Entries Tagged as 'MEDIEVAL FOLK METAL'

STILLE VOLK (1994 -

 

 

Basé à Tarbes, Stille Volk est un duo formé autour de Lafforgue et Roques, qui collaboraient déjà ensemble dans Eviternity au début des années 90. Repéré grâce à la démo Ode Aux Lointains Souverains, le groupe est signé par Holy Records. Hantaoma, sa première cuvée rencontre un vif succès. Stille Volk est considéré comme une référence au sein de la scène pagan metal quand bien même son art est acoustique et très rarement électrique.

S’il ne devait en rester qu’un : Nueit De Sabbat (2009)


FRANCE ORIGINE
MEDIEVAL PAGAN METAL GENRE
1994 FORMATION
LINE-UP
PATRICK LAFFORGUE (VOCALS, WIND INSTRUMENTS)
PATRICE ROQUES (STRINGS)
PASTS MEMBER
YAN AREXIS (PERCUSSIONS)
 BANDS
BRAINDEATH, EVITERNITY, HANTAOMA
CONTACT

www.myspace.com/stillevolk

 

 

 

DISCOGRAPHY

 

ODE AUX LOINTAINS SOUVERAINS (1996 / DEMO)
HANTAOMA (1997)
AS WE DIE FOR… PARADISE LOST (1998 / TRIBUTE)
EX-UVIES (1998)
SATYRE CORNU (2001)
MAUDAT (2003)
NUEIT DE SABBAT (2009)

 

          

  

 

 

 

STILLE VOLK : NUEIT DE SABBAT (2009)

 Holy Records – 8.5 / 10

 

Cela faisait longtemps que nous n’avions plus eu de nouvelles discographiques de Stille Volk. Depuis 2003 en fait et sa quatrième offrande, Maudat ; depuis 2005 si l’on compte l’album de Hantaoma, Malombra, le projet de black metal païen des têtes pensantes Lafforgue et Rocques. C’est donc avec plaisir que l’on accueille aujourd’hui la sortie de Nueit De Sabbat.

On n’en voudra pas trop à Holy Records de vouloir surfer sur la vague pagan metal en affichant bien haut cette étiquette pour promouvoir cette cuvée. Après tout, le label a cru dans le duo depuis leurs débuts au milieu des années 90 et celui-ci fut même une de ses premières signatures avec Tristitia et Yearning (ah, toute une époque !).

Ceci dit, Stille Volk fait bien en effet du pagan metal. Mais attention, si vous êtes de ceux qui ne voient dans le genre qu’une musique festive, sautillante et guillerette où les grosses guitares s’accouplent avec des instruments traditionnels, vous risquez d’être déçu si vous ne connaissez pas déjà l’art du groupe. Car, certes, le duo aligne comme des pinces à linge sur un fil certains invariants du folk metal, tels que le recours à tout un arsenal d’instruments anciens (guimbarde, luth, mandoline, percussions, vielle à roue…) et une inspiration tant musicale que textuelle qui s’abreuve à la source du folklore et des légendes.

Mais  ce vétéran d’un mouvement désormais à la mode (faut-il s’en réjouir ?) développe une vision pure et intégriste du genre, qui passe par l’absence de guitares électriques (sauf sur le bizarre Ex-Uvies) ou de batterie et par l’utilisation de la langue d’occitane. De plus il pare son art d’une noirceur palpable, presque inquiétante (les superbes « Forêt d’Outre-tombe », « Egérie Nocturne »). Le visuel, particulièrement réussi, participe aussi de cette aura aux confins du fantastique.

Recueil de onze ritournelles, Nueit De Sabbat convoque les esprits qui peuplaient jadis les forêts, fait revivre une époque sombre où les hommes croyaient encore aux divinités des bois, de la nature. Stille Volk nous convie à un banquet afin de festoyer à la manière médiévale, de faire bombance à travers nourriture, alcool, orgie et jeux barbares (« Banquet », « Ivresse Des Dieux »…). Le groupe nous plonge dans le folklore pyrénéen avec son savoir-faire et sa réussite habituels, en une danse sacrée et païenne qui envoûte et intrigue.

Néanmoins, cet album se veut nettement moins sombre, moins étrange également, que son prédécesseur, Maudat. Il s’impose même sans doute comme l’œuvre la plus mélodique, la plus accessible, musicalement parlant, du tandem qui, se faisant, vient d’accoucher de ce qui restera peut-être la pierre (philosophale) angulaire de sa carrière, grâce à ces petits bijoux d’écriture que sont les magnifiques « La danse De La Corne », « Joglar », « Gaste Famme » et « Nueit De Sabbat ».

