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ANATHEMA

 

 

 

UNITED KINGDOM ORIGINE

ATMOSPHERIC / DOOM DEATH GENRE

1990 FORMATION

LINE-UP

VINCENT CAVANAGH (VOCALS, GUITARS)

DANIEL CAVANAGH (GUITARS, KEYBOARDS)

JAMIE CAVANAGH (BASS)

LES SMITH (KEYBOARDS)

JOHN DOUGLAS (DRUMS)

LEE DOUGLAS (VOCALS)

ANCIENS MEMBRES

DARREN WHITE (VOCALS) : 1990 – 1995

DUNCAN PATTERSON (BASS) : 1991 – 1998

DAVE PYBUS (BASS) : 1998 -2001

SHAUN STEELS (DRUMS) : 1997 -1998

MARTIN POWELL (KEYBOARDS, VIOLIN) : 1998 – 2000

 GROUPES AFFILIES

ANGTORIA, ANTIMATTER, THE BLOOD DIVINE, CRADLE OF FILTH, CRYPTAL DARKNESS,  ION, LEAFBLADE, LID, MY DYING BRIDE, SOLSTICE

 

 

DISCOGRAPHY

CRESTFALLEN (1992 / EP)

SERENADES (1993)

PENTCOST III (1995 / EP)

THE SILENT ENIGMA (1995)

ETERNITY (1996)

ALTERNATIVE 4 (1998)

JUDGEMENT (1999)

RESONANCE (2001 / COMPILATION)

A FINE DAY TO EXIT (2001)

RESONANCE 2 (2002 / COMPILATION)

A NATURAL DISASTER (2003)

HINDSIGHT (2008)

 

   

    

    

 

 http://www.myspace.com/weareanathema   

 

 

AGHORA : AGHORA

 

 

Encore sous le choc de l’onde libérée par la première offrande monumentale et éponyme de Gordian Knot deux ans plus tôt, nombreux sont ceux qui ont commis l’erreur de voir uniquement en Aghora le nouveau projet de Sean Malone, roi du stick bass et à la barre du Noeud Gordien sinon la nouvelle collaroration de la section rythique du légendaire et regretté Cynic, auteur de l’orphelin Focus en 1993. En effet, outre Malone, Sean Reinert est donc lui aussi de la partie (sans oublier Jason Gobel en guest sur “Jivatma”). La présence de ces deux monstres sacrés de la technique a finalement causé presque plus de tort à Aghora qu’elle ne lui apporté de bénéfices si ce n’est celui de l’exposition médiatique.

Car ce groupe est en fait surtout le joujou du virtuose du manche Santiago Dobles dont on découvre alors la puissance du jeu, davantage que celui d’un Sean Malone dont la participation à ce galop d’essai s’est révélée plus que houleuse, en raison de sa tendance à trop vouloir imposer ses vues à une entreprise qui n’est pas le sienne.

Plus proche de Gordian Knot que de Cynic (point de death metal ici), Aghora emprunte le chemin bien peu balisé du metal progressif à chanteuse. Le groupe déroule une trame aérienne et techniquement époustouflante. Les amateurs d’onanisme musical vont donc jouir plus qu’à leur tour. Mais contrairement aux travaux de Malone par exemple, aussi réussis soient-ils, une émotion palpable respire de cet album, dont le vecteur est ce chant envoûtant de Danishta Rivero, que d’aucuns ont rapproché (à raison) de Anneke van Giesbergen, l’ex sirène de The Gathering. La jeune femme, loin de faire de la figuration, permet à ces compositons métissées, parfois aux confins de la musique ethnique (le long “ Givatma ” et son déluge de guitares) ou du free jazz, de s’envoler très haut et ce, en dépit, d’une rythmique souvent écrasante (le furieux “ Rali Yuga ”, “ Existence ”). Dommage que la chanteuse ait depuis disparu, remplacée sur le disque suivant par une Diana Serra néanmoins tout aussi talentueuse.

