Saikon : Through The Halo

Through The Halo

Voici la première démo de SAIKON, groupe formé en 2002 qui s’est balladé dans différents styles de métal avant de trouver sa voie et de coucher sur cd ses compos. Après WHISPERING TEARS, c’est au tour de cette formation de me coller une beigne dans la tronche et de me me faire sauter quelques molaires. A ce rythme là, je ne me mangerai bientôt plus qu’avec une paille !

Quelle étonnante maturité dans la composition ! Dès la première écoute je me suis vu plongé dans un univers musical incroyablement dense et inventif. Le groupe enrichit son death métal avec des parties acoustiques ou des parties purement instrumentales qui atteignent parfois plusieurs minutes, mais qui ne font en aucun cas office de remplissage. Lors de ces intermèdes calmes, les lignes de guitares sont parfois simples mais bourrées de sensibilité. La basse, très présente, se faufile subtilement entre les notes de guitare et le batteur sait se faire discret pour soutenir de façon légère les rythmiques les plus délicates. Sans mentir, je peux vous dire que j’ai choppé le frisson plus d’une fois ! De plus, les musiciens ne se fixent pas de barrières et utilisent, sans en abuser, des instruments peu courants dans le monde du death métal. Par peur de me planter, je ne me risqurais pas à vous dire de quels instruments il s’agit, alors si ça vous interesse, démerdez vous bande de feignants !

Les parties death métal sont elles aussi parfaitement maîtrisées et sont équilibrées entre death U.S old-school et influences plus modernes. Les riffs sont réellement écrasants et puissants, la batterie explosive, quand je pense que ce n’est qu’une première démo, qu’est ce que ça va donner dans quelques années ! Certains morceaux atteignent tranquilement et sans qu’on ne s’en rende compte les 10 minutes. Moi qui ne suis pas forcément fan des titres à ralonge, ceux-ci ne m’ont pas saoulé une seconde tant ils sont variés et passionnants. Le risque dans ce genre d’exercice est de s’éparpiller dans des structures trop complexes qui finissent par enlever toute personalité aux compos. SAIKON ne tombe pas dans le panneau et garde tout au long de ses 35 minutes de musique une cohésion bluffante. Les différentes parties s’enchaînent avec une fluidité parfaite.

La production m’a elle aussi impressioné par sa clarté et sa puissance, un son digne d’un groupe professionnel. Chaque instrument est audible et l’ensemble est admirablement équilibré, du boulot impecable.

Ma conclusion sera rapide : commandez cette démo ! SAIKON est un groupe épatant, autant dans les parties violentes que dans les parties calmes, plus originales. Je souhaite de tout coeur que cette jeune formation n’en reste pas là.

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April 28, 2007

Embryonic Cells : Before The Storm

Before The StormTONIO

Plus c’est long, plus c’est bon ! Vous connaissez le dicton, apparement EMBRYONIC CELLS aussi… “Before The Storm” est le premier album de ce groupe originaire de Troyes formé en avril 1996.

Ce n’est pas pour autant qu’ils ont glandé entretemps les p’tits gars, car le groupe a quand même un paquet de concerts à son actif, dont des premières parties de molosses comme GWAR, NUCLEAR ASSAULT ou OBSCENITY. Sur un press-book, ça affiche quand même pas mal ! Et puis quand je dis “p’tits gars”, je suis limite irrespectueux, l’age des musiciens se ballade entre 24 et 32 ans.

J’aime beaucoup l’hartwork du cd, ce paysage dévasté au couleur de feu et de cendre. Lidée n’est pas originale mais le rendu est efficace et colle parfaitement au nom de l’album et à l’univers du groupe. Si je dois donner là, tout de suite, sans réflechir (comme j’ai l’habitude) quatre termes pour qualifier leur musique : dépouillée, glaciale rampante et claustrophobique. Claustrophobique ? Ben quoi, j’ai bien précisé sans réflechir, non ? Et puis en fait, claustrophobique est un terme qui leur correspond plutôt bien aux cellules embryonnaires, car leur black métal est oppréssant et assez maladif d’un bout à l’autre de l’album.

La production est très seiche, limite minimaliste, mais c’est tout à fait ce qui correspond à une musique aussi crue. Les riffs sont simples et répetitifs, le batteur au style très linéaire est souvent bloqué sur le mode mid-tempo, leur black métal aurait pu voir le jour il y a 15 ans et rend directement homage à des entités comme BURZUM. Concernant les vocaux, s’ils sont saturés à l’extrême et donnent au compos un aspect viscéral encore plus fort, il est tout de même dommage que Max, le guitariste/chanteur, use de cet artifice en permanence. Une alternance chant hurlé clair / chant saturé aurait, je pense, donné plus d’impact à des parties musicales fort bien trouvées. Par ailleurs, des nappes de synthé, elles aussi plutôt rudimentaires, se posent régulierement sur les morceaux.

