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ASH RA TEMPEL : STARRING ROSI

 

 

Ceux qui ont été hypnotisés par les effluves cosmiques de Join Inn seront certainement mécontents sinon déçus par son successeur, Starring Rosi, étonnement accessible en comparaison. De nouveau seul aux manettes après le départ d’un Klaus Schulze de toute façon revenu uniquement pour le dépanner, Manuel Göttsching tient plus que jamais la barre d’Ash Ra Tempel, navire qui tend de plus en plus à se confondre avec son capitaine. Pour différente de son irréelle devancière, cette cinquième offrande n’en demeure pas moins un pur joyau.

Comme pour confirmer son titre, l’album débute par le rire de Rosi, dont c’est la dernière apparition au sein du groupe ( ?). Mais très vite, “ Laughter Loving ” se fraye un chemin dans le rock psychédélique à la Amon Düül II. Instrumental, ce morceau permet au guitariste de libérer ces notes aériennes dont il a le secret grâce à son jeu plein de finesse. Il semble davantage caresser, effleurer les cordes que les gratter ce qui lui permet de faire décoller sa Gibson très haut, tout la haut vers des sphères infinies vierges de toute présence humaine car elles sont d’habitude le domaine des dieux.

Si “ Day-Dream ” est un écrin cristallin pour la voix de la jeune femme, dont les lignes vocales sont soulignées par celles égrenées par Manuel, “ Schizo ” est un court instrumental touché par la Grâce divine, cependant que “ Cosmic Tango ”, ponctué par le chant noyé sous les effets de Rosi ressemble à un dialogue cosmique (forcément) entre la belle et les interventions psyché de son compagnon. Mais c’est bien le monumental “ Interplay Of Forces ”, long de près de 8 minutes qui propulse Starring Rosi vers les sommets. Au rythme de percussions enlevées, Göttsching y déploie tout son talent avec une flamboyance, une liberté à même de faire passer David Gilmour pour un débutant. Le disque s’achève sur le beau “ The Fairy Dance ”, sorte de ballade acoustique à la simplicité touchante et sur le stratosphérique “ Bring Me Up ”, émaillé de quelques parties vocales féminines et masculines.

Bien que secondés par divers musiciens dont sa douce, présente sur une poignée de chansons, c’est finalement bien le guitariste qui reste le seigneur de l’album. Sa guitare virtuose sans pour autant s’embourber dans la démonstration stérile, emplit tout l’espace de ses sonorités cette fois-ci plus psychédéliques que vraiment cosmiques. Son successeur, le gigantesque et évanescent Inventions For Electric Guitar, publié sous le nom de Manuel Göttsching mais vendu comme le sixième Ash Ra Tempel confirmera cette double évolution formelle et humaine.

Starring Rosi est encore une excellente pioche dans la discographie du groupe, dont elle démontre plus que jamais l’esprit aventureux qui le nourrit avec en sus, cette patine seventies qui, loin de la recouvrir d’un voile de désuétude, lui confère une bonne partie de son charme. (09/09/08)

 

TRACKLISTING

  1. Laughter Loving / 8.01
  2. Day-Dream / 5.22
  3. Schizo / 2.49
  4. Cosmic Tango / 2.06
  5. Interplay Of Forces / 8.57
  6. The Fairy Dance / 3.08
  7. Bring Me Up / 4.35

TOTAL PLAYING TIME : 35.14

 

1973

9 / 10

OHR

 

DISCOGRAPHY

 

http://www.myspace.com/manuelgoettsching  

 

 

AGITATION FREE

 

 

 

GERMANY ORIGINE

PROGRESSIVE GENRE

1967 FORMATION

LINE-UP

MICHAEL HOENIG (KEYBOARDS, ELECTRONICS)

LUTZ ULBRICH (GUITARS)

GUSTL LÜTJENS (GUITARS)

MICHAEL GÜNTHER (BASS)

BURGHARD RAUSCH (DRUMS)

ANCIENS MEMBRES

CHRISTOPH FRANKE (DRUMS, SYNTHETIZER)

