « Get All You Deserve ».

Se nourrissant de toutes ses influences, du progressif au drone, du post-punk à la pop sans oublier l’ambient, Insurgentes s’impose de fait comme l’œuvre la plus personnelle de son éclectique auteur, accompagné pour l’occasion du fidèle batteur Gavin Harrison et d’une poignée d’invités. Si dans quelques années, quelqu’un vous demande qui est Steven Wilson, il y a de fortes chances pour vous lui dites alors d’écouter cet album d’art total (l’édition limitée est un joyaux et il faut saluer à nouveau le talent du photographe Lasse Hoile) qui le résume avec intelligence.

Encore un sans faute de la part d’un artiste qui de toute façon ne déçoit jamais et chez qui la hyper activité n’étouffe jamais la qualité.  (18.03.09)

TRACKLISTING
  1. Harmony Korine / 5.07
  2. Abandoner / 4.48
  3. Salvaging / 8.20
  4. Veneno para las hadas / 5.58
  5. No Twilight Within The Courts Of The Sun / 8.37
  6. Significant Other / 4.32
  7. Only Child / 4.24
  8. Twilight Coda / 3.25
  9. Get All You Deserve / 6.17
  10. Insurgentes / 3.56
TOTAL RUNNING TIME : 55. 24
DISCOGRAPHIE
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NEWS : WHITESNAKE ET Y&T EN FRANCE !

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Les fans de grand hard rock vont se taper une pignole avec cette nouvelle. Et oui, au mois de juin, Whitesnake et Y&T vont fouler le sol français. David Coverdale nous montrera son serpent  au Casino de Paris le 4 tandis de le groupe de Dave Meniketti mettra le feu au forum de Vauréal dans le Val d’Oise le 17. Certains attendent le retour de Y & T depuis 1982 !

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CYNIC (1987 -

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Avec plusieurs de ses membres qui ont participé au mythique Human de Death, Cynic a longtemps un ovni dans le paysage du metal extrême grâce à son Focus, oeuvre matricielle du courant techno death. Après un long split, le groupe se reformé en 2007, avec à la clé un nouvel opus, le second de sa carrière.

S’il ne devait en rester qu’un : Focus (1993)


USA ORIGINE
TECHNO DEATH / PROGRESSIVE GENRE
1987 FORMATION
LINE-UP
PAUL MASVIDAL (GUITARS, VOCALS)
DEATH, GORDIAN KNOT, PORTAL
SEAN REINERT (DRUMS, KEYBOARDS)
AGHORA, ANOMALY, C-187, DEATH, GORDIAN KNOT, PORTAL
SEAN MALONE (BASS)
AGHORA, ANOMALY, GORDIAN KNOT, OSI
ROBIN ZIELHORST (LIVE BASS)
EXIVIOUS
TYMON KRUIDENIER (GUITARS)
EXIVIOUS
PAST MEMBERS
JACK KELLY (VOCALS)
DANA COSLEY (VOCALS, KEYBOARDS)
DEMONOMACY
TONY TEEGARDEN (VOCALS, KEYBOARDS)
EPITAPH
JASON GOBEL (GUITARS)
GORDIAN KNOT, MONSTROSITY, PORTAL
SANTIAGO DOBLES (GUITARS)
AGHORA
TONY CHOY (BASS)
ATHEIST, C-187, PESTILENCE
MARK VAN ERP (BASS)
MALEVOLANT CREATION, MONSTROSITY, SOLSTICE
CHRIS KRINGEL (BASS)
CONTACT

www.myspace.com/cyniconline

DISCOGRAPHIE

FOCUS (1993)
TRACED IN AIR (2008)

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HDK : SYSTEM OVERLOAD (2009)

Season Of Mist – 8 / 10

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Alors, le voilà donc ce fameux projet baptisé HDK (pour Hate Death Kill) dont on entend parler depuis un bon moment, objet de toutes les spéculations. Nous étions nombreux à nous interroger quant au contenu musical d’un album annoncé comme moderne, plus brutal que After Forever – l’autre groupe de Sander Gommans dont HDK est le bébé – et animé par des guests de choix (André Matos, Arjen Anthony Lucassen…). Peu d’informations ont filtré jusqu’à la veille de sa sortie de ce System Overload où tout s’est soudain emballé : un premier extrait en écoute sur MySpace (« Request ») et surtout l’annonce du split de ce qui était alors le principal port d’attache du guitariste. Désormais HDK est le seul groupe du Hollandais violent.