Stille Volk demeure donc résolument à part au sein de la scène folk metal, fort de cette identité singulière qu’il est le seul à posséder. Unique comme toujours. (06.02.09)

 

TRACKLISTING
  1. La Danse De La Corne / 6.17
  2. Joglar / 6.42
  3. Banquet / 4.25
  4. In Taberna / 2.57
  5. Forêt d’Outre-tombe / 4.44
  6. Egérie Nocturne / 5.40
  7. Mascaria / 6.33
  8. Ivresse Des Dieux / 5.43
  9. Bestiari / 4.42
  10. Gaste Flamme / 5.32
  11. Nueit De Sabbat / 6.20
TOTAL PLAYING TIME : 59.35

 

DISCOGRAPHY

 

 

CORDE OBLIQUE (2005 -

 

 

Connu grâce à Lupercalia, Riccardo Prencipe est un guitariste acoustique napolitain. En 2005, il fonde Corde Oblique qui lui permet, à travers une musique romantique et émotionnelle, de collaborer avec de nombreux et surtout brillants artistes.

S’il ne devait en rester qu’un : VOLONTA D’ARTE (2007)


ITALY ORIGINE
ETHEREAL MEDIEVAL FOLK GENRE
2005 FORMATION
LINE-UP
RICCARDO PRENCIPE (GUITARS)
PAST MEMBER
 BANDS
LUPERCALIA

 

 

DISCOGRAPHY

 

RESPIRI (2005)
VOLONTA D’ARTE (2007)
THE STONES OF NAPLES (2009)

 

    

 

  www.myspace.com/cordeobliqueunofficial 

 

 

LIVE : PARIS 20.12.2008

 

CORDE OBLIQUE : RESPIRI (2005)

 ARK RECORDS – 9 / 10

 

Vous recherchez une musique qui, belle et sereine, apaise, vous transporte, vous fait voyager ? Alors Respiri est fait pour vous. Troisième offrande écrite par le guitariste classique Riccardo Prencipe mais le premier qu’il publie avec son projet Corde Oblique, cet album est un enchantement de tous les instants.

Généralement accompagné par un violoniste, le remarquable Alfredo Notarloberti, le Napolitain y propose quinze perles acoustiques d’inspiration médiévale dont la pureté tient du miracle divin. Ces ritournelles sont parfois instrumentales (« Fantasia Sui Tasti Bianchi », « Progressive »), le plus souvent colorées de lignes vocales soient féminines (voire soprano pour « Dentro ») soient masculines. Belles comme un chat qui dort, elles égrènent une mélancolie émouvante (le cristallin « … Di Parigi », qui voit Riccardo marier son jeu à celui d’un piano) face à laquelle il est bien difficile de rester de marbre.

Virtuose, le guitariste ne ressent jamais l’obligation d’en mettre plein la vue ; sobre et dépouillé, son jeu est avant tout émotionnel, comme l’illustre le poignant « A Guitar Sounded Like A Lute ». Chaleureuse, sa guitare sait toujours partager l’espace avec les autres instruments, tel que la clarinette sur l’aérien « Ascesi ».

Je dois bien avouer que je ne sais pas trop quoi ajouter. Respiri est une œuvre précieuse, un émerveillement rare, un instant magique comme suspendu dans le temps. Que dire de plus ? Que tous les titres, de « My Promise » à « Winds Of Fortune » (long de plus de dix minutes !), de « Eevtni » à « Waves » sans oublier « Orme », sont de véritables  bijoux d’écriture et d’interprétation ? C’est vrai. Que la meilleure chose à dire à son endroit est encore de tout simplement l’écouter ? C’est toujours vrai.

Alors bien entendu, Corde Oblique, c’est très loin du metal et beaucoup passeront sans doute leur chemin (quand bien même le metalleux est généralement bien plus ouvert qu’on ne croit mais ceci est une autre histoire), toutefois les amoureux de voix féminines chatoyantes, les fans de Blackmore’s Night et finalement tous ceux qui aiment la bonne musique, une musique qui respire, qui touche l’âme autant que le cœur, une musique capable de faire couler des larmes même chez le fan de Burzum (comme moi par exemple !), une musique ensoleillée qui appelle à l’introspection, à la méditation,  et bien tout ceux-là devraient être séduits, et plus encore, par le talent immense de Riccardo Prencipe, artiste encore bien trop méconnu en France.    (14.01.09)

 

TRACKLISTING
  1. Intro (Captatio Benevolaentiae) / 1.35
  2. My Promise / 5.30
  3. Eventi / 4.15
  4. Waves / 6.13
  5. … Di Parigi Part 1 / 0.10
  6. … Di Parigi Part 2 / 4.35
  7. Ascesi / 6.22
  8. Orme / 4.40
  9. Fantasia Sui Tasti Bianchi / 3.22
  10. A Guitar Sounded Like A Flute Part 1 / 0.19
  11. A Guitar Sounded Like A Flute Part 2 / 3.43
  12. Dentro / 4.39
  13. Le Onde / 2.05
  14. Progressive / 2.40
  15. Winds Of Fortune / 10.38
TOTAL PLAYING TIME : 60.47

