Venom : Temples of Ice

Temples of IceVENOM, je ne vous les présente pas ! Groupe culte? blablabla? inventeur du black métal? blablabla. Pourtant, ce n’est pas un groupe dont je suis particulièrement fan, même si certains morceaux, surtout la face A de « At War With Satan » (excusez, c’est vieux !), ont participé à pas mal de mes bringues de jeunesse !

Un album en particulier m’a réellement surpris dans leur discographie, « Temple Of Ice », paru en 1991. VENOM a évolué en trio jusqu’à la sortie du médiocre « Calm Before the Storm » en 1988, puis Cronos a mis les voiles et le groupe a rapidement sorti un an plus tard « Prime Evil », avec aux vocaux et à la basse le bien nommé Demolition Man, comme c’est original comme nom, et un guitariste rythmique en plus. Je n’ai jamais écouté cet album qui apparemment ne casse pas trois pattes à un canard. Puis en 1991 sort donc ce « Temple Of Ice », album relativement oublié dans l’histoire de VENOM.

Et pourtant, merde, que cet album est sympa ! Le groupe pète le feu et envoie des compos royalement entraînantes partagées entre heavy et thrash. Le côté démoniaque est moins présent que sur les anciens albums, mais les morceaux sont vraiment bien foutus et bourrés d’énergie. Certains titres comme “Arachnid”, “Tribes” ou “In Memory Of” sont tout simplement excellents et vous obligent au minimum à vous secouer la tronche comme un possédé. Les riffs, même s’ils ne sont pas particulièrement originaux, sont directs et très facilement mémorisables sans être non plus simplistes.

Une des très grandes qualités de cet album est la qualité de ses parties mélodiques. Les intermèdes de basse sont très nombreux et toujours épatants, ce Demolition Man a un sens de la mélodie très prononcé et sa basse est bien mise en avant. Par ailleurs, ont dit de Mantas qu’il est un guitariste médiocre, mais ses partie de grattes sont ici fort savoureuses, que ce soit dans ses solos très heavy et mélodiques (”Tribes”, “In Memory Of”, “Faerie Tale”?) ou dans les délicieux arpèges qui émaillent les compos (”Even In Heaven“, “Trinity”, “Faerie Tale”, “Temple Of Ice”). A noter par ailleurs une reprise sur-vitaminée et totalement convaincante du “Speed King” de DEEP PURPLE et un morceau qui nous parodie un célèbre titre rock’n roll des années 50, du King Elvis si je dis pas de conneries. Un esprit déconne au sein duquel les breaks de basse déjantés font merveille?

N’hésitez pas à redécouvrir cet album fort sympatoche, une réalisation énergique et mélodique qui pour moi vaut cent fois plus que leur récent « Metal Black », tentative douteuse de renouer avec un passé glorieux…

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June 27, 2007

Sacrarium : Lost By Your Belief

Lost By Your BeliefSACRARIUM est une formation française qui évolue dans un black métal primaire et qui s’adresse donc à un public amateur d’ambiances déprimantes et ténébreuses. Si vous aimez le thrash fun, le death ou même le black raffiné et mélodique, passez votre chemin !

Ce groupe s’est formé en 2001, avant de splitter quelque temps plus tard et de se reformer autour de deux personnalités, Valafar (membre d’origine), qui s’occupe des vocaux et de tous les instruments, et Amarok qui s’attache à l’écritures des paroles. C’est sous cette forme de duo que SACRARIUM nous envoie sa deuxième démo, « Lost By Your Belief ».

En 28 minutes et 7 morceaux (le premier ne dure qu’une minute), le groupe nous prouve qu’il maîtrise son sujet, même s’il ne transpire absolument pas d’originalité. Son black métal, qui ne dégage que noirceur, se veut résolument roots et reste quasiment tout le temps battit autours de guitares tranchantes aux riffs très classiques dans le style. Les rythmes sont souvent très rapides, sans réellement donner dans le blast, dommage que les compères aient eu recours à une boite à rythme et ne se soient pas associé à un batteur ! Pour moi, une vraie batterie aurait forcément donné plus de relief et de profondeur aux compos, d’autres en revanche diront que cet effet accentue le côté glacial des compos, c’est selon. Les parties de batterie sont de toute façon habilement composées et l’on peut facilement passer sur ce détail.