Cet opus est un régal car il ne s’abîme jamais dans la démonstration stérile malgré le niveau technique écoeurant des protagonistes en présence. C’est une œuvre prothéiforme rare et unique teintée de spiritualisme qui dépasse largement le cadre du genre à laquelle elle s’arrime. A l’instar du Focus cité plus haut, Aghora a tout de l’ovni qui traverse le paysage musical pour laisser des résidus indélébiles dans la mémoire de ceux qui ont été témoin de son passage et dont on a longtemps cru qu’il resterait sans progéniture, ce que le tout aussi gigantesque Formless (2007) a infirmé pour notre plus grand bonheur. (27/09/08)

 

TRACKLISTING

  1. Immortal Bliss / 4.52
  2. Satya / 5.55
  3. Transfiguration / 5.14
  4. Frames / 7.09
  5. Mind’s Reality / 4.22
  6. Kali Yuga / 5.37
  7. Jivatma / 11.22
  8. Existence / 6.28
  9. Anugraha / 4.41

TOTAL PLAYING TIME : 55.40

 

2000

8 / 10

DOBLES PRODUCTIONS

 

DISCOGRAPHY

 

  http://www.myspace.com/aghora  

 

 

WHITESNAKE : LOVEHUNTER

 

 

Généralement, le premier contact avec un disque, est sa pochette. Or celle de Lovehunter, cinquième offrande de Whitesnake, ne peut qu’émoustiller l’auditeur mâle et normalement constitué. Qu’y découvre-t-on ? Une femme nue, le dos cambré et chevauchant un serpent géant (le chanceux !). Ce visuel aux connotations sexuelles des plus évidentes, reflète parfaitement l’univers et les paroles très en dessous de la ceinture de David Coverdale, leader de la formation britannique.

Mais une pochette, aussi réussie soit-elle, ne fait pas forcément un bon album. Pas de souci à ce niveau-là, Lovehunter est remarquable. Il poursuit le style hard bluesy développé par ses glorieux prédécesseurs, tout en renouvelant quelque peu le son du groupe grâce à l’intronisation aux claviers du légendaire Jon Lord, ancien compère du chanteur au sein de Deep Purple et détenteur d’une identité musicale très forte et immédiatement reconnaissable (le purplelien “ Mean Business ”).

Produit sous la houlette de l’incontournable Martin Birch, Lovehunter alterne brûlots imparables (“ Long Way From Home ”, “ Medecine Man ”, le superbe “ Outlaw ”), blues fiévreux (“ Walking In The Shadow Of The Blues ”, “ Love Hunter ” et ses parties de slide dues à Micky Moody) et pause doucereuse (“ We Wish You Well ”, qui clôt l’album).

Sans être aussi excellent que Snakebite, Lovehunter demeure un très bon disque, comme d’ailleurs la plupart de ceux produits par Whitesnake, qui est toujours resté fidèle à ses standards de qualité et ce, en dépit des multiples changements de personnel autour du charismatique David Coverdale que ce groupe majeur de l’histoire du hard rock a connu durant sa longue carrière. (13/04/06)

 

TRACKLISTING

  1. Long Way From Home / 4.55
  2. Walking In The Shadow Of The Blues / 4.23
  3. Help Me Thro’ The Day / 4.39
  4. Medecine Man / 4.00
  5. You ‘N’ Me / 3.28
  6. Mean Business / 3.45
  7. Love Hunter / 5.36
  8. Outlaw / 4.02
  9. Rock ‘N’ Roll Women / 4.45
  10. We Wish You Well / 1.36

TOTAL PLAYING TIME : 41.37

 

1979

8/10

EMI

 

DISCOGRAPHY

 

http://www.myspace.com/whitesnake  

 

 

BROWN JENKINS

 

 

 

USA ORIGINE

SUICIDAL BLACK DOOM METAL GENRE

2006 FORMATION

LINE-UP

UMESH AMTEY (ALL)

ANCIENS MEMBRES

LESS (BASS)

OSCAR (PROGRAMMING)

 GROUPE AFFILIE

STARSHINE

 

 

DISCOGRAPHY

DAGONITE (2007 / EP)

ANGEL EYES (2008)

WELCOME THE BITTERNESS (2008 / EP)

 

 

 

 http://www.myspace.com/brownjenkins13  

 

 

DOOM : VS, THE FORTHCOMING ALBUM

 

 

Fin octobre Firedoom sortira Dead Words Speak, le second opus de Doom : Vs, le projet solo de Johan Ericson, guitariste de Draconian. 50 minutes de doom death des cavernes.

