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VOODOO CIRCLE (2008 -

 

 

Voodoo Circle est le side-project du guitariste Alex Beyrodt, que l’on connaît surtout pour son travail avec Silent Force. Ce nouveau groupe lui offre la possibilité de rendre hommage à ses deux héros : Ritchie Blackmore et Yngwie Malmsteen.

S’il ne devait en rester qu’un : VOODOO CIRCLE (2008)


GERMANY ORIGINE
HARD ROCK / HEAVY METAL GENRE
2008 FORMATION
LINE-UP
ALEX BEYRODT (GUITARS)
DAVID READMAN (VOCALS)
MAT SINNER (BASS)
JIMMY KRESIC (KEYBOARDS)
MEL GAYNOR (DRUMS)
PAST MEMBERS
 BANDS
ADAGIO, GARY MOORE, BRIAN MAY, PINK CREAM 69, PRIMAL FEAR, SILENT FORCE, SINNER

 

 

DISCOGRAPHY

 

VOODOO CIRCLE (2008)

 

   

 

 www.myspace.com/voodoocircleband 

 

 

 

 

NEWS : ALEX BEYRODT’S VOODOO CIRCLE

VOODOO CIRCLE : VOODOO CIRCLE (2008)

 AFM – 8.5 / 10

 

Un jour. Oui, il faudra bien un jour reconnaître le talent de Alex Beyrodt, autrefois faire-valoir qui besognait dans l’ombre de Mat Sinner, avec lequel il s’est réconcilié comme le prouve la participation de ce dernier à ce side-project, aujourd’hui l’un des meilleurs guitaristes du circuit grâce au sous-estimé Silent Force. Sauf que personne ne semble le savoir ! Il faut dire à sa décharge que le heavy metal teinté d’influences néoclassiques qu’il se plaît à lutiner n’a plus vraiment le vent en poupe désormais.

Les choses changeront peut-être avec ce premier essai en solo qui est une manière de démonstration pour l’Allemand qui n’a clairement (plus) rien à envier à Yngwie Malmsteen en terme d’exécution. Mieux, contrairement à ce dernier qui n’en a plus enfantées depuis bien longtemps, lui sait composer de vraies chansons. Et si de prime abord, on pense forcément au Bibendum suédois à l’écoute de Voodoo Circle, c’est pourtant le maître spirituel de ces deux musiciens qu’il faut évoquer afin d’identifier l’influence principale de cette galette, à savoir le grand Ritchie Blackmore. Beyrodt est un fan et cela s’entend. Ce gars transpire le Deep Purple (un peu) et le Rainbow (surtout) par toutes les notes de sa Fender (tiens tiens).

Alors, bien sûr, ces branlettes de manche, ces éruptions (« Kingdom Of The Blind », l’instrumental « White Lady Requiem »)  renvoient évidemment à Malmsteen tout comme l’intro au cithare de « Enter My World Of Darkness »  mais à l’arrivée, c’est bien de l’esprit du ménestrel dont se nourrissent ces morceaux. Et la présence en invité de Doogie White, sur l’épique « Dream Of Eden », dernier chanteur historique de l’Arc-en-Ciel, avant de rejoindre d’ailleurs le groupe de Yngwie, le temps de deux opus (un exploit !), est un signe qui ne trompe pas.

Il y a donc dans cet album beaucoup de Stranger In Us All, testament du groupe de Blackmore injustement sous-estimé par des wagons entiers de pisse-copies qui se sont visiblement un peu trop astiquer le chibre. Et cette descente de manche qui ouvre l’accrocheur « Man And Machine », ça ne vous dit rien ? Si, le « Difficult To Cure » de qui vous savez bien sûr, tandis que « We’ll Never Learn » se veut un parfait mélange de l’Homme en noir et du Suédois.

Entouré, sans compter les guests tels que Rudy Sarzo, d’un line-up solide où l’on retrouve un David Readman (chant) que, honnêtement, je ne croyait pas aussi bon ou l’ancien batteur de Simple Minds et de Gary Moore, le guitariste se déchire aussi bien en terme d’écriture que d’interprétation. et livre treize compositions (dont deux bonus) absolument imparables. Rien, absolument rien à jeter, de l’inaugural « Sweping Lies » au sombre « Master Of Illusion », de l’énorme « Kingdom Of The Blind » à « Angels Will Cry ».