Les morceaux sont donc bien exécutés, la prod pour ce style de musique est tout à fait appropriée, c’est vraiment sur l’originalité des riffs que le groupe pêche le plus. Tout cela donne l’impression d’avoir été déjà écouté mille fois ! Toutefois, SACRARIUM nous montre de temps à autre qu’il est capable de proposer autre chose que des riffs grattés à cent à l’heure sur du “boum-tchac boum-tchac boum-tchac” répétitif. Deux titres en particulier ressortent du lot : “Memory Of Oblivion“, qui propose une construction plus fouillée et quelques riffs fort réussis, et “Under A Silent Nightsky” dont les parties lentes s’avèrent bien efficaces et prenantes, tout en restant assez simples. Là aussi, je reste persuadé qu’un batteur aurait grandement enrichi ces parties plus originales.

Cette démo à la présentation soignée renferme de quoi séduire les fans de black, car son côté radical et son ambiance “j’aime déguster des corbeaux morts au petit déjeuner” sont tout de même réussis. Pour moi, SACRARIUM doit encore s’étoffer et se créer une personnalité plus palpable. « Lost By Your Belief » est pour l’instant une simple carte de visite et si le groupe persévère, la prochaine réalisation serra probablement bien plus passionnante? En bonne voie !

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June 23, 2007

Abomination (USA-2) : Tragedy Strikes

Abomination (USA-2) : Tragedy StrikesCertaines personnalités incarnent un style musicale à elles seules, des sortes d’icônes incontournables qui ont apporté leurs lettres de noblesse à un style en particulier. Je pense par exemple à Lemmy pour le punk/hard ou Ozzy pour le heavy. En death métal, un des premiers noms à me traverser l’esprit est forcément celui de Paul Speckmann?

Et oui, Paul Speckmann est le bassiste / chanteur de pas mal de formations Thrash/death, dont les trois plus connues sont MASTER, KRABATHOR et le bien nommé Abomination. Je sais que parmi pas mal de jeunes métaleux qui lisent ces lignes, beaucoup ouvrent de grands yeux; avec au dessus de la tête un gros point d’interrogation. Ces trois groupes ont tous sortis de très bons albums de death métal au début des années 90, avant le splitter, se reformer, re-splitter, se re-reformer sous des line-up complètement différents, avec toujours à la barre l’indestructible Speckmann. Celui-ci a d’ailleurs en parallèle persévéré dans la même voie avec le SPECKMANN PROJECT, formation qui regroupait divers membres de tous ses autres groupes. Mais si, concentrez vous un peu, c’est pas si compliqué? A une époque, notre homme tournait même avec MASTER en tête d’affiche, PUNGENT STENCH au milieu pour qu’il se repose un peu, et il remettait le couvert en troisième position avec Abomination ! Un acharné je vous dis?

La même année, en 1992, et sur le même label, Nuclear Blast, sortaient l’excellent premier album de MASTER, « On The Seventh Day, God Created? Master ! » et cette deuxième réalisation de Abomination, « Tragedy Strikes », nettement meilleure que la première. Il faut dire que pour la batterie, Speckmann ne s’est pas associé à un manche, c’est le très bon Aaron Nickeas (aussi présent dans MASTER et SPECKMANN PROJECT) qui martèle les fûts.

