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CENTURIONS GHOST (2001 -

 

 

Influencé aussi bien par Candlemass, Cathedral, Venom, Celtic Frost ou Entombed, Centurions Ghost s’est très vite imposé comme un des meilleurs défenseurs du heavy doom metal graisseux.

S’il ne devait en rester qu’un : The Great Work (2007)


ROYAUME-UNI ORIGINE
HEAVY DOOM METAL GENRE
2001 FORMATION
LINE-UP
MARK SCURR (VOCALS)
FEDERICA GIALANZA (GUITARS)
RICHARD WHITTAKER (BASS)
GARETH MILLSTED (DRUMS)
PASTS MEMBERS
JAMES BEGLEY (VOCALS)
DAN 138 (GUITARS)
ANDREW BERYEZ (GUITARS)
 BAND
LORD VICAR
CONTACT

www.myspace.com/centurionsghost

 

 

 

DISCOGRAPHY

 

A SIGN OF THINGS TO COME (2005)
THE GREAT WORK (2007)

 

 

 

 

 

 

CENTURIONS GHOST : THE GREAT WORK (2007)

 I Hate Records – 7.5 / 10

 

Centurions Ghost est un enfant de la Perfide Albion. Cette précision vaut son pesant de plomb car à l’écoute de son art de la douleur, ce n’est pas si évident. On l’aurait davantage imaginé ayant vu le jour aux States tant le doom qu’il forge plonge ses racines dans un terreau identique à celui des Saint Vitus, The Gates Of Slumber et autre Apostle Of Solitude. Le paysage – ravagé – est donc posé.

Sa seconde offrande, The Great Work, est un édifice de granite au son épais comme une coulée de sperme après deux jours d’abstinence. Centurions Ghost maîtrise tous les invariants du heavy doom à la sauce ketchup : riffs usinés dans les aciéries, rythmes pachydermiques qui vous écrasent, arrachent le papier peint de votre chambre, chanteur  à la voix rageuse qui dégueule ses tripes à chaque fois (« Let Sleeping Corpses Die).

Mais…car il y a un mais, il y a toujours, au détour des morceaux, un détail qui rappelle ses origines européennes. Ce son de claviers façon orgue Hammond ouvrant le grandiose « The Supreme Moment » qui évoque le fantôme de Deep Purple (oui, pour moi, le Pourpre Profond est mort et ce, depuis 1993) ou aux sonorités plus hantées à la King Crimson (« I Am God, You Are Denied »), les guitares biberonnées au grand hard rock des seventies (Purple à nouveau, Black Sabbath, forcément, comme sur « In Defiance ») et ce chant plus mélodique bien que râpeux sur le plus atmosphérique « Black Hearts Will Break » témoignent clairement que Centurions Ghost a les deux jambes velues arquées au-dessus de l’Atlantique.

De fait, The Great Work, à l’imagerie empruntée aux Francs-maçons, se veut un habile dosage entre la musicalité du heavy metal du vieux continent et le visage plus âpre, plus rude, du pur doom US, dont il arbore la violence épidermique, comme peut illustrer une enclume de l’acabit de « Bedbound (In The House Of Doom) », qu’irriguent des coulées de six cordes minérales.

Si le groupe sait se poser le temps d’un instrumental qui lui permet de faire parler son cœur (« Specimen N°7 », tout en arpèges dépouillés, titre néanmoins complètement déglingué durant ses ultimes mesures), généralement, c’est plutôt la poudre qu’il préfère laisser parler, une poudre noire qui répand une profonde mélancolie. « Walking Through Walls » et ses teintes psychédéliques, l’abyssal « I Am God, You Are Denied », durant lequel Mark Scurr hurle son désespoir comme si demain ne devait jamais succéder à aujourd’hui, sont à ce titre, deux blocs compacts, tendus comme des verges turgescentes à l’approche de la croupe légendaire de Lanny Barbie et surtout poissés par une noirceur pétrifiée.