Vous devez vous dire que tout cela a l’air bien basique et risque de sonner amateurs, le genre de musique que pratiquent facilement des petits groupes qui ne savent pas trop jouer et qui se donnent une attitude “true” pour masquer leurs faiblesses. Vous oubliez ? Je vous ai dit que EMBRYONIC CELLS roule sa bosse depuis 1996 ! L’experience est là… Je ne vous cache pas que sur presque 50 minutes de musique, j’ai senti des longueurs et que tout n’est pas forcément passionnant, mais certains titres valent franchement le détour. Quand les zicos choppent une bonne mélodie, ils ne la lâchent plus et accouchent de chansons ennivrantes comme “Godess Earth“, “Death Dealer” ou “Before The Storm“, mon titre préféré, à la beauté glaciale et pénétrante. Vous l’aurez compris, il ne faut pas être un accros du blast et des tempos fous furieux pour adhérer à leur musique. Par contre, leurs compos ne sont pas molassonnes pour autant, elles sont simplement plus axées sur des rythmiques martelées et hypnotiques que sur de défonçage de crâne bête et méchant. Pour être convaiquant, c’est un exercice qui demande du talent, et EMBRYONIC CELLS en a en reserve.

Dans la belle ville de Troyes, il n’y a pas que du foot ou des andouillettes, il y a aussi une formation intéressante du nom de EMBRYONIC CELLS qui ne demande que votre soutient et qui vous accueillera toutes griffes dehors pour vous faire plonger dans son univers dépressif. “Before The Storm” est une clé qui ouvre la porte d’un univers malsain et sournois rempli de vermines rampantes. J’en fais trop ? Allez donc sur leur site et écoutez les morceaux proposés, vous reviendrez m’en causer…

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April 27, 2007

Crystalic : Watch Us Deteriorate

Watch Us DeteriorateTONIO

Tu aimes le death mélodique ? Tu aimes les riffs alambiqués soutenus par de la double à fond les ballons ? Tu aimes les solos virtuoses avec plein de doigts dedant ? Tires une carte… CRYSTALIC ? Bonne pioche !

Ce groupe venu de Finlande et formé en 1998 a pris la peine de réaliser plusieurs démos avant de s’attaquer à la réalisation de son premier album, “Watch Us Deteriorate“. Ce qui saute donc tout de suite aux oreilles est la parfaite maîtrise instrumentale des zicos et leur habileté a construire des morceaux interessants. Si on peut penser aux vieux albums de IN FLAMES, l’influence la plus évidente de CRYSTALIC est le groupe DEATH, plus particulierement dans sa période “Indivudual Though Patterns” et “symbolic”. Les compos sont bâties sur des riffs rapides et mélodiques et ponctuées bien entendu par de nombreux solos bien sentis et techniques qui rappellent eux aussi le style de Schuldiner. Cette impression permanente d’avoir à faire à un “tribute-band” de DEATH m’a un peu gêné tout au long des premières écoutes. Une fois les compos mieux assimilées, les mélodies se révellent au final assez accrocheuses et parfois même agréablement entêtantes, certains titres comme “Severe Punishment” ou “soulstabbed” possèdent des cassures rythmiques et des lignes de grattes tout à fait efficaces. De plus, le groupe ajoute à sa cauce pas mal d’intermèdes plus calmes qui permettent aux guitaristes de nous montrer qu’ils savent aussi bien balancer des rythmiques à 200 à l’heures que des solos sensibles “sortez vos mouchoirs”. Le bassiste aime lui aussi rappeller à l’auditeur qu’il n’est pas ici pour faire de la figuration et met régulièrement son instrument en valeur, souvent sur des intros, voir lors de courts solos comme sur le bon “World Collide“. Bien sûr, son style très fluide rappelle inévitablement des morceaux comme “The Philosopher” de qui vous savez…

Le death de CRYSTALIC, à défaut d’être original, est donc très loin de la médiocrité. Par contre, je mettrai un gros bémol sur le chant qui dénature la musique du groupe. Il manque vraiment de personalité et se situe dans une veine plus thrashcore que purement death métal, pour accompagner une telle musique à la fois sensible et énergique, un chanteur plus percutant aurait vraiment élevé les compos à un autre niveau. J’ai lu des commentaires qui jugaient au contraire son timbre chaleureux et original, alors… A vous de voir !