LUTZ KRAMER (GUITARS, VOCALS)

MICHAEL DUWE (GUITARS, VOCALS)

ROLAND PAULICK (KEYBOARDS)

JOHN L. (VOCALS, PERCUSSION)

AXEL GENRICH (GUITARS)

JÖRG SCHWENKE (GUITARS)

STEPHAN DIEZ (GUITARS)

BERNHARD ARNDT (KEYBOARDS)

CHRISTIAN KNEISEL (KEYBOARDS)

PETER MICHAEL HAMEL (KEYBOARDS)

DIETMAR BURMEISTER (DRUMS)

GERD KLEMKE (DRUMS)

 GROUPES AFFILIES

ASH RA TEMPEL (ASHRA, MANUEL GÔTTSCHING), ERUPTION, KLAUS SCHULZE (TIMEWIND), TANGERINE DREAM

 

 

DISCOGRAPHY

MALESCH (1972)

2nd (1973)

LAST (1976)

FRAGMENTS (1995 / COMPILATION)

AT THE CLIFFS OF RIVER RHINE (1998)

RIVER OF RETURN (1999)

 

   

    

 

 http://www.myspace.com/agitfree  

 

 

AGITATION FREE : 2nd

 

 

Agitation Free. Rarement un groupe n’aura aussi bien justifié son nom, un nom qui résonne comme une profession de foi : celle d’agiter, de secouer le rock dans un esprit de liberté débridée. Si, contrairement à Klaus Schulze, Tangerine Dream, Amon Düül ou Ash Ra Tempel, Agitation Free est aujourd’hui un peu tombé au fond d’une oubliette, il n’en demeure pas moins qu’à l’époque – la première moitié des années 70 – le groupe se veut alors le point de convergence, dans l’antre des Beat Studios animé par le gourou Thomas Kessler, de toute la scène planante allemande. On y retrouve notamment l’organiste Michael Hoenig, que l’on croisera plus tard aux côtés de Schulze ou de Manuel Göttsching, ainsi que le guitariste Lutz Ulbrich, un fidèle de ce dernier au sein de l’aventure Ash Ra Tempel.

Après le chef-d’œuvre de l’avant-garde qu’est Malesch, publié fin 72, le groupe revient quelques mois plus tard avec une seconde cuvée, petit joyau de psychédélisme, à la fois aérien (l’immense diptyque “ Laila ”) et expérimental (les bruitages étranges émaillant “ Dialogue & Random ”). Sur un substrat essentiellement instrumental – seul “ A Quiet Walk ” et surtout “ Haunted Island ” sont colorés de lignes vocales -, parfois aux confins du jazz rock (pour la rythmique éprise de transgressions), 2nd devrait faire jouir tous les amateurs et les nostalgiques de cette patine seventies inimitable (mâtin, ce son d’orgue !) et malheureusement révolue qui, loin de le recouvrir d’une couche de désuétude lui confère un charme rafraîchissant. Et surtout, il y a ce sentiment de liberté, qui tient presque d’une forme de naïveté, irriguant ces morceaux, tous pourvus d’une durée conséquente, qui ont parfois des allures de jams. Aucune barrière, aucun carcan, aucun corset ne viennent jamais enfermer la musique dans une case bien délimitée, bien définie. Ainsi, ne trouve-t-on pas du bouzouki sur un titre (l’arabisant “ A Quiet Walk ”) ?

Virtuoses, les musiciens ne peuvent renier leur maîtrise, témoin ce véritable tonnerre de guitares et de synthétiseurs. Mais comme toujours à l’époque, elle est un outil plus qu’une fin en soi, au service de chansons qui peuvent se draper à l’occasion d’un voile émotionnel, à l’image du bouleversant “ Haunted Island ”, dont le Mellotron vous assurera une belle érection, œuvre étonnement sombre, même si cette noirceur ne saurait surprendre car les paroles sont inspirées d’un texte d’Edgar Poe, écrivain pas vraiment réputé pour sa joie de vivre.