Avec cette seconde offrande, Centurions Ghost enfonce encore plus le clou par rapport à l’inaugural A Sign Of Things To Come. Que nous réserve l’avenir ? On en frisonne d’avance… Un grand groupe et un grand disque donc. (29.01.09)

 

TRACKLISTING
  1. The Supreme Moment / 6.57
  2. Let Sleeping Corpses Die / 6.15
  3. Only The Strong Can Survive / 3.27
  4. Black Hearts Will Break / 5.01
  5. The Great Work / 00.47
  6. Bedbound (In The House Of Doom) / 4.40
  7. Specimen N°7 / 3.43
  8. In Defiance / 5.56
  9. Walking Through Walls / 4.44
  10. I Am God, You Are Denied / 7.18
TOTAL PLAYING TIME : 49.00

 

DISCOGRAPHY

 

 

CANDLEMASS (1984 -

 

 

Né des cendres de Nemesis, Candlemass s’est imposé grâce à ses quatre premiers opuscules comme la figure tutélaire du doom metal épique et lyrique. Mais au début des années 90, le départ de son chanteur, le charismatique moine Marcolin ouvre une période de turbulences pour le groupe mené d’une main de fer par son bassiste et principal compositeur Leif Edling. Il faut dire à sa décharge que cette décennie n’est pas propice au genre. Les albums enfantés à cette époque, bien que publiés sous l’étiquette Candlemass, n’ont qui plus est, pas grand chose à voir avec leurs aînés des eighties. Depuis, suite au retour (éclair) de Messiah Marcolin puis au recrutement de l’excellent Robert Lowe pour le remplacer, le groupe connaît un nouvel âge d’or.

S’il ne devait en rester qu’un : KING OF THE GREY ISLANDS (2007)

 

SWEDEN ORIGINE
EPIC / HEAVY DOOM METAL GENRE
1984 FORMATION
LINE-UP
ROBERT LOWE (VOCALS)
LASSE JOHANSSON (GUITARS)
MAPPE BJÖRKMAN (GUITARS)
LEIF EDLING (BASS)
JAN LINDH (DRUMS)
PAST MEMBERS
JOHAN LANGQUIST (VOCALS) : 1986
MESSIAH MARCOLIN (VOCALS) : 1987 – 1991 / 2001 – 2006
THOMAS VIKSTRÖM (VOCALS) : 1991 – 1992
BJÖRN FLODKVIST (VOCALS) : 1997 – 1999
KLAS BERGWALL (GUITARS) : 1986
MIKE WEAD (GUITARS) : 1987
MIKE AMOTT (GUITARS) : 1997 – 1998
PATRIK INSTEDT (GUITARS) : 1997 – 1998
MATS STAHL (GUITARS) : 1998 – 1999
MATS EKSTRÖM (DRUMS) : 1984 – 1986
JEJO PERKOVIK (DRUMS) : 1997 – 1999
CARL WESTHOLM (KEYBOARDS) : 1999
 BANDS
ABSTRAKT ALGEBRA, ARCH ENEMY, ARMAGEDDON, CARCASS, CARNAGE, CONCEPT OF GOD, KING DIAMOND, JUPITER SOCIETY, KRUX, MEMENTO MORI, MERCYFUL FATE, SOLITUDE AETURNUS, SPIRITUAL BEGGARS, THERION

 

 

DISCOGRAPHY

 

EPICUS DOOMICUS METALICUS (1986)
NIGHTFALL (1987)
ANCIENT DREAMS (1988)
TALES OF CREATION (1989)
LIVE (1990 / LIVE)
CHAPTER VI (1992)
AS IT IS, AT IT WAS (1994 / COMPILATION)
DACTYLIS GLOMERATA (1998)
FROM THE 13th SUN (1999)
THE BLACK HEART OF CANDLEMASS (2002 : COMPILATION)
DOCUMENTS OF DOOM (2003 / DVD)
DOOMED FOR LIVE (2003 / LIVE)
ESSENTIAL DOOM (2004 / COMPILATION)
CANDLEMASS (2005)
THE CURSE OF CANDLEMASS (2005 / DVD)
KING OF THE GREY ISLANDS (2007)
20 YEAR ANNIVERSARY PARTY (2007 / DVD)
LUCIFER RISING (2008 / EP)

 

      

   

   

 

 

http://www.myspace.com/candlemass

 

 

CALDERA

 

 

 

FRANCE ORIGINE

INSTRUMENTAL DOOM METAL / POST ROCK GENRE

2001 FORMATION

LINE-UP

CHRISTOPHE (GUITARS)

CLAUDE (GUITARS)

FLY (BASS)

GIANLUCA (DRUMS)

ANCIENS MEMBRES

MATT (VOCALS)

CHRISTINE (DRUMS)

 GROUPES AFFILIES

CARN, LOW VIBES, MEDECINE BALL CARAVAN

 

 

DISCOGRAPHY

BISON SKULL (2002 / DEMO)