« Tragedy Strikes » est un mélange de thrash au riffs assez simples et de poussées death métal. Les vocaux de Speckmann, pas vraiment gutturaux, collent d’ailleurs parfaitement à ce style. Si les deux premiers morceaux de l’album se montrent seulement sympathiques, le disque ne décolle vraiment qu’à partir du troisième titre, “Pull The Plug” (rien à voir avec le titre de DEATH) qui envoie méchamment la purée avec une touche punk/hardcore bien plus présente. La suite est tout autant réjouissante, avec de tant à autre de petite surprises comme les quelques parties plus mélodiques de “Will They Bleed”, les riffs et ambiances plus recherchés de “Soldier” ou l’instrumental aux rythmiques simples et tranchantes “Killed Or Be Killed”. Les morceaux les plus marquants restent néanmoins les plus directs (les plus courts aussi !) “Pull The Plug”, ou le très entraînant “Industrial Sikness” au refrain imparable. Mais attention, le son, l’ambiance et les compos en générale restent primaires, cet album s’adresse uniquement aux passionnés d’une musique brute et sans artifices. Les amateurs de death tel qu’il se pratique actuellement ne s’y retrouveront probablement pas et risquent même de trouver cet album assez terne. On est très loin des grosses réalisations de CANNIBAL CORPSE ou DECAPITATED ! Mais son ambiance et son feeling ne me lassent pas, c’est un album que j’ai dans le c?ur, point ! De plus, les paroles, sans être d’une philosophie profonde, traitent de sujets sérieux et ne se vautrent pas dans les clichés gore, ce qui apporte un crédibilité supplémentaire à Abomination malgré son nom pas original pour un euro.

Même si vous ne vous sentez pas inspiré par la musique de Speckmann ou que de death old-school du début des années 90 ne vous intéresse pas, vous aurez au moins appris plein de trucs sur lui en lisant ma chronique ! Vous pourrez vous la peter dans vos discutions de métaleux, hé hé? Au fait, il est tchèque, pas étonnant, avec de tels modèles, que la République Tchèque soit aujourd’hui le paradis du grind !

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Abominator : Nuctemeron Descent

Nuctemeron DescentTroisième volet des aventures de ABOMINATOR au pays des kangourous, « Nuctemeron Descent », paru en 2003, est une grande leçon de “comment faire du sur place”. Pour ceux qui ont raté les épisodes précédents, ABOMINATOR, groupe australien, est un digne (?) représentant de ce qu’il est convenu d’appeler le war métal.

Bon, je vous l’avoue, j’ai manqué le deuxième opus du groupe, mais je ne suis pas certain que ce soit une grande perte pour mes oreilles. Non pas que leur musique soit absolument nulle, mais je ressens avec ABOMINATOR la profonde impression d’écouter en permanence le même morceau. Leur premier album possédait un certain charme, une fraîcheur et une énergie qui rendait l’album largement écoutable. Cette troisième galette bourrine à fond, les riffs sont hyper speed, les blasts partent dans tous les sens, mais ça s’arrête là. Plus de passages lourds oppressants, plus de bons riffs légèrement thrash, juste du gros death/black bien b?uf et au final sans personnalité. C’est bien exécuté, professionnel, mais tellement fade ! Si vous avez une grosse colère et que vous voulez vous broyer les neurones sur la musique la plus primaire et simpliste possible, choisissez un morceau, par exemple “Black Flames Of Repultion”, ça fera largement l’affaire !

La pochette de l’album résume à elle seule la haute teneur musicale et intellectuelle de l’album : des démons, des flammes, un pentacle et une magnifique cartouchière. Vous avez le droit de rire. Je vous signale par ailleurs que depuis leur premier opus, le bassiste / chanteur a mis les voiles et qu’il est remplacé par un hurleur (Max Krieg) au style quasi identique et un bassiste ( Valak Exhumer) qui fait de la figuration. Vous vous en foutez ? Moi aussi !

Cet album n’est ni bon, ni complètement nul, juste insignifiant et inutile. Ca fait belle lurette que les records de vitesse les plus fous ont été atteints, l’imagerie satanique en carton-pâte n’impressionne plus grand-monde, il faut autre chose que ces deux artifices pour créer un bon album. Quelqu’un pourrait l’expliquer à ABOMINATOR ? Pour la santé de nos tympans?