 

http://www.myspace.com/doomvs  

 

CALDERA

 

 

 

FRANCE ORIGINE

INSTRUMENTAL DOOM METAL / POST ROCK GENRE

2001 FORMATION

LINE-UP

CHRISTOPHE (GUITARS)

CLAUDE (GUITARS)

FLY (BASS)

GIANLUCA (DRUMS)

ANCIENS MEMBRES

MATT (VOCALS)

CHRISTINE (DRUMS)

 GROUPES AFFILIES

CARN, LOW VIBES, MEDECINE BALL CARAVAN

 

 

DISCOGRAPHY

BISON SKULL (2002 / DEMO)

HOLY WORDS TO UNHOL SPECIES (2004 / DEMO)

DEMO 2005 (2005 / DEMO)

MIST THROUGH YOUR CONSCIOUSNESS (2008)

 

 

 

 

 

ANATHEMA : HINDSIGHT

 

 

Lettre à Anathema. Les mecs, je vous aime. Je vous ai découvert avec votre Eternity et depuis, je vous suis resté fidèle, témoin anonyme de votre évolution vers une musique de plus en plus atmosphérique bien que toujours aussi mélancolique et touchante.

Il n’en demeure pas moins que vous commencez à me briser mes (pas si) vieilles roubignolles, comme disait Jacques Brel, avec le mépris que vous affichez à l’endroit de vos débuts dont vous n’avez pourtant pas à avoir honte, bien au contraire. A longueur d’interviews, vous ne cessez de vomir sur vos premières œuvres qui ne semblent plus trouver grâce à vos yeux. Cette attitude est insultante pour tous les fans que vous avez alors bouleversé avec The Crestfallen, Serenades, The Silent Enigma et bien entendu Eternity qui amorçait déjà le virage musical à venir. Vous avez le droit d’évoluer mais pas celui de renier vos origines. Je vous en veux pour tout ça.

Malgré tout, j’ai acheté (oui, il existe encore quelques irréductibles qui achètent des disques !) Hindsight en imaginant qu’il serait votre pierre tombale dans mon cœur. Je me suis trompé. Oh non pas qu’il soit exempt de tout reproche – une simple relecture semi-acoustique de certaines compositions en guise d’album alors que vous n’avez rien publié depuis cinq ans, c’est un peu léger – mais ce disque contient suffisamment de grands moments pour séduire et emporter l’adhésion.

Vous avez donc choisi de revisiter neuf titres (plus une nouvelle chanson, “ Unchained ”, pas désagréable) de votre répertoire récent et de les habiller d’atours décharnés (guitare acoustique, violon, piano…). Si dans le cas du pourtant très beau “ One Last Goodbye ”, le résultat ne se révèle pas transcendant car trop proche de l’original, cette démarche artistique est couronnée de succès avec le sublime “ Fragile Dreams ” et “ Inner Silence ” (tirés d’Alternative 4). Le poignant “ Angelica ” (seul rescapé des débuts) l’est toujours autant tandis que Hindsight permet de redécouvrir certaines pièces de A Fine Day To Exit (le douloureux “ Temporary Piece ”) et de A Natural Disaster (“ A Natural Disaster ”, illuminé par le chant habité de Lee Dougla et l’immense “ Flying ”).

Curieusement alors que vos chemins se sont séparés à la fin des années 90, vous semblez de plus en plus connectés à votre ancien bassiste Duncan Patterson (qui était en fait bien plus que cela car c’était bien en lui que résidait l’âme du groupe). D’ailleurs, Vincent, tu as joué cette année avec lui dans une petite salle parisienne et il apparaît même sur ce disque pour tenir une mandoline ( ?). Votre art, à l’instar du sien, est de plus en plus dépouillé, diaphane, squelettique, mais toujours aussi beau comme un chat qui dort. Et d’une finesse admirable.

Hindsight nous rassure donc sur la puissance émotionnelle toujours intacte d’Anathema mais ne nous en apprend pas davantage quant à la teneur du prochain véritable opus du groupe. Il se dit que Steven Wilson pourrait le produire. Si c’est le cas, on peut en espérer le meilleur… Pour terminer donc, un conseil les mecs, vous seriez bien avisés de la fermer un petit peu et de vous contenter de faire de la musique. Sans rancune. (05/09/08)

 

TRACKLISTING

  1. Fragile Dreams / 5.30
  2. Leave No Trace / 4.52
  3. Inner Silence / 3.40
  4. One Last Goodbye / 6.03
  5. Are You There ? / 5.18
  6. Angelica / 5.00
  7. A Natural Disaster / 6.20
  8. Temporary Peace / 5.10
  9. Flying / 6.27
  10. Unchained / 4.18

TOTAL PLAYING TIME : 52.42

 

2008

8 / 10

K-SCOPE

 

DISCOGRAPHY

 

http://www.myspace.com/weareanathema  

 

 

INTERVIEW : CALDERA

 

 

Entretien avec Christophe Lacroix (guitare), réalisé par mails, les 3 et 4 septembre 2008.

