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ISOLE : SILENT RUINS (2009)

Napalm Records – 8.5 / 10

Beaucoup ont découvert Isole il y a deux ans avec l’album Bliss Of Solitude, qui a pu, il est vrai s’appuyer sur la promotion déployée par le label Napalm, ce qui n’était pas le cas de ses aînés publiés sous la bannière I Hate Records. En effet, les Suédois ne sont pas nés de la dernière pluie acide, ils avaient déjà offert deux autres opuscules avant celui-ci (Forevermore et Throne Of Void), sans compter une ribambelle de démos – six en tout – sous la première incarnation du groupe, alors baptisé Forlorn entre 1991 et 2004.

Ce petit rappel biographique est important pour bien comprendre que l’on n’a pas affaire à des gamins qui viennent de découvrir le doom ; cet art de la douleur, ils le vivent, le ressentent depuis longtemps ce qui leur permet de l’exprimer avec passion et sincérité. Et avec une touche personnelle qui est pour beaucoup dans l’amour que l’on porte à leurs précieuses offrandes.

Fort d’une inspiration qui ne semble pas prête de se tarir, Isole délivre avec Silent Ruins un nouveau joyau, écrin majestueux à un fil rouge (l’histoire d’un homme qui se réveille dans un monde qui n’existe plus, un monde en ruines et qui part en quête de ses souvenirs) qui sert de substrat sur lequel repose sept complaintes minées par une tristesse absolue. Sans vraiment être un concept album, ce qui est présenté comme la première partie d’un tout suit pourtant une trame qui ne doit rien au hasard.

Redemption Part I, c’est son sous-titre, s’arc-boute sur une architecture précise et réfléchie. Le chemin de croix débute et prend fin sur deux longues plages de plus de 10 minutes chacune, sentinelles qui encadrent le cœur de l’album. Après une longue intro qui pose le décor comme dans une tragédie, l’imposant « From The Dark » s’envole ensuite, avec pour guide ce chant solennel, presque sentencieux, toujours souligné par des guitares qui tricotent une toile dont chaque fil est une note de désespoir. Riche d’arrangements qui participent de la gravité de l’ensemble, cette plainte emporte d’entrée de jeu le pèlerin dans un torrent émotionnel.

A partir du lancinant « Soulscarred », traversé d’éclairs acoustiques d’une touchante sobriété,  Silent Ruins s’enfonce peu à peu dans un abîme sans issue, témoin d’une inexorabilité à laquelle on ne peut échapper. Squelettique, « Peccatum » résonne comme une halte mortifère, prélude à l’ultime fragment (« Dark Clouds ») dont les guitares ont quelque chose de balises funestes ouvrant sur une conclusion enténébrée par une noirceur désespérée Le chant se frotte à la mort, le tempo ralentit au rythme d’une batterie dont chaque coup est comme un battement de cœur avant la fin définitive tandis que la musique meurent en un long fondu absolument superbe.

Souvent comparés à Candlemass, raccourci un peu facile et pas toujours justifié, les Suédois sont pourtant les seuls à forger ce doom à la fois limpide, fluide, enrobé dans une production cristalline (dont ils sont responsables) et néanmoins noir et poignant, comme l’illustrent les très beaux « Forlorn » et « Nightall », qui ont ce sens du riff qui accroche et de la mélodie vocale habitée. Il y a une telle douleur, mêlée à un sentiment de résignation dans le chant de Daniel Brynste, architecte principal d’un édifice dont chaque partie  s’avère parfaitement élaborée, équilibrée. Le doom est une science exigeante. Le magistral « Hollow Shrine » est à ce titre une leçon, symptomatique aussi de la manière dont le groupe exprime son art.