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June 21, 2007

Sinister : Diabolical Summoning

Diabolical SummoningSinister fait partie des éternels seconds couteaux du death métal, ces groupes connus et respectés par les fans de musique brutale mais qui peinent à se faire réellement connaître. Et pourtant, ce groupe nous a pondu de véritables bombes (sans être des chef-d’oeuvre absolus)qu’il fait bon dépoussiérer un p’tit coup?

Les Pays-Bas nous ont fourni des groupes de death aussi variés que passionnants, comme PESTILENCE ou ASPHYX, mais il ne faut surtout pas oublier Sinister qui, depuis sa première démo en 1990, a tout de même sorti sept albums, et ce malgré des problèmes de line-up permanents. Je m’étonne qu’à l’heure où je tape ces lignes, le “death métal maniac” Fabien n’ait toujours pas chroniqué l’intense premier album de Sinister, « Cross The Styx » paru en 1992 ! Comme je ne veux pas lui piquer son boulot, je m’attaque à leur second album sorti à peine un an plus tard, « Diabolical Summoning ».

Cette seconde réalisation se situe un cran au dessous en terme de qualité, mais il faut dire qu’après la claque monumentale reçue avec « Cross The Styx », l’effet de surprise est moins fort ! Le style de death métal du groupe reste inchangé sur cette deuxième galette, un assemblage de parties lourdes et de blast, le tout bâti autour d’une imagerie très sombre et blasphématoire. Rien de bien original jusque-là me direz-vous ! Seulement Sinister compose sa musique de façon très personnelle, enchaînant rythmes plombés et blast fous-furieux sans intermèdes, nous prenant par surprise à chaque accélérations. Cette manière de saccader ses compos et de passer d’une extrémité à l’autre en terme de vitesse insuffle aux morceaux une énergie phénoménale. Par contre, le défaut de cet album est justement que Sinister use un peu trop de cet artifice, on frôle régulièrement l’indigestion en matière de changement de vitesse, d’autant que certaines compos sont parfois peu inspirées question riffs. A la longue, les blast finissent par se montrer poussifs, voir fatigants.

Fort heureusement, les bons titres font oublier les défauts de cet album. Et chez Sinister, quand une chanson est bonne? Comment vous dire ? Vous prenez un canon de flibustier, vous allumez la mèche et vous vous collez la tronche dedans, vous voyez à peu près ?

Quelques exemples : la chanson-titre, “Diabolical Summoning“, est énorme, son riff lourd est magistral et sa construction en fait un classique. “Léviathan”, pour lequel le groupe tournera un clip, est hyper entraînant et son intro pesante est colossale. “Desecrated Flesh” est un titre légèrement différent, car il renferme des parties plus mélodiques. Ce morceau est en (très) léger décalage avec le reste de l’album mais se révèle tout aussi violent, et au final extrêmement réussi?

Les solos ne sont pas un ingrédient capital chez Sinister, ils sont peu nombreux et assez courts. Pourtant, le guitariste de l’époque est loin d’être manchot et on peut noter de bonnes parties inspirées, comme dans le court “Tribes Of The Moon”. Cette deuxième réalisation de Sinister est donc un très digne représentant du death métal. L’album suivant, « Hate », loin d’être mauvais, nous présentera par contre des compos plus travaillées, moins directes, mais malheureusement (à mon goût), beaucoup trop longues.

De cette époque, seul un membre d’origine est encore présent dans Sinister, Aad. Celui-ci tenait auparavant les baguettes et officie à présent comme hurleur attitré. Leur dernière sortie en date, « Afturburner », nous a prouvé que la formation était bien loin d’être moribonde, c’est même pour moi la meilleure réalisation du groupe depuis l’excellent mcd « Bastards Saints » en 1996. Un grand groupe, teigneux comme une vermine !!!