Voilà donc une des pierres angulaires du rock planant allemand des années 70 qui mérite d’être (re)découverte d’urgence ! (26/09/08)

 

TRACKLISTING

  1. First Communication / 8.10
  2. Dialogue & Random / 1.51
  3. Laila, Part I / 1.41
  4. Laila, Part II / 6.47
  5. In The Silence Of The Morning Sunrise / 6.33
  6. A Quiet Walk / 9.15
  7. Haunted Island / 7.11

TOTAL PLAYING TIME : 41.31

 

1973

8.5 / 10

VERTIGO

 

DISCOGRAPHY

 

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AGHORA

 

 

 

USA ORIGINE

PROGRESSIVE METAL GENRE

1995 FORMATION

LINE-UP

SANTIAGO DOBLES (GUITARS)

DIANA SERRA (VOCALS)

ALAN GOLDSTEIN (BASS)

SEAN REINERT (STUDIO DRUMS)

MATT THOMPSON (SESSION DRUMS)

ANCIENS MEMBRES

DANISHTA RIVERO (VOCALS)

 

CHARLIE EKENDALH (GUITARS)

JONATHAN ORRIOLS (GUITARS)

ALEX MEADE (GUITARS)

 

SEAN MALONE (BASS)

ANDY DELUCA (BASS)

 

RICHARD KOMATZ (DRUMS)

IAN HAYES (DRUMS)

GIANN RUBIO (DRUMS)

 GROUPES AFFILIES

C-187, CYNIC, DEATH, KING DIAMOND, GORDIAN KNOT, PORTAL, OSI

 

 

DISCOGRAPHY

AGHORA (2000)

FORMLESS (2007)

 

 

 

 http://www.myspace.com/aghora  

 

 

AGHORA : AGHORA

 

 

Encore sous le choc de l’onde libérée par la première offrande monumentale et éponyme de Gordian Knot deux ans plus tôt, nombreux sont ceux qui ont commis l’erreur de voir uniquement en Aghora le nouveau projet de Sean Malone, roi du stick bass et à la barre du Noeud Gordien sinon la nouvelle collaroration de la section rythique du légendaire et regretté Cynic, auteur de l’orphelin Focus en 1993. En effet, outre Malone, Sean Reinert est donc lui aussi de la partie (sans oublier Jason Gobel en guest sur “Jivatma”). La présence de ces deux monstres sacrés de la technique a finalement causé presque plus de tort à Aghora qu’elle ne lui apporté de bénéfices si ce n’est celui de l’exposition médiatique.

Car ce groupe est en fait surtout le joujou du virtuose du manche Santiago Dobles dont on découvre alors la puissance du jeu, davantage que celui d’un Sean Malone dont la participation à ce galop d’essai s’est révélée plus que houleuse, en raison de sa tendance à trop vouloir imposer ses vues à une entreprise qui n’est pas le sienne.

Plus proche de Gordian Knot que de Cynic (point de death metal ici), Aghora emprunte le chemin bien peu balisé du metal progressif à chanteuse. Le groupe déroule une trame aérienne et techniquement époustouflante. Les amateurs d’onanisme musical vont donc jouir plus qu’à leur tour. Mais contrairement aux travaux de Malone par exemple, aussi réussis soient-ils, une émotion palpable respire de cet album, dont le vecteur est ce chant envoûtant de Danishta Rivero, que d’aucuns ont rapproché (à raison) de Anneke van Giesbergen, l’ex sirène de The Gathering. La jeune femme, loin de faire de la figuration, permet à ces compositons métissées, parfois aux confins de la musique ethnique (le long “ Givatma ” et son déluge de guitares) ou du free jazz, de s’envoler très haut et ce, en dépit, d’une rythmique souvent écrasante (le furieux “ Rali Yuga ”, “ Existence ”). Dommage que la chanteuse ait depuis disparu, remplacée sur le disque suivant par une Diana Serra néanmoins tout aussi talentueuse.