Si on y regarde bien, le death mélodique purement old-scholl comme celui-ci ne se pratique plus vraiment aujourd’hui, alors si vous êtes fan des albums des années 90 et un brin nostalgique de cette époque, “Watch Us Deteriorate” ne peut être que un bon investissement. Pour ma part, j’attendrai tout de même la suite avant de verser une larme en me disant que je tiens entre mes mains les nouveaux “grands” du death mélodique, car il manque encore à l’ensemble une bonne dose de personnalité. Cet album est en tout cas suffisament bon pour attirer l’attention sur CRYSTALIC qui est un groupe à surveiller de près.

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April 25, 2007

SKWAD : The Dead Still dance

The Dead Still dance

Changement radical de genre avec ce groupe du label casket record, label qui semble signer plus ou moins tout et n’importe quoi, en restant néanmoins dans la qualité (pour ce que j’ai pu entendre). Premier album pour les anglais de S.K.W.A.D, groupe formé en 2004 qui évolue dans un gros rock métal, style musical que je n’ai pas trop l’habitude d’écouter.

La musique de ce trio est donc fortement électrique mais il n’est pas question de thrash ou de heavy. S’il fallait raccrocher le wagon S.W.A.D à de grosses locomotives, ce serait vers LIFE OF AGONY qu’il faudrait se tourner, voir parfois vers SYSTEM OF A DOWN ou BLINK 182. De temps en temps leur musique prend également des airs nettement plus punk/hardcore dans la lignée de PENNYWISE (”Hatl To The King”, “why”).

La première écoute du cd ne m’a pas emballé plus que ça. “Ouai bof, c’est gentil en faisant son ménage, je sais même pas si je vais prendre du temps pour le chroniquer”. Quelques mélodies par-ci par-là m’ont chatouillé l’oreille, rien de bien excitant quoi ! Et puis j’ai tenté une deuxième écoute, puis une troisième, et depuis je suis pris au piège, pas une journée sans que j’en écoute au moins trois ou quatre titres. Ce n’est pas très constructif comme commentaire, mais le moins que je puisse dire, c’est qu’elle est sacrément bien foutue leur musique aux S.K.A.W.D !

Les musiciens dosent parfaitement leurs compos entre parties speed basées sur de gros riffs bien gras, acalmies intimes et intermèdes instrumentaux poignants. Il faut dire que question maîtrise instrumetale, les zicos ont un niveau élevé, ce qui leur premet de varier les constructions et d’enrichir en permanence leurs compos. La musique du groupe, même si elle est plutôt accessible, n’est pas du tout simpliste. Le guitariste réalise d’ailleurs un boulot admirable, que ce soit dans les parties calmes ou dans les riffs, bourrés de feeling et bien plus complexes qu’il n’y paraît. C’est aussi un avantage du power-trio, chaque instruments possède tout l’espace qu’il lui faut pour s’exprimer, d’autant que la gratte n’est pas surchargée de saturation et n’étouffe pas une section basse/batterie ici très expressive.

Le chant est parfait pour ce style musical : mélodique, légerement plaintif, tentôt bien énergique, et parfois sur le fil du rasoir question justesse, ce qui n’est pas du tout gênant, bien au contraire ! Cela ne fait qu’augmenter la sincérité et le côté intime des morceaux. Le chanteur possède en fait autant de feeling à la basse qu’au chant et certains refrains sont absolument irrésistibles (”Jimmy And Mary”, “Pink Sweartband”).

J’ai donc découvert plusieurs titres qui se révelent au final être de véritables joyaux que je me repasse en boucle, tant pour leurs parties instrumentales frissonnantes que pour leurs refrains inspirés. “Born. Lie. Light. Die” me met à chaque coup les poils au garde-à-vous, la progression mélodique au coeur du morceau est fabuleuse. Quel riff ! “Home” est du même tonneau, titre lancinant au retrain beau à pleurer et ” We Will Never Lose (To You)” mélange quant à lui parties super entraînantes et intermèdes mélodiques pour un résultat parfait. A chaque fois j’ai envie de gueuler avec le chanteur, hey ! hey ! hey ! sur le refrain…

Ce disque compte 14 titres, d’autres sont tout aussi prenants, si la derscription du groupe que je vous fais vous interpelle, à vous de les découvrir !

Ce disque est une vraie surprise et m’a emmené sur des territoires que je n’ai pas l’habitude de visiter. S.K.W.A.D est énergique et mélodique sans jamais prendre des accents niais ou sonner commercial, sa musique est rafraîchissante et sincère. Un gros coup de coeur pour moi ! .