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June 19, 2007

Abominator : Damnation Prophecy

Damnation ProphecyBienvenue dans l’univers poétique du war métal, ou du nuclear war métal, choisissez l’étiquette que vous préférez ! Un des représentants de ce style si particulier, quelque peu tombé en désuétude, est le groupe australien ABOMINATOR, formation entièrement dévouée à une brutalité primaire et sans finesse. Rien que le nom du groupe, ça en dit long ! Arrêtez de rire et reprenez votre souffle?

C’est vrai que ABOMINATOR, fallait quand même oser comme patronyme ! Preuve que le groupe n’a peur de rien et ne se fixe pas de limites, au moins on sait d’avance vers quoi on va musicalement. Les trois brutes qui composent le line-up d’origine en avaient marre de tirer à la carabine sur des kangourous, alors vu qu’ils étaient tous fans de thrash / death (sur les photos intérieures, ils portent des t-shirts de KREATOR, CELTIC FROST et BATHORY), pourquoi ne pas mettre sur pied eux même leur machine à boucan ? ABOMINATOR est donc né, puisant dans le thrash des années 80 la fureur des riffs, dans le death les constructions complexes aux breaks incessants et dans le black la vitesse d’exécution et l’idéologie sataniste. C’est donc tout ça le war métal, un mix de thrash, le death et black joué sur des tempo à exploser les métronomes. Certains représentants de ce style sont assez connus, comme ANGEL CORPSE, BESTIAL WARLUST ou BLASPHEMY, ABOMINATOR n’a quant à lui jamais vraiment réussi à faire parler de lui.

Les dix titres de ce premier album (le groupe ne changera pas vraiment la donne par la suite !) sont donc balancés sur des rythmes supersoniques et ont pour unique mission de vous assommer sous un déluge de riffs simplistes et ultra rapides. Les compos sont par contre étonnamment longues compte tenu du style, car l’album atteint tout de même 56 minutes ! ABOMINATOR cherche donc malgré tout à construire ses compos de façon assez tortueuse, mais des longueurs se fond clairement sentir. 35 minutes à se régime là, ça aurait suffit amplement ! Dur de faire la différence entre un morceau et un autre car la recette reste quasiment tout le temps la même, une alternance de blasts, de mid-tempo guerriers soutenus par la double et de solos épileptiques dans un style très ANGEL CORPSE. Les vocaux sont teigneux, entre le death et le black, et collent tout à fait à l’esprit chaotique et cradingue de l’album. La production est également à l’image de trio, brute sans fioriture?

Le groupe dévie parfois vers du death plus old school (l’intro de “Activate The Anarchus“) et rajoute ça et là des touches de synthé, des rythmes de caisse claire militaire, quelques parties lourdes ou des semblants de mélodies (”The Conqueror Posessed”), ce qui rend au final cet album assez sympathique. L’ensemble reste toutefois d’une brutalité extrême et il se dégage de « Damnations Prophecy » une réelle ambiance d’apocalypse qui ravira les amateurs de bestialité primaire.

Cet album n’est pas une merveille mais possède un certain charme grâce à son côté rentre-dedans et son honnêteté, car ABOMINATOR ne prend pas de gants avec vos oreilles et ne cherche pas à plaire au plus grand nombre. Même si le groupe tient toujours bon aujourd’hui, la recette a clairement tendance à se répéter et les musiciens (il y a eu pas mal de changement de personnel depuis) n’ont toujours pas sorti l’album qui les ferra connaître à plus grande échelle?

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June 16, 2007

Forbidden : Forbidden Evil

Forbidden EvilPour n’importe quel amoureux de thrash, ne pas posséder ce premier album de FORBIDDEN est un crime ! Pour une première réalisation, le groupe frappe vraiment très fort et nous balance, en cette année 1988, une ?uvre colossale.

La musique de FORBIDDEN se situe dans la lignée directe de VIO-LENCE ou des débuts d’EXODUS, c’est à dire un thrash direct et brutal, moins léché par exemple que celui de SLAYER ou METALLICA pour ne citer que les plus connus. Les rythmiques sont absolument énormes, certains riffs sont même hallucinants de dextérité et de rapidité. Il faut dire que derrière, ça suit grave ! On retrouve à la batterie Paul Bostaph, qui s’en ira par la suite batifoler avec TESTAMENT puis SLAYER. Les riffs sont tranchants et bourrés d’énergie et vont jusqu’à prendre des airs de CORONER, comme par exemple lors des cavalcades saccadées du formidable morceau-titre «Forbidden Evil ».