Sans prétendre que Silent Ruins se pose comme la pierre angulaire des Suédois (ses prédécesseurs se révèlent tout aussi réussis), il est en revanche certain que cette œuvre devraient les imposer durablement parmi les prêtres les plus inspirés  de la chapelle dans laquelle ils officient. Je ne peux enfin que vous conseiller, si vous ne le connaissez pas déjà, le By Honour de Ereb Altor, projet parallèle de certains membres d’Isole ou quand le drakkar du Bathory viking sillonne les mers d’un doom épique gigantesque. (04.03.09)

Vous pouvez aussi retrouver cette chronique sur Haven Metal


TRACKLISTING

  1. From The Dark / 11.02
  2. Forlorn / 6.46
  3. Nightfall / 6.58
  4. Hollow Shrine / 6.56
  5. Soulscarred / 6.26
  6. Peccatum / 4.01
  7. Dark Clouds / 11.41

TOTAL PLAYING TIME : 53.50


DISCOGRAPHIE


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FATUM ELISUM (2007 -

 

 

A l’instar d’Ataraxie, Fatum Elisum démontre que le doom death n’est pas un art propre aux Anglais ou à l’Europe du nord et qu’en France aussi on peut sculpter une musique aussi granitique. Sa première démo est à ce titre une leçon.

S’il ne devait en rester qu’un : Fatum Elisum (2008)


FRANCE ORIGINE
DOOM DEATH METAL GENRE
2007 FORMATION
LINE-UP
ENDE (VOCALS)
 HUGO (GUITARS)
CHRISTOPHE (GUITARS)
ASGEIRR (BASS)
CHRISTOPHE (DRUMS)
PAST MEMBERS
CELINE (KEYBOARDS)
SATOR (DRUMS)
 BANDS
LAST OFFENDER, WARKULT
CONTACT

www.myspace.com/fatumelisum

 

 

 

DISCOGRAPHIE

 

FATUM ELISUM (2008 / DEMO)

 

A LIRE

INTERVIEW

 

 

 

FATUM ELISUM : FATUM ELISUM (2008)

 Postghost Recordings – 8 /10

 

Sans forcément affirmer comme certains intégristes le font que rien ne vaut les bonnes vieilles premières démos des familles enregistrées au fond d’une cave éclairée à la bougie, il est cependant vrai que parfois, certaines d’entre elles se hissent très largement au niveau d’un véritable album. C’est le cas par exemple de Fatum Elisum, première démo du groupe du même nom.

Fondée en 2007 à Rouen autour des guitaristes Hugo et Christophe, du bassiste Asgeirr et d’une claviériste, la formation arpente les caveaux froids et brumeux d’un doom death massif et granitique. Aujourd’hui, les claviers ont disparu et l’arrivée de EndE au chant a permis au groupe de voir son évolution s’emballer.

Influencé par toute l’école britannique de cette musique de la douleur, Fatum Elisum noue également des liens évidents avec Ataraxie. La proximité tant géographique qu’humaine l’explique. Tous les deux partagent ce goût pour les complaintes en forme de bloc pétrifié qu’aucune lumière ne vient jamais caresser de sa chaleur ; tous les deux maîtrisent cette science de l’accélération subite, du break salvateur qui empêchent ces très longs titres de part trop s’abîmer dans un monolithisme redondant ; tous les deux aiment le chant caverneux et parfois hystérique à la Bethlehem / Deinonychus ; tous les deux bien entendu sculptent dans la pierre un art totalement désespéré.

Pour autant, Fatum Elisum fait déjà preuve d’une réelle personnalité qui repose au moins sur deux caractères : tout d’abord une dimension littéraire intéressante (ses membres citent volontiers Baudelaire, Schopenhauer, Nietzsche, Cioran comme source d’inspiration tandis que le morceau « Dancer Of Spirals » fait référence à “La ballade des pendus” de François Villon) et ensuite sur une aura religieuse inédite. Il y a quelque chose de profondément spirituel dans cette musique. Le chant de EndE, qui d’ailleurs a été capturé dans une église, celle de Saint Romain de Cailly, participe beaucoup de cette empreinte sacrée, notamment lors du douloureux « Dancer Of Spirals » où le chanteur semble prendre parfois les intonations des chants grégoriens.