Alors qu’en est-il finalement ?  Qu’est-ce qu’elle a dans le ventre, la bête ? Et bien, les premières écoutes s’avèrent assez décevantes car on a tout d’abord du mal à voir où veut en venir le Sander. Courtes mais denses et remplies jusqu’à la gueule, les chansons donnent l’impression de vouloir partir dans toutes les directions. Ce n’est que peu à peu que le disque fait son trou, que sa richesse, tout d’abord confondue avec une indigestion de notes, se dévoile enfin. Bon d’accord, me direz-vous, mais HDK, c’est quoi en fin de compte ?

HDK est annoncé comme le fruit d’un duo, celui formé par le guitariste donc et de la chanteuse Amanda Somerville (chargée de l’aider pour les lignes vocales), peu connue du grand public mais que les plus observateurs d’entre vous auront certainement remarqué chez Aina ou Epica. Toutefois, sa collaboration au projet ne doit surtout pas vous tromper. HDK ne se nourrit absolument pas du même humus que After Forever. Si la belle a coécrit toutes les chansons de cet album, son organe vocal, pourtant aussi sublime que sa plastique, reste finalement des plus discrets.

Non System Overload braconne sur les terres d’un thrash metal moderne, auquel viennent se greffer de nombreux emprunts à d’autres genres (gothic, progressif, death…). Cette orientation ne surprend pas vraiment de la part de Gommans si on se souvient que le dernier opus d’After Forever, assez musclé et plus heavy metal que symphonique, avait pour invités Jeff Waters (Annihilator) qui venait taper un solo et Doro. D’ailleurs, il y a beaucoup du Annihilator contemporain sur ce premier jet, notamment sur le titre d’ouverture dont la similitude vous pète à la figure d’entrée de jeu. Il faut aussi reconnaître au guitariste la capacité à changer de style. Et le courage de le faire. Car combien il lui aurait facile de se contenter d’écrire dans la veine du gothic sympho à chanteuse qui l’a rendu célèbre pour être certain de se mettre dans la poche des fans de After Forever. Ceci dit, HDK ne devait être au départ qu’un side-project et quel aurait été l’intérêt de faire la même musique avec deux groupes différents ? Dans ce nouveau registre, Sander s’en sort bien et je ne suis pas sûr qu’un Mark Jensen (Epica) ou un Tuomas Holopainen (Nightwish) parviendraient avec une telle réussite à s’éloigner de leur style de prédilection.

Très loin donc de son registre habituel, Gommans accouche d’un essai puissant et intense où s’accouple une forme de brutalité certaine avec cette touche mélodique à laquelle il demeure néanmoins fidèle. Tous ne s’y retrouveront pas, c’est évident mais pour peu que l’on essaye de comprendre la démarche du maître des lieux, on prendra alors plaisir à s’envoyer dans les cages à miel ce System Overload de première bourre, riche d’un paquet de cartouches qui font mouche. L’album s’ouvre sur une triplette irrésistible qui fait parler la poudre (« System Overload », « Request », à la rythmique implacable et « Let Go »). Après un « Terrorist » bien furieux également, succède un des sommets de l’écoute, le magnifique « Pedestal », qui donne l’impression d’avoir affaire à un After Forever qui aurait absorbé du viagra par boîte de douze.

