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Project 86 – Rival Factions

Project 86 - Rival Factions

  C’est à la suite d’un album intitulé …And The Rest Will Follow (ponctuation incluse) abusant de morceaux trop lourds et indigestes, à savoir le « tube » de l’album My Will Be A Dead Man, pour lequel le groupe aura produit un clip, tout aussi ennuyant, vide et pesant que le morceau en lui-même. On a tout de même pu retenir les morceaux efficacement costauds  de la discographie du groupe dont The Spy Hunter, A Shadow On Me, From December, Doomsday Stomp ou encore Caught In The Middle, discographie qui s’essaye finalement toutes les étiquettes puisque le groupe lancé non pas en 86 mais en 98 sera d’abord classé en tant que groupe de rapcore, puis se révèlera simplement dans un style assez singulier de neo-metal (style attirant d’ailleurs l’intention d’un certain Marylin Manson), pour également se faire qualifier de groupe de post-hardcore. Il est certain que Project 86 ne ressortent pas deux fois le même album.

  On reprochera à cet album de ne manquer ne serait-ce que d’un second guitariste ou de ne pas assez largement distinguer les parties de basse et de guitare. Pour en venir au fait, le groupe s’en sort tout de même bien et parvient à rendre un ensemble artistiquement réussi puisque naturellement séduisant. Bien entendu, l’histoire nous montre que la formation voix-guitare-basse-batterie ne promet pas autre chose que du neo-metal sinon du rock, autrement dit, il faut accepter le fait que cet album comme ses prédécesseurs  n’est pas un chef-d’œuvre technique mais plutôt un disque simple, qui se permet quelques  fantaisies rythmiques ou mélodiques, distrayant, aussi costaud que d’habitude, et entrainant. C’est en plus de cela que Project 86 parvient à rester dans un style original et toujours assez mystérieux. Finalement le seul morceau trop pompeux de l’album sera Pull Me Closer, Violent Dancer, piste que l’on aura tendance à passer dès la seconde écoute parce qu’elle risque de gâcher la beauté du reste. Le clip de l’album sera celui du premier morceau Evil (A Chorus Of Resistance), qui est en fait tout à fait représentatif de l’ensemble, le ton est donné et on remarque d’emblée que comme le groupe l’avait annoncé, la voix strictement claire tient une place beaucoup plus importante que sur …And The Rest Will Follow. Le clip quand à lui, illustre la bizarrerie et l’excentrisme  du groupe puisqu’il s’agit d’un déjeuner du style restauration rapide qui passe assez vite en une appétissante bataille de nourriture générale, allez comprendre le rapport avec les textes qui sont le discours d’un individu jamais satisfait qui s’adresse à un autre et qui veut absolument obtenir quelque chose que cet autre a et lui non, sans donner d’indication sur ce dont il s’agit, en disant « something you have ». L’album progresse alors de façon directe, sans d’ailleurs laisser le temps d’une chanson calme avant le dernier morceau Normandy.

  La qualité réelle de cet album sera en fait de très bien réussir l’esthétique de chaque morceau ou presque pour excuser en revanche  l’absence de prouesse technique. L’artwork de l’album réalisé par Invisible Creature (des frères Clark de Demon Hunter) est original est consiste à créer des effets d’optique de façon à ce que l’on voit des images et mêmes des textes différents avec ou sans la boîte du CD, elle-même colorée pour cela en bleu. Project 86 doit en grande partie cette capacité à produire une musique séduisante à leur chanteur Andrew Schwab et sa voix intéressante et tout au moins très particulière, qui sait trouver un seuil entre chant clair rock et hurlement hardcore et qui dégage facilement des émotions profondes, c’est clairement ce que Project 86 a réussi dans les compositions de cet album.

Project 86

 

As I Lay Dying – An Ocean Between Us

As I Lay Dying/ An Ocean Between Us cover

Un défaut à cet album? Oui, en effet, il faudra bien reconnaître qu’en mettant cette quatrième galette au monde, As I Lay Dying n’avaient pas vraiment cherché à faire dans l’original. Après donc une introduction courte intitulée Separation, la formation envoie les gros riffs très metalcore et de la double pédale à cœur-joie sur l’album qui commence vraiment sur cette deuxième piste, Nothing Left. Si l’auditeur s’attend à des harmonies très riches et très variées, il comprendra vite qu’il n’a pas acheté le bon disque. En revanche, An Ocean Between Us est très accrocheur et met en avant la technique des musiciens. L’album donne droit à des solos de guitares très sympas, des breaks et des rythmiques à couper le souffle et des refrains en voix claire qui restent dans la tête. C’est le nouveau bassiste Josh Gilbert qui chantera pour les parties en voix claires, Tim Lambesis se gardant de ne s’occuper que des hurlements, pour lesquels on ne trouvera d’ailleurs rien à lui reprocher. Finalement, si l’on ne connait pas parfaitement au moins l’un des deux groupes, on confondra facilement la musique d ‘As I Lay Dying à celle de Killswitch Engage. Reste à savoir pour chacun celui qu’il préfère. Within Destruction, sans doute le titre le plus brutal et le moins mélodique de l’album fera l’objet d’un des titres principaux de l’album. On continue avec Forsaken, qui offre un refrain mélodique et dans lequel on saisit toute la beauté de l’album, surtout dans le cas où l’auditeur accroche aux textes, qui ici sont une confession. Les paroles du morceau expliquent que l’homme a laissé Dieu derrière lui, et qu’il est donc maintenant perdu et seul. L’esthétique des textes et les messages des chansons d’As I Lay Dying ne sont pas des éléments à négliger puisqu’ ils sont le fruit d’un travail à part entière et qu’ils sont particulièrement profonds et sincères. En effet, on pourrait pleurer en écoutant cet album si l’on suivait attentivement les paroles, ce qui n’est pas valable pour n’importe quel album de metalcore…