HOLY WORDS TO UNHOL SPECIES (2004 / DEMO)

DEMO 2005 (2005 / DEMO)

MIST THROUGH YOUR CONSCIOUSNESS (2008)

 

 

 

 

 

DANTESCO

 

 

 

PUERTO RICO ORIGINE

EPIC / HEAVY DOOM METAL GENRE

2003 FORMATION

LINE-UP

ERICO LA BESTIA (VOCALS)

RAMON DE JESUS (BASS, GUITARS)

DENNIS TORRES (GUITARS)

JOEL CARRASQUILLO (GUITARS)

WAMPA (DRUMS)

ANCIENS MEMBRES

DANIEL ORTIZ (GUITARS)

DIABLO (DRUMS)

 

 

DISCOGRAPHY

DE LA MANO DE LA MUERTE (2005)

PAGANO (2008)

 

 

http://www.myspace.com/dantescoepico  

 

 

DANTESCO : PAGANO

 

 

Toi. Oui toi, là bas au fond de la classe. Tu aimes le bon vieil heavy metal des familles avec un chanteur qui s’est coincé les couilles dans sa braguette ? Tu aimes quand le heavy metal se la joue épique ? Tu aimes quand le heavy metal enfile son dard vigoureux dans la caverne sombre du doom dans ce qu’il a de plus classique, c’est-à-dire quand il se souvient de ses racines heavy justement ? Alors tu devrais jeter une oreille (voire deux) sur cette seconde hostie de Dantesco après De La Mano De La Muerte sorti il y a cinq ans.

Pagano se révèle même être un très bon cru dans le genre. Il démontre du reste que cette musique pour aussi noire qu’elle soit, n’a pas forcément besoin d’un contexte géographique chargé de pluie, de froid et de gris. Le soleil ne l’empêche pas de naître et de proliférer. La preuve, Dantesco a vu la nuit à Porto Rico ( ?). Cette origine singulière se dessine à travers le recours fréquent à des arpèges hispanisants qui suintent le chagrin (“ Santa Croce Titulus ”, “ De la Mano De La Muerte ”) et surtout à un chant lyrique en espagnol. On tient là d’ailleurs à la fois le principal défaut (cette langue ensoleillée convient-elle vraiment au doom ?) et une bonne partie du charme (on finit par s’habituer à ces accents exotiques) d’un groupe qui maîtrise parfaitement son propos. Tel un Janus musical, Pagano affiche deux visages, tantôt sombre, tantôt chaleureux, une ambivalence qui participe d’une identité déjà bien affirmée.

Ces neuf titres (plus deux bonus pour l’édition européenne, dont une reprise dispensable du “ Gethsemane ” de Andrew Lloyd Weber), souvent assez (trop) longs, se délestent d’un sacré quota de plomb grâce au travail des guitaristes qui savent forger des riffs trempés dans l’acier (“ Su Sangre Es Mia ”) et décocher quelques soli lumineux particulièrement inspirés ou des harmonies à la Maiden toujours efficaces. L’énorme “ Anibal ” du haut de ses dix minutes est un petit bijou de heavy doom lourd, racé, mélancolique, à l’instar de la plupart de ses petits camarades, notamment le superbe “ I Came From Hell ”, bonus qui d’ailleurs aurait mérité de figurer dans le menu officiel.

Certes, on ne goûtera peut-être pas aux vocalises haut perchées du chanteur tout comme on trouvera que Pagano est parasité par quelques longueurs ainsi que par une production qui manque un peu de puissance. Il n’en demeure pas moins que l’on tient là une œuvre rafraîchissante et sympathique enfantée par des musiciens sincères et talentueux. Ce qui n’est déjà pas si mal. Les fans de Candlemass, Solitude Aeturnus ou Forsaken y seront à l’aise comme dans une bonne vieille paire de pantoufles confortable. (20/08/08)

 

TRACKLISTING

  1. Santa Croce Titulus / 6.09
  2. La Ultima Visita De Grendel / 6.51
  3. Por Tu Santo Amor / 5.55
  4. Su Sangre Es Mia / 7.16
  5. Exorcista / 7.33
  6. De La Mano De La Muerte / 4.27
  7. En El Bosque… Esta Noche / 6.20
  8. Aguila De Sangre / 6.52
  9. Anibal / 9.38
  10. I Came From Hell / 5.11 [bonus track]
  11. Gethsemane / 5.51 [bonus track]

TOTAL PLAYING TIME : 72.03

 