 

Childéric Thor : Pourquoi avoir opté pour une formule instrumentale ?

Christophe Lacroix : Nous avons commencé sous la forme d’un quatuor, basse, batterie et deux guitares (que nous sommes toujours), dans lequel aucun n’était pas ”chanteur” à proprement parler… Les choses se sont passées tout naturellement, chacun, focalisé sur son propre instrument ; nous avons alors composé spontanément des titres instrumentaux, en prenant soin de les arranger, de manière à ce que l’absence de chant ne vienne pas ternir l’ensemble. Nous avons cependant eu l’occasion d’intégrer du chant sur certaines compos mais, au  final, nous n’avons pas continué dans cette voie… Le chant oriente consciemment ou non l’auditeur de par les textes. Nous concernant, on préfère le laisser voyager librement…

CT : Pourtant, pour avoir vu le groupe sur scène à Nancy avec le mec des Blockheads, le résultat était impressionnant de puissance. Cette voie-là est-elle vraiment fermée ? Crois-tu que l’identité de Caldera repose avant tout sur son caractère instrumental ?

 CL : Merci pour ton commentaire sur notre prestation. Le morceau avec Faz au chant que nous avons présenté ce soir-là est le morceau qui sera sur le split avec les Blockheads ; il s’agit donc d’un titre inédit qui a été composé dans l’idée du split, révélant un côté très agressif non dévoilé dans Caldera. Ce titre n’est donc pas un avant-goût des nouvelles compos. Je serais tenté d’accepter ta remarque pertinente quant à l’identité de Caldera qui reposerait sur son caractère instrumental… mais l’accepter restreint forcément. je dirais que l’identité de Caldera repose sur les individus que nous sommes.

CT : Quels sont les groupes instrumentaux qui vous inspirent le plus ?

CL : Au risque de paraître prétentieux, nous ne nous inspirons d’aucun groupe à proprement parler ; nous officions dans ce style depuis nos débuts, époque à laquelle le courant “instrumental” repoussait plus qu’il n’attirait… Nous connaissons la scène instrumentale que nous apprécions, mais je ne parlerais pas d’inspiration par tel ou tel groupe.

 

 

CT : Quel est le thème, le fil rouge de l’album ?

CL : Le moi.

CT : Quel est le lien entre le visuel (la nature) et ce thème ? A moins, que tu préfères ne pas en dévoiler davantage…

CL : La forêt est un univers très étrange, qui parle à tous et qui évoque soit des visions douces, calmes et apaisantes, romantiques… soit qui renvoie à des sensations hostiles, effrayantes, terrifiantes. Chacun ressent donc des émotions qui lui sont propres, un reflet de soi, une vision du passé et du présent.

CT : Mist Through Your Consciousness semble posséder une forme cyclique. Es-tu d’accord ?

CL : L’album est le premier volet d’un concept cyclique.

CT : Combien de volet envisagez-vous ? Est-ce du diptyque, une trilogie ou bien tous les opus formeront-ils un ensemble ?

CL : Tous les albums formeront un ensemble musical, visuel…

CT : Comment se déroule le processus de composition au sein de Caldera ?

CL : Claude (guitare) et moi composons tous les titres, nous les présentons en répètes, ensuite nous les travaillons et retravaillons tous ensemble avec les modifications apportées par Caldera, c’est-à-dire par tous les membres du groupe. Les morceaux sont donc bien le résultat d’un groupe plus que d’individualités à proprement parler.

 

 

CT : Il semble que tu aimes à rattacher le groupe au doom. Pour toi qu’est-ce que le doom ? Quels sont les éléments propres à ce genre présents dans la musique de Caldera ?