Cet opus est un régal car il ne s’abîme jamais dans la démonstration stérile malgré le niveau technique écoeurant des protagonistes en présence. C’est une œuvre prothéiforme rare et unique teintée de spiritualisme qui dépasse largement le cadre du genre à laquelle elle s’arrime. A l’instar du Focus cité plus haut, Aghora a tout de l’ovni qui traverse le paysage musical pour laisser des résidus indélébiles dans la mémoire de ceux qui ont été témoin de son passage et dont on a longtemps cru qu’il resterait sans progéniture, ce que le tout aussi gigantesque Formless (2007) a infirmé pour notre plus grand bonheur. (27/09/08)

 

TRACKLISTING

  1. Immortal Bliss / 4.52
  2. Satya / 5.55
  3. Transfiguration / 5.14
  4. Frames / 7.09
  5. Mind’s Reality / 4.22
  6. Kali Yuga / 5.37
  7. Jivatma / 11.22
  8. Existence / 6.28
  9. Anugraha / 4.41

TOTAL PLAYING TIME : 55.40

 

2000

8 / 10

DOBLES PRODUCTIONS

 

DISCOGRAPHY

 

  http://www.myspace.com/aghora  

 

 

ASH RA TEMPEL : JOIN INN

 

 

La petite histoire veut que ce soit lorsque les autres musiciens prenant part à l’enregistrement du Tarot de Walter Wegmüller dormaient que Manuel Göttsching, Hartmut Enke, Klaus Schulze et Rosi Müller, auquel ils participaient également, ont enfanté ce quatrième opus de Ash Ra Tempel. Cette anecdote en dit long d’une part sur le bouillonnement créatif qui règne alors en Allemagne et d’autre part sur la communion qui unit tous ces artistes qui ne cessent alors de se croiser.

Etonnement, alors qu’il avait quitté le groupe en 1971 après la galette éponyme afin de se lancer dans une carrière solo, Klaus Schulze revient dépanner derrière les fûts (mais pas seulement) son ami Manuel pour Join Inn. De fait, c’est quasiment un line-up identique qui a enregistré les deux albums, si ce n’est la présence de Rosi, chanteuse de son état et surtout petite amie du guitariste et qui apparaissait déjà sur l’hallucinant Seven Up, capturé la même année (s’il vous plaît !) qui fut le théâtre de la parthouze entre une multitude d’individualités, dont Timothy Leary, l’apôtre du LSD ( !).

Comme Ash Ra Tempel, Join Inn est subdivisé en deux longues plages, l’une assez rock’n’roll et l’autre, beaucoup plus expérimentale et barrée. Mais à la différence de son aîné, cet opus illustre que le groupe n’en n’est déjà plus vraiment un, mais plutôt le laboratoire sonore de Manuel Göttsching. Ainsi, “ Freak’n’Roll ”, bien que rythmé par la batterie de Klaus, est clairement piloté par la guitare stratosphérique du désormais maître des lieux. C’est même à un torrent de six-cordes, à une véritable exploration de cet instrument auquel on a droit durant près de 20 minutes, alors que les effluves électroniques restent discrètes.

En revanche, “ Jenseits ” est une longue dérive cosmique et nébuleuse aux sonorités venant d’une autre planète, hantée par des synthétiseurs tour à tour inquiétants ou liturgiques et ponctuée par les murmures de Rosi. Puis, durant la seconde moitié, la guitare aérienne de Manuel apparaît alors que le chant s’efface et se lance dans un dialogue astral avec les notes que tapissent les claviers Moog. Cette complainte n’est d’ailleurs pas sans évoquer le gigantesque Cyborg de Klaus Schulze, gravé la même année ; le son des synthés tout comme les ambiances brumeuses qu’ils libèrent, y font beaucoup penser.