Et quelle paire de guitaristes solistes ! Les duels de grattes sont divins, à la fois très techniques et mélodiques, de quoi donner du boulot aux mordus de la branlette de manche tout en dispensant une bonne dose d’adrénaline? Le titre « Through Eyes Of Glass » renferme une partie instrumentale dont je ne me lasserai jamais ! A l’image de sa pochette, cet album est un véritable choc frontal entre brutalité et finesse instrumentale.

Mais la musique de FORBIDDEN ne se limite pas à du bastonnage bête et méchant, loin de là. Le groupe distille à petite dose quelques touches mélodiques, principalement à travers les solos, mais aussi sur certaines intros ou sur certains breaks du meilleur effet (« Follow Me » ). Attention ! On reste tout de même très loin des ballades d’ANNIHILATOR !!!

Autre excellent point à souligner, le chant de Russ Anderson. Ce dernier parvient à moduler son timbre de façon admirable, alternant gueulantes énergiques et parties purement chantées, ce que notre homme assure de façon totalement convaincante jusqu’à s’envoler parfois sur les fins de phrases dans des cris suraigus à la manière de Tom Araya.

En conclusion, je vous dirai que si vous possédez ce monument du métal, vous serez d’accord avec moi pour confirmer qu’il s’agit bel et bien d’un incontournable du thrash des années 80. Si vous ne le possédez pas, rajoutez-le sans attendre sur votre liste des albums à vous procurer !

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June 15, 2007

Internecine : The Book Of Lambs

The Book Of LambsInternecine est le groupe d’un seul album, «The Book Of Lambs», paru en 2001. Ce groupe a tout d’un “all star band” du death métal, comme pouvait l’être par exemple TERRORIZER en 1989, ou plus récemment BLOODBATH, groupes formés de divers musiciens de groupes reconnus.

Ce groupe est le projet de Jared Anderson, bassiste chanteur limogé de chez HATE ETERNAL en 2003 à cause de son addiction à la drogue. A cette époque, notre homme faisait donc toujours partie de HATE ETRERNAL mais ne voulait pas rester inactif entre deux enregistrements de son groupe officiel. Il a donc mis sur pied Internecine et a recruté pour l’épauler deux batteurs poids-lourds qui se partagent les baguettes, Tony Laureno ( MALEVOLENT CREATION, ANGEL CORPSE?) et Derek Roddy (NILE, DIVINE EMPIRE…). Avouez que pour tout amateur de death métal, il y a déjà là de quoi se lécher les babines ! Si je vous dit qu’en plus, l’album est produit par Erik Rutan (MORBID ANGEL, HATE ETERNAL) et que ce dernier vient poser ça et là quelques solos, vous n’aurez plus qu’à pleurer si vous ne possédez pas cette perle dans votre discographie ! Les guitares rythmiques sont par contre entièrement assurées par Jared Anderson qui ne manque ni de technique, ni d’inspiration.

Aucun autre album de Internecine ne verra jamais le jour, puisque Jared est décédé dans son sommeil en octobre 2006. Je n’ai pas plus d’explication, mais vu sa dépendance aux drogues dures?

L’album est donc un assemblage de titres extrêmement bestiaux, du death brutal sans concession qui fait la part belle aux blasts fous-furieux et aux breaks ébouriffants. Vu le niveau des musiciens, il est un peu superflu de préciser que l’ensemble est d’une précision chirurgicale. Les rythmiques sont hyper rapides, parfois très techniques (”Hallowed Guidance”, “Encrypting The Véhémence”) et bourrées d’harmoniques, ce qui donnent souvent un faux air de MORBID ANGEL aux compos. Mais dans son ensemble, l’album est bien plus axé sur la brutalité pure que sur la finesse instrumentale, même si quelques passages se veulent plus tortueux et vicieux.

