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WEST, BRUCE & LAING : WHATEVER TURNS YOU ON (1973)

 

 

West, Bruce & Laing est un supergroupe réunissant deux membres de Mountain (Leslie West à la guitare et Corky Laing à la battarie) et un ex-Cream (Jack Bruce à la basse). Contrairement à Moutnain qui donne dans le Hard rock bluesy et parfois lyrique, ce groupe éphémère insiste quant à lui beaucoup plus sur ses racines blues.

 

Après un premier essai convaincant, Why Doncha en 1972, le groupe remet donc le couvert pour ce qui demeure son meilleur album. Blues-rock rageur (” Backfire ”, “ Rock’n’roll Machine ”) ou plus classique (” Slow Blues ”) alternent avec de petites perles à l’ambiance plus originale (” Token ”, “ Like A Plate ”). Apothéose du disque : la superbe ballade “ November Song ”, toute en émotion et en finesse.

 

Même si West et Bruce se partagent le chant, on a quand même l’impression que le second est un peu en retrait par rapport au guitariste, ce qui est bien dommage vu son talent. L’album eut été encore meilleur avec davantage de titres emmenés par sa seule voix. (18/04/06)

 

TRACKLISTING

  1. Backfire / 2.56
  2. Token / 5.18
  3. Sifting Sand / 3.07
  4. November Song / 5.53
  5. Rock ‘N’ Roll Machine / 3.53
  6. Scotch Crotch / 3.17
  7. Slow Blues / 5.08
  8. Dirty Shoes / 2.23
  9. Like A Plate / 4.37

TOTAL PLAYING TIME : 36.53

 

1973

8.5 / 10

COLOMBIA

 

DISCOGRAPHY

 

http://www.myspace.com/westbrucelaing  

 

 

ASH RA TEMPEL : STARRING ROSI

 

 

Ceux qui ont été hypnotisés par les effluves cosmiques de Join Inn seront certainement mécontents sinon déçus par son successeur, Starring Rosi, étonnement accessible en comparaison. De nouveau seul aux manettes après le départ d’un Klaus Schulze de toute façon revenu uniquement pour le dépanner, Manuel Göttsching tient plus que jamais la barre d’Ash Ra Tempel, navire qui tend de plus en plus à se confondre avec son capitaine. Pour différente de son irréelle devancière, cette cinquième offrande n’en demeure pas moins un pur joyau.

Comme pour confirmer son titre, l’album débute par le rire de Rosi, dont c’est la dernière apparition au sein du groupe ( ?). Mais très vite, “ Laughter Loving ” se fraye un chemin dans le rock psychédélique à la Amon Düül II. Instrumental, ce morceau permet au guitariste de libérer ces notes aériennes dont il a le secret grâce à son jeu plein de finesse. Il semble davantage caresser, effleurer les cordes que les gratter ce qui lui permet de faire décoller sa Gibson très haut, tout la haut vers des sphères infinies vierges de toute présence humaine car elles sont d’habitude le domaine des dieux.

Si “ Day-Dream ” est un écrin cristallin pour la voix de la jeune femme, dont les lignes vocales sont soulignées par celles égrenées par Manuel, “ Schizo ” est un court instrumental touché par la Grâce divine, cependant que “ Cosmic Tango ”, ponctué par le chant noyé sous les effets de Rosi ressemble à un dialogue cosmique (forcément) entre la belle et les interventions psyché de son compagnon. Mais c’est bien le monumental “ Interplay Of Forces ”, long de près de 8 minutes qui propulse Starring Rosi vers les sommets. Au rythme de percussions enlevées, Göttsching y déploie tout son talent avec une flamboyance, une liberté à même de faire passer David Gilmour pour un débutant. Le disque s’achève sur le beau “ The Fairy Dance ”, sorte de ballade acoustique à la simplicité touchante et sur le stratosphérique “ Bring Me Up ”, émaillé de quelques parties vocales féminines et masculines.

Bien que secondés par divers musiciens dont sa douce, présente sur une poignée de chansons, c’est finalement bien le guitariste qui reste le seigneur de l’album. Sa guitare virtuose sans pour autant s’embourber dans la démonstration stérile, emplit tout l’espace de ses sonorités cette fois-ci plus psychédéliques que vraiment cosmiques. Son successeur, le gigantesque et évanescent Inventions For Electric Guitar, publié sous le nom de Manuel Göttsching mais vendu comme le sixième Ash Ra Tempel confirmera cette double évolution formelle et humaine.