2008

7.5/10

CRUZ DEL SUR

 

DISCOGRAPHY

 

http://www.myspace.com/dantescoepico  

 

 

CONCEPT OF GOD

 

 

 

USA ORIGINE

HEAVY DOOM METAL GENRE

1999 FORMATION

LINE-UP

ROBERT LOWE (VOCALS)

STEVE MOSELEY (GUITARS)

JAMES MARTIN (BASS)

JOHN COVINGTON (DRUMS)

ANCIEN MEMBRE

RIVER TUNNELL (BASS)

 GROUPES AFFILIES

CANDLEMASS, HYD, LAST CHAPTER, OMEGA THESIS, SOLITUDE AETURNUS, ZANISTER

 

 

DISCOGRAPHIE

VISIONS (2007)

 

 

http://www.myspace.com/conceptofgod  

 

 

CONCEPT OF GOD : VISIONS

 

 

Enregistré entre 2000 et 2001, ce n’est pourtant qu’aujourd’hui que cette première saillie de Concept Of God voit la lumière du jour. C’est que lors de sa réalisation, la faute à un Solitude Aeturnus en sommeil, Robert Lowe et Steve Moseley, respectivement chanteur et guitariste des doomsters américains et à la tête de ce projet, n’intéressent alors plus grand monde. Bien entendu, il en va tout autrement désormais depuis la renaissance de leur principal pied à terre et surtout depuis que le chanteur a rejoint les rangs de Candlemass suite à l’éviction du versatile Messiah Marcolin.

Entre Alone et le DVD / live Hour Of Despair de Solitude Aeturnus, le Kings Of The Grey Islands des Suédois et enfin ce Visions, l’indigestion de Robert Lowe nous guette. Sauf que, décidément, on ne se lasse pas de lui, de sa voix puissante et théâtrale. Au point que la consommation du Robert lowe pourrait même être conseillée et en vente dans toutes les bonnes pharmacies ! Sans surprise, celui qui s’avère être l’un des meilleurs vocalistes du circuit, porte quasiment à lui tout seul sur sa voix magique, cet opus, au demeurant riche en plomb sans pour autant atteindre les records sismiques des enclumes de Candlemass (il lui manque la basse granitique de Leif Edling) ni la dimension épique et désespérée de Soltiude Aeturnus.

Moins doom et tout simplement plus hard rock à l’ancienne, ce que tend à confirmer la relecture minérale du fameux “ Man On The Silver Mountain ” de Rainbow, enflammé à l’origine par Ronnie James Dio, le modèle éternel du Robert lequel, on s’en souvient, s’était déjà frotté au répertoire du lutin via la reprise du, excusez du peu, “ Heaven And Hell ” de Black Sabbath sur Adagio en 1998, et bien que pâtissant d’une production qui manque un peu de couilles, “ Past Perfect ”, “ Visions ”, “ Hearing Voices ” ou bien “ Traces ” n’en sont pas moins de très bons titres, ramassés et accrocheurs, bien heavy et plombés par des guitares lourdes et pétrifiées (“ Fires Of Life ”).

On pense forcément au port d’attache habituel dont sont issus les trois quart du groupe (le batteur John Convington en a également fait partie autrefois), mais entre les riffs forgés par Moseley et surtout la voix majestueuse et haut perchée, qui fleurte avec le tragique parfois (comme sur le sabbathien “ Unspoken ”, sans doute l’apogée de l’album) de Lowe, comment pourrait-il en être autrement ? D’ailleurs, on ne se plaindra de la similitude, bien au contraire.

Encore un bon cru donc pour le chanteur. Et si les membres de Concept Of God nous promettent un second essai très vite, on ne peut s’empêcher de douter de l’avenir d’un projet coincé désormais au milieu de l’emploi du temps chargé de son identité vocale, quand bien même ni Solitude Aeturnus ni Candlemass ne sont réputés pour l’hyper activité scénique. A voir. (26/07/08)

 

 2007

 8 / 10

MASSACRE

TRACKLISTING

I) Past Perfect / 4.04

II) Visions (Nightmares) / 6.41

III) Soul Embrace / 5.48

IV) Hearing Voices / 4.47

V) Falling Down / 4.18

VI) Traces  / 6.13

VII) Fires Of Life / 4.58

VIII) Unspoken / 8.07

IX) Man On The Silver Mountain / 3.44

TOTAL PLAYING TIME : 48.40

 

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/conceptofgod  

 

 

 