Encore un chef-d’œuvre écrit par des musiciens épris de liberté et mus par une inspiration sans limites. Le disque suivant (sans Klaus Schulze) sera néanmoins très différent : le psychédélique Starring Rosi, dont on peut même se demander s’il s’agit bien encore d’Ash Ra Tempel. Cela n’enlève rien à sa valeur mais cela est une autre histoire… (04/09/08)

 

TRACKLISTING

  1. Freak ‘n’ Roll / 19.15
  2. Jenseits / 24.18

TOTAL PLAYING TIME : 43.30

 

1973

9 / 10

OHR

 

DISCOGRAPHY

 

http://www.myspace.com/manuelgoettsching  

 

 

ASH RA TEMPEL : ASH RA TEMPEL

 

 

Si l’œuvre de Klaus Schulze n’est plus à présenter, en revanche beaucoup ignorent qu’avant de se lancer avec la réussite que l’on sait, dans une carrière solo (il jouera plus tard également dans Cosmic Jokers, Go…), il a participé à quelques groupes : Psy Free tout d’abord, Tangerine Dream (le temps de la profession de foi Electronic Meditation) et enfin Ash Ra Tempel. Bien qu’il soit à l’origine de ce dernier, c’est surtout à son guitariste Manuel Göttsching que le projet reste associé.

Pas totalement satisfaits de leurs précédentes expériences musicales, Tangerine Dream pour Schulze, le Steeple Chase Blues Band pour son compère, groupes qui bridaient un peu trop leur créativité, les deux musiciens, accompagnés du bassiste Hartmut Enke décident donc de former Ash Ra Tempel, leur laboratoire sonore ouvert sur l’absolu. Durant trois jours, en mars 1971, le trio s’enferme dans un studio à Hambourg et grave ce qui demeure encore aujourd’hui, l’une des pièces maîtresses du rock planant allemand des années 70, baptisé tout simplement Ash Ra Tempel. A l’écoute de ces deux longues plages entièrement instrumentales, on comprend mieux pourquoi Klaus Schulze a déserté le navire de Edgar Froese. En effet, ce premier galop d’essai est une pièce unique et novatrice qui s’affranchit de toutes les règles, notamment celles dictées par les canons anglo-saxons de l’époque. Elle atteste de la liberté totale qui guide alors ces trois musiciens.

Difficilement descriptible, le disque débute par “ Ambrose ”, d’une durée qui avoisine les vingt minutes, fusion monstrueuse entre la batterie en provenance de la Quatrième dimension de Schulze, également en charge des synthétiseurs avec Göttsching et la guitare infernale de ce dernier. Il s’agit d’un magma sonore bouillonnant lâchant un torrent de sons qui semblent venir d’une autre galaxie. Et que dire de l’inquiétant “ Traummaschine ” (plus de 25 minutes au compteur !), dérive ambiant interminable et cosmique qui ne ressemble à rien de connu proche de ce que Klaus enfantera l’année suivante avec Irrlicht ; long crescendo d’abord uniquement guidé par une six-cordes opaque et des effluves électroniques, puis rejoint peu à peu par des percussions hypnotiques, cependant que la guitare s’élève très haut de cette masse noire aux contours flous. Cette complainte nous donne l’impression d’être dans un caisson qui flotte dans l’espace. Aucun groupe n’était alors allé aussi loin dans l’expérimentation musicale tandis qu’avec sa Gibson, Manuel Göttsching tisse des lignes mystérieuses inédites à nulle autre pareil. Immense.

Curieusement, Klaus Schulze fera le choix de quitter peu après Ash Ra Tempel, mais il a bien deviné que c’est uniquement seul qu’il pourra donner libre cours à sa créativité débridée. Le groupe continuera donc sans lui, quand bien même le guitariste et lui collaboreront souvent par la suite, soit au sein de ce projet qui deviendra progressivement la chose de Manuel (Join Inn, Friendship…), soit avec les Cosmic Jokers (The Cosmic Jokers, Galactic Supermarket…), soit enfin durant la carrière solo du claviériste (Wahnfried, In Blue…), sans oublier le Tarot de Walter Wegmüller en 1973. Cet essai éponyme est un jalon essentiel de l’évolution du rock des quarante dernières années. (30/08/08)

 

TRACKLISTING

  1. Ambrose / 19.40
  2. Traummaschine / 25.24

TOTAL PLAYING TIME : 45.04

 

