Entries Tagged as ''

CONCEPT OF GOD

 

 

 

USA ORIGINE

HEAVY DOOM METAL GENRE

1999 FORMATION

LINE-UP

ROBERT LOWE (VOCALS)

STEVE MOSELEY (GUITARS)

JAMES MARTIN (BASS)

JOHN COVINGTON (DRUMS)

ANCIEN MEMBRE

RIVER TUNNELL (BASS)

 GROUPES AFFILIES

CANDLEMASS, HYD, LAST CHAPTER, OMEGA THESIS, SOLITUDE AETURNUS, ZANISTER

 

 

DISCOGRAPHIE

VISIONS (2007)

 

 

http://www.myspace.com/conceptofgod  

 

 

BLACK SABBATH : SEVENTH STAR

 

 

Plus encore que le mésestimé Born Again braillé par un Ian Gillan dont on se demande encore ce qu’il faisait par là, Seventh Star est bien l’album qui a inauguré le déclin (sur un plan commercial uniquement) du groupe de la Perfide Albion. D’ailleurs, avec Tony Iommi comme seul membre originel toujours à la barre, peut-on alors encore parler de groupe ? Pour appréhender cet opus parmi les plus décriés de sa carrière, il faut en réalité bien avoir en tête sa genèse.

A l’origine, Seventh Star qui le voit s’acoquiner avec un Glenn Hughes qui, à cette époque, est gangrené par la dope, n’est en réalité qu’une escapade en solo pour le guitariste. Sa nature explique donc la teneur beaucoup plus mélodique (“ In For The Kill ”), ainsi que la présence à priori incongrue – encore que les collaborations suivantes entre les deux musiciens démontreront le contraire – de l’ancien bassiste de Deep Purple (après tout, après Gillan, pourquoi pas ?) derrière le micro, d’un album qui ne doit d’être sorti sous la bannière Black Sabbath qu’à cause de la pression de la maison de disque qui estima que le nom du groupe s’avérait forcément plus porteur pour le tiroir-caisse que celui du gaucher. Quand bien même il annonce par moment le style qui sera de mise lors de l’ère Tony Martin (Headless Cross…), à l’image du lent titre éponyme notamment, Seventh Star est donc à prendre pour ce qu’il est – un album solo – et non pas comme ce qu’en a fait le label (le douzième opus du sab’).

Une fois ce cadre posé, on peut juger avec justesse ce disque méconnu dont ses géniteurs n’ont pas avoir honte. Bien au contraire. En dehors de deux courtes étreintes anecdotiques (“ Sphinx ”, “ In Memory ”), le moustachu démontre qu’il n’a pas encore besoin de prendre de viagra pour dresser une érection créatrice. Du très beau “ No Stranger To Love ” au puissant “ Danger Zone ”, de l’énervé “ Turn To Stone ” à l’envoûtant “ Seventh Star ”, pièce maîtresse du lot, ces coulées voient le guitariste se déchirer sur son manche (“ Heart Like A Wheel ” et son orgie de six cordes) et ce faisant, il livre quelques unes de ses plus belles éjaculations, autant de sources d’orgasmes sans fin. Bien que totalement shooté du matin jusqu’au soir, Hughes n’a pourtant rien perdu de sa superbe en terme de puissance vocale (“ Angry Heart ”).

Un très bon album qui mérite d’être (re)découvert afin qu’il soit (enfin) juger à sa juste valeur et qui prouve que cette période sombre de Black Sabbath, entre le milieu des années 80 et le retour de la loque humaine Ozzy, mérite mieux que le dédain, le mépris ou au mieux, l’indifférence, dont elle est malheureusement la victime. Entouré de chanteurs bien plus talentueux, de la trempe d’un Dio ou d’un Hughes, Tony Iommi, qui est un grand compositeur, n’a nullement besoin de Osbourne pour exister contrairement à ce que beaucoup estiment. A tort. (30/07/08)

 

TRACKLISTING

  1. In For The Kill / 3.40
  2. No Stranger To Love / 4.28
  3. Turn To Stone / 3.28
  4. Sphinx (The Guardian) / 1.11
  5. Seventh Star / 5.20
  6. Danger Zone / 4.23
  7. Heart Like A Wheel / 6.35
  8. Angry Heart / 3.06
  9. In Memory… / 2.35

TOTAL PLAYING TIME : 34.46

 

1986

8/10

WARNER

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.blacksabbath.com

 

 

WITCHCRAFT : WITCHCRAFT

 

 

L’habit ne fait pas le moine, dit-on. Cet adage colle parfaitement à ce jeune groupe suédois. En effet tout, de l’artwork occulte signé Stephen O’Malley (Sunn O)))), au nom du groupe, en passant par le label qui le produit (Rise Above, propriété du leader de Cathedral, Lee Dorrian, et spécialisé dans le doom et le stoner), nous incite à penser d’abord que Witchcraft n’est qu’un de ces énièmes clones du Black Sabbath première incarnation (avec Ozzy donc).