 

DISCOGRAPHY

 

www.myspace.com/cordeobliqueunofficial 

 

 

 

BLACKMORE’S NIGHT : PAST TIMES WITH GOOD COMPANY (2002)

 SPV – 9.5 / 10

 

Ritchie Blackmore et les lives, c’est une longue histoire d’amour débutée en 1972. A cela rien de surprenant quand on sait que c’est bien sur scène, quand bien même il excelle aussi sur disque, que le talent du guitariste prend toute son envergure, toute sa dimension. Made In Japan (1972),  Made In Europe (1976) et le Live In London (1982) pour Deep Purple, On Stage  (1977) pour Rainbow sans oublier tous les trésors exhumés ses dernières années tels que le Mark III – The Final Concerts (1996) pour le premier, Live In Munich 1977  (2006) pour le second, sa carrière est balisée par des enregistrements de ce type tout bonnement mythiques.

A cette litanie immortelle, on peut désormais rajouter ce premier double live de Blackmore’s Night, projet que l’on ne présente plus maintenant. Capturé en Allemagne, sans doute avec le Japon où l’Homme en noir est un dieu vivant, le premier pays à avoir succombé à la musique écrite par le précieux duo, durant le Fires At Midnight Tour, Past Times With Good Company pioche comme il se doit dans les trois albums que le groupe a alors dans sa besace : Shadow Of The Moon (« Shadow Of The Moon », absolument gigantesque, « Play Minstrel Play » et son bouquet final, l’instrumental « Minstrel Hall », « Renaissance Faire » et le très rock « Writing On The Wall »), Under A Violet Moon (« Past Time With Good Company », « Under A Violet Moon », le très beau « Beyond The Sunset », « Morning Star », introduit par un violon aux accents presque tziganes et le médiéval « Durch Den Wald Zum Bachhaus ») et bien sûr le petit dernier (« Fires At Midnight », long de plus de douze minutes, « Home Again » et « I Still Remember »).

Le couple n’oublie pas cependant de revisiter deux classiques de l’ancien répertoire du ténébreux musicien avec le squelettique « Soldier Of Fortune » pour le Pourpre Profond et Sixteenth Century Greensleeves pour l’Arc-en-ciel. Mais avec intelligence et intégrité, Ritchie ne se repose jamais sur sa gloire d’antan et ces emprunts à son passé demeurent toujours parcimonieux là où de nombreux artistes auraient fait le choix prudent de ne proposer que des reliques propices à séduire les vieux fans. Pas de ça chez le Britannique qui préfère faire honneur à ses nouvelles compositions, qui d’ailleurs, le méritent amplement, celles-ci n’ayant rien à envier à leurs devancières accouchées par ses deux anciens ports d’attache.

D’autant plus que, fidèle à son habitude, Blackmore, sur scène, ne se contente jamais de proposer des calques des versions studio. Ainsi, ces chansons ont bien souvent des allures de piste de décollage, portes ouvertes à toutes les transformations possibles, même si les années 70 et leurs dérives démentielles, qui voyaient les titres s’étirer d’une manière hallucinante, sont loin désormais. Ces morceaux n’en sont donc pas moins transcendés par une bande de ménestrels au talent énorme. Il suffit d’écouter le jeu du guitariste durant  le monumental « Fires At Midnight » ou bien la seconde partie de « Past Time With Good Company » qui a quelque chose d’une fête médiévale colorée, pour s’en rendre compte.

Et si Candice Night livre tout du long une performance dont il faut louer l’excellence, que dire d’un Ritchie qui brille lui aussi de mille feux, aussi à l’aise en électrique qu’en acoustique, format qui lui ne pardonne aucune approximation. Contrairement à ce beaucoup pense, il n’a donc rien perdu de sa maîtrise. Mieux, rarement, son jeu aura été aussi précis, fin et surtout chargé d’émotion.

Elégant et racé, Past Times With Good Company se révèle être donc un live incontournable, à conseiller aussi bien aux amateurs de Blackmore’s Night (cela va de soi) mais aussi à tous ceux (les plus nombreux, malheureusement) qui ont zappé ce pan dans la carrière du guitariste depuis la sabordage de Rainbow. Ces derniers se rendront compte alors qu’ils ont eu tort même si Ritchie n’officie clairement plus (quoique) dans le registre que les fans de Deep Purple auraient voulu le voir embrasser à tout jamais. L’homme n’en a toujours fait qu’à sa tête… et c’est tant mieux ! (03.12.08)

 

TRACKLISTING

DISC 1

  1. Shadow Of The Moon / 10.56
  2. Play Minstrel Play / 4.34
  3. Minstrel Hall / 5.43
  4. Past Time With Good Company / 7.05
  5. Fires At Midnight / 12.29
  6. Under A Violet Moon / 5.01
  7. Soldier Of Fortune [Deep Purple Cover] / 4.22