Alors, bien entendu, les mauvaises langues se pinceront le nez à l’écoute de ce qu’ils jugeront être d’un autre temps, argueront que Voodoo Circle n’invente rien (mais après tout, est-ce le but ?) et s’interrogeront sur la pertinence pour un artiste de mener de front deux groupes à l’identité musicale assez proche. Pourtant, à bien y regarder, cet essai n’aurait jamais pu être publié sous l’étiquette Silent Force car il est vierge notamment de ces nombreux emprunts à Judas Priest ou cette touche plus américaine qu’apporte DC Cooper dans ce dernier.

Flamboyant sans être pompeux, Voodoo Circle s’impose comme le meilleur opus dans le genre de l’année 2008, bien supérieur en tout cas au Perpetual Flame de Malmsteen, aussi bon soit-il. (19.12.08)

 

TRACKLISTING
  1. Spewing Lies / 4.56
  2. Desperate Heart / 5.04
  3. Kingdom Of The Blind / 5.34
  4. Man And Machine / 4.06
  5. Master Of Illusion / 6.49
  6. We’ll Never Learn / 6.20
  7. Dream Of Eden / 6.05
  8. Heaven Can Wait / 4.57
  9. Angels Will Cry / 3.52
  10. Enter My World Of Darkness / 4.43
  11. Wings Of Sorrow [bonus track] / 4.59
  12. White Lady Requiem / 6.16
  13. Dream Of Eden [bonus track] / 6.04
TOTAL PLAYING TIME : 69.45

 

DISCOGRAPHY

 

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WARLOCK : BURNING THE WITCHES (1984)

 MAUSOLEUM RECORDS – 7.5 / 10

 

Burning The Witches demeure un disque important car il constitue une des premières incarnations féminines du heavy metal dont les ténors sont alors Iron Maiden, Judas Priest ou Saxon. Plus dur que Lita Ford, plus inspiré que Girlschool, Warlock s’impose très vite comme une valeur sûre.

Il faut dire qu’il a dans ses rangs une chanteuse de caractère, à la voix puissante et au grain si particulier : Doro Pesch, laquelle est toujours en activité plus de vingt ans après ! Outre les qualités vocales de la jeune femme, le groupe prouve aussi avec cette première offrande sa capacité à pondre des hymnes heavy metal instantanés (« Dark Fade », « Burning The Witches », « Hateful Guy », « Holding Me »…). L’album va à 100 à l’heure et seul la poignante ballade « Without You » permet de se reposer les esgourdes un moment.

Le groupe réussira-t-il à faire mieux par la suite ? Ce n’est pas certain ; seul Triumph And Agony étant d’un niveau comparable, dans un registre plus commercial cependant. Dans tous les cas, le succès est au rendez-vous et des hordes de fans se pressent alors à ses concerts pour le supporter et admirer sa chanteuse en action. Warlock se place donc en pionnier du metal féminin, même si sa musique reste très masculine. (25.04.06)

 

TRACKLISTING
  1. Sign Of Satan / 3.17
  2. After The Bomb/ 3.55
  3. Dark Fade / 4.14
  4. Homicide Rocker / 3.16
  5. Without You / 5.34
  6. Metal Racer / 3.48
  7. Burning The Witches / 4.24
  8. Hateful Guy / 3.45
  9. Holding Me / 4.12
TOTAL PLAYING TIME : 36.29

 

DISCOGRAPHY

 

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WARLOCK (1983 – 1988)

 

 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Doro n’est pas à l’origine de Warlock qui a été fondé par Rudy Graf, Peter Szigeti, Frank Rittel et Michael Eurich. En revanche, il est clair que la jeune femme a permis au groupe de décoller très rapidement. Très vite les Allemands sont signés par le label Phonogram et enchaînent les succès. Le point culminant est sans doute atteint avec sa participation au Monsters Of Rock en 1986 à Castle Donnington. Mais, très vite aussi (dès 1985), la valse des musiciens débute et peu à peu Warlock tend à devenir Le groupe de sa chanteuse. Le style évolue d’un heavy metal en acier à un hard rock à l’américaine. En 1988, c’est le split et Doro se lance avec le succès que l’on sait, dans une carrière solo.