Pourtant, en dépit de quelques attaches à l’univers du grand Sabbath (la voix de Magnu Pelander notamment), les influences de Witchcraft sont à chercher ailleurs. Oh, pas très loin en réalité, mais davantage du côté de la fin des sixties et de toute la vague psychédélique et hippie. Led Zeppelin, Deep Purple ou Vanilla Fudge sont quelques noms auxquels on pense à l’écoute de ce premier essai. Le mimétisme est troublant et on se croirait revenu 30 ans en arrière : même patine sonore, même son de guitare, même type de voix…

De fait, parler de stoner à l’encontre du groupe ne peut être que réducteur car il ne se résume pas à une copie de Sabbath. Au contraire, c’est tout un pan du hard rock alors balbutiant qu’il ressuscite (visez les fringues des zicos pour vous en convaincre !).

Ce disque éponyme passe comme une lettre à la poste, avec sa collection de perles roots de chez roots (“ Witchcraft ”, “ Please Don’t Forget Me ”, Lady Winter ”, “ No Angel Or Demon ”) qui font très vite leur trou dans le caberlot, même si d’autres titres sont plus faibles. Décidément Lee Dorrian a toujours le nez creux pour dénicher des combos intéressants. (03/04/06)

 

TRACKLISTING

  1. Witchcraft / 6.00
  2. The Snake / 2.48
  3. Please Don’t Forget Me / 2.13
  4. Lady Winter / 2.58
  5. What I Am / 3.45
  6. Schyssta Lögner / 1.57
  7. No Angel Or Demon / 3.28
  8. I Want You To Know / 3.16
  9. It’s So Easy / 3.53
  10. You Bury Your Head / 4.40
  11. Her Sisters They Were Weak / 6.00

TOTAL PLAYING TIME : 40.58

 

2004

6.5/10

RISE ABOVE

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/witchcraftswe  

 

 

KTL

 

 

 

USA ORIGINE

DRONE, AMBIENT GENRE

2006 FORMATION

LINE-UP

STEPHEN O’MALLEY (GUITARS, EFFECTS)

PETER REHBERG [PITA] (ELECTRONICS)

 GROUPES AFFILIES

BURNING WITCH, GINNUNGAGAP, GRAVETEMPLE, KHANATE, PENTEMPLE, SUNN O))) TEETH OF LIONS RULE THE DIVINE, THORR’S HAMMER

 

 

DISCOGRAPHIE

KTL 1 (2006)

KTL 2 (2007)

KTL 3 (2007 / EP)

LIVE IN KREMS (2007 / LIVE)

IKKI (2008 / LIVE)

 

 

http://www.myspace.com/ktlrule  

 

 

CONCEPT OF GOD : VISIONS

 

 

Enregistré entre 2000 et 2001, ce n’est pourtant qu’aujourd’hui que cette première saillie de Concept Of God voit la lumière du jour. C’est que lors de sa réalisation, la faute à un Solitude Aeturnus en sommeil, Robert Lowe et Steve Moseley, respectivement chanteur et guitariste des doomsters américains et à la tête de ce projet, n’intéressent alors plus grand monde. Bien entendu, il en va tout autrement désormais depuis la renaissance de leur principal pied à terre et surtout depuis que le chanteur a rejoint les rangs de Candlemass suite à l’éviction du versatile Messiah Marcolin.

Entre Alone et le DVD / live Hour Of Despair de Solitude Aeturnus, le Kings Of The Grey Islands des Suédois et enfin ce Visions, l’indigestion de Robert Lowe nous guette. Sauf que, décidément, on ne se lasse pas de lui, de sa voix puissante et théâtrale. Au point que la consommation du Robert lowe pourrait même être conseillée et en vente dans toutes les bonnes pharmacies ! Sans surprise, celui qui s’avère être l’un des meilleurs vocalistes du circuit, porte quasiment à lui tout seul sur sa voix magique, cet opus, au demeurant riche en plomb sans pour autant atteindre les records sismiques des enclumes de Candlemass (il lui manque la basse granitique de Leif Edling) ni la dimension épique et désespérée de Soltiude Aeturnus.