DISC 2

  1. 16th Century Greensleeves [Rainbow Cover] / 4.44
  2. Beyond The Sunset / 5.28
  3. Morning Star / 6.09
  4. Home Again / 6.33
  5. Renaissance Faire / 5.08
  6. I Still Remember / 7.03
  7. Durch Den Wald Zum Bachhaus / 3.12
  8. Writing On The Wall / 5.59
TOTAL PLAYING TIME : 94.25

 

DISCOGRAPHY

 

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BLACKMORE’S NIGHT : FIRES AT MIDNIGHT (2001)

 SPV – 8.5 / 10

 

Fires At Midnight est un album important dans la carrière de Blackmore’s Night car, on s’en rend compte maintenant, il en forme le pivot, le tournant stylistique. En effet, après deux disques – Shadow Of The Moon et Under A Violet Moon – passés à dessiner une musique à mi-chemin entre le folk progressif et le rock oscillant entre électrique (un peu) et acoustique (beaucoup), ce troisième essai montre un Ritchie Blackmore qui semble (enfin) vouloir, certes encore timidement, renouer néanmoins avec son passé.

Résultat, jamais depuis la renaissance (éphémère) de Rainbow avec le mésestimé Stranger In Us All en 1995, la guitare du maître n’avait autant rugi, et ce, dès le premier titre, l’accrocheur « Written In The Stars », durant lequel sa Stratocaster vient égrener ses notes si reconnaissables. Bien sûr, Fires At Midnight est toujours émaillé de nombreuses déambulations médiévales et acoustiques, telles que « Home Again », « Crowning Of The King », d’instrumentaux qui offrent à Blackmore tout le loisir de démontrer sa maîtrise des arpèges dépouillés (« Fayre Thee Well », « Praetorius ») et ballades diaphanes (« Hanging Tree»), mais à leurs côtés, il y a une poignée de compositions très rock, équilibre parfait entre emprunts Renaissance et musique électrique (bien plus nombreuses que sur ses deux aînés). Celles-ci sont d’ailleurs les plus belles du lot.

Comment de ce fait, ne pas être ensorceler par l’arabisant « I Still Remember », le sombre et monumental « Fires At Midnight », percé du plus grand (et plus long !) solo, largement digne des grandes heures de Deep Purple et de Rainbow, que l’Homme en noir a décoché depuis longtemps et le virevoltant « Village On The Sand ». Ajoutons à cette liste le puissant, bien qu’acoustique, « Storm » qui débute calmement avant de décoller au rythme d’un tempo des plus enlevés.

Important disais-je au début de cette chronique, cet album l’est aussi pour deux autres raisons : il marque la naissance de la collaboration durable entre le duo et le label SPV, laquelle coïncide avec l’ascension commerciale du projet et un embryon de groupe commence à se former autour du couple pour la tournée qui va suivre avec des musiciens qui l’accompagneront pendant longtemps, tels que le bassiste Robert Of Normandie, le batteur Sir Malcolm Of Lumley et les deux choristes Lady Nancy et Lady Madeline.

Il va sans dire enfin que Ritchie et Candice livrent chacun à nouveau une interprétation en tout point remarquable. Fires At Midnight se révèle être donc un très grand cru, (alors) le plus rock de leur discographie également, et qui pourrait peut-être même réconcilier, du moins on le souhaite, les fans des anciens navires du guitariste avec ce qu’il écrit désormais. Il le mérite. (01.12.08)

 

TRACKLISTING
  1. Written In The Stars / 4.49
  2. The Time They Are A Changin’ [Bob Dylan Cover] / 3.33
  3. I Still Remember / 5.43
  4. Home Again / 5.27
  5. Crowning Of The King / 4.32
  6. Fayre Thee Well / 2.08
  7. Fires At Midnight / 7.36
  8. Hanging Tree / 3.47
  9. Storm / 6.12
  10. Mid Winter’s Night / 4.30
  11. All Because Of You / 3.37
  12. Waiting Just For You / 3.17
  13. Praetorius (Courante) / 1.57
  14. Benzai-Ten / 3.52
  15. Village On The Sand / 5.04
  16. Again Someday / 1.39
  17. Possum’s Last Dance [Bonus Track] / 2.42
TOTAL PLAYING TIME : 70.29

 

DISCOGRAPHY

 

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BLACKMORE’S NIGHT : UNDER A VIOLET MOON (1999)

 EDEL – 8.5 / 10

 

Contre toute attente et alors que ses fans de la première heure espèrent que Shadow Of The Moon resterait sans lendemain, Ritchie Blackmore revient deux ans plus tard avec une seconde offrande sous la bannière de son projet acoutisco-médiéval qu’il a monté avec sa compagne Candice Night. La chance de pouvoir écouter un jour un nouvel essai de Rainbow lequel, était pourtant encore envisagé en 1997 avec un line-up qui aurait totalement été remanié (la rumeur d’un retour de Ronnie James Dio circulera même à cette époque), semble de fait de plus en plus improbable.

