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NADJA (2002 -

 

 

Fort d’une discographie aussi bordélique que pléthorique, Nadja est un duo canadien né seulement en 2002. Malgré son jeune âge, le tandem s’est pourtant très vite imposé comme un projet culte dans la sphère du drone et de la musique expérimentale. Génial pour certains, chiant pour d’autres, Nadja ne laisse pas indifférent.

S’il ne devait en rester qu’un : RADIANCE OF SHADOWS (2007)


CANADA ORIGINE
DRONE / EXPERIMENTAL GENRE
2002 FORMATION
LINE-UP
AIDAN BAKER (GUITARS, PIANO, PROGRAMMING, VOCALS)
LEAH BUCKAREFF (BASS, VOCALS)
PAST MEMBERS
 BANDS

 

 

DISCOGRAPHY

 

TOUCHED (2002)
MOSS – NADJA (2003 / SPLIT)
SKIN TURNS TO GLASS (2003)
CORRASION (2003)
 I HAVE TASTED THE FIRE INSIDE YOUR MOUTH (2004 / EP)
BODY CAGE (2005)
BLISS TORN FROM EMPTINESS (2005)
NADJA – METHADRONE : ABSORPTION (2005 / SPLIT)
TRUTH BECOMES DEATH (2005)
WE HAVE DEPARTED THE CIRCLE BLISSFULLY (2005)
TREMBLED (2006 / LIVE)
THAUMOGENESIS (2007)
TOUCHED (2007 / Rerecorded)
ATAVIST – NADJA : 12012291920 / 1414101 (2007)
UNTITLED (2007)
GUILTED BY THE SUN (2007 / EP)
RADIANCE OF SHADOWS (2007)
NADJA – 5/5/2000 : TÜMPISA (2008 / SPLIT)
BLISS TORN FROM EMPTINESS (2008 / Rerecorded)
NADJA – NETHERWORLD : MAGMA TO ICE (2008 / SPLIT)
THAUMORADIANCE (2008 / LIVE)
TRINITY (2008 / EP)
SKIN TURNS TO GLASS (2008 / Rerecorded)
DESIRE IN UNEASINESS (2008)
CHRIST SEND LIGHT (2008 / EP)
THE BUNGLED & THE BOTCHED (2008)
ATAVIST – NADJA : II : POINTS AT INFINITY (2008)
TRINITARIAN (2008 / EP)
NADJA – ATAVIST – SATORI : INFERNAL PROCESSION… AND THEN EVERYTHING DIES (2008 / SPLIT)

 

      

   

   

 

 

 http://www.myspace.com/nadjaluv

 

 

ATAVIST – NADJA : II : POINTS AT INFINITY (2008)

 PROFOUND LORE RECORDS – 8 / 10

 

Atavist – Nadja : étonnante amitié qui lie ces deux projets pourtant bien différents l’un de l’autre. Peu de rapport en effet à priori entre le doom/sludge apocalyptique du premier et le drone/ambiant du second, si ce n’est la volonté de repousser les limites, de briser les carcans.

Après une premère réunion l’an passé avec 12012291920 / 1414101 ( ?), les deux entités se retrouvent à nouveau avec ce Points At Infinity. Parler ici de split est incorrect. Collaboration semble plus judicieux. Un split, c’est l’agglomération de morceaux isolés composés par deux (ou plus) groupes pour un exercice exeptionnel. C’est le cas par exemple de Infernal Procession… And Then Everything Dies que les deux principaux intéressés viennent d’ailleurs de graver avec Satori, mais pas celui qui constitue le sujet de cette chronique.

A l’instar de son aîné d’un an, cet essai s’impose véritablement comme le fruit d’une union, d’un travail commun entre les deux artistes. Au menu, deux complaintes suffocantes où fusionnent l’identité de leurs géniteurs pour former un tout cohérant qui possède une vie propre. Ainsi, Points At Infinity va bien au-delà de la simple juxtaposition des styles des Britanniques et des Canadiens. Point d’onanisme ici, Atavist et Nadja copulent ensemble pour accoucher d’une œuvre unique. C’est un enfant original où bien entendu on relève des traits de caractère de chacun de ses parents (notamment la rugosité granitique du premier et la stratigraphie sonore du second) mais ceux-ci ont donc l’intelligence de les dépasser.

Instrumentales (ou presque), ces deux pistes d’une vingtaine de minutes chacune, sont deux formes de déréliction qui naviguent à la surface d’une eau à la fois (faussement) calme et contemplative (le vaporeux « Projective Plane ») ou bouillonnante et tellurique (« Closed Curve »). Vouloir les décrire semble absurde ; sensitive, cette musique se vit, se ressent plus qu’elle ne s’analyse avec des mots. Pour faire simple, il s’agit  d’un empilement de  couches sonores, d’une masse compacte de sons massifs et d’ondes tricotées qui libèrent un vrai malaise en même temps  qu’un mal-être infini, comme l’illustrent les notes terminales du second titre où le Burzum de Filosofem n’est pas loin.