Moins doom et tout simplement plus hard rock à l’ancienne, ce que tend à confirmer la relecture minérale du fameux “ Man On The Silver Mountain ” de Rainbow, enflammé à l’origine par Ronnie James Dio, le modèle éternel du Robert lequel, on s’en souvient, s’était déjà frotté au répertoire du lutin via la reprise du, excusez du peu, “ Heaven And Hell ” de Black Sabbath sur Adagio en 1998, et bien que pâtissant d’une production qui manque un peu de couilles, “ Past Perfect ”, “ Visions ”, “ Hearing Voices ” ou bien “ Traces ” n’en sont pas moins de très bons titres, ramassés et accrocheurs, bien heavy et plombés par des guitares lourdes et pétrifiées (“ Fires Of Life ”).

On pense forcément au port d’attache habituel dont sont issus les trois quart du groupe (le batteur John Convington en a également fait partie autrefois), mais entre les riffs forgés par Moseley et surtout la voix majestueuse et haut perchée, qui fleurte avec le tragique parfois (comme sur le sabbathien “ Unspoken ”, sans doute l’apogée de l’album) de Lowe, comment pourrait-il en être autrement ? D’ailleurs, on ne se plaindra de la similitude, bien au contraire.

Encore un bon cru donc pour le chanteur. Et si les membres de Concept Of God nous promettent un second essai très vite, on ne peut s’empêcher de douter de l’avenir d’un projet coincé désormais au milieu de l’emploi du temps chargé de son identité vocale, quand bien même ni Solitude Aeturnus ni Candlemass ne sont réputés pour l’hyper activité scénique. A voir. (26/07/08)

 

 2007

 8 / 10

MASSACRE

TRACKLISTING

I) Past Perfect / 4.04

II) Visions (Nightmares) / 6.41

III) Soul Embrace / 5.48

IV) Hearing Voices / 4.47

V) Falling Down / 4.18

VI) Traces  / 6.13

VII) Fires Of Life / 4.58

VIII) Unspoken / 8.07

IX) Man On The Silver Mountain / 3.44

TOTAL PLAYING TIME : 48.40

 

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/conceptofgod  

 

 

 

KTL : KTL 1

 

 

Avertissement. Décrire cette première échappée sinistre et nocturne de Stephen O’Malley sous l’étrange sobriquet de KTL semble totalement absurde, tant les sons qu’elle diffuse avec largesse pendant près d’une heure et quart se ressentent plus qu’ils ne s’analysent. Au moment de noircir ces quelques lignes, les mots apparaissent soudain vains, fades et inappropriés. Pour bien faire, il faudrait presque inventer un nouveau langage, une nouvelle langue pour évoquer les sentiments, le ressenti face à un tel monstre sonore. Mais comme il faut bien en dire quelque chose, allons-y.

Commençons par les présentations. Structuré autour du duo O’Malley / Peter Rehberg, KTL navigue dans la nébuleuse Sunn O))). De fait, tout est dit. Pour qui connaît le guitariste, illustrateur à ses heures perdues (en a-t-il vraiment ?), on peut être rassuré quant à la teneur expérimental de la chose. L’homme fait partie de ces explorateurs du son, de ceux qui ne cessent jamais de travailler leur art. En s’associant à Rehberg, O’Malley peut poursuivre les recherches sonores entamées avec Sunn O))). Il en conserve le squelette, qu’il prive de ses (déjà) minces atours metal qui les rattachaient au monde des humains. Seul “ Forestfloor ”, tétralogie qui en forme l’épicentre, qu’encadrent deux complaintes hallucinées, dans son quatrième segment, affiche des ambiances quasi black metal.

Furieusement organique, KTL érige de longues plages ambiant que vient fissurer des rush de guitares volcaniques, véritables murs bruitistes aux allures de blockhaus. C’est un maelstrom où s’enchevêtrent les effluves prolifératrices d’une gangrène sonore. D’une noirceur mille fois plus abyssale et vertigineuse que les étrons chiés par toutes ces hordes de black metalleux s’affichant en corpsepaint et bracelets à clous au fin fond d’une forêt à champignons, ces complaintes oppressantes et maladives grouillent de vibrations négatives, peinture apocalyptique qui confine à la transe hypnotique.