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April 24, 2007

Inhume : Chaos Dissection Order

Chaos Dissection Order

Il y a des acharnés des sorties qui nous proposent un album par ans, et d’autres qui prennent royalement leur temps pour nous balancer une nouvelle production. Les hollandais de INHUME sont de ceux là, car en plus de 10 ans d’existence, “Chaos Dissection Order” n’est que leur troisième album. Amateurs de grind, rassurez vous, ce n’est pas en prenant de l’age que les p’tits gars de INHUME se sont calmés !

Ce groupe compte tout de même dans ses rangs Roel Sanders, batteur qui a joué avec GOD DETHRONED et ASPHYX, Joost Silvrant qui a hurlé chez SINISTER et Harold Gielen, ici guitariste, qui tient la basse chez LEGION OF THE DAMNED. Si vous ne connaissez pas INHUME, vous voila donc rassuré quant à la qualité du produit ! Le grind/death du groupe est extremement bestial et reste bourrin du début à la fin sans chercher à aucun moment à sortir des sentiers battus. Vu le niveau des musiciens, l’ensemble est très efficace, et si vous aimez des groupes comme CEPHALIC CARNAGE ou NASUM, vous accrocherez d’office aux 16 titres du cd.

Les formations de grind incorporent très souvent des touches hardcore ou punk à leur morceaux. Elles sont ici peu présentes, INHUME reste profondément ancré dans un style old-school. Toutefois, le batteur, même s’il blaste à tour de bras, ralentit régulièrement la cadence histoire de souffler un peu sur des mid-tempos ou quelques riffs un peu plus lourds. Ca a l’avantage de rendre les morceaux bien entrainants. Ainsi, “Chaos Dissection Order” ou “Hollow” mélangent différents rythmes et sont bien réussits. “Dismal“, avec son intro basse/batterie est bien jouissif lui aussi.

Au niveau du son, le groupe reste fidèle à un esprit “roots” mais ne sonne pas pour autant bordelique. Les guitares sont très grasses, la basse saturée, j’ai parfois eu l’impression de me replonger dans le début des années 90. De plus, ce groupe a l’avantage de compter deux chanteurs qui se partagent le chant entre growls cancéreux et hurlements hystériques de façon très efficace.

Néanmoins, même si cette galette reste bien sympathique, je me rends compte après plusieurs écoutes que j’ai très vite fait le tour des compos et que je m’en lasse assez rapidement. L’album manque de passages vraiment entraînants et de riffs renversants comme savent si bien en trouver par exemple les NAPALM DEATH. “Chaos Dissection Order” se contente au final d’être simplement un bon album de grind, rien de plus. Vu les musiciens qui composent le groupe, je ne peux m’empecher d’être un poil déçu par le résultat. D’un autre côté, je doute fort que les zicos aient eu pour objectif de redéfinir le grind ! Leur seul but est de composer une musique d’une extrème violence dont l’efficacité repose plus sur la vitesse et les riffs tranchants que sur l’originalité. La dessus, rien à dire, c’est mission accomplie ! Seulement pour un métaleux qui écoute ce genre de métal depuis une quinzaine d’année, cette réalisation a forcément un arrière goût de déjà entendu…

C’est certain, les grindeux de tout poil auront matière ici à s’exploser les oreilles et a se griller quelques neurones supplémentaires. Beaucoup trouveront probablement ma note assez sévère, mais ça tient au fait que, après une absence aussi longue, je m’attendais à ce que INHUME nous sorte un album vraiment plus inspiré. Ce n’est pas un ratage, mais je reste sur ma faim, voila tout ! Je vais aller me repasser un p’tit coup le dernier NAPALM tiens…

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April 20, 2007

Immolation : Shadows in the Light

Shadows in the LightEcouter un album d’IMMOLATION, c’est l’assurance de se prendre en pleine face un death métal stylé executé par des passionnés qui roulent leur bosse depuis bientôt 20 ans. “Shadows in the Light” est le septième album des américains, et leurs trois précedentes réalisations étaient de véritables bombes. Alors qu’en est-il de celui-ci, baisse de forme ? Inspiration envolée ? Vous vous doutez de la réponse, vous avez vu ma note…

Pas d’inquétude, IMMOLATION reste égal à lui même, un groupe monolytique, un colosse taillé dans le roc avec lequel peu de formations peuvent rivaliser. Tous les élements qui caractérisent la formation sont présents ici et les fans ne seront en aucun cas dépaysés. Après autant d’années d’activité, les musiciens ne se montrent pas du tout à court d’idées. Tout le talent de ce groupe est de réussir a dégager une haine immense sans miser à tout bout de champ sur la vitesse. Les compos sont partagées entre mid-tempos, blast et parties lourdes, avec une ambiance toujours très sombre, funèbre même, qui vous empoigne les tripes à pleine main. Le chant y est aussi pour beaucoup, j’ai écouté cet album au casque et j’ai franchement eu l’impression que Ross Dolan s’adressait directement à moi, sa voix est énorme et pénétrante.

