Obliteration (NOR) : Perpetual Decay

Obliteration (NOR) : Perpetual DecayObliteration, quel nom original ! Ce groupe norvégien formé en 2001 nous envoie son premier album en 2007, album dont la pochette sombre grouillante de macchabées en tous genres est elle aussi d’une originalité renversante, du jamais vu dans le métal? Alors, inspiration au raz des pâquerettes ou amour ouvertement déclaré pour le vieux death ?

Si l’album s’ouvre sur un morceau quelque peu lourdingue chargé de parties doom aux riffs archi convenus, la suite s’améliore dès le deuxième titre. Le death de Obliteration se charge alors de riffs fortement thrash, et ce mélange de growls rocailleux et de riffs tranchants me fait rapidement penser aux finlandais de Deathchain, voire même à Prostitute Disfigurement. Par ailleurs, ce deuxième titre n’est pas sans me rappeler, par certains côtés, le “Agonizing World” de nos Massacra nationaux?

Vous l’aurez compris, Obliteration pratique un death / thrash sans fioritures, mais pas ringard pour autant, car question inspiration et composition, les gaillards se défendent brillamment. Vu les photos intérieures, les musiciens ont plutôt l’air bien jeunes, ce qui explique peut-être le côté délicieusement teigneux des compos et l’urgence qui s’en dégage?

Le thrash death de Obliteration ne se veut pas démonstratif et lorgne beaucoup plus vers des groupes comme Defleshed (en nettement plus varié) ou Grave (en bien plus énervé) que vers des combos hyper techniques comme Morbid Angel ou Suffocation. Le niveau des musiciens est néanmoins irréprochable, mais ceux-ci préfèrent mettre en avant l’énergie pure, ce qui donne aux compos un certain aspect radical, un peu à la manière du « World Downfall » de Terrorizer (les vocaux en sont d’ailleurs parfois assez proches). Toutefois, le groupe s’aventure de temps en temps, et pour mon plus grand bonheur, à créer quelques ambiances plus pesantes et sinistres typiquement death métal, à l’image du très bon “Sinstorm”, titre qui clôture l’album.

Autopsy, Terrorizer, Vader (le premier album), Repulsion, Gorguts, Death (les deux premiers albums), la musique de Obliteration se rapproche facilement de beaucoup de groupes d’il y a 15 ou 20 ans, ce qui peut bien sûr nous emmener à la conclusion suivante : le groupe ne possède pas de réelle personnalité. Mais comme je l’affirmais avec le premier album des américains de Demiricous, quand un groupe joue la musique qu’il aime avec tellement de conviction, pourquoi s’en priver ? Moi j’en redemande !

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August 30, 2007

Exhorder : Slaughter in the Vatican

Slaughter in the VaticanQuand vous rentrez crevé d’une journée de boulot, ou d’une journée de cours, quand vous accumulez les galères et autres emmerdes, quand vous vous sentez abattus pour X raisons et que vous voulez vous vider la tête avec un bon album qui vous envoie sur une autre planète, vous en choisissez un qui a sur vous un effet radical. Quand vous l’écoutez, le monde peut s’écrouler autour de vous, vous vous en foutez, vous êtes déjà parti ailleurs?

Certains préfèrent naviguer sur les terres du black métal, d’autres irons verser quelques larmes sur du heavy, chacun ses goûts et tout dépend de notre humeur du moment. Moi, quand tout part en couille autour de moi et que j’ai besoin de me renfermer dans ma bulle, de me ressourcer avec l’énergie du métal, je choisis très facilement ce premier album de EXHORDER. L’incroyable intensité de la musique prend alors le dessus sur tous les problèmes que j’ai pu rencontrer, j’ai tout simplement la formidable impression que le groupe ne joue que pour moi et que je ne fait qu’un avec les riffs énormes des gratteux. Les compos du groupe me pénètrent littéralement et je fait moi même partie de leur musique le temps de l’écoute, je suis sûr que vous comprenez ce que je veux dire, tout fan de métal ressent cela avec certains albums?

« Slaughter To The Vatican » fait partie de ces albums que je n’échangerai pour rien au monde. Il y a une dizaine d’années, mes potes et moi, fauchés que nous étions, nous nous baladions d’un endroit à un autre à bord d’une magnifique Fiat Panda, équipée tout de même d’un lecteur K7. Vu que le véhicule en question tremblait à mort une fois les 100 km/h passés, y’avait intérêt à mettre le volume très fort pour capter quelque chose ! Et la coutume était (pour les soirées aussi) que chacun d’entre nous apporte une compile qu’il avait soigneusement enregistré à partir de ses albums préférés. Nos goûts étaient très proches (death métal), mais ces sélections donnaient lieu à de joyeuses engueulades, surtout quand on avait quelques bières dans le pif.

« - Mais non, pauv’ con, ce riff est à chier, celui là est bon !