Gravé en juillet 2006, KTL a quelque chose d’un happening, d’un art total éphémère et introspectif qui ne peut s’apprécier que dans une solitude nocturne. Absurde et sans intérêt pour une majorité de personnes qui ne la comprendront pas (et c’est tant mieux !), n’y percevant que du bruit ; intellectuelle pour une poignée de bobos curieux qui font semblant de triper dessus car SUNN O)))) est à la mode dans certains cercles, la musique forgée par le duo est en fait un peu tout cela à la fois : absurde, élitiste, mais surtout d’une effrayante beauté obscure. Un souffle terrifiant, comme échappé des entrailles de l’enfer, la traverse au point de ne pas pouvoir sortir indemne de ce qui est plus qu’une écoute, une plongée sans fin dans le néant. (02/12/07)

 

 2006

 8 / 10

EDITIONS MEGO

TRACKLISTING

I) Estranged / 24.50

II) Forest Floor 1 / 8.31

III) Forest Floor 2 / 13.43

IV) Forest Floor 3 / 9.28

V) Forest Floor 4 / 8.15

VI) Snow / 13.02

TOTAL PLAYING TIME : 78.15

 

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/ktlrule  

 

 

 

WITHERING

 

 

 

FINLANDE ORIGINE

GOTHIC DARK GENRE

1999 FORMATION

LINE-UP

MIKA(GUITARS)

JUHO (GUITARS)

HENKKA (DRUMS)

ANCIENS MEMBRES

LASSE (VOCALS)

MIKKO MÄKINEN (GUITARS)

RAIMO (BASS, VOCALS)

VILLE (BASS)

 

 

DISCOGRAPHIE

GOSPEL OF MADNESS (2004)

FESTUM MELANCHOLIA (2008 / EP)

 

 

http://www.myspace.com/withering  

 

 

DRACONIAN

 

 

 

SUEDE ORIGINE

GOTHIC DOOM DEATH GENRE

1994 FORMATION

LINE-UP

ANDERS JACOBSSON (VOCALS)

LISA JOHANSSON (VOCALS)

JOHAN ERICSON (GUITARS)

DANIEL ARVIDSSON (GUITARS)

FREDRIK JOHANSSON (BASS)

JERRY TORSTENSSON (DRUMS)

ANCIENS MEMBRES

JESSICA ERIKSSON (FLUTE, VOCALS)

SUSANNE ARVIDSSON (VOCALS, KEYBOARDS)

ANDREAS HINDENÄS (GUITARS)

MAGNUS BERGSTRÖM (GUITARS)

ANDREAS HAAG (KEYBOARDS)

THOMAS JÄGER (BASS)

JESPER STOLPE (BASS)

 GROUPES AFFILIES

DOOM : VS, SHADOWGARDEN

 

 

DISCOGRAPHIE

FROZEN FEATURES (2000 / EP)

WHEN LOVERS MOURN (2003)

ARCANE RAIN FELL (2005)

THE BURNING HALO (2006)

TURNING SEASON WITHIN (2008)

 

   

 

 

http://www.myspace.com/draconianmusic  

 

 

WITHERING : GOSPEL OF MADNESS

 

 

Firebox ne signe pas que des groupes de doom dépressif, comme le démontre Withering qui lui, œuvre dans un gothic dark bien senti, mélodique à l’instar de la plupart des groupes finlandais, et qui sait toujours faire parler la poudre. Gospel Of Madness est son premier méfait.

L’ensemble est déjà parfaitement en place. C’est solide, et sans bavures. La production de Ahti Kortelainen au Tico Tico Studios est puissante et limpide. Les titres possèdent tous une efficacité redoutable, à l’image des imparables “ Northern Breeze ”, “ Quarrelsome ”, “ On Death’s Colour ” ou “ Two Suns ”, sans doute le meilleur d’entre eux. A l’écoute de cet album, on sent bien que Withering s’est grandement inspiré des débuts d’Amorphis (période Tales From The Thousand Lakes), pour la voix caverneuse, les mélodies et la construction des chansons ; ainsi que de Katatonia pour cette capacité à pondre des riffs de guitares entêtants qui tissent le fil conducteur des compositions. Mais lorsque le résultat s’avère si impressionnant de maîtrise, on ne va pas faire la fine bouche.

Seul (léger) bémol, Withering gagnerait à introduire davantage de diversité dans ses créations, à varier un peu plus les rythmes, même s’il est vrai que les mid-tempos lourds façon panzer lui conviennent bien. Un groupe à suivre.