Apaisé et heureux comme il ne l’a pas été depuis très (très) longtemps, le ténébreux guitariste a donc décidé de se concentrer désormais uniquement sur Blackmore’s Night, au sein duquel il apparaît effectivement très l’aise.

Sans surprise, Under A Violet Moon poursuit le chemin entamé par son aîné avec sa collection de ritournelles folkloriques essentiellement acoustiques même si l’Homme en noir sait encore dégainer sa Stratocaster durant de rares instants, à l’image du superbe « Gone With The Wind », rehaussé de chœurs grandioses, un des meilleurs titres du lots, le plus rock également. Alors certes, c’est toujours une jouissance de pouvoir entendre le maître jouer en électrique, mais il faut pourtant se faire une raison : celui-ci en a visiblement ras le slip du hard rock, courant dont il fût portant un des géniteurs et, à cinquante ans (bien) passés, il aspire à composer une musique qui dorénavant lui correspond davantage. Que l’on aime ou non cette nouvelle orientation, reconnaissons au guitariste sa sincérité. Son intégrité aussi car combien il lui eut été facile de continuer sur la lancée de Stranger In Us All, le dernier Rainbow en date. Reconnaissons aussi l’incontestable réussite dans cette voie originale du couple, secondé ici le temps de quatre morceaux par Jens Johansson (Yngwie Malmsteen, Stratovarius…) aux claviers.

S’il ne parvient pas à égaler son prédécesseur, Under A Violet Moon n’en est pas moins riche de très bonnes compositions, illuminées par la voix aérienne, cristalline de Candice, aussi radieuse que le jeu de son compagnon est noir. Citons notamment l’entraînant titre éponyme (un classique aujourd’hui), le médiéval « Past Time With Good Company », l’orientalisant « Morning Star » et son violon emprunt d’une gravité certaine, les instrumentaux « Possum Goes To Prague » et « Beyond The Sunset », qui démontrent si besoin en était encore tout le feeling dont Ritchie est capable, ou bien encore l’hispanisant « Spanish Nights », introduit par des arpèges d’une beauté noire et l’étonnante reprise de Rainbow « Self Portrait », extrait du premier opus de 1975.

Par rapport à Shadow Of The Moon, cette cuvée se teinte de couleurs plus moyenâgeuses encore (« March The Heroes Home », le diaphane « Catherine Howard’s Fate », « Durch Den Wald Zum Bach Haus ») tout en étant moins électrique.

Blackmore’s Night confirme donc avec cet album, l’un des préférés du duo, qu’il est un projet sérieux et en rien éphémère. Et à titre personnel, je m’en réjouis, estimant que le guitariste n’a sans doute pas été aussi inspiré depuis le début des années 80. Nombreux sont pourtant ceux qui ne partagent pas mon avis, même si c’est moins le cas dorénavant… (29.11.08)

 

TRACKLISTING
  1. Under A Violet Moon / 4.24
  2. Castles And Dreams / 3.33
  3. Past Time With Good Company / 3.24
  4. Morning Star / 4.41
  5. Avalon / 3.03
  6. Possum Goes To Prague / 1.13
  7. Wind In The Willows / 4.13
  8. Gone With The Wind / 5.24
  9. Beyond The Sunset / 3.45
  10. March The Heroes Home / 4.39
  11. Spanish Nights (I Remember It Well) / 5.23
  12. Catherine Howard’s Fate / 2.34
  13. Fool’s Gold / 3.32
  14. Durch Den Wald Zum Bach Haus / 2.31
  15. Now And Then / 3.11
  16. Self Portrait [Rainbow Cover] / 3.18
TOTAL PLAYING TIME : 58.48

 

DISCOGRAPHY

 

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BLACKMORE’S NIGHT : SECRET VOYAGE

 

 

Il y a deux façons d’aborder un nouvel opus de Ritchie Blackmore sous la bannière qu’il forme depuis 1997 avec sa compagne, la radieuse Candice Night : la mauvaise et la bonne. La première se réduit bien souvent en un compte d’apothicaire qui cherche à énumérer le nombre de chansons durant lesquelles le maître ressort sa Stratocaster (il y en 5 cette fois-ci, mais nous y reviendrons). La seconde tient de la démonstration : Blackmore’s Night est bel et bien ce qu’il a fait de mieux depuis le sabordage de Rainbow en 1984.