Le travail de composition est toujours aussi fouillé et le groupe ne se contente jamais de se vautrer dans un death trop bestial ou basé uniquement sur la technique. Les harmonies de guitares sont rampantes et malsaines, les riffs ébouriffants, IMMOLATION a vraiment une façon unique de créer un death métal à la fois fascinant et percutant. Par ailleurs, les textes évitent les clichés gore simplistes de beaucoup de groupes et se focalisent sur la noirceur de notre monde, ce qui rend leur musique encore plus crédible et personnelle.

IMMOLATION ne laisse donc rien au hasard et ne fait pas de remplissage, le groupe met tout en oeuvre pour que chaque compo possède sa propre identité, soit à travers des lignes de guitares obsédentes, soit grâce à l’utilisation de riffs hypnotiques. Le travail du batteur est par ailleurs remarquable, ce dernier, qui réalise ici son deuxième album avec le groupe, semble avoir définitivement trouvé sa place au sein du combo et enrichit les compos avec un jeu fourni et original. Les solos de guitare n’ont pas une place capitale dans la musique de IMMOLATION mais les gratteux savent exactement les placer là où ça fait du bien, avec beaucoup de feeling et de dexterité.

Je ne passerais pas en revue les dix titres qui composent “Shadows in the Light” car ils sont tous excelents, je vous laisserai vous même le bonheur de capter chaque subtilité que renferment les compos. Le terme subtilité n’est pas exageré tant chaque morceau fourmille de petits arrangement de gratte, pas toujours décelables lors de la première écoute. Cet album, comme les précedents du groupe, demande plusieurs écoutes pour être completement assimilé, c’est la marque des grands !

Quelques titres vous mettrons tout de même immédiatement par terre. “Passion Kill” et son riff lourd, entêtant et saccadé, est un vrai rouleau compresseur, “The Weight Of Devotion” s’ouvre sur un étonnant riff en harmonique completement innatendu qui rend ce titre immédiatement passionnant, “Whispering Death”, le dernier morceau, est d’une noirceur et d’une profondeur peu commune… etc.

D’autre part, pour ne rien changer, IMMOLATION a enregistré avec Paul Orofino. C’est là leur cinquième collaboration et la production est évidement à la hauteur de la musique, massive et limpide. La batterie est même d’avantage mise en avant que sur leur précedent album où elle paraîssait légerement en retrait à mon goût.

Shadows in the Light” est de nouveau une réussite éclatante, jusqu’où IMMOLATION ira t’il ? Ca en devient presque énervant tellement ces mecs sont doués ! Dans leur style, ils sont insurpassables. Cet album est d’ores et déjà pour moi une des meilleures sorties death métal de l’année et tout simplement un des meilleurs albums du groupe, à égalité avec “Close to a World Below” et “Unholy Cult“, qui sont à mon sens leurs deux autres meilleures réalisations. Album indispensable !

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The Senseless : In The Realm Of The Senseless

In The Realm Of The SenselessDécidément, le label Anticulture ne cesse de m’étonner… J’ai beaucoup aimé le dernier album de SLIT et l’incroyable album de TANGAROA, “Day”, m’a mis par terre, c’est au tour de cet album de THE SENSELESS de m’exploser la tête avec bonheur. Ne vous fiez surtout pas à la pochette digne d’un album de beach rock, ni à la tête du bonhomme, au dos du boitier, qui regarde l’horizon, écharpe dans le vent et regard de cocker triste. Le bonhomme en question, c’est le bassiste de THE BERZERKER…