S’il ne devait en rester qu’un : BURNING THE WITCHES (1984)


GERMANY ORIGINE
HEAVY METAL / HARD US GENRE
1983 – 1988 FORMATION
LAST LINE-UP
DORO PESCH (VOCALS)
TOMMY BOLAN (GUITARS)
NICO ARVANITIS (GUITARS)
TOMMY HENRIKSEN (BASS)
BOBBY RONDINELLI (DRUMS)
PAST MEMBERS
RUDY GRAF (GUITARS)
PETER SZIGETI (GUITAR)
FRANK RITTEL (BASS)
MICHAEL EURICH (DRUMS)
 BANDS
BLUE ÖYSTER CULT, DORO, QUIET RIOT, RAGE, RAINBOW, RIOT, U.D.O.

 

 

DISCOGRAPHY

 

BURNING THE WITCHES (1984)
HELLBOUND (1985)
TRUE AS STEEL (1986)
TRIUMPH AND AGONY (1987)
RARE DIAMONDS (1991 / COMPILATION)

 

      

 

 

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WARLOCK : TRIUMPH AND AGONY (1987)

 VERTIGO – 7 / 10

 

Faisant suite au médiocre True As Steel, sorti en 1986, Triumph And Agony demeure le testament du groupe.

Renouant avec l’inspiration de ses débuts, Warlock livre dix compositions sévèrement burnées qui sont autant de brûlots heavy metal. Certains d’entre eux sont encore  aujourd’hui interprété par Doro, c’est dire leur qualité ! Citons notamment les imparables « All We Are », « I Rule The Ruins » et « Metal Tango », ainsi que la  touchante ballade qui clôt l’album, « Für Immer ».

Avec ses paroles axées sur l’heroic fantasy, le groupe allemand se veut un peu un Dio au féminin même si, le succès aidant, il semble désormais davantage tourné vers le Hard Us, à l’image du look très hair metal des musiciens (Il est loin le temps du cuir et des clous à la Judas Priest !), et comme le confirmeront les premiers albums solos de la chanteuse, dont le second sera même produit par Gene Simmons de Kiss.

Très tôt mise en avant, Doro s’impose d’ailleurs sur Triumph And Agony comme le leader incontesté de Warlock (elle a quasiment composé tous les titres avec le producteur Joey Balin), et comme une remarquable chanteuse. Elle n’a rien à envier à ses homologues masculins, ses interventions sur « Touch Of Evil » le prouvent.

Le meilleur Warlock avec Burning The Witches tout simplement. (23.04.06)

 

TRACKLISTING
  1. All We Are / 3.19
  2. Three Minutes Warning / 2.30
  3. I Rule The Ruins / 4.03
  4. Kiss Of Death / 4.04
  5. Make Time For Love / 4.45
  6. East Meets West / 3.34
  7. Touch Of Evil / 4.18
  8. Metal Tango / 4.24
  9. Cold, Cold World / 4.01
  10. Für Immer / 4.12
TOTAL PLAYING TIME : 40.13

 

DISCOGRAPHY

 

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BLACK SABBATH

 

 

 

ROYAUME-UNI ORIGINE

HARD ROCK / HEAVY METAL / DOOM GENRE

1969 FORMATION

LINE-UP

OZZY OSBOURNE (VOCALS)

TONY IOMMI (GUITARS)

GEEZER BUTLER (BASS)

BILL WARD (DRUMS)