Le groupe ne ralentit pas souvent la cadence, mais quand il le fait, rrrhhhhââââ !!!! Ca nous donne de superbes titres comme « Encrypting The Véhémence », avec ses alternances de parties lourdes et de blasts, ou «?For Thee I Bleed» qui a lui seul justifie l’achat de cette galette. Ce titre est une merveille au refrain mid-tempo incroyablement puissant et sur lequel les riffs à la fois sombres et mélodiques font merveille. C’est tout simplement un de mes morceaux death métal préférés, un de ceux qui me filent la chair de poule et la patate à chaque écoute. Énorme !

«The Book Of Lambs» ne brille pas par une originalité incroyable mais dégage une énergie farouche et sent à plein nez l’envie d’en découdre avec la musique la plus primaire et la plus haineuse possible, tout en restant d’un niveau technique qui en impose.

S’il n’est pas à considérer comme un classique incontournable, ce disque n’en reste pas moins un très bon album de brutal death qui ne peut pas décevoir les amateurs du genre. De plus, le fait que cet album soit la seule réalisation de ce groupe mort-né donne à «The Book Of Lambs» une aura toute particulière. A redécouvrir !!!

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June 11, 2007

Becoming The Archetype : The Physics Of Fire

The Physics Of FireCa fait un moment que je garde de côté ce deuxième album de BECOMING THE ARCHETYPE. Pas parce qu’il est exceptionnel, mais parce que c’est le genre d’album pas marrant et pas facile à chroniquer tant il ratisse large au niveau musical…

Je commence par ce qui est simple : la prod’. Elle est claire et très puissante, là dessus rien à dire, c?est du tout bon. Idem pour la maîtrise instrumentale des zicos, que se soit en rythmique ou en solos. Voilà, ça, c’est fait, je raye et je passe à la suite, le contenu de l’album. Et là, ouille ouille ouille !!!

Le spectre musical de BTA s’étale sur de nombreux styles. Le groupe emprunte par-ci une touche black, par-là des gros riffs deathcore, des blasts, de nombreuses parties mélodiques? etc. Difficile donc de cataloguer BTA dans une catégorie précise de métal. Je ne sais pas si c’est dans le but de se rendre accessible à un maximum d’auditeurs ou si le groupe cultive un amour immodéré pour les croisements bizarres, mais « The Physics Of Fire » a tout d’un album O.G.M. De la musique transgénique quoi ! Du métal moderne pour une consommation de masse?

Prenons par exemple le titre « Immolation ». Ce morceau s’ouvre sur une rythmique très black métal, avec double à fond les ballon, sur laquelle la voix du chanteur vient rapidement se greffer, dans un style toujours hurlé deathcore. Au bout d’une minute le tempo ralenti et devient saccadé. A une minute trente, changement radical avec un petit arpège acoustique et une mélodie de piano. Le chant prend alors des allures lyriques légèrement pleurnichardes. S’en suit, sur la même rythmique, un solo technique avec plein de doigts dedans. Troisième minute, retour de grosses guitares saccadées un peu plus rock / thrash. Quatrième minute, arrivée fracassante des synthés avec accords de gratte lents et puissants, puis re-solo mélodique. Cinquième minute, retour des influences black métal?

J’ai choisi ce titre comme j’aurais pu choisir n’importe lequel de l’album, car toutes les compos proposent ce même patchwork d’idées. Pour moi BTA s’éparpille beaucoup trop, c’est d’autant plus dommage que tous les titres renferment de bonnes mélodies, seulement j’ai pendant un instant l’impression d’écouter ILLDISPOSED, l’instant d’après du GOD DETHRONED, puis du HYPOCRISY, du ALL SHALL PERISH, du GREEN CARNATION?etc.

De bonnes chansons ressortent tout de même du lot, comme « Autopsy », « Consruct And Collapse » ou l’instrumental mélancolique « Nocturne », mais l’album dans son ensemble manque de cohésion.