Starring Rosi est encore une excellente pioche dans la discographie du groupe, dont elle démontre plus que jamais l’esprit aventureux qui le nourrit avec en sus, cette patine seventies qui, loin de la recouvrir d’un voile de désuétude, lui confère une bonne partie de son charme. (09/09/08)

 

TRACKLISTING

  1. Laughter Loving / 8.01
  2. Day-Dream / 5.22
  3. Schizo / 2.49
  4. Cosmic Tango / 2.06
  5. Interplay Of Forces / 8.57
  6. The Fairy Dance / 3.08
  7. Bring Me Up / 4.35

TOTAL PLAYING TIME : 35.14

 

1973

9 / 10

OHR

 

DISCOGRAPHY

 

http://www.myspace.com/manuelgoettsching  

 

 

AGITATION FREE : 2nd

 

 

Agitation Free. Rarement un groupe n’aura aussi bien justifié son nom, un nom qui résonne comme une profession de foi : celle d’agiter, de secouer le rock dans un esprit de liberté débridée. Si, contrairement à Klaus Schulze, Tangerine Dream, Amon Düül ou Ash Ra Tempel, Agitation Free est aujourd’hui un peu tombé au fond d’une oubliette, il n’en demeure pas moins qu’à l’époque – la première moitié des années 70 – le groupe se veut alors le point de convergence, dans l’antre des Beat Studios animé par le gourou Thomas Kessler, de toute la scène planante allemande. On y retrouve notamment l’organiste Michael Hoenig, que l’on croisera plus tard aux côtés de Schulze ou de Manuel Göttsching, ainsi que le guitariste Lutz Ulbrich, un fidèle de ce dernier au sein de l’aventure Ash Ra Tempel.

Après le chef-d’œuvre de l’avant-garde qu’est Malesch, publié fin 72, le groupe revient quelques mois plus tard avec une seconde cuvée, petit joyau de psychédélisme, à la fois aérien (l’immense diptyque “ Laila ”) et expérimental (les bruitages étranges émaillant “ Dialogue & Random ”). Sur un substrat essentiellement instrumental – seul “ A Quiet Walk ” et surtout “ Haunted Island ” sont colorés de lignes vocales -, parfois aux confins du jazz rock (pour la rythmique éprise de transgressions), 2nd devrait faire jouir tous les amateurs et les nostalgiques de cette patine seventies inimitable (mâtin, ce son d’orgue !) et malheureusement révolue qui, loin de le recouvrir d’une couche de désuétude lui confère un charme rafraîchissant. Et surtout, il y a ce sentiment de liberté, qui tient presque d’une forme de naïveté, irriguant ces morceaux, tous pourvus d’une durée conséquente, qui ont parfois des allures de jams. Aucune barrière, aucun carcan, aucun corset ne viennent jamais enfermer la musique dans une case bien délimitée, bien définie. Ainsi, ne trouve-t-on pas du bouzouki sur un titre (l’arabisant “ A Quiet Walk ”) ?

Virtuoses, les musiciens ne peuvent renier leur maîtrise, témoin ce véritable tonnerre de guitares et de synthétiseurs. Mais comme toujours à l’époque, elle est un outil plus qu’une fin en soi, au service de chansons qui peuvent se draper à l’occasion d’un voile émotionnel, à l’image du bouleversant “ Haunted Island ”, dont le Mellotron vous assurera une belle érection, œuvre étonnement sombre, même si cette noirceur ne saurait surprendre car les paroles sont inspirées d’un texte d’Edgar Poe, écrivain pas vraiment réputé pour sa joie de vivre.

Voilà donc une des pierres angulaires du rock planant allemand des années 70 qui mérite d’être (re)découverte d’urgence ! (26/09/08)

 

TRACKLISTING

  1. First Communication / 8.10
  2. Dialogue & Random / 1.51
  3. Laila, Part I / 1.41
  4. Laila, Part II / 6.47
  5. In The Silence Of The Morning Sunrise / 6.33
  6. A Quiet Walk / 9.15
  7. Haunted Island / 7.11

TOTAL PLAYING TIME : 41.31

 

1973

8.5 / 10

VERTIGO

 

DISCOGRAPHY

 

http://www.myspace.com/agitfree  

 

 

ASH RA TEMPEL : JOIN INN

 

 

La petite histoire veut que ce soit lorsque les autres musiciens prenant part à l’enregistrement du Tarot de Walter Wegmüller dormaient que Manuel Göttsching, Hartmut Enke, Klaus Schulze et Rosi Müller, auquel ils participaient également, ont enfanté ce quatrième opus de Ash Ra Tempel. Cette anecdote en dit long d’une part sur le bouillonnement créatif qui règne alors en Allemagne et d’autre part sur la communion qui unit tous ces artistes qui ne cessent alors de se croiser.