CL : Le doom est un style de musique que j’affectionne tout particulièrement, j’en écoute depuis très longtemps. Je me plais à rattacher Caldera au paradigme même si les critères d’appartenance du groupe à ce style musical sont largement discutables. Dans tous les cas, certaines sonorités et accents doom sont flagrants dans nos compos, notamment sur le travail du son, les harmonies de guitares ou encore la tristesse qui se dégage de l’ensemble. Maintenant, nous ne nous sentons pas concernés outre mesure par la nécessité d’être rangé dans tel ou tel genre musical. Nos influences sont très larges étant donné que nous n’avons pas tous les mêmes sensibilités musicales.

CT : Comment s’est déroulée la tournée et quel bilan en tires-tu ?

CL : La tournée s’est très bien déroulée, nous avons rencontré un gros public, certains connaissaient déjà l’album et du coup, c’était vraiment excitant pour nous, nous ne jouions pas que dans un contexte de présentation. Nous avons eu d’excellents retours. Caldera prend une ampleur différente sur scène. Nous adorons nous produire sur scène, rencontrer le public.

CT : Quels sont les projets du groupe, proches ou plus lointains ?

CL : Nous avons enregistré récemment deux nouveaux titres, un qui paraîtra sur un split avec les Blockheads, un autre qui va sortir sur la compilation Falling Down. Et puis, Claude et moi travaillons sur le nouvel album, la suite de Mist Through Your Consciousness.

CT : Peux-tu en dire plus sur cette compilation, Falling Down ?

CL : Nous avons rencontré lors d’un concert à Lyon les deux gars qui sortent cette compilation. Ils ont énormément apprécié Mist Through Your Consciousness, ainsi que le concert. Ils nous ont fait part de leur volonté d’y intégrer Caldera. Chaque groupe figurant sur la compilation présente un titre inédit. Parmi les groupes, tu y trouveras Overmars, Pelican et bien d’autres. Nous sommes vraiment très contents d’être présents sur ce disque.

 

 

 

ASH RA TEMPEL : JOIN INN

 

 

La petite histoire veut que ce soit lorsque les autres musiciens prenant part à l’enregistrement du Tarot de Walter Wegmüller dormaient que Manuel Göttsching, Hartmut Enke, Klaus Schulze et Rosi Müller, auquel ils participaient également, ont enfanté ce quatrième opus de Ash Ra Tempel. Cette anecdote en dit long d’une part sur le bouillonnement créatif qui règne alors en Allemagne et d’autre part sur la communion qui unit tous ces artistes qui ne cessent alors de se croiser.

Etonnement, alors qu’il avait quitté le groupe en 1971 après la galette éponyme afin de se lancer dans une carrière solo, Klaus Schulze revient dépanner derrière les fûts (mais pas seulement) son ami Manuel pour Join Inn. De fait, c’est quasiment un line-up identique qui a enregistré les deux albums, si ce n’est la présence de Rosi, chanteuse de son état et surtout petite amie du guitariste et qui apparaissait déjà sur l’hallucinant Seven Up, capturé la même année (s’il vous plaît !) qui fut le théâtre de la parthouze entre une multitude d’individualités, dont Timothy Leary, l’apôtre du LSD ( !).

Comme Ash Ra Tempel, Join Inn est subdivisé en deux longues plages, l’une assez rock’n’roll et l’autre, beaucoup plus expérimentale et barrée. Mais à la différence de son aîné, cet opus illustre que le groupe n’en n’est déjà plus vraiment un, mais plutôt le laboratoire sonore de Manuel Göttsching. Ainsi, “ Freak’n’Roll ”, bien que rythmé par la batterie de Klaus, est clairement piloté par la guitare stratosphérique du désormais maître des lieux. C’est même à un torrent de six-cordes, à une véritable exploration de cet instrument auquel on a droit durant près de 20 minutes, alors que les effluves électroniques restent discrètes.

En revanche, “ Jenseits ” est une longue dérive cosmique et nébuleuse aux sonorités venant d’une autre planète, hantée par des synthétiseurs tour à tour inquiétants ou liturgiques et ponctuée par les murmures de Rosi. Puis, durant la seconde moitié, la guitare aérienne de Manuel apparaît alors que le chant s’efface et se lance dans un dialogue astral avec les notes que tapissent les claviers Moog. Cette complainte n’est d’ailleurs pas sans évoquer le gigantesque Cyborg de Klaus Schulze, gravé la même année ; le son des synthés tout comme les ambiances brumeuses qu’ils libèrent, y font beaucoup penser.