Encadré par une intro (« Eli Eli ») et une outro (« Lama Sabachthani »), quatre plaintes suffocantes d’un doom minéral architecturent cette essai excellent tout du long, quatre prières pour les morts glaciales comme la roche en pleine hiver, lentes procession funéraire qui progressent peu à peu vers la tombe. Minées par une profonde tristesse, plombées par une faute qui ne peut être pardonnée, elles résonnent comme un cri d’abandon. Sans espoir aucun. Et comme toujours avec cette musique, il y a cette beauté souterraine qui ruisselle de ces excavations dans les tréfonds de l’âme et des sentiments. Immense.

Groupe  au potentiel que l’on devine énorme à suivre de très près, Fatum Elisum a donc enfanté une œuvre inspirée et   impressionnante de maîtrise, aussi réussie que bien des albums du même genre qui bénéficient eux d’une avantageuse signature  chez un label reconnu. Les Normands devraient très vite s’imposer, à l’instar d’Ataraxie, comme un des chefs de file français du doom death. (07.02.09)

 

TRACKLISTING
  1. Eli Eli / 0.49
  2. In Vain / 12.41
  3. Phantom / 16.11
  4. Fatum Elisum / 10.37
  5. Dancer Of Spirals / 12.38
  6. Lama Sabachthani / 1.12
TOTAL PLAYING TIME : 54.08

 

DISCOGRAPHIE

 

 

CENTURIONS GHOST (2001 -

 

 

Influencé aussi bien par Candlemass, Cathedral, Venom, Celtic Frost ou Entombed, Centurions Ghost s’est très vite imposé comme un des meilleurs défenseurs du heavy doom metal graisseux.

S’il ne devait en rester qu’un : The Great Work (2007)


ROYAUME-UNI ORIGINE
HEAVY DOOM METAL GENRE
2001 FORMATION
LINE-UP
MARK SCURR (VOCALS)
FEDERICA GIALANZA (GUITARS)
RICHARD WHITTAKER (BASS)
GARETH MILLSTED (DRUMS)
PASTS MEMBERS
JAMES BEGLEY (VOCALS)
DAN 138 (GUITARS)
ANDREW BERYEZ (GUITARS)
 BAND
LORD VICAR
CONTACT

www.myspace.com/centurionsghost

 

 

 

DISCOGRAPHY

 

A SIGN OF THINGS TO COME (2005)
THE GREAT WORK (2007)

 

 

 

 

 

 

CENTURIONS GHOST : THE GREAT WORK (2007)

 I Hate Records – 7.5 / 10

 

Centurions Ghost est un enfant de la Perfide Albion. Cette précision vaut son pesant de plomb car à l’écoute de son art de la douleur, ce n’est pas si évident. On l’aurait davantage imaginé ayant vu le jour aux States tant le doom qu’il forge plonge ses racines dans un terreau identique à celui des Saint Vitus, The Gates Of Slumber et autre Apostle Of Solitude. Le paysage – ravagé – est donc posé.

Sa seconde offrande, The Great Work, est un édifice de granite au son épais comme une coulée de sperme après deux jours d’abstinence. Centurions Ghost maîtrise tous les invariants du heavy doom à la sauce ketchup : riffs usinés dans les aciéries, rythmes pachydermiques qui vous écrasent, arrachent le papier peint de votre chambre, chanteur  à la voix rageuse qui dégueule ses tripes à chaque fois (« Let Sleeping Corpses Die).

Mais…car il y a un mais, il y a toujours, au détour des morceaux, un détail qui rappelle ses origines européennes. Ce son de claviers façon orgue Hammond ouvrant le grandiose « The Supreme Moment » qui évoque le fantôme de Deep Purple (oui, pour moi, le Pourpre Profond est mort et ce, depuis 1993) ou aux sonorités plus hantées à la King Crimson (« I Am God, You Are Denied »), les guitares biberonnées au grand hard rock des seventies (Purple à nouveau, Black Sabbath, forcément, comme sur « In Defiance ») et ce chant plus mélodique bien que râpeux sur le plus atmosphérique « Black Hearts Will Break » témoignent clairement que Centurions Ghost a les deux jambes velues arquées au-dessus de l’Atlantique.