Etonnement, alors qu’il avait quitté le groupe en 1971 après la galette éponyme afin de se lancer dans une carrière solo, Klaus Schulze revient dépanner derrière les fûts (mais pas seulement) son ami Manuel pour Join Inn. De fait, c’est quasiment un line-up identique qui a enregistré les deux albums, si ce n’est la présence de Rosi, chanteuse de son état et surtout petite amie du guitariste et qui apparaissait déjà sur l’hallucinant Seven Up, capturé la même année (s’il vous plaît !) qui fut le théâtre de la parthouze entre une multitude d’individualités, dont Timothy Leary, l’apôtre du LSD ( !).

Comme Ash Ra Tempel, Join Inn est subdivisé en deux longues plages, l’une assez rock’n’roll et l’autre, beaucoup plus expérimentale et barrée. Mais à la différence de son aîné, cet opus illustre que le groupe n’en n’est déjà plus vraiment un, mais plutôt le laboratoire sonore de Manuel Göttsching. Ainsi, “ Freak’n’Roll ”, bien que rythmé par la batterie de Klaus, est clairement piloté par la guitare stratosphérique du désormais maître des lieux. C’est même à un torrent de six-cordes, à une véritable exploration de cet instrument auquel on a droit durant près de 20 minutes, alors que les effluves électroniques restent discrètes.

En revanche, “ Jenseits ” est une longue dérive cosmique et nébuleuse aux sonorités venant d’une autre planète, hantée par des synthétiseurs tour à tour inquiétants ou liturgiques et ponctuée par les murmures de Rosi. Puis, durant la seconde moitié, la guitare aérienne de Manuel apparaît alors que le chant s’efface et se lance dans un dialogue astral avec les notes que tapissent les claviers Moog. Cette complainte n’est d’ailleurs pas sans évoquer le gigantesque Cyborg de Klaus Schulze, gravé la même année ; le son des synthés tout comme les ambiances brumeuses qu’ils libèrent, y font beaucoup penser.

Encore un chef-d’œuvre écrit par des musiciens épris de liberté et mus par une inspiration sans limites. Le disque suivant (sans Klaus Schulze) sera néanmoins très différent : le psychédélique Starring Rosi, dont on peut même se demander s’il s’agit bien encore d’Ash Ra Tempel. Cela n’enlève rien à sa valeur mais cela est une autre histoire… (04/09/08)

 

TRACKLISTING

  1. Freak ‘n’ Roll / 19.15
  2. Jenseits / 24.18

TOTAL PLAYING TIME : 43.30

 

1973

9 / 10

OHR

 

DISCOGRAPHY

 

http://www.myspace.com/manuelgoettsching  

 

 

KLAUS SCHULZE - CYBORG

 

 

Les regrettées années 70 étaient vraiment synonymes de liberté. En effet, qui aujourd’hui pourrait se permettre d’accoucher d’un double album composé uniquement de quatre pistes ? Et instrumental de surcroît. Klaus Schulze peut-être, car c’est justement de lui dont il s’agit.

Fort de ses (éphémères) participations dans diverses formations telles que Tangerine Dream ou Ash Ra Tempel avec son ami Manuel Göttsching et d’un premier essai prometteur (Irrlicht) publié l’année précédente, le claviériste n’a donc pas peur d’enfanter ce que rares ont tenté  jusqu’à présent, hormis les Beatles et Pink Floyd, c’est-à-dire une double ration de musique. Contrairement à ce que son titre pourrait laisser suggérer, Cyborg ne braconne pas sur les terres du space-rock et de la musique cosmique ou futuriste. Grand fan de science-fiction et de Frank Herbert en particulier (auteur auquel il fera maintes fois référence, que l’on songe au titre “ Frank Herbert ” sur X. sans oublier bien évidemment l’album Dune), Schulze n’a comme unique ambition de s’inspirer de son univers et non pas de quitter la terre ferme pour aller planer dans un trip spatial sentant bon la fumette.