- Tu me fais rire, t’es même pas capable de jouer correctement “War Ensemble” de SLAYER !

- Ta gueule, Kerry King est une merde, Mustaine a un vrai sens de la mélodie, lui !

- Mustaine ? Ce mec est un golio, vas plutôt bosser ta main droite au lieu de dire des conneries ! »

Etc, etc, etc?

Tout ça pour dire que le jour où j’ai placé pour la première fois des morceaux de EXHORDER dans mes fameuses compiles, j’ai eu droit au commentaires suivants : “ouai, c’est pas mal, dommage que les riffs soient tant inspirés par PANTERA” ! Oui, sauf que « Slaughter To The Vatican » est paru en 1990, année de sortie du premier gros album de PANTERA, « Cowboys From Hell ». Alors comment parler d’inspiration “panteresque”, ou même de plagia ? Impossible? D’autant que la musique de EXHORDER est autrement plus violente que celle de PANTERA, beaucoup plus thrash dans l’esprit. Mais bordel, quel concentré de violence, de hargne ! Le rapprochement avec PANTERA se fait facilement en raison du groov incroyable des riffs, à la fois chaloupés, tortueux et tranchants.

Si les deux premiers morceaux de l’album sont bons, le groupe ne dévoile l’ampleur de son talent qu’à partir du troisième titre, le colossal “Desecretor”, à l’intro écrasante. Et la suite est tout aussi bonne, parfait mélange de thrash et de violence limite death. Le morceau titre, “Exhorder“, est un concentré de haine aux mid-tempo incroyablement entraînants, “The Tragic Period” renferme quant à lui un riff formidable suivit d’un mid-tempo foudroyant (à 4′40) et son final est magistral. Tout simplement un de mes morceaux métal préférés, tout styles confondus ! “Legions Of Death” met tout le monde KO avec son intro saccadée, chargée de triolets, qui enchaîne sur un riff lourd aux relents de MASSACRE. Je ne vais pas tous vous les passer en revue, tous les morceaux de cet album sont bons !

Ce groupe est américain et a sorti son album en 1990, devinez qui en est le producteur ? Scott Burns bien sûr ! Le son de batterie est typique des enregistrements du bonhomme, assez sec et avec une grosse caisse très claquante style machine à écrire. Perso, j’adore, les nombreux roulements de doubles sont ainsi parfaitement mis en valeur. Le son des grattes diffère par contre assez de ses autres enregistrements. Plus gras, moins stéréotypé, ce son quelque peu brouillon colle très bien à l’esprit thrash des compos.

Un dernier mot concernant le chant, après je vous fout la paix. Le style de Kyle Thomas est plutôt surprenant, teigneux mais malgré tout mélodique, en tout cas très inhabituel dans le genre. Même sa tronche sur la photo est bizarre, on se demande s’il ne s’est pas gouré de groupe ! Si ses vocaux déconcertent dans un premier temps, force est de constater qu’ils collent parfaitement aux compos et renforcent leur originalité.

EXHORDER est un groupe qui a rapidement fini aux oubliettes, étonnant compte tenu de la qualité et de l’intensité de ce premier album. Les musiciens eux même semblaient beaucoup croire au potentiel de leur formation, vu comme ils arborent fièrement sur leur épaule leur tatouage EXHORDER (sauf le chanteur?). Z’ont l’air cons aujourd’hui avec ce tatouage périmé tiens? En tout cas, ces mecs là ont pondu une ?uvre colossale de thrash / death qu’il est urgent de redécouvrir.

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August 25, 2007

Exhorder : Slaughter In Vatican

Slaughter In VaticanQuand vous rentrez crevé d’une journée de boulot, ou d’une journée de cours, quand vous accumulez les galères et autres emmerdes, quand vous vous sentez abattus pour X raisons et que vous voulez vous vider la tête avec un bon album qui vous envoie sur une autre planète, vous en choisissez un qui a sur vous un effet radical. Quand vous l’écoutez, le monde peut s’écrouler autour de vous, vous vous en foutez, vous êtes déjà parti ailleurs?

Certains préfèrent naviguer sur les terres du black métal, d’autres irons verser quelques larmes sur du heavy, chacun ses goûts et tout dépend de notre humeur du moment. Moi, quand tout part en couille autour de moi et que j’ai besoin de me renfermer dans ma bulle, de me ressourcer avec l’énergie du métal, je choisis très facilement ce premier album de EXHORDER. L’incroyable intensité de la musique prend alors le dessus sur tous les problèmes que j’ai pu rencontrer, j’ai tout simplement la formidable impression que le groupe ne joue que pour moi et que je ne fait qu’un avec les riffs énormes des gratteux. Les compos du groupe me pénètrent littéralement et je fait moi même partie de leur musique le temps de l’écoute, je suis sûr que vous comprenez ce que je veux dire, tout fan de métal ressent cela avec certains albums?