De fait, The Great Work, à l’imagerie empruntée aux Francs-maçons, se veut un habile dosage entre la musicalité du heavy metal du vieux continent et le visage plus âpre, plus rude, du pur doom US, dont il arbore la violence épidermique, comme peut illustrer une enclume de l’acabit de « Bedbound (In The House Of Doom) », qu’irriguent des coulées de six cordes minérales.

Si le groupe sait se poser le temps d’un instrumental qui lui permet de faire parler son cœur (« Specimen N°7 », tout en arpèges dépouillés, titre néanmoins complètement déglingué durant ses ultimes mesures), généralement, c’est plutôt la poudre qu’il préfère laisser parler, une poudre noire qui répand une profonde mélancolie. « Walking Through Walls » et ses teintes psychédéliques, l’abyssal « I Am God, You Are Denied », durant lequel Mark Scurr hurle son désespoir comme si demain ne devait jamais succéder à aujourd’hui, sont à ce titre, deux blocs compacts, tendus comme des verges turgescentes à l’approche de la croupe légendaire de Lanny Barbie et surtout poissés par une noirceur pétrifiée.

Avec cette seconde offrande, Centurions Ghost enfonce encore plus le clou par rapport à l’inaugural A Sign Of Things To Come. Que nous réserve l’avenir ? On en frisonne d’avance… Un grand groupe et un grand disque donc. (29.01.09)

 

TRACKLISTING
  1. The Supreme Moment / 6.57
  2. Let Sleeping Corpses Die / 6.15
  3. Only The Strong Can Survive / 3.27
  4. Black Hearts Will Break / 5.01
  5. The Great Work / 00.47
  6. Bedbound (In The House Of Doom) / 4.40
  7. Specimen N°7 / 3.43
  8. In Defiance / 5.56
  9. Walking Through Walls / 4.44
  10. I Am God, You Are Denied / 7.18
TOTAL PLAYING TIME : 49.00

 

DISCOGRAPHY

 

 

YEARNING (1996 -

 

 

Davantage qu’un vrai groupe, Yearning est avant tout le navire de Juhani Palomakï. Le projet débute d’abord sous le nom de Flegeton en 1994. Puis le groupe change de nom, signe avec Holy Records et commence à faire parler de lui grâce à sa démo Autumn Funeral. Pour beaucoup, il y a deux Yearning : celui des débuts, tourné vers un doom death funéraire et qui atteint son apogée avec son premier essai, With Tragedies Adorned ; et un second qui débute avec l’album suivant, Plaintive Scenes qui voit le groupe s’orienter vers un doom plus atmosphérique que death. Les deux sont en fait excellents.

S’il ne devait en rester qu’un : With Tragedies Adorned (1997)


FINLANDE ORIGINE
DOOM DEATH / ATMOSPHERIC DOOM METAL GENRE
1996 FORMATION
LINE-UP
JUHANI PALOMAKÏ (VOCALS, GUITARS, BASS, KEYBOARDS)
MATTI S. (GUITARS [LIVE])
JANI LOIKAS aka JL NOKTURNAL (BASS [LIVE])
JOUNI JORMANAINEN (KEYBOARDS [LIVE])
AKI KUUSINEN (DRUMS [LIVE])
PASTS MEMBERS
LADY TIINA AHONEN (VOCALS, FLUTE)
JANNE RÄMÖ (VOCALS)
TERO KALLIOMAKÏ (GUITARS)
PETRI SALO (BASS)
ANTTI AHONEN (KEYBOARDS)
T.KRISTIAN (DRUMS)
 BANDS
AUTUMNAL, AZAGHAL, COLOSSEUM, HIN ONDE, MEDIEVAL ART, NOCTURNAL WINDS, SVARTKRAFT, TWILIGHT OPERA, WYRD
CONTACT

www.myspace.com/finyearning

 

 

 

DISCOGRAPHY

 