Sam Bean a enregistré les idées qu”il a amassé depuis près de deux ans et le résultat est totalement original, dur de mettre un nom sur ce style musical. Contrairement à ce que pourrait laisser penser la pochette de l’album, pas question ici d’une musique fun à écouter autour d’un feu de plage, guitare acoustique à la main. J’ai plutôt eu l’impression de me ramasser un tsunami sur la tronche, une déferlante de haine d’une violence profonde. Car il s’agit bien de grind, mais à mon sens, beaucoup plus riche et original que celui de THE BERZERKER. Les morceaux ne se limitent pas à du bastonnage primaire, le travail sur les ambiances et les structures est réel. Sam bean parvient, sur des titres assez courts, a développer des idées totalement originales. Pour cela, notre homme ne se fixe pas de limites et assemble des parties purement brutales à les lignes mélodiques, voir carrément planantes, pour accoucher au final de titres captivants comme les délicieux “Vacation” ou “Evilicious”. Pas mal de samples sont égalment présents, mais ils sont utilisés de façon très habiles, sans alourdir les compos. Au contraire, ceux-ci rendent les morceaux encore plus percutants et personnels. Les riffs, quand à eux, sont souvent chaotiques et alambiqués et s’accouplent très bien aux vocaux saturés qui me rappellent ceux du groupe DEFECATION, le projet solo de Mitch Harris. Sam Bean ne rechigne pas non plus à ajouter de temps en temps une petite touche catchy ou hardcore à certains riffs et nous balance des morceaux plus directs comme “Crippled Trash”.

Il faut savoir que l’album est tout de même produit par Russ Russell (NAPALM DEATH, DIMMU BORGIR…) et que Matt Wilcock (THE BERZERKER) apporte sa contribution dans l’enregistrement des parties de grattes.

La grosse surprise vient principalement du dernier titre, “After Happy Ever”, qui risque d’en faire fuire plus d’un. Sam Bean prend d’ailleurs soin d’ajouter en mise en garde à côté du titre, la mention “Unmetal”. En effet, ce morceau démarre dans une veine techno/dance digne des années 90, avec beats organiques et ligne de synthé répetitive, mais s’enrichit progressivement avec de très bonnes mélodies de guitare. Quand je vous disais que ce musicien ne s’est pas fixé de limite ! Je vous l’avoue, moi qui exècre la techno ou la dance (ça vous étonne ?), j’ai été litéralement emporté par ce morceau incroyable qui dépasse les 6 minutes, quand les autres atteignent en moyenne les 2 minutes 30.

Je n’en doute pas, “In The Realm Of The Senseless” est un album tonitruant qui ne s’adresse pas à un public très large. C’est l’oeuvre d’un musicien bourré de talent et sans oeillères, capable de mélanger émotion et brutalité sans jamais être simpliste. Personnelement, j’ai adoré, d’autres trouveront ça abominable, en tout cas, le résultat ne peut pas laisser indifférent !

> Chroniques, Grind Metal — admin @ 12:00 am

April 19, 2007

Genital Grinder (FRA) : Compulsing Severing Art

Genital Grinder (FRA) : Compulsing Severing Art

Genital Grinder a pris son temps pour pondre un succésseur à son premier album, “Genital Grinder“, paru en 2003. Cet album ne m’avait pas marqué plus que ça, car si le groupe se montrait carré et techniquement au point, côté originalité, ça pêchait quand même pas mal. Et puis bon, les morceaux délires genre concert de prouts et concourt de rôts, ça ne m’amuse pas plus que ça et c’est du déjà entendu chez pas mal de groupes. Disons que leur premier album manquait franchement de maturité et de recherche au niveau des riffs, l’ensemble ayant plus des allures de délires d’ados qu’autre chose…

Alors, qu’en est-il du Genital Grinder nouveau ? Déjà, question visuel, même si l’on reste dans le mauvais gôut volontaire, il faut reconnaitre que la pochette a meilleure allure que le dessin à deux balles du précedent cd ! Et la zique dans tout ça ? Entretemps, le groupe a mûri, tourné avec des grosses pointures comme SCARVE, DEICIDE, PROSTITUTE DISFIGURMENT ou NECROPSY, et ça s’entend ! Le temps des délires puériles est bien fini, le groupe se concentre à présent sur sa musique et met tout en oeuvre pour la rendre éfficace. Pas question avec eux de petites touches hardcore ou black métal, c’est du pur death métal massif dans la lignée de SINISTER ou CANNIBAL CORPSE. Un petit invité, ça fait toujours bien sur un album, et c’est Sven de ABORTED qui s’y colle ici en venant cracher ses boyaux sur deux titres.

Le niveau technique des musiciens est conséquent, il n’est pas question d’approximation ou de construction bancales. Que ce soit dans les blasts ou les tempos plus lourds, le groupe assure completement, soyez certains d’avoir entre les mains un produit professionnel. Les compos sont donc complexes et s’articulent autours de nombreux changements de rythmes, le batteur faisant très très souvent parler la double.

