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INTERVIEW : THOSE OPPOSED RECORDS

 

 

Entretien avec Noël du label Those Opposed Records, réalisée le 9 février 2009.

 

GreG : Je dois reconnaître mon ignorance : j’ai découvert Those Opposed Records (T.O.R.) seulement lors du Cernunnos Pagan Fest où tu avais une distro. Peux-tu revenir sur la naissance du label ?

T.O.R. : C’est aussi à ça que sert ce genre d’événements. Je ne fais pas de promo dans les magazines spécialisés donc forcément beaucoup de personnes ne me connaissent pas. Le label est officiellement né en décembre 2006 avec la sortie du premier CD de Hypothermia, Köld. Ca faisait un moment que j’y travaillais ; d’ailleurs à l’origine, ma première production ne devait pas être le disque de Hypothermia.

 

 

G. : En parlant du Cernunnos, qu’as-tu ressenti en voyant Kawir, qui fait partie de l’écurie TOR, jouer enfin sur une scène française ?

T.O.R. : C’était génial de les voir et je remercie encore les Acteurs de l’Ombre de les avoir fait venir. On devrait d’ailleurs sortir leur performance qui a été filmée par deux cameras mais je peux pas vraiment en dire plus pour l’instant. Kawir a pas mal de concerts au compteur et pourtant c’était leur premier en France, rien de neuf sous le soleil. Par contre, avec du recul, ils étaient probablement un peu trop black metal pour le public présent je crois. Hormis quelques connaisseurs qui étaient là uniquement pour eux. Quand on voit les daubes qui sont passées sur la grande scène, ils y auraient largement eu leur place. Toujours est-il que c’était un grand moment pour eux et pour moi et je suis impatient de me rendre en Grèce dans quelques semaines.

 

 

G. : Hormis Bosse, Those Opposed Records semble surtout être tourné vers le black metal. Pourquoi ? Pourrais-tu  t’ouvrir à d’autres genres, comme le doom par exemple ?

T.O.R. : Tout simplement parce que c’est mon moteur. C’est ce que je vis en très grande majorité ; j’aurais du mal à me mentir et sortir quelque chose dans un style qui ne m’attire pas particulièrement, juste pour faire dans la diversité. Je n’ai rien contre le doom, mais je n’y connais pas grand-chose et y suis assez peu réceptif au final. Je n’y connais pas non plus grand-chose en neofolk, mais Bosse m’a remué. Son disque est superbe.

 

 

G. : D’une manière générale, quelles sont les qualités que tu recherches chez un groupe ?

T.O.R. : Implication, sérieux, un brin de folie si possible. Tu le sens tout de suite si un groupe te fait vibrer ou non. Une dimension de transcendance également, parvenant à te faire oublier, même temporairement, ta triste condition humaine.

G. : Il y a déjà de sacrées pépites chez Those Opposed Records (Lyrinx, Austere, Kawir…). Quel album es-tu le plus fier d’avoir publié et pourquoi ?

T.O.R. : Sans aucun mépris envers les autres groupes, indéniablement celui de Kawir. D’une part, parce que ça fait une paye que j’écoute et apprécie ce groupe et d’autre part, parce que de l’aveu de Therthonax, ils n’ont jamais été autant soutenus par un label auparavant. Tout ce que je leur souhaite c’est de transformer l’essai avec une structure plus grosse qui leur permettraient de partir en tournée car ils le mériteraient amplement et qui pourraient aussi leur octroyer un budget plus important pour la production. Cependant, je te mentirais si je te disais que ce fût un aboutissement, sinon autant arrêter maintenant, n’est-ce pas ? Je pense que d’autres grands projets suivent et suivront.The voices of the underworld have spoken and will continue to speak.

G. : On parle beaucoup actuellement de la crise du marché du disque. Qu’en penses-tu ? Ne crois-tu pas que les nouvelles technologies peuvent aussi être bénéfiques ?

T.O.R. : Certes, mais il ne faut pas oublier que le black metal est un microcosme qui a ses particularités. C’est clair que parfois, même à 25 ans, je vois des gens de mon âge me regarder comme un vieux avec mes CD. Que les majors ou les gros labels typés metal extrême se plantent la gueule car ils ont sorti trop de bouses, dépensé des milliers d’euros pour de la fange, c’est un juste retour des choses au final. Un jour, faut savoir dire non.

