
Entretien avec Christophe Lacroix (guitare), réalisé par mails, les 3 et 4 septembre 2008.
Childéric Thor : Pourquoi avoir opté pour une formule instrumentale ?
Christophe Lacroix : Nous avons commencé sous la forme d’un quatuor, basse, batterie et deux guitares (que nous sommes toujours), dans lequel aucun n’était pas ”chanteur” à proprement parler… Les choses se sont passées tout naturellement, chacun, focalisé sur son propre instrument ; nous avons alors composé spontanément des titres instrumentaux, en prenant soin de les arranger, de manière à ce que l’absence de chant ne vienne pas ternir l’ensemble. Nous avons cependant eu l’occasion d’intégrer du chant sur certaines compos mais, au final, nous n’avons pas continué dans cette voie… Le chant oriente consciemment ou non l’auditeur de par les textes. Nous concernant, on préfère le laisser voyager librement…
CT : Pourtant, pour avoir vu le groupe sur scène à Nancy avec le mec des Blockheads, le résultat était impressionnant de puissance. Cette voie-là est-elle vraiment fermée ? Crois-tu que l’identité de Caldera repose avant tout sur son caractère instrumental ?
CL : Merci pour ton commentaire sur notre prestation. Le morceau avec Faz au chant que nous avons présenté ce soir-là est le morceau qui sera sur le split avec les Blockheads ; il s’agit donc d’un titre inédit qui a été composé dans l’idée du split, révélant un côté très agressif non dévoilé dans Caldera. Ce titre n’est donc pas un avant-goût des nouvelles compos. Je serais tenté d’accepter ta remarque pertinente quant à l’identité de Caldera qui reposerait sur son caractère instrumental… mais l’accepter restreint forcément. je dirais que l’identité de Caldera repose sur les individus que nous sommes.
CT : Quels sont les groupes instrumentaux qui vous inspirent le plus ?
CL : Au risque de paraître prétentieux, nous ne nous inspirons d’aucun groupe à proprement parler ; nous officions dans ce style depuis nos débuts, époque à laquelle le courant “instrumental” repoussait plus qu’il n’attirait… Nous connaissons la scène instrumentale que nous apprécions, mais je ne parlerais pas d’inspiration par tel ou tel groupe.

CT : Quel est le thème, le fil rouge de l’album ?
CL : Le moi.
CT : Quel est le lien entre le visuel (la nature) et ce thème ? A moins, que tu préfères ne pas en dévoiler davantage…
CL : La forêt est un univers très étrange, qui parle à tous et qui évoque soit des visions douces, calmes et apaisantes, romantiques… soit qui renvoie à des sensations hostiles, effrayantes, terrifiantes. Chacun ressent donc des émotions qui lui sont propres, un reflet de soi, une vision du passé et du présent.
CT : Mist Through Your Consciousness semble posséder une forme cyclique. Es-tu d’accord ?
CL : L’album est le premier volet d’un concept cyclique.
CT : Combien de volet envisagez-vous ? Est-ce du diptyque, une trilogie ou bien tous les opus formeront-ils un ensemble ?
CL : Tous les albums formeront un ensemble musical, visuel…
CT : Comment se déroule le processus de composition au sein de Caldera ?
CL : Claude (guitare) et moi composons tous les titres, nous les présentons en répètes, ensuite nous les travaillons et retravaillons tous ensemble avec les modifications apportées par Caldera, c’est-à-dire par tous les membres du groupe. Les morceaux sont donc bien le résultat d’un groupe plus que d’individualités à proprement parler.

CT : Il semble que tu aimes à rattacher le groupe au doom. Pour toi qu’est-ce que le doom ? Quels sont les éléments propres à ce genre présents dans la musique de Caldera ?
CL : Le doom est un style de musique que j’affectionne tout particulièrement, j’en écoute depuis très longtemps. Je me plais à rattacher Caldera au paradigme même si les critères d’appartenance du groupe à ce style musical sont largement discutables. Dans tous les cas, certaines sonorités et accents doom sont flagrants dans nos compos, notamment sur le travail du son, les harmonies de guitares ou encore la tristesse qui se dégage de l’ensemble. Maintenant, nous ne nous sentons pas concernés outre mesure par la nécessité d’être rangé dans tel ou tel genre musical. Nos influences sont très larges étant donné que nous n’avons pas tous les mêmes sensibilités musicales.
CT : Comment s’est déroulée la tournée et quel bilan en tires-tu ?
CL : La tournée s’est très bien déroulée, nous avons rencontré un gros public, certains connaissaient déjà l’album et du coup, c’était vraiment excitant pour nous, nous ne jouions pas que dans un contexte de présentation. Nous avons eu d’excellents retours. Caldera prend une ampleur différente sur scène. Nous adorons nous produire sur scène, rencontrer le public.
CT : Quels sont les projets du groupe, proches ou plus lointains ?
CL : Nous avons enregistré récemment deux nouveaux titres, un qui paraîtra sur un split avec les Blockheads, un autre qui va sortir sur la compilation Falling Down. Et puis, Claude et moi travaillons sur le nouvel album, la suite de Mist Through Your Consciousness.
CT : Peux-tu en dire plus sur cette compilation, Falling Down ?
CL : Nous avons rencontré lors d’un concert à Lyon les deux gars qui sortent cette compilation. Ils ont énormément apprécié Mist Through Your Consciousness, ainsi que le concert. Ils nous ont fait part de leur volonté d’y intégrer Caldera. Chaque groupe figurant sur la compilation présente un titre inédit. Parmi les groupes, tu y trouveras Overmars, Pelican et bien d’autres. Nous sommes vraiment très contents d’être présents sur ce disque.

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