Les riffs sont nettement plus recherchés que par le passé, et même si le groupe ne possède pas encore de personalité vraiment frappante, certains titres sont absolument irrésistibles. “Living Room Lobotomy”, “Inner Urethral Bleeding” et surtout “Mental Wart”, avec ses riffs saccadés, ne peuvent que plaire aux amateurs de brutal death. Par contre, détail étonnant, les solos sont très peu nombreux, les gratteux sont pourtant à l’aise dans cet exercice. Dommage ! Néanmoins, si le résultats final est plutôt bon, il manque encore à cet album un petit quelque chose qui le rendre indispensable. Beaucoup de parties me rappellent tel ou tel groupe et pas mal de riffs me paraîssent encore trop classiques pour être percutants.

Les paroles et les titres des morceaux se situent pour la plupart dans une veine gore médicale qui rappellent inévitablement le grand CARCASS. Si vous aimez décortiquer les paroles et les idées d’un groupe, vous n’aurez pas grand chose à vous mettre sous la dent de ce côté là ! Si vous êtes comme moi et que seule la musique en elle-même compte, allez-y tranquils, vous trouverez chez Genital Grinder de quoi rasasier vos tympans délicats…

Côté production, rien de négatif a signaler, le son est énorme et la voix très puissante du chanteur est parfaitement mise en valeur. J’ai aussi l’impression qu’un gros travail a été fait sur la batterie qui sonne admirablement.

Genital Grinder a vraiment progressé, “Compulsive Severing Art” est superieur en tout point à son prédécesseur. Néanmoins je reste persuadé que le groupe peut mieux faire encore, car certains passages nous montrent à quel point les musiciens peuvent être éfficaces. Ces bons moments sont noyés dans des parties plus banales qui font baisser le niveau de l’album d’un cran. Attention, je ne dis pas que l’album est mauvais, loin de là, seulement qui aime bien, châtie bien… Quelque chose me dit que leur prochain album pourrait mettre tout le monde à terre !

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Angel Corpse : Of Lucifer And Lightning

Of Lucifer And Lightning

Je ne me tiens pas forcément au courant de toutes les news concernant les groupes, ainsi je zappe régulierement certaines reformations ou certains mouvements de personnel au sein des formations. C’est pourquoi je n’étais absolument pas au courant que les excelents ANGELCORPSE préparaient leur grand retour. Je suis donc tombé sur le cul, y’a pas d’autres termes, en recevant leur nouvel album. Après avoir bien verifié qu’il ne s’agissait pas de fonds de tiroirs ou de vieux titres live, j’ai senti l’inquiétude monter en moi… Et s’il s’agissait d’une reformation foireuse, genre TERRORIZER, qui accouche au final d’un album bien périmé ?

Je vais aller droit au but : C’est du bon, du très bon, du très très bon ANGELCORPSE ! Dès le premier titre mes craintes s’envollent et je pousse un grand soupir de soulagement. Quel plaisir de ré-entendre le son et le style unique de ce groupe, quel plaisir d’entendre à nouveau les vocaux haineux et étranglés de Pete Helmkamp ! Et puis, hé, z’avez vu un peu cette pochette ? Elle est pas jouissive ? Ben oui, Lucifer qui déguste le christ par les pieds dans un paysage d’apocalypse, c’est peut-être pas original, mais quand c’est écrit ANGELCORPSE en grand par dessus, ça devient carrément excitant, non ? A condition bien sûr dapprécier le… le comment déjà ? War métal il me semble, c’est l’étiquette que l’on donne à ce style, mélange de black métal et de death. ANGELCORPSE emprunte au black la furie des parties de batterie et une ambiance résolument anti-chrétienne, et au death la complexité des riffs et de la construction des morceaux. Et il y a surtout cette façon unique d’insufler à chaque compos une violence et une énergie peu commune. Beaucoup de combos sont capables de rivaliser de vitesse avec ANGELCORPSE, mais bien peu sont capables de se montrer aussi percutant et de donner autant de personalité à chacune de leurs compos…

Le derrnier album studio du groupe paru en 2000, “The Inexorable“, était plutôt bon mais me donnait l’image d’un groupe au bout de ses possibilités, la flamme s’était quelque peu étteinte. “Of Lucifer And Lightning” nous replonge directement dans l’ambiance des deux premières réalisations du groupe, “Hammer Of Gods” (1996) et surtout le titanesque “Exterminate” (1998). Les grattes sont viscieuses, tranchantes, aussi performantes dans les riffs que dans les solos. Ces derniers déboulent toujours sans qu’on ne s’y attende, dans un esprit qui rappelle facilement MORBID ANGEL, groupe auquel on a d’ailleurs trop facilement comparé ANGELCORPSE.

Un détail fera plaisir aux fans de la première heure, c’est le batteur d’origine, John Longstreth, qui tient les baguettes sur cet album. Ses parties de batteries sont bien sûr foudroyantes et d’une précision chirurgicale. Par contre, sur la tournée U.S. à venir, c’est J.R. Daniels, batteur du groupe de death/grind CATTLE DECAPITATION qui souffrira dèrrière son kit, Longstreth ne faisant sans doute pas partie du groupe à temps plein.