ANCIENS MEMBRES

DAVE WALKER (VOCALS) : 1977 – 1978

RONNIE JAMES DIO (VOCALS) : 1979 – 1982 / 1991 – 1992

IAN GILLAN (VOCALS ) : 1983 – 1984

DAVE DONATO (VOCALS ) : 1984

RON KEEL (VOCALS) : 1984

GLENN HUGHES (VOCALS) : 1985 – 1986

RAY GILLEN (VOCALS ) : 1986 – 1987

TONY MARTIN (VOCALS) : 1987 – 1991 / 1993 – 1996

GORDON COPLEY (BASS) : 1985

DAVE SPITZ (BASS) : 1985 – 1987

BOB DAISLEY (BASS) : 1986 – 1988

NEIL MURRAY (BASS) : 1989 – 1990 / 1994 – 1996

VINNIE APPICE (DRUMS) : 1980 – 1982 / 1991 – 1992

BEV BEVAN (DRUMS) : 1983 – 1984 / 1987

ERIC SINGER (DRUMS) : 1985 – 1988

COZY POWELL (DRUMS) : 1988 – 1990 / 1994 – 1995

BOBBY RONDINELLI (DRUMS) : 1993 – 1994 / 1995

RICK WAKEMAN (KEYBOARDS) : 1973

DON AIREY (KEYBOARDS) : 1978 – 1979

GEOFF NICHOLS (KEYBOARDS) : 1979 – 2004

 GROUPES AFFILIES

AINA, AVANTASIA, THE BUTTERFLY BALL, THE CAGE, ALICE COOPER, DEEP PURPLE, DORO, ELF, ELO, ELP,  FLEETWOOD MAC, LITA FORD,  HEAVEN AND HELL, HUGHES / THRALLIOMMI / HUGHES, KISS, JON LORD,  YNGWIE MALMSTEEN, BRIAN MAY, GARY MOORE, MSG, RAINBOW, RIOT, VOODOO HILL, WARLOCK, WHITESNAKE, YES

 

 

DISCOGRAPHIE

BLACK SABBATH (1970)

PARANOID (1970)

MASTER OF REALITY (1971)

VOL. 4 (1972)

SABBATH BLOODY SABBATH (1973)

SABOTAGE (1975)

TECHNICAL ECSTASY (1976)

NEVER SAY DIE ! (1978)

LIVE AT LAST (1980 / LIVE)

HEAVEN AND HELL (1980)

MOB RULES (1981)

LIVE EVIL (1982 / LIVE)

BORN AGAIN (1983)

SEVENTH STAR (1986)

THE ETERNAL IDOL (1987)

HEADLESS CROSS (1989)

TYR (1990)

DEHUMANIZER (1992)

CROSS PURPOSES (1994)

FORBIDDEN (1995)

REUNION (1998 / LIVE)

PAST LIVES (2002 / LIVE)

THE DIO YEARS (2007 / BEST OF)

 

   

    

    

    

    

    

    

 

http://www.blacksabbath.com

 

 

IRON MAIDEN

 

 

 

ROYAUME-UNI ORIGINE

HEAVY METAL GENRE

1975 FORMATION

LINE-UP

BRUCE DICKINSON (VOCALS)

DAVE MURRAY (GUITARS)

ADRIAN SMITH (GUITARS)

JANICK GERS (GUITARS)

STEVE HARRIS (BASS)

NICKO MCBRAIN (DRUMS)

ANCIENS MEMBRES

PAUL DI’ANNO (VOCALS) : 1977 – 1981

BLAZE BAILEY (VOCALS) : 1994 – 1999

DENNIS STRATTON (GUITARS) : 1980

CLIVE BURR (DRUMS) : 1980 -1982

 GROUPES AFFILIES

A.S.A.P., IAN GILLAN BAND, PRAYING MANTIS, SAMSON,

WHITE SPIRIT

 

 

DISCOGRAPHIE (NON EXHAUSTIVE !)

IRON MAIDEN (1980)

KILLERS (1981)

THE NUMBER OF THE BEAST (1982)

PIECE OF MIND (1983)

POWERSLAVE (1984)

LIVE AFTER DEATH (1985 / LIVE)

SOMEWHERE IN TIME (1986)

SEVENTH SON OF A SEVENTH SON (1988)

NO PRAYER FOR THE DYING (1990)

FEAR OF THE DARK (1992)

A REAL LIVE ONE (1993 / LIVE)

A REAL DEAD ONE (1993 / LIVE)

LIVE AT DONINGTON (1993 / LIVE)

THE X FACTOR (1995)

BEST OF THE BEAST (1996 / BEST OF)

VIRTUAL XI (1998)

ED HUNTER (1999 / BEST OF)

BRAVE NEW WORLD (2000)

ROCK IN RIO (2002 / LIVE)

EDDIE’S ARCHIVE (2002 / BOX)

DANCE OF DEATH (2003)

DEATH ON THE ROAD (2005 / LIVE)

A MATTER OF LIFE AND DEATH (2006)