Les nouvelles technologies permettent de découvrir beaucoup de choses à moindre frais, c’est tant mieux et c’est normal. L’aspect négatif est que n’importe qui croit faire de la musique, voire pire, de l’art. Sans internet, il est clair que j’aurais beaucoup plus de mal à présenter mes productions, je ne crache pas dans la soupe. Aujourd’hui, tous les albums qui sortent sont disponibles dans la semaine via des blogs etc… Je n’ai absolument rien contre ça. Je veux dire, les gens qui ont été habitués à uniquement télécharger continueront à le faire quoi qu’il se passe et ceux qui ont été habitués à acheter des disques aussi. Ca leur permet juste de faire un tri, enfin un tri à priori puisque devant la quantité d’albums qui sortent, c’est difficile et pas très intéressant de suivre… Big news. On nous rabache la tronche avec les grandes mutations des nouvelles technologies, mais tout est en fait assez immobile, répétitif, cyclique. L’humain est un cliché sur pattes.

G. : Est-ce important pour toi de continuer à vendre des cassettes ? Elles se vendent bien en général ?

T.O.R. : J’aime bien les cassettes et non ça vend pratiquement rien aujourd’hui. Et je m’en tape (jeu de mots) car le but n’est pas de faire de l’argent dessus.

 

 

G. : Ces dernières années, un bon paquet de label ont mis la clé sous la porte (Adipocere, Black Lotus…), crois-tu qu’il y ait de la place en France pour plusieurs labels (et vpcistes) dans votre genre ?

T.O.R. : Complètement. Je crois qu’il est impératif de faire une distinction entre des structures qui ont des employés, souvent avec un secteur précis pour chacun, et qui sont des entreprises (comme celles que tu cites) et d’autres structures, qui fonctionnent le plus souvent avec une personne, voire deux et dont le but n’est pas forcément d’en vivre dans un premier temps.

J’ai un travail à plein temps satisfaisant, c’est clair que lorsque je rentre le soir, j’ai pas tout le temps envie de m’y mettre mais tout est question de volonté. Certains préfèrent papillonner afin d’oublier le vide existentiel de leur vie (lorsqu’ils en ont conscience) et glander devant la télé tous les soirs + les weekends, d’autre préfèrent entreprendre quelque chose de plus créatif et intense. Chacun son truc au final.

 

 

G. : Quelles sont les prochaines sorties du label ?

T.O.R. : Pas mal de sorties prévues :
ARKHA SVA – Gloria Satanae (LP)
ARKHA SVA – Oaikreme dai Saitan (LP)
BLESSED IN SIN – Melancholia (CD re-release)
BLESSED IN SIN – Par le sang du Christ (CD re-release)
IRRWISCH – Irrwisch (CD)
LYRINX – Restriction & Failure (LP/CD/MC)
NEGURA BUNGET – Inarborat Kosmos (MLP)
NEGURA BUNGET – N’Crugu Bradului (DLP)
SACRIFICIA MORTUORUM / ARKHA SVA / LUGUBRUM – N.O.I.R. (3-way split LP)
WOLOK – Caput mortuum (CD)

Des éditions spéciales etc etc. Puis d’autres pas encore annoncées.

Negura Bunget et Blessed in Sin sont assez connus je pense, inutile de les présenter. Wolok sort son deuxième album, après un correct premier essai, mais je pense que Caput Mortuum le dépasse largement, assez barré dans le genre. Irrwisch est un tout nouveau groupe originaire des Pays-Bas qui fait preuve d’un black atmosphérique de très haut niveau. Quant à Arkha Sva, well, je parlais de transcendance tout à l’heure. Ce groupe m’emmène très, très loin. Leur imagerie est excellente et ils ont le meilleur vocaliste que j’ai pu entendre depuis longtemps.

 

 

 

G. : Une dernière question : que conseillerais-tu à quelqu’un qui voudrait aujourd’hui monter son label ?

T.O.R. : Patience, réflexion et implication. Ou comment finir une entrevue sur un lieu commun à la limite de l’affligeant. Désolé.

GreG : Merci.