GRAND MAGUS

 

 

 

SUEDE ORIGINE

HEAVY DOOM METAL GENRE

1996 FORMATION

LINE-UP

JANNE “JB” CHRISTOFFERSSON (VOCALS, GUITARS)

 FOX (BASS)

SEBASTIAN (DRUMS)

ANCIENS MEMBRES

FREDRIK LIEFVENDAHL (DRUMS)

 GROUPE AFFILIE

SPIRITUAL BEGGARS

 

 

DISCOGRAPHIE

IT’S OVER (2001 / SPLIT)

GRAND MAGUS (2001)

MONUMENT (2003)

WOLF’S RETURN (2005)

IRON WILL (2008)

 

   

 

 

http://www.myspace.com/grandmagusrocks  

 

 

GRAND MAGUS : IRON WILL

 

Autrefois principal port d’attache de Mike Amott, Spiritual Beggars n’est plus aujourd’hui qu’un side-project (ce qui n’enlève rien à sa réussite), la faute à un Arch Enemy dont le succès depuis l’arrivée en 2001 de la teutonne Angela Gossow est autrement plus grand que le sien. Ce statut insatisfaisant pourrait être pénible pour son chanteur, JB, dont l’intronisation à ce poste coïncide justement avec le ralenti opéré par le groupe en terme de productivité avec les opus On Fire (2002) et Demons (2005). Mais, à l’instar de ses autres compagnons, l’homme est occupé ailleurs. On peut même affirmer que son Grand Magus est un vrai jardin secret pour lui, le lieu qui lui correspond le mieux, quand bien même il se montre très à son aise avec les Beggars qui demeure toutefois avant tout la chose de l’ex-Carcass.

Assimilé maladroitement à la vague stoner, terme qui ne veut absolument rien dire du reste, avec son premier méfait éponyme, plus les années passent, plus Grand Magus semble s’éloigner des rivages du doom occulte de ses débuts pour accoster la terre du pur heavy, celui des origines, qu’il plonge dans les fjords scandinaves. A l’écoute de son quatrième album, Iron Will, au titre parfait car à son image, c’est-à-dire sans fioriture, dépouillé et fleurant autant l’acier que les forêts nordiques, on sent bien que le trio se nourrit de la NWOBHM et de la veine épique à la Manilla Road et Cirith Ungol. Dès “ Like The Oar Strikes The Water ”, l’impression d’entendre un Maiden de l’ère Di Anno à la sauce Viking s’impose.

Bati sur une rythmique rugueuse, dont une basse omni présente, Iron Will est surtout porté par le chant énorme de JB, assurément le meilleur vocaliste dans le genre actuellement avec Robert Lowe (Candlemass, Solitude Aeturnus) et Mats Leven (Krux, Therion). Pour être simples, les riffs velus n’en répandent pas moins le souffle du Grand Nord, à l’image du monumental “ I am The North ”, plus bel hommage aux steppes enneigées entendu depuis le Sons Of Northern darkness d’Immortal en 2002.

Tout l’art du groupe, à l’exception de quelques chevauchées sur le bien nommé Monument, réside d’ailleurs dans cette capacité à être épique et à nous faire voyager sans pour autant sombrer ni dans la mégalomanie ni dans les titres à rallonge, défaut inhérent à beaucoup de groupes se prenant pour la plus grande invention depuis le Bathory époque Twilight Of The Gods. Ici, au contraire, tous les morceaux sont courts, concis ; ils vont à l’essentiel, ce que le groupe étaient déjà parvenu à faire avec son précédent effort, Wolf’s Return, dont ce nouvel opus est un peu le petit frère. Surtout, avec un sens de l’économie admirable, Grand Magus se pare d’une aura noire et presque mystique que beaucoup de gargouilles du dimanche grimées chez Leroy Merlin ne pourront jamais se targuer de dégager. Gigantesque.

Encore un très grand disque de la part d’un groupe qui frôle encore de peu le chef-d’œuvre. (23/06/08)

 

 2008

 8.5 / 10

RISE ABOVE

TRACKLISTING

I) Like The Oar Strikes The Water / 3.13

II) Fear Is The Key / 3.31

III) Hövding / 0.39

IV) Iron Will / 5.01

V) Silver Into Steel / 4.15

VI) The Shadow Knows / 5.35

VII) Self Deceiver / 4.49

VIII) Beyond Good And Evil / 5.15

IX) I Am The North / 8.56

 

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/grandmagusrocks