SOMEWHERE BACK IN TIME (2008 / BEST OF)

 

   

    

    

    

    

    

 

http://www.myspace.com/ironmaiden  

 

 

IRON MAIDEN : A MATTER OF LIFE AND DEATH

 

Le retour en fanfare de Bruce Dickinson tenait-il donc du pétard mouillé ? La question était légitime, car si Brave New World , l’album qui incarna son come-back (et celui du guitariste Adrian Smith, il ne faudrait pas l’oublier !) au sein de la Vierge de Fer qu’il avait quitté en 1993, s’imposa d’emblée comme une des pierres angulaires de la longue discographie des Rosbifs, on ne pouvait pas en dire autant du médiocre Dance Of Death, qui lui succéda trois ans plus tard et sur lequel planait le spectre du raté No Prayer For The Dying (1990). Certaines mauvaises langues commencèrent à penser que l’euphorie des retrouvailles passée, Maiden allait reprendre les rails d’une retraite bien méritée, que The X Factor et Virtual XI avaient contribué à poser, jugement injuste s’il en est.

C’était méconnaître les (désormais) vieux briscards. L’éclatante réussite de ce quatorzième opus n’en a que plus de valeur. Steve Harris et sa bande ont-ils senti que la machine reprenait son ronron – ce qu’ils ne reconnaîtront de toute façon jamais – ? Toujours est-il que A Matter Of Life And Death peut d’ors-et-déjà être considéré comme le meilleur album du groupe depuis certainement Seventh Son Of A Seventh Son. L’analogie n’est d’ailleurs pas anodine, tous les deux se révélant au final assez proches : deux concept-albums sombres propulsés par des influences progressives des plus évidentes. Alors bien sûr les Ayathollas de l’âge d’or argueront que, bien entendu, c’était (forcément) mieux avant. Il serait du reste exagéré de coller l’étiquette Seventh Son Of A Seventh Son bis sur ce nouvel opus qui s’inscrit malgré tout dans le sillage de ses deux prédécesseurs (on pense souvent aux meilleurs moments de Dance Of Death).

Mais il est un fait que l’on ne peut nier : Iron Maiden n’a pas encore tout dit. Les dix cartouches en présence le démontrent. Comme souvent depuis No Prayer For The Dying, l’écoute débute par un titre accrocheur, court, peu mémorable et interchangeable (” Different World “). Les choses sérieuses débutent réellement avec l’épique ” These Colours Don’t Run “. On prend alors conscience que les Anglais ont non seulement pas encore tout dit, mais surtout que leur musique en dépis d’invariants immuables (de la voix reconnaissable entre mille du Bruce aux cavalcades, cela reste du pur Maiden) vit, n’est pas figée. Très longs, progressifs, complexes et noirs, ces titres liés les uns aux autres par le fil rouge (sang) de la guerre témoignent d’une densité, d’une profondeur, d’un équilibre dans l’écriture qui illustrent la maturité à laquelle les six musiciens sont aujourd’hui parvenus. Chacun donne le meilleur de lui-même, aidé par la production puissante du désormais incontournable Kevin Shirley, véritable septième membre du groupe. Et si A Matter Of Life And Death n’est pas exempts de menus défauts – il est sans doute trop long et deux ou trois morceaux, tels que ” Out Of The Shadows, notamment, font un peu office de remplissage –, la majorité des titres s’élèvent bien au-dessus de la mêlée, de ” Brighter Than The Suns ” au presque dark ” The Longest Day “, de l’entraînant ” The Pilgrim ” au gigantesque ” For The Greater Good Of God “, certainement l’apogée de l’ensemble avec son refrain de toute beauté et ses lignes de basse typique de Steve Harris, de ” The Reincarnation Of Benjamin Breeg “, bâti sur des riffs ultra pesants inhabituels chez Maiden, au tragique ” The Lord Of Light ” et son intro lente et posée, quasi murmurée des plus surprenantes, sans oublier le terminal ” The Legacy “, faux frère jumeau du précédent à la construction quasi identique. Pas d’hymnes à reprendre en choeur comme autrefois (ce n’est pas grave) mais des chansons aux allures de travail d’orfèvreries, parfaitement architecturées.