Avec le groupe de Helmkamp, pas de parties mélodiques, pas d’intermèdes de grattes seiches ou d’intro au synthé, ANGELCORPSE va droit au but. Les rythmes sont souvent extrêment rapides mais l’écoute de cet album n’est jamais fatiguante tant les morceaux sont captivants et les breaks habiles. La sensation de haine pure qui se dégage de l’univers du groupe est tout simplement terrassante. Les musiciens ralentissent tout de même le tempo sur certains titres, sans pour autant perdre en violence. Au contraire, ces morceaux se révelent être au final les plus intenses et les plus malsains, comme “Saints Of Blasphemy” ou “Shining One”, véritables machines de guerre dédiées à la gloire du malain.

ANGELCORPSE a par ailleurs une autre caracteristique, leur son, reconnaissable entre mille. La production compacte est parfaite et donne à l’album un côté rugueux, abrasif, sans non plus noyer les grattes dans une saturation grésillante. On est en même temps loin du son du death ricain, surchargé de basse et souvent impersonnel. Du très bon boulot en somme, fidèle aux racines du groupe.

ANGELCORPSE n’a donc pas changé son style d’un pouce et retrouve même un regain de vivacité certain. Le retour d’un grand groupe avec un album parfait, que demander de plus ? Quelques concerts en France, oui, se serait pas mal ! En attendant, vous pourrez toujours vous passer en boucle “Of Lucifer And Lightning“, album qui n’a rien d’un pétard foireux. Après un bon paquet d’écoutes, je ne m’en lasse toujours pas…

> Black Metal, Chroniques — admin @ 12:00 am

April 18, 2007

Pavillon 666 : revelation Underground 2

revelation Underground 2TONIO

Le webzine Pavillon 666 a la bonne idée de sortir environ chaque trimestre une compilation de groupe français underground. Celle-ci, parue en janvier 2007, est la deuxième produite par le site, la prochaine étant disponible à partir de mai. Ce genre d’initiative est habituellement réservée aux magasines, et pour ma part, je ne trouve en géneral que deux ou trois morceaux qui me plaisent sur ces compiles. C’est uniquement une question de goût, ça reste un excelent moyen de découvrir des groupes.

Je dois dire que j’ai été surpris par la qualité de l’ensemble des morceaux, ce qui me fait une fois de plus dire à quel point la scène française se porte bien. Pour mon grand bonheur, une bonne partie des groupes présents ici donnent dans le death ou le thrashcore, le black ou le métal gothique n’y sont que peu représentés et le heavy completement absents, même si KERBEROS s’en approche par son chant en français.

J’ai donc découverts de bonnes formations que je ne connaissaient que de nom, voir pas du tout. ZAN’JI et KEVORKIA, les deux groupes qui ouvrent les hostilités, évoluent dans un thrashcore teinté de death (surtout KEVORKIA) saccadé, redoutable et parfaitement maîtrisé. Dans un style beaucoup plus radical, GORYPTIC est fidèle à lui même en nous offrant un morceau très efficace, PLEDGE OF SILENCE, que je ne connaît pas du tout, est redoutable sur 2.40 de pur deathcore et j’ai été ravi de découvrir le groupe CHARNIER qui fait de plus en plus parler de lui. Son grind/death est écrasant et professionnel. Mes deux coups de coeur vont à NECROVERDOSE, dont le death tranchant me fait un peu penser à celui d’ACT OF GODS, et à CEBREN-KHAL, groupe qui évolue plutôt dans un black/death sombre et ambiant. Leur titre qui mélange parties lourdes, mélodies lancinantes et accélerations violentes est très réussit et m’évoque assez l’univers de SEPTIC FLESH.

Bien sûr, comme dans toute compile, le très bon cotoie le moyen, à vous de faire votre sélection ! De plus, les changements de style et de son d’un morceau à l’autre donnent parfois de drôles de résultats. Mais en toute honêteté, le niveau de qualité est vraiment bon sur cette compile, vous ne perdrez pas votre temps à y preter une oreille attentive. Sachez par ailleurs que l’objet en question est téléchargable sur le webzine pavillon 666 qui cultive ainsi en toute franchise le désir de filer un petit coup de pouce à des groupes qui le méritent. Chapeau bas messieurs pour votre esprit d’équipe ! Et vivement la prochaine compile…

> Chroniques, Divers — admin @ 12:00 am

April 17, 2007