Contrairement à ses anciens compagnons du Pourpre Profond qui sont déjà en pré-retraite (seulement quatre disques depuis 1996 !), l’homme en noir publie aujourd’hui tout de même sa septième offrande avec son projet médiéval et renaissance, si l’on tient compte de la parenthèse Winter Carols. Le ménestrel est donc plus prolifique que jamais. Et plus inspiré surtout. Si on sentait bien que Ghost Of A Rose (2003) avait fixé durablement le style du groupe, entre rock et folklore des temps anciens, Secret Voyage n’en est pas pour autant une resucée. Proche de The Village Lanterne de part son côté électrique de plus en plus affirmé, cette collection de douze chansons possède cette science de l’équilibre parfait entre titres rock lesquels, sont bien entendu transpercés par les interventions magiques de Ritchie, plages folkloriques rafraîchissantes et ballades doucereuses.

Secret Voyage commence très fort (trop peut-être) avec l’intro “ God Save The Keg ”, qui voit pour la première fois Blackmore débuté un de ses disques par un instrumental, invitation au voyage tout d’abord orchestrale et grandiloquente (kitsch diront les mauvaises langues) avant de se colorer de teintes plus sombres avec chœurs grandioses et orgues liturgiques sur fond de guitares électriques et qui s’enchaîne par un admirable fondu au monumental “ Locked Within The Crystal Ball ”, plus de 8 minutes de bonheur et certainement l’apogée de l’album. Dotée d’une rythmique puissante, cette chanson, traversée de multiples ambiances, mélange avec une réussite éclatante tout ce qui fait le charme du groupe : lignes vocales superbes et cristallines de Candice, influences médiévales discrètes et surtout jeu racé et efficace de Blackmore (il faut voir comme sa guitare surgit toujours dont on ne sait où).

Après un tel déluge, les morceaux suivants ont forcément moins de saveur et beaucoup souhaiteraient certainement que Ritchie se limite à ce genre de composition électrique dans lequel il excelle. Mais Blackmore’’ Night, ce n’est pas que cela ; c’est aussi des pauses diaphanes telles que “ Gilded Cage ” ou des envolées accrocheuses à l’image de “ Toast To Tomorrow ” et ses touches slaves. Moins éblouissants dans un premier temps, tous les autres titres sont pourtant de vrais petits bijoux : “ Prince Waldeks Galliard ”, un instrumental comme seul Blackmore à le secret ; “ Rainbow Eyes ”, reprise, en plus rapide toutefois d’un extrait de Long Live Rock’n’Roll de Rainbow justement ; “ The Circle ”, l’autre Everest de Secret Voyage, coupé par des mélodies orientales, porté par une basse volubile et qui s’achève sur une intervention flamboyante de Ritchie ; “ Can’t Help Falling In Love ”, standard d’Elvis qui permet au maître de livrer quelques accords étourdissants avec sa fidèle Strat’ couleur blanche et le magnifique “ Peasants Promise ”, délicieusement folklorique. Plus classiques, “ Sister Gypsy ”, “ Far Far Away ” et “ Empty Words ” sont de douces mélopées fraîches et sympathiques.

Encore un très grand disque donc, qui devrait ravir tous les amoureux (de plus en plus nombreux) du groupe. En dépit des apparences, Blackmore, plutôt que de rejouer ad vitam aeternam les mêmes oldies issus de In Rock ou Machine Head, continue, lui, et contrairement à Gillan and C°, à aller de l’avant, quand bien même il puise désormais son inspiration dans les siècles passés.

Un mot enfin sur les troubadours qui accompagnent le duo et qui sont loin d’être interchangeables. Au contraire ils déterminent aussi les sonorités des chansons. Ainsi, le départ des deux choristes, Lady Madeline et Lady Nancy nous rend orphelins de ses chœurs féminins qui avaient tant illuminé Ghost Of A Rose et The Village Lanterne, tandis que l’arrivée de Gypsy Rose marque le retour du violon dans les compositions. On notera aussi l’intronisation de Pat Regan, producteur et ami de Ritchie depuis The Battle Rages On de Deep Purple, en lieu et place du fidèle Sir Robert Of Normandie.

Le chef-d’œuvre de l’année 2008. Assurément. Pourvu que Blackmore’s Night est, comme en 2006, la bonne idée de venir visiter la France et ses châteaux… (13/07/08)

 

 

 2008

 9 / 10

SPV

TRACKLISTING

I) God Save The Keg / 3.40

II) Locked Within The Crystal Ball / 8.04

III) Gilded Cage / 3.42

IV) Toast To Tomorow / 3.49

V) Prince Waldeck’s Galliard / 2.13

VI) Rainbow Eyes / 6.01

VII) The Circle / 4.48

VIII) Sister Gypsy / 3.21

IX) Can’t Help Falling In Love / 2.51

X) Peasant’s Promise / 5.33

XI) Far Far Away / 3.54

XII) Empty Words / 2.40

TOTAL PLAYING TIME : 50.44

 

 

DISCOGRAPHIE

 

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BLACKMORE’S NIGHT – PARIS MOON

 

Commençons par les choses qui fâchent, qui n’enlèvent pour autant rien (ou si peu) à la qualité incontestable de ce second DVD, après le gargantuesque Castles & Dreams, d’un groupe désormais accepté comme tel et non plus seulement perçu comme une fantaisie passagère née dans les brumes du cerveau du sombre Blackmore.