Si vous ne comprenez pas pourquoi Iron Maiden demeure une référence près de trente ans après ses premiers rôts, jetez donc voir une oreille (cela devrait suffir) sur A Matter Of Life And Death, et on en reparlera. Combien de groupes de sa génération parviennent encore aujourd’hui à pondre quelques unes de leurs meilleures créations ? Judas Priest ? Saxon ? Def Leppard ? Metallica ? Vous n’avez pas autre chose ? A part la Vierge de Fer, on ne voit pas ! Certainement l’un des incoutournables de l’année 2006. Tout simplement. (26/01/08)

 

 2006

 8.5 / 10

EMI

TRACKLISTING

I) Different World  4.17

II) These Colours Don’t Run / 6.52

III) Brighter That A Thousand Suns / 8.44

IV) The Pilgrim / 5.07

V) The Longest Day / 7.48

VI) Out Of The Shadows / 5.36

VII) The Reincarnation Of Benjamin Breeg / 7.21

VIII) For The Greater Good Of God / 9.24

IX) Lord Of Light / 7.23

X) The Legacy / 9.20

 

 

DISCOGRAPHIE

 

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ICED EARTH : I WALK AMONG YOU

 

Tim Owens est maudit. Bouche-trou de luxe, sa carrière se limite, pour l’instant, et à l’exception de son propre groupe, Beyond Fear, à se glisser dans les pompes d’un autre sans malheureusement convaincre les fans de la première heure, bien qu’il n’ait jamais démérité. C’est le syndrôme Blaze Bailey. Remplacer le Metal God au sein de Judas Priest n’était certes pas chose facile, succéder à Matthew Barlow, chanteur dépourvu de cette aura de légende que possède Halford, semblait être en revanche à sa portée.

Las, en dépit de ses efforts et de deux bons albums, Owens est prié aujourd’hui de prendre la porte afin de permettre à Iced Earth d’accuellir le retour de Barlow. Alors certes, on peut juger bien cavalière et contestable cette manière de se débarasser du personnel – du reste, Jon Schaffer n’est pas le premier à faire de la sorte, que l’on songe à Judas bien entendu ou à Maiden -, il n’empêche que l’on est bien forcé de reconnaître qu’il suffit guère au chanteur prodige de plus de quelques secondes pour effacer ces six années d’absence. Sans être la voix historique du groupe, il s’est imposé au fil des ans comme Le vocaliste de la Terre Glacée.

Ce court apéro de trois titres qui a surtout pour but de signifier son retour aux affaires en attendant la sortie à l’automne prochain de la seconde partie du dyptique Something Wicked, intitulée The Crucible Of Man, nous fait prendre conscience que le rouquin manquait effectivement au groupe. Sans son “ frère d’arme ”, Schaffer est un peu comme une vie sans femme : moins de plaisir moins de piments. Moins de sens donc. Pourtant Tim Owens a, il faut lui reconnaître cela, fait du très bon boulot. Toutefois, il manquait bien quelque chose et cette chose, c’était la voix de Matt Barlow, puissante, tragique et d’une profondeur qui fait défaut à celle de Ripper. Il n’y a qu’à écouter ces nouvelles versions (seules les pistes de chant ont été réenregistrées) de “ Setian Massacre ” et surtout de “ The Clouding ”, sans doute une des meilleures compos jamais écrites par le guitariste et qui figuraient sur Framing Armageddon, premier segment du concept pour cerner la différence. Quelle claque ! Et que dire de l’inédit, “ I Walk Alone ”, simple, accrocheur et tellement plus réussi que “ Ten Thousand Strong ” qui débutait Overture Of The Wicked auquel répond I Walk Among You.