Il y a à boire et à manger sur ce « The Physics Of Fire » et si les mélanges de styles ne vous font pas peur vous y trouverez probablement votre compte. Pour ma part, c’est un album que je trouve trop calculé, trop “dans le vent”, même s’il m’a au final apporté quelques bonnes sensations, notamment lors des brillants solos et des intermèdes mélodiques. A vous de voir !

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June 10, 2007

Ion Dissonance : Minus the Herd

Minus the Herd« Minus the Herd » est le troisième album des québécois de ION DISSONANCE qui sont à présent signés sur le label Century Média. Ce groupe est un fier représentant de ce qu’il est convenu d’appeler le mathcore. Mais si, le mathcore, allez, vous connaissez quand même? Non ? Bon, voilà une mission pour moi, je vais vous expliquez !

Un groupe qui joue du mathcore utilise à la fois des éléments très deathcore et des éléments hardcore, voir punk-hardcore, et peut parfois picorer des idées dans le hardcore indus ou le hardcore noise, ce qui peut d’ailleurs facilement le faire basculer dans une sorte de post-hardcore apocalyptique. Si on a à faire à des musiciens un poil sentimentaux ou dépressifs, on aura de forte chance d’écouter du emo-core ou, dans le pire des cas, du pop-core gentillet. ION DISSONANCE s’en éloigne radicalement et, même si on ne peut pas parler de grind mince-core, son metalcore saupoudré de neo-core reste très agressif. Toutefois nous ne retrouvons pas dans le mathcore l’aspect direct du thrash-core ou du grindcore de base, ni les riffs rampants du sludge-core, oubliez également la profondeur religieuse du christian-core.

Voilà, vous y voyez plus clair maintenant ? Comment ça vous avez la tête qui tourne ! J’y peux rien moi, allez prendre une aspi-core, pardon, une aspirine et revenez devant votre ordi-core, merde, ordinateur. En fait, moi aussi j’ai un peu le cerveau à l’envers, tiens?

Donc, pour en revenir au groupe, leur musique est extrêmement chaotique, souvent lourde et saccadée, les musiciens ne font pas dans la simplicité. Le niveau technique est élevé et les compos sont toujours bâties à partir de structures complexes, de rythmes de batterie saccadés et de riffs aussi massifs que tortueux. Le groupe n’use jamais d’intermèdes plus directs, l’aspect basique du métal n’existe pas chez ION DISSONANCE, et c’est bien dommage ! Je veux dire par là que le groupe assure complètement dans sa catégorie, mais que l’écoute peut vite se montrer lassante si vous attendez comme moi le riff de gratte qui tue sur un rythme de batterie plus simple. Y’a pas de ça chez les ION DISSONANCE ! Le groupe reste dans son univers déstructuré et n’en bouge pas.

La production de Zeuss (Hatebreed, Shadows Fall?) est impeccable, la présentation de l’album est originale, les musiciens sont très doués et les compos très travaillées, bref, c’est assurément une sortie de qualité mais ce style de musique sans mélodies aucunes ne me touche pas et me lasse assez vite. Je n’ai pas ressenti le petit frisson quoi ! Question de goût, tout simplement. Si vous aimez vous promener dans des labyrinthes musicaux violents et plutôt sombres, vous mettrez sûrement à « Minus the Herd » un bon 17/20, moi je lui mets 14/20 pour sa qualité d’interprétation.

J’ai eu bien du mal à me décider concernant la note à attribuer à cet album, comme quoi la musique de ION DISSONANCE ne laisse pas indifférent, que l’on aime ou pas. Ce groupe n’est pas un petit joueur dans sa catégorie, dans ce style que l’on nomme le mathcore. Vous avez oubliez ce qu’est le mathcore ? Ok, je vais vous en parler un peu ! Ben partez pas en courant, revenez?

> Chroniques, Metalcore — admin @ 12:00 am

June 2, 2007