1971

9/10

SPALAX

 

DISCOGRAPHY

 

http://www.myspace.com/manuelgoettsching  

 

 

MANUEL GÖTTSCHING / ASH RA TEMPEL / ASHRA

 

 

Multi-instrumentiste de génie, Manuel Göttsching est né à Berlin en 1952. A l’instar de son ami Klaus Schulze, il fait partie des musiciens les plus influents de la scène progressive allemande des années 70. Et tout comme lui, il est considéré comme un des pères de la musique techno / trance. Guitariste et claviériste, il monte avec Schulze le groupe Ash Ra Tempel en 1970. Peu à peu, alors qu’il multiplie les collaborations (Tarot, Cosmic Jokers…), la formation tend à devenir son laboratoire. Jusqu’en 1981, avec Ash Ra Tempel ou Ashra, il se montre très prolifique. En 1984, il publie son œuvre la plus célèbre, E2-E4, composée d’une seule piste de près d’une heure. A partir de cette époque, son travail se fait plus rare et il se contente généralement d’exhumer, pour le plus grand bonheur des fans, des enregistrements demeurés inédits. Depuis, il poursuit sa brillante carrière hors des modes, en se produisant surtout sur scène.

S’il ne devait en rester qu’un : LE BERCEAU DE CRISTAL (1993)

 

GERMANY ORIGINE

PROGRESSIVE, ELECTRONICS GENRE

1971 FORMATION

LINE-UP

MANUEL GÖTTSCHING (GUITARS, KEYBOARDS)

ANCIENS MEMBRES

KLAUS SCHULZE (DRUMS, ELECTRONICS)

HARTMUT ENKE (BASS)

ROSI (VOCALS)

HARALD GROSSKOPF (DRUMS)

LUTZ ULBRICH (GUITARS, STRINGS, MELLOTRON)

 GROUPES AFFILIES

AGITATION FREE, ALPHAVILLE, COSMIC JOKERS

 

 

DISCOGRAPHY

ASH RA TEMPEL : ASH RA TEMPEL (1971)

ASH RA TEMPEL : SCHWINGUNGEN (1972)

ASH RA TEMPEL : SEVEN UP (1973)

ASH RA TEMPEL : JOIN INN (1973)

ASH RA TEMPEL : STARRING ROSI (1973)

MANUEL GÖTTSCHING : INVENTIONS FOR ELECTRIC GUITAR (1975)

ASHRA : NEW AGE OF EARTH (1976)

ASHRA : BLACKOUTS (1977)

ASHRA : CORRELATIONS (1979)

ASHRA : BELLE ALLIANCE (1980)

MANUEL GÖTTSCHING : E2-E4 (1984)

ASHRA : WALKIN’ THE DESERT (1989)

MANUEL GÖTTSCHING : DREAM & DESIRE (1991)

ASHRA : TROPICAL HEAT (1991)

ASH RA TEMPEL : LE BERCEAU DE CRISTAL (1993 / BO)

HOENIG  / GÖTTSCHING : EARLY WATER (1995)

ASHRA : SAUCE HOLLANDAISE (1998 / LIVE)

ASHRA : @SHRA (1998 / LIVE)

ASH RA TEMPEL : FRIENDSHIP (2000)

ASHRA : @SHRA VOL. 2 (2002 / LIVE)

ASHRA : THE MAKING OF (2002)

MANUEL GÖTTSCHING : DIE MULDE (2005)

MANUEL GÖTTSCHING : CONCERT FOR MURNAU (2005)

MANUELL GÖTTSCHING : E2-E4 LIVE (2005 / LIVE)

MANUEL GÖTTSCHING : LIVE AT MT. FUJI (2007 / LIVE)

 

   

    

    

    

    

  

 

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HOENIG / GÖTTSCHING : EARLY WATER

 

 

Berlin, première moitié des années 70. L’ancienne capitale du IIIe Reich est alors le théâtre d’une véritable effervescence artistique. Berceau du rock planant allemand, la ville ne compte plus les musiciens talentueux, épris de liberté qui estiment que la musique ne doit pas forcément être inféodé aux canons anglo-saxons en vogue qu’elle attire. Le centre névralgique de ce bouillonement est le Beat Studio de Thomas Kessler. Edgar Froese, Klaus Schulze ou Manuel Göttsching s’y croisent régulièrement. Les collaborations naissent, parfois éphémères, d’autres plus durables.