Si Irrlicht était encore imprégné des effluves psychédéliques qui noyaient l’unique opus que le maître a enregistré avec Tangerine Dream, le superbe Electronic Meditation (1970), Cyborg se présente vraiment comme sa première œuvre empreinte de son identité et de son style. Plutôt que cosmique, c’est surtout de musique électronique, au sens premier du terme, dont il s’agit ; quatre plages de plus de 20 minutes chacune, bricolées dans un studio berlinois au début de l’année 73 ; quatre voyages sonores froids et contemplatifs batis autour d’une myriades de sons qu’irriguent des synthétiseurs virtuoses sans jamais être pompeux, qui prolifèrent, grouillent, se reproduisent, au point de former une enveloppe insaisissable et opaque, presque oppressante par moment. Ces titres affichent parfois des oripeaux orchestraux (” Chromengel ”) ou carrément liturgiques (” Neuronengesang ”) et drainent une tristesse sourde.

Volontairement répétitif et monolithique, Cyborg est une œuvre austère, aride et exigente dans laquelle il n’est pas aisé de se couler et qui réclame des écoutes nombreuses, tant “ Synphära ”, “ Conphära ”, “ Chromengel ” et “ Neuronengesang ” finissent par se confondre et ériger un bloc mystérieux et envoûtant d’une étrange beauté pour qui saura les apprivoiser.

Pas le disque le plus approprié pour découvrir l’Allemand, mais sans doute un de ses chefs-d’œuvre. Pour les inconditionnels, sachez que la réédition en cd a été complétée d’un morceau live capturé en 1977 de près d’une heure ! Les regrettées années 70 étaient vraiment synonymes de liberté.

 

 

 1973

 * * * *

 SPV

TRACKLISTING

 DISQUE 1 

Synphära / 22.49

Conphära / 25.52

 Chromengel / 23.49

 

DISQUE 2 

Neuronengesang / 24.57

But Beautiful (bonus track) / 50.45

 

 

DISCOGRAPHIE (NON EXHAUSTIVE !!)

IRRLICHT (1972)

CYBORG (1973)

PICTURE MUSIC (1973)

BLACKDANCE (1974)

TIMEWIND (1975)

MOONDAWN (1976)

BODY LOVE (1977)

MIRAGE (1977)

BODY LOVE VOL. 2 (1977)

X. (1978)

DUNE (1979)

… LIVE… (1980 / LIVE)

DIG IT (1980)

TRANCEFER (1981)

AUDENTITY (1983)

DZIEKUJE POLAND LIVE ‘83 (1983 / LIVE)

ANGST (1984 / BO)

INTER*FACE (1985)

DREAMS (1986)

EN=TRANCE (1988)

MIDITERREANEAN PADS (1990)

THE DRESDEN PERFORMANCE (1990 / LIVE)

BEYOND RECALL (1991)

ROYAL FESTIVAL HALL VOL. 1 (1992 / LIVE)

ROYAL FESTIVAL HALL VOL. 2 (1992 / LIVE)

THE DOME EVENT (1993 / LIVE)

LE MOULIN DE DAUDET (1994 / BO)

GOES CLASSIC (1994)

TOTENTAG (1994)

DAS WAGNER DESASTER (1994 / LIVE)

IN BLUE (1995)

ARE YOU SEQUENCED ? (1996)

DOSBURG ONLINE (1997)

VANITY OF SOUNDS (2000)

THE CRIME OF SUSPENSE (2000)

WAHNFRIED : TRANCE 4 MOTION (2000)

U.S.O. : PRIVEE (2000)

KLAUS SCHULZE VS. SOLAR MOON : DOCKING (2000)

BALLETT 1 (2000)

BALLETT 2 (2000)

BALLETT 3 (2000)

BALLETT 4 (2000)

ADDS & EDITS (2000)

LIVE @ KLANGART VOL. 1 (2001 / LIVE)

LIVE @ KLANGART VOL. 2 (2001 / LIVE)

CONTEMPORARY WORKS 2 (2002)

MOONLAKE (2005)

KONTINUUM (2007)

 

http://www.myspace.com/klausschulze