 

J’espère que cette interview vous aura donné l’envie de vous intéresser à ce label excellent et intègre. Voici ses contacts :

www.those-opposed-recs.fr.nf

www.myspace.com/thoseopposedrecs

 

 

ARCH ENEMY : TYRANTS OF THE RISING SUN – LIVE IN JAPAN (2008)

 Century Media -8 / 10

 

Héritier d’une longue tradition de lives capturés au Pays du Soleil Levant (Tokyo Tapes de Scorpions, Live At Budokan de MSG) initiée par le Made In Japan de Deep Purple, ce qui n’est pas pour déplaire à Mike Amott, grand fan de hard rock des seventies devant l’éternel, Tyrants Of The Rising Sun représente bien ce qu’est (devenu) Arch Enemy aujourd’hui : une machine. Oui, une machine que rien ne vient jamais gripper, froide et sans magie. Sans folie aussi, contrairement aux performances des dinosaures cités plus haut.

Une machine du reste impressionnante par sa maîtrise technique. Tout est en place, tout est carré, ultra efficace. Les frangins Amott démontrent encore une fois quels remarquables duellistes ils sont et Angela est une sacrée bête de scène. Toutes les cartouches tirées font leur trou, accrocheuses, puissantes et mélodiques.

Publié sous plusieurs formats (DVD, double vinyle…), ce live enregistré durant la dernière tournée du groupe témoigne aussi clairement de la césure survenue avec l’arrivée de la teutonne derrière le micro avec l’album Wages Of Sin (2001). Son intronisation correspond à une double évolution car elle correspond à la fois à l’explosion commerciale des Suédois en même tant qu’elle les éloigne du death technique des débuts pour enfanter depuis une musique bien plus mélodique, biberonée au hard rock (les soli de Michael et Christopher sont à ce titre éloquents, ce qui n’enlève rien à leur qualité). Parfois même, les branlettes de manche néoclassiques chères à Yngwie Malmsteen ne sont pas loin (« Intermezzo Liberté »).

Alors certes, ça avoine encore sévère, notamment grâce à l’organe furieux de la blonde mais il est tout de même un peu triste de constater que les antédiluviens « Fields Of Desolation », « Dark Insanity » (extraits de Black Earth) et « Silverwing » (Burning Bridges) sont les seuls oripeaux du passé d’une set-list qui fait donc la part belle aux quatre derniers opus et notamment au petit dernier Rise Of The Tyrants, représenté par six emprunts, dont « Blood On Your Hands », « The Day You Died », et « Vultures ».

Ce live est donc à prendre pour ce qu’il est, une synthèse du Arch Enemy avec Angela Gossow, quand bien même il n’est pas le premier (citons le EP Dead Eyes See No Future et le DVD Live Apocalypse). Pourtant, paradoxalement, malgré ces lignes un peu critiques, Tyrants Of The Rising Sun est très bon. Il est même carrément jouissif quand les deux frères se lancent dans un étalage virtuose écœurant de classe et de feeling (« Snowbound »). Et puis, comment résister à des hymnes de l’acabit de « Ravenous », « Taking Back My Soul », « Burning Angels », Enemy Within » ou bien encore « Nemesis » ? Impossible.

Les fans de la dernière période du groupe, auxquels cet album est clairement destiné, seront donc comblés. Ceux qui suivent en revanche Amott depuis Carnage et Carcass, pourront continuer de passer leur chemin. Ils ont pourtant tort car la bonne musique reste de la bonne musique. Et ce que crée aujourd’hui les Suédois en est incontestablement… (05.02.09)

 

TRACKLISTING
DISC 1
  1. Intro / Blood On Your Hands / 5.37
  2. Ravenous / 3.55
  3. Taking Back My Soul / 5.16
  4. Dead Eyes See No Future / 4.22
  5. Dark Insanity / 3.59
  6. The Day You Died / 4.55
  7. Christopher Solo / 2.32
  8. Silverwing / 5.26
  9. Night Falls Fast / 3.37
  10. Daniel Solo / 3.30
DISC 2
  1. Burning Angel / 4.40
  2. Michael Solo (incl. « Intermezzo Liberté ») / 3.24
  3. Dead Bury Their Dead / 4.57
  4. Vultures / 6.51
  5. Enemy Within / 4.29
  6. Snowbound / 2.14
  7. Shadows And Dust / 5.12
  8. Nemesis / 5.04
  9. We Will Rise / 4.33
  10. Fields Of Desolation / Outro / 3.14
TOTAL PLAYING TIME : 87.47

 

DISCOGRAPHY