En 1976, Göttsching tient seul la barre de son Ash Ra Tempel, groupe qui était né de sa rencontre avec Schulze quelques années plus tôt mais que le claviériste quitta rapidement (pour y revenir par la suite à de nombreuses reprises, mais cela est une autre histoire). Il vient d’enregistrer son septième opus, New Age Of Earth et souhaite partir sur les routes pour le défendre. Pour cela, il s’enferme dans un studio afin de répéter avec Michael Hoenig, qui a traîné son talent au sein de Agitation Free et a déjà secondé son ami Klaus et Tangerine Dream, pour qu’il l’accompagne aux synthétiseurs. Ces séances enregistrées durant l’automne 76, unique témoignage d’une union avortée, longtemps demeurées inédites, ont finalement été exhumées en 1995.

Early Water est donc à prendre pour ce qu’il est : le fruit d’intenses répétitions et non pas une vraie création à proprement parlée, élaborée et constuite. Cet opus n’est composé que d’une seule piste instrumentale (est-il besoin de le préciser ?), longue de près de 50 minutes, qui déroule un tapis planant, aérien, de mélodies électroniques. Dans l’esprit de ce que crée alors Klaus Schulze et notamment les albums Timewind (1975) et Moondawn (1976), auquel Göttsching a participé sans que sa contribution ne soit malheureusement conservée au mixage final, en plus accessible toutefois, cette plage hypnotique est une lente progression, un crescendo vers l’infini permettant aux deux musiciens de se répondre durant un dialogue qui s’affranchit des barrières, des frontières. D’abord guidé par des couches de synthétiseurs, par une prolifération de sons tricotés par le tandem, la guitare stratosphérique de Manuel s’immisce peu à peu dans ce paysage emprunt de sérénité ; elle ondule, glisse, se mêlent aux effluves électroniques et finit par emplir tout l’espace sonore tandis qu’elle s’envole vers des sphères vierges de toute présence humaine car elles sont du domaine du Divin.

Que dire de plus si ce n’est que l’on tient avec Early Water l’un des chefs-d’œuvre du rock planant allemand des années 70 et qu’il aurait été donc dommage que ces bandes magiques, touchées par la Grâce, continuent de prendre la poussière sur des étagères. On ne remerciera jamais suffisamment Manuel Göttsching pour cela. (09/08/08)

 

TRACKLISTING

  1. Early Water / 48.28

 

1995

9/10

SPALAX

 

DISCOGRAPHIE

 

http://www.myspace.com/manuelgoettsching  

 

 

WINDS

 

 

 

NORWAY ORIGINE

PROGRESSIVE / ORCHESTRAL METAL GENRE

1998 FORMATION

LINE-UP

LARS ERIC SI (VOCALS, GUITARS)

CARL AUGUST TIDEMANN (GUITARS)

ANDY WINTER (KEYBOARDS)

JAN AXEL BLOMBERG [HELLHAMMER] (DRUMS)

ANCIENS MEMBRES

K. HAUGEN (GUITARS)

PAUL S. (BASS)

 GROUPES AFFILIES

AGE OF SILENCE, ARCTURUS, COVENANT, DIMMU BORGIR, KHOLD, MAYHEM, MEZZERSCHMITT, SCULPTURED, SHINING, SUBTERRANEAN MASQUERADE, THORNS, UMORAL, VIDSYN

 

 

DISCOGRAPHIE

OF ENTITY AND MIND (2001 / EP)

REFLECTIONS OF THE I (2002)

THE IMAGINARY DIRECTION OF TIME (2004)

PROMINENCE AND DEMISE (2007)

 

   

 

 

http://www.myspace.com/windsrocks