Tous ceux qui assistèrent, émus et heureux, au premier concert des ménestrels dans le royaume de France (et à l’Olympia, qui plus est !) attendaient avec impatience cette sortie que la présence de nombreuses caméras le soir du show laissaient naturellement espérer. La troupe nous ayant offert une prestation fleuve de près de 2h30, il était logique d’en retrouver la totalité sur le DVD. Las, plusieurs titres sont malheureusement passés à la trape, et pas des moindres : citons surtout les deux reprises de Deep Purple, “ Child In Time ” (couplée à “ Mond Tanz ”) , pourtant éblouissante et celle, plus surprenante, du classique parmi les classiques, “ Smoke On The Water ”, que Ritchie interpréta davantage pour faire plaisir au public que par une réelle envie. Second reproche, pourquoi avoir joint au support numérique, un disque tronqué ne comprenant que quelques extraits de ce dernier et non pas son pendant audio fidèle ?

Voilà pour les bémols de Paris Moon qui nous permet avec plaisir de nous replonger deux heures durant dans cette soirée que tous les fans du couple chérissent désormais comme un trésor. Equilibrée, la set-list traverse les cinq offrandes (déjà !) publiées alors par le groupe, de Shadow Of The Moon à The Village Lanterne. Si, toujours bien épaulé par des musiciens talentueux et sympathiques sur lesquels les journalistes ne s’attardent pas suffisement et qui pourtant méritent toutes les éloges, des deux choristes (aujourd’hui parties voler de leurs propres ailes), Lady Madeline et Lady Nancy au remarquable et fidèle Squire Malcolm Of Lumley derrière les fûts, du brillant claviériste Bard David Of Larchmont au dynamique Sir Robert Of Normandie, lequel se fend d’un solo de basse puissant et jouissif durant l’instrumental “ Durch Dem Wald Zum Bach Haus ”, le duo brille de mille feux durant l’intégralité du concert, celui-ci a livré avec largesse nombre de moments de pure magie : le rythmé “ Past Times With Good Company ”, le ténébreux “ World Of Stone ”, le joyeux “ Home Again ”, qui témoigne pour ceux qui l’ignoraient, de l’incontestable humour que possède le maître, le très médiéval “ The Clock Ticks On ”, que le guitariste introduit par des notes orientalisantes échappées d’une espèce de vièle, sans oublier le gigantesque “ Fires Of Midnight ”.

Candice, aussi charmante que charismatique, chante magnifiquement bien, tandis que Blackmore se montre aussi à l’aise en acoustique qu’en électrique lors des rares fois où il fait prendre l’air à sa divine stratocaster, à l’image de “ Saint Teresa ”, que précède les premières mesures de “ Difficult To Cure ” ou de la flamboyante relecture du “ Ariel ” de Rainbow, long de près de 10 minutes. Purple n’est pas oublié non plus, représenté par l’intimiste “ Soldier Of Fortune ”.

Cette inoubliable soirée gravée à tout jamais dans nos mémoires et dans nos cœurs, est donc aujourd’hui immortalisée en DVD, et le fait qu’une poignée de chansons brillent par leur absence importe finalement assez peu. Mon dieu, quel groupe fabuleux ! (18/05/08)

 

 

 2007

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SPV

TRACKLISTING DVD

Introduction

Past Times With Good Company

Rainbow Blues

Play Minstrel Play

World Of Stone

Under A Violet Moon

Soldier Of Fortune

Durch Dem Wald Zum Bach Haus

Diamonds & Rust

Minstrel Hall

Home Again

Streets Of London

Renaissance Faire

Keyboard Solo

Ariel

Loreley

The Clock Ticks On

Fires At Midnight

Saint Teresa

The Village Lanterne

 

TRACKLISTING CD

Past Times With Good Company / Rainbow Blues / 7.21

Play Minstrel Play / 4.56

World Of Stone / 5.42

Under A Violet Moon / 4.36

Minstrel Hall / 4.51

Home Again / 10.33

Ariel / 9.17

The Clock Ticks On / 7.45

Fires At Midnight / 12.36

The Village Lanterne (Studio Version) / 5.12

All Because Of You (Radio Edit) / 3.33

 

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/candicenight  

 

BLACKMORE’S NIGHT – SHADOW OF THE MOON

 

 