Que les mois avant de pouvoir savourer le nouvel opus d’Iced Earth vont être interminables. Pour terminer avec Tim Owens, il paraîtrait qu’il a curieusement rejoint Yngwie Malmsteen. Si l’on peut à nouveau douter de ses chances de parvenir cette fois-ci à s’imposer dans un groupe – Schaffer est un démocrate à côté du tyrannique maestro – on demande à entendre ce que va donner cette ahurissante union, alliance contre-nature entre le heavy metal moderne et le hard rock néo classique du Suédois. A voir… (19/06/08)

 

 2008

 8 / 10

SPV

TRACKLISTING

I) I Walk Alone / 4.01

II) Setian Massacre / 3.45

III) The Clouding / 9.13

 

 

DISCOGRAPHIE

 

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ICED EARTH – FRAMING ARMAGEDDON

 

En 1998 sortait Something Wicked This Way Comes, probablement la pierre angulaire de la carrière du navire américain mené contre vents et marrées par Jon Schaffer. Concept-album ambitieux, le guitariste avait promis qu’une suite verrait le jour. Sentant que Century Media, son label de l’époque, n’était plus guère motivé pour promouvoir correctement le groupe, l’homme décida de reporter ce projet à plus tard, préférant publier un Horror Show plus simple à réaliser. Fort depuis le superbe The Glorious Burden (2004), d’un nouveau label, SPV et d’un nouveau chanteur, Tim Owens (ex-Judas Priest), Schaffer peut aujourd’hui tenir sa promesse.

Mais plutôt que de séquelle, parlons plutôt de préquelle pour qualifier Framing Armageddon, premier volet d’un dyptique baptisé Something Wicked. Précédé du EP Overture Of The Wicked, des plus prometteurs, ce nouvel opus marque un retour au heavy puissant, presque méchant par moment, qui a imposé Iced Earth durant les années 90. Ceux qui furent (légèrement) déçus par The Glorious Burden, plus mélodique, seront comblés, quand bien même ils ne manqueront certainement pas de fustiger une fois encore le travail de Ripper Owens, auquel ils lui préfèreront toujours son prédécesseur, Matt Barlow. Pourtant, le mal-aimé chanteur semble aujourd’hui bien plus à son aise. Certes, il n’a pas corrigé ses penchants à singer toujours Rob Halford (“ Overture Of The Wicked ”), mais il s’est calmé, module davantage sa voix, pouvant même nous émouvoir (“ A Charge To Keep ”), ce dont on ne le croyait pas réellement capable.

En dépit de ces qualités, Framing Armageddon n’en reste pas moins un disque tout d’abord difficile à appréhender. Les premiers écoutes se révèlent ainsi décevantes. Les titres sont courts, banals à premières vues. Puis peu à peu, ils se dévoilent, aidés déjà par des arrangements soignés, discrets et efficaces (“ Overture ”, les claviers comme échappés des seventies sur le gigantesque “ The Domino Decree ”). Les liens avec l’aîné, bien que visibles, sont glissés, utilisés avec intelligence (“ Cataclysm ”, introduit par les notes égrenées par “ The Prophecy ”). Encadrés par des intermèdes particulièrement réussis, tous les morceaux sont de purs bijoux d’écriture, d’une simplicité trompeuse, emmenés par les riffs plombés du grand Jon, sans doute avec Jeff Waters, le meilleur guitariste rythmique du circuit. Son jeu est immédiatement reconnaissable (“ When Stars Collide ”). Il a su pourtant cette fois, le renouveler, comme l’illustre “ Something Wicked Part 2 ” et son ambiance flamenco ou l’épique “ The Clouding ”, longue pièce pour le moins suprenante, illuminée par un final dantesque, sans doute l’orgasme ultime de cette galette en tout point digne d’éloge.

A l’arrivée, Framing Armageddon s’impose comme une des œuvres majeures de la Terre Glacée, qui remet sur de bons rails la destinée du groupe après quelques années incertaines. Le retour, depuis, du fils prodigue Matthew Barlow devrait nous promettre encore de très grandes choses et laisse augurer du meilleur pour le second pan. Immense. (24/03/08)

 

 2007

 * * * *

SPV

TRACKLISTING

Overture / 2.25

Something Wicked Part 1 / 5.02

Invasion / 1.01

Motivation Of Man / 1.34

Setian Massacre / 3.48

A Charge To Keep / 4.25

Reflections / 1.50

Ten Thounsand Strong / 3.56

Execution / 1.28

Order Of The Rose / 4.51

Cataclysm / 1.30

The Clouding / 9.19

Infiltrate And Assimilate / 3.48

Retribution Through The Ages / 4.32

Something Wicked Part 2 / 2.59

The Domino Decree / 6.36

Framing Armageddon / 3.41

When Stars Collide (Born Is He) / 4.17

The Awakening / 2.01

 

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/icedearth