Ceci dit, ces plages possèdent aussi la capacité rare de propulser l’auditeur dans un monde mystérieux, énigmatique, inquiétant également, vers un absolu qui confine au domaine du divin. Expérimental, vertigineux mais d’une beauté rare, Points At Infinity est une œuvre envoûtante au mysticisme fort qui appelle à l’intropsection quand on s’immerge en elle. Chiant comme un dimanche de pluie pour 99.9 % de la population, superbe et douloureux pour la minorité restante, qui a forcément raison.

On se prend maintenant à rêver d’autres collaborations entre ces deux pionniers du son dont on espère qu’ils ne s’arrêteront pas en si bon chemin… (13.12.08)

 

TRACKLISTING
  1. [Projective Plane] /21.53
  2. [Closed Curved] /21.56
TOTAL PLAYING TIME : 43.49

 

DISCOGRAPHY

 

  http://www.myspace.com/atavist  

  http://www.myspace.com/nadjaluv

 

 

 

KTL

 

 

 

USA ORIGINE

DRONE, AMBIENT GENRE

2006 FORMATION

LINE-UP

STEPHEN O’MALLEY (GUITARS, EFFECTS)

PETER REHBERG [PITA] (ELECTRONICS)

 GROUPES AFFILIES

BURNING WITCH, GINNUNGAGAP, GRAVETEMPLE, KHANATE, PENTEMPLE, SUNN O))) TEETH OF LIONS RULE THE DIVINE, THORR’S HAMMER

 

 

DISCOGRAPHIE

KTL 1 (2006)

KTL 2 (2007)

KTL 3 (2007 / EP)

LIVE IN KREMS (2007 / LIVE)

IKKI (2008 / LIVE)

 

 

http://www.myspace.com/ktlrule  

 

 

KTL : KTL 1

 

 

Avertissement. Décrire cette première échappée sinistre et nocturne de Stephen O’Malley sous l’étrange sobriquet de KTL semble totalement absurde, tant les sons qu’elle diffuse avec largesse pendant près d’une heure et quart se ressentent plus qu’ils ne s’analysent. Au moment de noircir ces quelques lignes, les mots apparaissent soudain vains, fades et inappropriés. Pour bien faire, il faudrait presque inventer un nouveau langage, une nouvelle langue pour évoquer les sentiments, le ressenti face à un tel monstre sonore. Mais comme il faut bien en dire quelque chose, allons-y.

Commençons par les présentations. Structuré autour du duo O’Malley / Peter Rehberg, KTL navigue dans la nébuleuse Sunn O))). De fait, tout est dit. Pour qui connaît le guitariste, illustrateur à ses heures perdues (en a-t-il vraiment ?), on peut être rassuré quant à la teneur expérimental de la chose. L’homme fait partie de ces explorateurs du son, de ceux qui ne cessent jamais de travailler leur art. En s’associant à Rehberg, O’Malley peut poursuivre les recherches sonores entamées avec Sunn O))). Il en conserve le squelette, qu’il prive de ses (déjà) minces atours metal qui les rattachaient au monde des humains. Seul “ Forestfloor ”, tétralogie qui en forme l’épicentre, qu’encadrent deux complaintes hallucinées, dans son quatrième segment, affiche des ambiances quasi black metal.

Furieusement organique, KTL érige de longues plages ambiant que vient fissurer des rush de guitares volcaniques, véritables murs bruitistes aux allures de blockhaus. C’est un maelstrom où s’enchevêtrent les effluves prolifératrices d’une gangrène sonore. D’une noirceur mille fois plus abyssale et vertigineuse que les étrons chiés par toutes ces hordes de black metalleux s’affichant en corpsepaint et bracelets à clous au fin fond d’une forêt à champignons, ces complaintes oppressantes et maladives grouillent de vibrations négatives, peinture apocalyptique qui confine à la transe hypnotique.

Gravé en juillet 2006, KTL a quelque chose d’un happening, d’un art total éphémère et introspectif qui ne peut s’apprécier que dans une solitude nocturne. Absurde et sans intérêt pour une majorité de personnes qui ne la comprendront pas (et c’est tant mieux !), n’y percevant que du bruit ; intellectuelle pour une poignée de bobos curieux qui font semblant de triper dessus car SUNN O)))) est à la mode dans certains cercles, la musique forgée par le duo est en fait un peu tout cela à la fois : absurde, élitiste, mais surtout d’une effrayante beauté obscure. Un souffle terrifiant, comme échappé des entrailles de l’enfer, la traverse au point de ne pas pouvoir sortir indemne de ce qui est plus qu’une écoute, une plongée sans fin dans le néant. (02/12/07)

 

 2006

 8 / 10

EDITIONS MEGO

TRACKLISTING

I) Estranged / 24.50

II) Forest Floor 1 / 8.31

III) Forest Floor 2 / 13.43

IV) Forest Floor 3 / 9.28

V) Forest Floor 4 / 8.15

VI) Snow / 13.02

TOTAL PLAYING TIME : 78.15

 

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/ktlrule