 

 2004

 7 / 10

FIREBOX

TRACKLISTING

I) Northern Breeze / 5.10

II) Quarrelsome / 4.22

III) On Death’s Colour / 5.05

IV) Two Suns / 5.01

V) Reborn / 4.15

VI) Mausoleum / 3.49

VII) Penance / 5.11

VIII) The Feeble Morning / 3.10

IX) Anguish Of Frustration / 4.28

X) Justification For Unavoidable / 5.53

XI) Not Yet The Last / 4.48

TOTAL PLAYING TIME : 51.30

 

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/withering  

 

 

 

DRACONIAN : TURNING SEASON WITHIN

 

 

Après des années de vache maigre car trop gangrenée par des traîne-savates de série B sans imagination, le gothic metal retrouve depuis quelques temps déjà des couleurs (sombres forcément). Soit en l’entraînant dans les rivages atmosphériques (comme le fait Ava Inferi, projet de Blasphemer de Mayhem), soit en misant sur la carte orchestrale sans pour autant sombrer dans le pompier de bas étage (option choisie par les prometteurs Todesbonden), une poignée de groupes est donc en train de rénover le genre.

Draconian, quant à lui, actif depuis le milieu des années 90, a décidé replonger dans les racines du mouvement quand celui-ci n’avait pas encore confondu sens du tragique et mièvrerie, soit en injectant beaucoup de doom à sa musique. Turning Season Within est la troisième offrande (la quatrième s’il l’on compte l’essai The Burning Halo qui agglomérait nouveaux titres, relectures d’anciens vestiges et reprises) des Suédois. Comparé à son prédécesseur, l’album est tout d’abord un peu décevant. Il faut dire qu’il n’est pas propulsé dès son ouverture par un chef-d’œuvre de l’acabit de “ A Scenery Of Loss ”, pulsation gigantesque qui débutait Arcane Rain Fell (2005) et vous scotchait au mur d’entrée de jeu. Rien de tel ici.

Pour autant, on se rend compte peu à peu que ce cru 2008 se révèle aussi bon, voire meilleure que son aîné. Les chansons sont mieux écrites, plus riches ; elles dévoilent leur intimité après de longs préliminaires. Toutefois, quand on parvient enfin à les pénétrer, la jouissance est au bout du chemin. L’énorme “ Seasons Apart ”, le puissant “ When I Wake ” ou le douloureux “ The Empty Stare ” en témoignent.

Forgés sur l’accouplement entre une voix féminine à la beauté désespérée (celle de la sublime Lisa Johansson) et des rugissements rageurs d’outre-tombe dus à Anders Jacobsson, alternance certes classique mais jamais mécanique, ces complaintes arpentent des caveaux tortueux, hantés parfois par les spectres d’Anathema (celui des débuts), de Paradise Lost, de My Dying Bride (“ Morphine Cloud ”, notamment pour le chant clair masculin) ou d’Opeth, comme sur le noir “ Earthbound ”, et plus encore le temps d’un “ The Failure Epiphany ” qui n’est pas sans rappeler les ambiances du Blackwater Park de la bande à Akerfeldt (une référence !).

Contrairement à la plupart des robot-goths du dimanche aux allures de corbeaux, les guitares chez Draconian, et c’est ce qui l’arrime au doom, ne sont jamais en reste ; elles cimentent par leurs riffs pétrifiés ces longues plages, lancinantes souvent, tragiques et figés dans une mélancolie infinie toujours.

Turning Season Within a quelque chose d’un poème désenchanté, il évoque les stigmates d’une vie grise et pluvieuse, pleine de regrets, comme l’illustre “ September Ashes ”, plainte terminale triste et squelettique pleurée par Paul Kuhr, chanteur de Novembers Doom. Draconian est tout simplement le plus bel hommage à La belle et la bête de Jean Cocteau. (16/07/08)

 

 2008

 9 / 10

NAPALM

TRACKLISTING

I) Seasons Apart / 6.31

II) When I Wake / 5.49

III) Earthbound / 8.10

IV) Not Breathing / 5.38

V) The Failure Epiphany / 6.20

VI) Morphine Cloud / 7.32

VII) Bloodflower / 5.31

VIII) The Empty Stare / 5.46

IX) September Ashes / 1.10

TOTAL PLAYING TIME : 52.31

 

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/draconianmusic