AUTUMN FUNERAL (1996 / DEMO)
WITH TRAGEDIES ADORNED (1997)
AS WE DIE FOR… PARADISE LOST (1998 / TRIBUTE)
PLAINTIVE SCENES (1999)
FRORE MEADOW (2001)
EVERSHADE (2003)
MERGING INTO LANDSCAPES (2007)

 

          

 

 

 

 

 

YEARNING : MERGING INTO LANDSCAPES (2007)

 Holy Records – 8.5 / 10

 

Depuis 2003 et le très bon Evershade, nous étions sans nouvelles du navire finlandais. Le spectre de la disparition définitive se profilait même à l’horizon. Du moins, le pensions-nous…

En fait, Juhani Palomäki n’a pas passé ces dernières années à glander au fond d’un canapé à regarder la télé et ce n’est pas moins de deux albums qu’il a enfantés dans la douleur : un cinquième opus de son principal port d’attache et le premier essai d’un nouveau projet baptisé Colosseum. Si le second lui permettra de donner sa propre vision du funeral doom, il reste avec Yearning fidèle au style que Plaintive Scenes (dont on retrouve la chanteuse Tiina sur quelques passages) a figer dans la pierre, celui d’un gothic doom majestueux, automnal et profondément mélancolique.

Secondé par un nouveau batteur, Palomäki n’a pas raté son retour, Merging Into Landscapes pouvant être considéré comme le meilleur album du groupe depuis le séminal With Tragedies Adorned. Ceux qui espère un coup d’œil dans le rétroviseur de son passé extrême (tout est relatif) doivent toujours se faire une raison : Yearning ne sera plus la vigie vous guidant dans la noirceur abyssale du doom death. Après tout, le musicien a Colosseum pour désormais assouvir ses penchants les plus dépressifs.

Par contre ceux qui estiment que les Finlandais ont été bien inspiré d’adoucir leur art, ne pourront qu’être envoûter par ces onze plaintes, dont un épilogue instrumental beau à en pleurer (« Nemo Ante Mortem Beatus »). Toutefois, des voix d’outre-tombe, unique oripeau du passé noir du groupe, sont disséminées avec parcimonie sur quelques titres parmi les plus réussis, à l’image de l’épique « Kaleidoscopic Inscape », de « Dead » ou du sublime titre éponyme.

Sur un lit de claviers évanescents, le chant émotionnel de Juhani tisse des atmosphères chargées d’un désespoir absolu, tandis  que les guitares érigent une cathédrale de douleur. Ses lignes échappées de la guitare du maître à penser de la formation nordique possèdent cette pureté cristalline à même de tirer des larmes aux plus durs parmi les durs ; elles soulignent la tristesse que le chant véhicule, comme en témoigne le mortuaire « The Dying Morn », qui résonne comme un cri d’abandon.

Un groupe décidément unique à l’identité toujours aussi singulière. (20.05.08)

 

TRACKLISTING
  1. Prologue : Nascentes Morimur / 0.55
  2. Kaleidoscopic Inscape / 8.30
  3. Sphere Of Disgust / 4.32
  4. Return / 3.47
  5. Datura Stramonium / 1.58
  6. October Rain / 4.58
  7. Lethean Waters / 3.25
  8. Merging Into Landscapes / 5.45
  9. Dead / 3.33
  10. The Dying Morn / 6.32
  11. Epilogue : Nemo Ante Mortem Beatus / 2.40
TOTAL PLAYING TIME : 46.35

 

DISCOGRAPHY

 

www.myspace.com/finyearning

 

 

ATARAXIE (2000 -

 

 

A l’origine d’Ataraxie, il y a Jonathan Thery qui décide, après le split Reign Of Evil qui officiait dans le black metal, de monter un groupe de doom death, genre alors peu couru en France. Peu à peu, Ataraxie se taille une solide réputation. Slow Transcending Agony reçoit des critiques dithyrambiques tandis que le quatuor enchaîne les concerts avec des pointures telles que Esoteric, Pantheist, Morgion… Anhédonie vient confirmer Ataraxie dans le rôle de locomotive de la scène doom metal hexagonale, voire européenne.