Encore un chef-d’œuvre écrit par des musiciens épris de liberté et mus par une inspiration sans limites. Le disque suivant (sans Klaus Schulze) sera néanmoins très différent : le psychédélique Starring Rosi, dont on peut même se demander s’il s’agit bien encore d’Ash Ra Tempel. Cela n’enlève rien à sa valeur mais cela est une autre histoire… (04/09/08)

 

TRACKLISTING

  1. Freak ‘n’ Roll / 19.15
  2. Jenseits / 24.18

TOTAL PLAYING TIME : 43.30

 

1973

9 / 10

OHR

 

DISCOGRAPHY

 

http://www.myspace.com/manuelgoettsching  

 

 

WHITESNAKE : LIVE… IN THE HEART OF THE CITY

 

 

Il est de bon ton pour un groupe d’offrir un live après avoir publié quelques albums, soit pour marquer une pause ; soit parce qu’il a alors atteint une certaine osmose le lui permettant. En gravant ce Live… In The Heart Of The City légendaire, Whitesnake entre plutôt dans la seconde catégorie. Le groupe est alors à son apogée car il est conduit par son meilleur line-up : David Coverdale au chant (forcément !), Bernie Mardsen et Micky Moody aux guitares, Neil Murray à la basse, Jon Lord aux claviers et Ian Paice à la batterie. On peut difficilement rêver mieux. En outre, ce live s’inscrit en héritier d’une longue tradition initiée par Deep Purple, dont Coverdale, Lord et Paice furent des membres quelques années auparavant, et qui fût un des premiers combos à enregistrer des lives régulièrement (Made In Japan, Made In Europe).

Cet album n’a pas été capturé sur une seule date (ce qui est rarement le cas) mais sur trois concerts à l’Hammersmith de Londres (deux en 1980 et un en 1978) ; et délivre 11 des meilleurs morceaux du groupe extraits essentiellement de Snakebite, Trouble, Lovehunter et surtout Ready An’ Willing, ainsi que deux classiques issus du répertoire du Pourpre profond (“ Might Just Take Your Life ” et le superbe “ Mistreated ” pour une très bonne interprétation, à laquelle il manque toutefois la présence sombre et unique de Ritchie Blackmore).

Du fait, Live… In The Heart Of The City a des allures de best of, tous les brûlots étant joués, d’une manière fidèle et somptueuse : les énergiques “ Come On ”, “ Sweet Talker ” et “ Ready An’ Willing ” ; les grandioses “ Walking In The Shadow Of The Blues “  et “ Love Hunter ”, dans une version dantesque de plus de dix minutes, et dont les racines blues sont encore davantage accentuées sur scène. L’imparable “ Fool For Your Loving ” qui a permis la même année à Whitesnake de lui ouvrir la porte des charts ne manque bien sûr pas à l’appel, tout comme l’énorme “ Ain’t Gonna Cry No More ”, l’efficace “ Take Me With You ”, sans oublier “ Ain’t No Love In The Heart Of The City ”, gorgé de feeling.

Coverdale livre tout au long de ces titres une performance impeccable quand bien même elle impressionne moins que lorsqu’il était dans Deep Purple. Les cinq autres musiciens ne sont pas en reste non plus : Mardsen et Moody brillent de mille feux, Lord se déchire avec ses claviers et Murray et Paice forgent une rythmique solide. Avec Live… In The Heart Of The City, Whitesnake offre l’un des plus grands lives de l’histoire du hard rock. Il constitue enfin un témoignage scénique rare de la première partie de carrière (la meilleure) du groupe. (12/04/06)

 

TRACKLISTING

  1. Come On / 3.39
  2. Sweet Talker / 4.16
  3. Walking In The Shadow Of The Blues / 5.00
  4. Love Hunter / 10.42
  5. Fool For Your Loving / 4.58
  6. Ain’t Gonna Cry No More / 6.21
  7. Ready An’ Willing / 4.47
  8. Take Me With You / 6.28
  9. Might Just Take Your Like [Deep Purple cover] / 5.35
  10. Lie Down / 4.42
  11. Ain’t No Love In The Heart Of The City / 6.03
  12. Trouble / 4.52
  13. Mistreated [Deep Purple cover] / 10.49

TOTAL PLAYING TIME : 78.12

 

1980

9/10

EMI

 

DISCOGRAPHY

 

http://www.myspace.com/whitesnake