Du reste, Sander n’oublie pas d’où il vient, comme le démontre le monumental « Breakdown », manière de leçon qui justifie à lui seul l’achat de cette cuvée. Avec son chant féminin à la Evanescence (superbe Amanda Somerville), ses grognements masculins un peu rapés, il est une tentative réussie de modernisation, de dépoussiérage en règle de la formule qui a fait la réussite du genre auquel ses géniteurs sont arrimés. Mon dieu, quelle claque ! En l’espace de cinq minutes et avec une classe folle, Sander vient donner un bon coup de pied au cul d’une scène désormais embourbée dans la médiocrité et la vulgarité.

A ce tableau de chasse, il ne faudrait pas non plus occulter «March », qui débute par une intro belle à en pleurer avant de tout dézinguer sur son passage tel un panzer lors de l’invasion de la Pologne, « Perfect », illuminé par la voix de la blonde et par un solo très queenien ou bien encore le bouquet final foisonnant « Fine Lines », auberge espagnole cependant toujours digeste.

Avec HDK et ce premier essai surprenant, Sander Gommans vient prouver de manière éclatante quel grand musicien, doublé d’un compositeur excellent, il est, ce que, il est vrai, on savait déjà, eu égard à ce qu’il laisse derrière lui avec les cinq albums longue durée d’After Forever. L’avenir semble radieux pour lui… (16.02.09)

TRACKLISTING
  1. System Overload / 3.02
  2. Request / 4.33
  3. Let Go / 3.33
  4. Terrorist / 4.19
  5. Pedestal / 5.23
  6. On Hold / 3.23
  7. Breakdown / 5.06
  8. March / 4.04
  9. Perfect / 5.14
  10. Fight Or Flight / 4.06
  11. Fine Lines / 4.55
TOTAL RUNNING TIME : 47.38

DISCOGRAPHIE

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ISOLE (2004 -

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Tout d’abord connu sous le nom de Forlorn entre 1991 et 2004, Isole est un des fleuron du doom lyrique et épique suédois. Sa signature chez Napalm à partir de l’album Bliss Of Solitude, lui a permis de franchir une étape importante en terme de popularité qui jusque là restait confinée au cercle des initiés.

S’il ne devait en rester qu’un : Bliss Of Solitude (2008)


SUEDE ORIGINE
EPIC DOOM METAL GENRE
2004 FORMATION
LINE-UP
DANIEL BRYNTSE (GUITARS, VOCALS)
EREB ALTOR, MORANONN
CRISTER OLSSON (GUITARS, VOCALS)
EREB ALTOR
HENRIK LINDENMO (BASS)
JONAS LINSTRÖM (DRUMS)
PAST MEMBERS
CONTACT

www.myspace.com/isole

DISCOGRAPHIE

FOREVERMORE (2005)
THE BEYOND (2006 / EP)
THRONE OF VOID (2006)
BLISS OF SOLITUDE (2008)
SILENT RUINS (2009)

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INTERVIEW: DFDR

 

 

Entretien avec Sect Santhem, réalisé par mails en mars 2009.

 

GreG : Que signifie DFDR ?

Sect Santhem : Ce sont les initiales d’une formule propre à Sect Santhem et à Sheol, nous la gardons pour nous.

G. : Alors que tu as déjà Grey (qui est certes bien différent), pourquoi as-tu ressenti le besoin de monter DFDR ?

Sect Santhem : Grey est un projet studio, DFDR un véritable groupe. C’est important d’avoir l’occasion de confronter ses idées, le projet solo n’y étant par essence pas propice. Jouer live est jouissif. Et comme tu l’as souligné DFDR et Grey ne suivent pas les mêmes chemins, bien que les thématiques soient les mêmes (folie, subversion).

G. : Qu’as-tu voulu exprimer à travers ce premier essai ?

Sect Santhem : Nous, car DFDR doit être un groupe, même si le line-up n’est pas complet actuellement, nous avons tenté de manière spontanée de créer un projet avec une identité propre, pas de copier même si nous sommes évidemment influencés par nos groupes référents. Nous sommes là, parmi vous, pas forcément semblables.