S’il ne devait en rester qu’un : ANHEDONIE (2008)


FRANCE ORIGINE
ULTRA SICK DOOM METAL GENRE
2000 FORMATION
LINE-UP
JONATHAN THERY AKA MARQUIS (VOCALS, BASS)
FREDERIC PATTE-BRASSEUR (GUITAR)
SYLVAIN ESTEVE (GUITARS)
PIERRE SENECAL (DRUMS)
PAST MEMBER
CLEMENT (GUITARS)
 BANDS
BETHLEHEM, DESPOND, FUNERALIUM, HYADNINGAR, WORMFOOD

 

 

DISCOGRAPHY

 

ATARAXIE – HYADNINGAR : LIVE IN ROUEN (2001 / SPLIT)
THE OTHER PATH (2003 / DEMO)
LIVE DOOMINATION (2003 / DEMO)
SLOW TRANSCENDING AGONY (2005)
ANHEDONIE (2008)

 

     

 

  www.myspace.com/ataraxie

 

 

ATARAXIE : ANHEDONIE (2008)

 Weird Truth Productions – 8.5 / 10

 

La première descente à la mine des Normands, Slow Transcending Agony s’est vite imposée il y a trois ans comme l’un, sinon le mètre-étalon du (funeral) doom death hexagonal. C’est dire si Anhédonie était attendu comme le messie par tous les masochistes de la souffrance.

Premier constat à l’écoute de cette offrande, Ataraxie a réalisé de grands progrès, aussi bien en terme de son – celui-ci est plus minéral que jamais, plus massif également – que d’écriture. L’interprétation, elle aussi, est plus impressionnante encore, à l’image du chant de Jonathan, qui se plaît à diversifier ses lignes vocales, tour à tour abyssales voire carrément possédées et ce faisant démontre si besoin en était son admiration pour les intonations écorchées et hystériques de Marco Tehren (Deinonychus et Bethlehem).  Les nombreux concerts enquillés et les participations à un grands nombre de projets (Funeralium, Hyadningar, Wormfood, Bethelehem…) ont aguerri les quatre musiciens et sont donc pour beaucoup dans cette augmentation de la valeur ajoutée du groupe.

Etouffant, caverneux, monolithique, Anhédonie, qui désigne une personne insensible au plaisir, aux émotions, est un bloc charbonneux, un édifice pétrifié, écrasant, qu’aucun rai de lumière ne vient jamais caresser de sa chaleur. Il se compose de quatre côtés (plus une intro très courte) qui forment donc un seul et même ensemble. Tous dépassent les dix minutes, et le dernier d’entre eux atteint même 24 minutes. Ce sont d’interminables complaintes suffocantes qui semblent jamais ne vouloir mourir.

L’album débute avec le monstrueux « Silence Of Death », que les fans connaissent déjà pour s’être abîmer dedans sur scène. Mortifère et lent comme une procession funèraire, ce pavé progresse peu à peu vers les limbes, jusqu’à l’accélération finale absolument gigantesque. Plus terrifant encore, « Walking Through The Land Of Falsity » ouvre, par ses notes de guitares squelettiques, ses roulements de batterie qui ont quelque chose de battement de cœur en fin de course, des espaces de mort ; il érige des instants pendant lesquels, la vie semble être suspendue, stoppée, tandis que Jonathan prouve qu’il possède bien la gorge la plus profonde du circuit.

Plus rapide, du moins durant sa premières partie, est «Anhédonie », ce qui ne l’empêche pas d’amorcer une plongée spéléologique dans les abysses de l’indicible. Là aussi Ataraxie démontre sa maîtrise de l’accélaration infernale qui empêche son art de sombrer dans l’immobilisme plombé. Enfin le monumental « Avide de sens » débute par des accords que n’aurait pas renier le My Dying Bride de la grande époque. Cette ode terminale secrète un désespoir absolu qui propulse l’auditeur dans un climat suicidaire auquel il est impossible d’échapper. Aucune issue possible, aucun espoir. Miné par une tritesse infinie qui confine à l’abandon résigné, ce titre est une agonisante marche vers la tombe.