L’album continue sur des titres toujours plus ou moins mélodiques, mais tous très violents, en passant par des morceaux à retenir comme I Never Wanted ou The Sound Of Truth qui serait peut-être le meilleur morceau de l’album avec son refrain mélodique et accrocheur et son solo de guitare très sympathique et assez impressionnant par la même occasion. L’album nous propose ensuite une pause avec Departed, un instrumental pour une fois assez harmonique qui est un ensemble émouvant de guitares en taping et en violoning. La transition sur Wrath Upon Ourselves est suprenante, et pour tout dire, très brutale. Une onzième piste donc très violente et technique qui précède le dernier morceau, This Is Who We Are, qui reste très agréable sans rien donner de nouveau à part la fermeture de l’album par quelques mesures de piano seul, qui clôt finalement le tout sur un accord majeur auquel on ne s’attend pas.

An Ocean Between Us est en fait un très bon album, auquel on pardonnera le manque d’originalité car il parvient comme il faut à s’extraire de la masse de musique trop banale et pauvre dans le milieu du metalcore, d’autant plus que la production est entre les mains d’Adam Dutkiewicz de Killswitch Engage, valeur à peu près sûre. Il semble en tout cas que An Ocean Between Us est mieux réussi que son prédécesseur Shadows Are Security.As I Lay Dying

Demon Hunter – Storm The Gates Of Hell

 

Demon Hunter/Storm The Gates Of Hell Cover

Assaillir les portes de l’enfer

 

 

Un quatrième album, sans grande surprise, et c’est plutôt tant mieux. En effet, depuis l’album éponyme de 2002, les albums de Demon Hunter suivent toujours les mêmes structures et les mêmes règles, puisque comme ce Storm The Gates Of Hell, ils sont composés de morceaux violents aux couplets hurlés et refrain chantés, ainsi que d’au moins une ou deux chansons plus calmes sans hurlement.

   Storm The Gates Of Hell démarre de façon brutale par un morceau éponyme de 2:40 très hargneux et puissant, sans l’ombre d’une voix claire et qui veut plonger l’auditeur dans l’ambiance générale et dans l’idée d’assaillir les portes de l’enfer et lancer  dors et déjà l’idée “anti-satan” de l’album. Ce premier titre n’est en réalité qu’une mise en bouche, un préchauffage sur lequel on s’attardera finalement assez peu, d’où sa courte durée. L’album continue ensuite sur des tons parfois très agressifs, sans pour autant avoir l’air chaotique. Lead Us Home ne surprend pas mais en plus de bien prendre la suite du premier titre, est très agréable. Sixteen nous fait entendre l’extraordinaire voix de Bruce Fitzhugh sur son pré-refrain entraînant. Le chanteur de Living Sacrifice, dont les membres de DH étaient de grands fans aura donc été le guest de l’album sur ce morceau introduit par quelques mesures de violoncelle et accompagné tout du long par un ensemble de cordes. Reste encore à comprendre le message de la chanson et l’intérêt porté au nombre 16. On en retiendra que “16″ correspond à un “jour saint” et qu’il est “à ta porte”. Fading Away, fait l’occasion d’un premier clip pour l’album, dans lequel des membres du fan club  du groupe (The Blessed Resistance) font leur apparition. Carry Me Down fait plus tardivement l’occasion du second clip et nous promène plus calmement sur un thème assez triste, les textes étant basés sur les funérailles futures de Ryan Clark (chanteur). A Thread Of Light, excellente et violente précède un I Am You ultra rapide et d’une violence musicale assez extrême. Incision est un de leurs morceaux les plus riches en ce qui concerne l’harmonie, le titre faisant profiter l’auditeur de magnifiques montées en transitions et de thèmes vocaux enchantant, ce qui rend un morceau qui fait ressentir une multitude d’émotions. Thorns est un magnifique morceau sans hurlement, mélodique, assez simple et agréable pour toute oreille par. Follow The Wolves tente de faire dans l’original et y réussit plutôt bien puisque le morceau reste un délice précédént Fiction Kingdom et son refrain envoutant avant The Wrath Of God, un morceau à la gloire d’un Dieu puissant et ici impressionnant puisque la musique n’y va pas avec des pincettes. Les éditions spéciale et deluxe donnent droit a 2 titres supplémentaires toujours très sympas.

     En conclusion, on dira que cet album est donc tout de même très violent dans l’ensemble (ce à quoi on pouvait s’attendre avec un tel intitulé) et fait preuve d’une créativité remarquable, quable sans pour autant prendre le risque de choquer le fidèle hunter (“hunter” étant l’appellation d’un fan de Demon Hunter). On notera même quelques progrès techniques, plus particulièrement en ce qui concerne la batterie, ainsi qu’un travail assez abouti de la part de Ryan Clark sur sa voix, qu’il dit avoir monté plus haut que jamais auparavant. Demon Hunter fera donc le Stronger Than Hell Tour en été 2008 avec une poignée d’artistes du genre et redonnera d’ailleurs à Living Sarifice l’occasion de remonter sur scène après quelques années d’absence totale de nouvelle.  Bien entendu, le parcours de la tournée n’aura  malheureusement toujours pas dépassé les frontièrs nord-américaines cette fois-ci. 

 

 

  Demon Hunter