G. : Est-ce que le cadre tant géographique, historique que culturel de la Lorraine est une source d’inspiration pour DFDR et si oui, de quelle manière ?

Sect Santhem : A la fois oui, car je suis très sensible aux ambiances de certains endroits chargés d’histoire. Et j’apprécie la mystique de Metz, une ville très…cachée. Cela influe forcément sur ce que je créé. Et non, parce que les thématiques sont universelles. Occidentalles, du moins. Et je ne crois pas que DFDR soit marqué musicalement, ni par la Lorraine, ni par la France.

G. : tu dis que DFDR est un vrai groupe. Est-ce Sheol et toi qui avez composé la musique ? Où en êtes-vous actuellement avec le line-up ?

Sect Santhem : Oui, chacun a apporté sa contribution. Sheol et moi sommes les créateurs du groupe, et les principaux compositeurs. Actuellement DFDR est formé de Sect Santhem et d’une autre personne issue du monde DOOM, et j’espère compléter à nouveau le groupe rapidement. Les autres ont arrêté à la suite de divergences internes. As usual….

G. : Tu parles du live. DFDR s’est-il déjà produit sur scène ? Est-ce important pour toi ?

Sect Santhem : C’est primordial, et c’est d’ailleurs sur ce point que les autres sont partis, car je n’accepte pas de faire n’importe quoi. Le black metal ne se prête pas à être joué partout. Ce n’est pas de la prétention. Je veux au moins le minimum requis de qualité d’exécution et un cadre correspondant. DFDR n’est pas punk.

G. : J’ai l’impression que la musique de DFDR se prête davantage à cet exercice que celle de Grey, non ?

Sect Santhem : Tout à fait, encore plus pour le prochain Grey qui sera bien plus complexe que ne l’était le premier.

G. : Vois-tu des points communs à tous tes projets ?

Sect Santhem : La noirceur exprimée en nuances de teintes. Les thématiques, j’écris touts les textes. L’inscription dans les codes du genre sans être prototypique. Du moins à mon avis.

G. : Peux-tu revenir sur le concept qui forme la colonne vertébrale de Sourhat ?

Sect Santhem : A la base une discussion sur la folie avec un ami. De disgressions en disgressions je suis arrivé à SOURHAT “The one who has in the head what to destroy the world with”. Le concept supposait une contrainte : composer, enregistrer et mixer chaque titre en cinq heures.

G. : Quel est le futur de Grey et de Sourhat ?

Sect Santhem : Le deuxième ton de gris est en gestation, et devrait naître l’an prochain. Je n’ai pas encore décidé si Sourhat, qui n’est qu’un concept ponctuel, reviendra.

GreG : Merci.

 

www.myspace.com/dfdrband

 

 

COLOSSEUM : CHAPTER II – NUMQUAM (2009)

 Firebox – 8.5 / 10

 

Ils ne lui ont jamais pardonné. Oui. Tous ceux qui se sont construits avec la Sainte Trinité du UK Doom (My Dying Bride/Anathema/Paradise Lost) au début des années 90 et qui ont par la suite découvert Yearning avec sa démo Autumn Funeral et plus encore sa première offrande With Tragedies Ardorned en 1997, eux donc, n’ont pas pardonné à Juhani Palomaki d’avoir à partir de son successeur, Plaintive Scenes, déserté la cause, mis de l’eau dans son doom death pour accoster des rivages plus atmosphériques, voire carrément gothiques.

Or, aujourd’hui, les choses ont changé. Oh non pas du côté de Yearning qui continue sur sa lancée avec du reste, une réussite certaine mais plutôt de celui de son leader qui depuis 2007 et après quatre années de silence radio a trouver en Colosseum un véritable exutoire en même qu’une forme de catharsis où il peut renouer avec les sombres sentiments de jadis. Du coup, les amoureux des ambiances mortifères ont redécouvert un Juhani qui n’a pourtant jamais cessé de créer de la bonne musique. ()

Retrouvez la suite de cette chronique sur le Cercle NoiR.