Vous l’aurez compris, Ataraxie a réussi la gageure de faire plus vertigineux encore que Slow Transcending Agony. Tout est dit… Un chef-d’œuvre dans le genre. Et une leçon surtout car la grande force du groupe est de parvenir à demeurer fidèle aux invariants du doom death tout en les entraînant dans une dimension tout bonnement effrayante. (29.12.08)

 

TRACKLISTING
  1. Origin / 0.33
  2. Silence Of Death / 17.10
  3. Walking Throught The Land Of Falsity / 13.48
  4. Anhédonie / 18.33
  5. Avide de sens / 24.00
TOTAL PLAYING TIME : 74.04

 

DISCOGRAPHY

 

www.myspace.com/ataraxie

 

 

THE WANDERING MIDGET : I AM THE GATE (2007)

 EYES LIKE SNOW – 7 / 10

 

Il fallait s’y attendre. Il n’y aura donc pas fallu longtemps avant que le Reverend Bizarre, bien que désormais mort et enterré (mais que fait la police ?) n’essaime ses rejetons à travers la planète entière. Du reste, on n’a pas eu à forer bien loin pour en repérer un, puisque The Wandering Midget a son état-major basé en Finlande… comme son modèle.

Parler de modèle dans le cas des jeunes finnois est carrément un euphémisme, tant ils arborent les contours d’une photocopie granuleuse de son révéré aîné et forcément de moins bonne qualité. Même origine géographique, même formule du trio, même tendance à faire passer un album pour un simple EP – on se souvient encore de l’hallucinant Harbinger Of Metal et sa durée avoisinant avec les 70 minutes ! – et surtout une voix copiée sur celle de Albert Witchfinder ainsi qu’un doom dépouillé à l’identique.

Toutefois il manque encore à The Wandering Midget le caractère occulte et la dimension mythologique du Bizarre Reverend… et tout simplement cette trace de génie qui distingue les Grands de la kyrielle de suiveurs, dont le jeune puceau fait assurément partie. Moins tellurique, son doom des familles ne se repaît pas de cet humus heavy metal dont a pu se nourrir le défunt ; il est plus rustre, plus simple. Ses membres ne sont finalement que des hommes comme les autres tout simplement, contrairement à Peter Vicar et ses deux compagnons, qui eux étaient auréolés d’une aura quasi divine.

Ces remarques ne doivent toutefois pas faire bouder I Am The Gate qui n’est en réalité que l’agglomération de deux démos et qui se révèle certainement annonciateur de grandes choses à venir.  Si les premiers titres, issus de (Brief Encounter) sont convaincants, nous leur préférerons cependant ceux extraits de la démo (I Am The Gate) : « The Wandering Midget » qui donne l’impression d’entendre le fantôme de Jim Morrison, le sentencieux “I Am The Gate”, que rehausse un final très NWOBHM à vous foutre la trique qui voit le rythme s’emballer et surtout la descente spéléologique de près de 18 minutes « Wasteland Shrine », d’une lenteur étouffante, 18 minutes viciées où le mimétisme avec l’auguste modèle atteint son paroxysme.

Avec en corollaire, cette question : où  s’arrête l’hommage et où débute la pompe éhontée.  Gageons néanmoins que la maturité aidant, The Wandering Midget saura gagner peu à peu en personnalité et qui sait, peut-être succéder à Reverend Bizarre sur le trône du True Doom laissé vacant depuis son sabordage ?  La route est encore longue mais ne devrait pas aboutir à un cul-de-sac… (01/08/08)

 

TRACKLISTING
  1. Inquisition Arrives / 2.13
  2. Urk The Conqueror / 4.49
  3. Black Figure Hollows The Burial Company / 9.04
  4. Wolfslayer / 5.14
  5. The Wandering Midget / 7.51
  6. I Am The Gate / 7.07
  7. Wasteland Shrine / 17.46
TOTAL PLAYING TIME : 54.01

 

DISCOGRAPHY

 

 www.myspace.com/thewanderingmidget