Nombreux (la majorité ?) sont ceux à dater en 1997 la fin de Ritchie Blackmore, jadis prodige parmi les prodiges au service de la déesse Stratocaster, celui qui inventa le hard rock grâce à ses soli accérés, aujourd’hui considéré comme un vulgaire ménestrel pour fête de la bière en Allemagne. Nombreux sont pourtant ceux aussi qui pensent que Blackmore’s Night a offert au virtuose un second souffle après la reformation en demi teinte de Deep Purple. Nombreux surtout sont ceux qui ont eu alors une révélation : la découverte d’une magnifique chanteuse, Candice Night, que les plus attentifs n’auront sans doute pas manqué de remarquer la timide participation au Stranger In Us All (1995), unique album du Rainbow reformé. Pour résumé, ce nouveau projet de Ritchie Blackmore, on le chérit ou on le méprise.

C’est pourtant bien mal connaître le ténébreux anglais que de croire que celui-ci est alors devenu fou. Bien que très éloigné de son ancien répertoire, l’existence de Shadow Of The Moon n’a en réalité rien d’une absurdité au sein de sa carrière. Les couleurs médiévales figuraient déjà au menu de The Book Of Taliesyn de Purple en 1968 par exemple. De même, certaines de ces nouvelles chansons, réarrangées, auraient bien pu se glisser dans les opus de l’Arc-En-Ciel période Dio (“ The Temple Of The King ” n’est parfois pas très loin). La filiation est évidente pour qui n’est pas aveuglé par sa mauvaise foi.

Quand ce premier essai est sorti, beaucoup pensent (et espèrent !) que Blackmore’s Night se limitera à un projet parallèle et éphémère entre deux offrandes de Rainbow. C’est d’ailleurs de cette façon que Ritchie l’a présenté durant les interviews qu’il avait données durant la promotion de Stranger In Us All. Celui-ci n’ayant succitée qu’une indifférence polie, malgré une tournée réussie, l’homme en noir décidera finalement de se concentrer désormais uniquement sur ce nouveau groupe. Avec le recul, on ne peut que s’en féliciter tant cet album demeure ce qu’il a composé de mieux depuis Down To Earth de Rainbow (1979).

Parenthèse rafraichissante, Shadow Of The Moon voit pour la première fois le guitariste écrire pour une chanteuse, au service d’une musique essentiellement acoustique ( seuls “ Writing On The Wall ”, le sublime “ No Second Chance ” et le mélancolique “ Wish You Were Here ” sont éclairés d’interventions électriques) entre rock et folk, teintée de quelques légères touches progressives, qui doivent beaucoup à la participation de Ian Anderson (Jethro Tull) et de sa flûte endiablée sur le final enlevé de “ Play Minstrel Play ”.

Ce qu’il y a de troublant et qui démontre la maturité à laquelle Blackmore est parvenu aujourd’hui, est sa capacité à s’effacer au profit d’un tout, à se fondre dans un ensemble porté par le chant aérien et cristallin de sa compagne. Ces morceaux rayonnent des lignes vocales de la jeune femme, aussi lumineuses que la guitare du maître est sombre.

Entouré d’une bande de ménestrels, le duo, bien servi par la production de Pat Regan, fidèle de Ritchie (il était déjà responsable du mixage de The Battle Rages On de Deep Purple en 1993), alterne chansons originales (“ Be Mine Tonight ”, “ Spirit Of The Sea ”…) et reprises du répertoire classique, médiéval et renaissance (“ Magical World ”, Play Minstrel Play ”, “ Greensleeves ”…), balisés par de courtes pièces instrumentales, qui permettent d’admirer le jeu fin et précis du maître (“ Minstrell Hall, “ Memmingen ”). Riche de nombreux classiques (“ Shadow Of The Moon ”, qu’introduisent des ambiances orientales, “ The Clock Ticks On ”, “ Minstrell Hall ”, “ No Second Chance ” et “ Mond Tanz ”), cette ballade médiévale et doucereuse affichent aussi des accents plein de mélancolie (“ Ocean Gypsy ”), ce dont Blackmore ne nous avait que rarement habitué. Vous l’aurez donc compris, Shadow Of The Moon est une vraie merveille, pendant longtemps la plus réussie du couple, et Blackmore’s Night un groupe exceptionnel et unique qui aura permis à Ritchie de se renouveler et ce faisant, de toucher peu à peu un autre public qui ne le connaissait pas forcément jusqu’à présent. Essentiel. (22/04/08)

 

 

 1997

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EDEL

TRACKLISTING

Shadow Of The Moon

The Clock Ticks On

Be Mine Tonight

Play Minstrel Play

Ocean Gypsy

Minstrel Hall

Magical World

Writing On The Wall

Renaissance Faire

Memmingen

No Second Chance

Mond Tanz

Spirit Of The Sea

Greensleeves

Wish You Were Here

 

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/candicenight