 

 

CYNIC : TRACED IN AIR (2008)

Season Of Mist – 8 / 10

Je vais probablement en décevoir certains. Pourquoi ? Parce que contrairement à la majorité qui voit en lui un chef-d’œuvre, unique et précieux, je ne suis pas un admirateur de Focus, le premier et alors seul opus gravé en 1993 de Cynic, sorte de supergroupe formé autour du guitariste Paul Masvidal, de Jason Gobel et de la section rythmique des deux Sean, Reinert (batterie) et Malone (basse) et surtout chef de file du mouvement techno death metal, soit un metal de la mort ultra technique et virtuose. Ovni musical en avance sur son temps, Focus en a traumatisé pas mal… dont je ne fais donc pas partie et je le regrette. Peut-être est-ce tout simplement parce que je ne l’ai découvert que longtemps après sa sortie ?

Toujours est-il que la nouvelle de la reformation du groupe ne m’a pas fait sauter au plafond. Intrigué, oui, excité, non. Pourquoi intrigué ? Pour une raison bien simple : si je ne suis pas un fan de Cynic, cela ne m’empêche pas d’apprécier toute la galaxie musicale née dans le sillage de sa disparition, toute cette scène finalement plus progressive qu’extrême, celle de Portal, le projet de Masvidal qui a suivit dès 1995, de Gordian Knot, le laboratoire de Sean Malone ou bien encore de Aghora (avec Reinert et Malone).

Quinze après son galop d’essai, Cynic donne donc enfin un successeur à celui-ci, ce Traced In Air que personne n’attendait plus, dont l’édition a été particulièrement soignée par Season Of Mist (la box est superbe et pleine à craquer comme peuvent l’être les bourses de Steve Holmes). Et, contre toute attente, c’est une très bonne surprise, à la fois pour les sceptiques qui s’interrogeaient sur le bien-fondé de cette renaissance et pour moi car il est plus proche des groupes cités un peu plus haut – on pense beaucoup à Gordian Knot par exemple – que de Focus.

Alors certes, il y a beaucoup de ce premier album dans ces huit nouvelles compositions, toujours courtes et ramassées (deux seulement dépassent les 5 minutes, c’est dire) et irriguées par le chant (clair) spatial d’un Masvidal dont on reconnaît immédiatement l’empreinte en terme d’écriture. Mais voilà, Traced In Air ne noue que bien peu de liens avec le death metal contrairement à son aîné. Pas – ou peu car utilisés avec parcimonie – de grognements (sauf notamment sur le très beau « Evolutionary Sleeper ») mais une musique cosmique complexe et dense qui n’oublie pourtant jamais de se parer d’une beauté émouvante. Si les parties de guitares sont à couper le souffle (« The Unknown Guest »), il faut à tout prix louer le travail formidable abattu par Sean Reinert, comme en témoigne l’intro instrumentale « Nunc Fluens ». D’une durée raisonable, ce qui, par les temps qui court, est agréable, Traced In Air est un album rafraîchissant, étonnement digeste eut égard à la virtuosité foisonnante qui le guide, sans temps mort. Aura-t-il la même influence que Focus ? On peut malgré tout en douter car il est moins novateur… Ce qui n’enlève rien à son éclatante réussite. (05.01.09)

Vous pouvez également retrouver cette chronique sur Haven Metal.

TRACKLISTING
  1. Nunc Fluens / 2.55
  2. The Space For This /5.46
  3. Evolutionary Sleeper / 3.34
  4. Integral Birth / 3.52
  5. The Unknown Guest / 4.12
  6. Adam’s Murmur / 3.28
  7. King Of Those Who Know / 6.08
  8. Nunc Stans / 4.12
TOTAL RUNNING TIME : 35.00

DISCOGRAPHIE