« Slaughter To The Vatican » fait partie de ces albums que je n’échangerai pour rien au monde. Il y a une dizaine d’années, mes potes et moi, fauchés que nous étions, nous nous baladions d’un endroit à un autre à bord d’une magnifique Fiat Panda, équipée tout de même d’un lecteur K7. Vu que le véhicule en question tremblait à mort une fois les 100 km/h passés, y’avait intérêt à mettre le volume très fort pour capter quelque chose ! Et la coutume était (pour les soirées aussi) que chacun d’entre nous apporte une compile qu’il avait soigneusement enregistré à partir de ses albums préférés. Nos goûts étaient très proches (death métal), mais ces sélections donnaient lieu à de joyeuses engueulades, surtout quand on avait quelques bières dans le pif.

« - Mais non, pauv’ con, ce riff est à chier, celui là est bon !

- Tu me fais rire, t’es même pas capable de jouer correctement “War Ensemble” de SLAYER !

- Ta gueule, Kerry King est une merde, Mustaine a un vrai sens de la mélodie, lui !

- Mustaine ? Ce mec est un golio, vas plutôt bosser ta main droite au lieu de dire des conneries ! »

Etc, etc, etc?

Tout ça pour dire que le jour où j’ai placé pour la première fois des morceaux de EXHORDER dans mes fameuses compiles, j’ai eu droit au commentaires suivants : “ouai, c’est pas mal, dommage que les riffs soient tant inspirés par PANTERA” ! Oui, sauf que « Slaughter To The Vatican » est paru en 1990, année de sortie du premier gros album de PANTERA, « Cowboys From Hell ». Alors comment parler d’inspiration “panteresque”, ou même de plagia ? Impossible? D’autant que la musique de EXHORDER est autrement plus violente que celle de PANTERA, beaucoup plus thrash dans l’esprit. Mais bordel, quel concentré de violence, de hargne ! Le rapprochement avec PANTERA se fait facilement en raison du groov incroyable des riffs, à la fois chaloupés, tortueux et tranchants.

Si les deux premiers morceaux de l’album sont bons, le groupe ne dévoile l’ampleur de son talent qu’à partir du troisième titre, le colossal “Desecretor”, à l’intro écrasante. Et la suite est tout aussi bonne, parfait mélange de thrash et de violence limite death. Le morceau titre, “Exhorder“, est un concentré de haine aux mid-tempo incroyablement entraînants, “The Tragic Period” renferme quant à lui un riff formidable suivit d’un mid-tempo foudroyant (à 4′40) et son final est magistral. Tout simplement un de mes morceaux métal préférés, tout styles confondus ! “Legions Of Death” met tout le monde KO avec son intro saccadée, chargée de triolets, qui enchaîne sur un riff lourd aux relents de MASSACRE. Je ne vais pas tous vous les passer en revue, tous les morceaux de cet album sont bons !

Ce groupe est américain et a sorti son album en 1990, devinez qui en est le producteur ? Scott Burns bien sûr ! Le son de batterie est typique des enregistrements du bonhomme, assez sec et avec une grosse caisse très claquante style machine à écrire. Perso, j’adore, les nombreux roulements de doubles sont ainsi parfaitement mis en valeur. Le son des grattes diffère par contre assez de ses autres enregistrements. Plus gras, moins stéréotypé, ce son quelque peu brouillon colle très bien à l’esprit thrash des compos.

Un dernier mot concernant le chant, après je vous fout la paix. Le style de Kyle Thomas est plutôt surprenant, teigneux mais malgré tout mélodique, en tout cas très inhabituel dans le genre. Même sa tronche sur la photo est bizarre, on se demande s’il ne s’est pas gouré de groupe ! Si ses vocaux déconcertent dans un premier temps, force est de constater qu’ils collent parfaitement aux compos et renforcent leur originalité.

EXHORDER est un groupe qui a rapidement fini aux oubliettes, étonnant compte tenu de la qualité et de l’intensité de ce premier album. Les musiciens eux même semblaient beaucoup croire au potentiel de leur formation, vu comme ils arborent fièrement sur leur épaule leur tatouage EXHORDER (sauf le chanteur?). Z’ont l’air cons aujourd’hui avec ce tatouage périmé tiens? En tout cas, ces mecs là ont pondu une ?uvre colossale de thrash / death qu’il est urgent de redécouvrir.

> Chroniques, Thrash Metal — admin @ 12:00 am

Ingens : Adventus

Adventus« Adventus » est la première démo de Ingens, groupe français formé en 2004. Pentagrame, croix renversée et crânes explosés, la pochette du cd nous fait tout de suite comprendre que la formation évolue dans un black métal radical. Ces poncifs visuels usés jusqu’à la moelle nous indiquent que Ingens voyage probablement sur des terres mainte fois explorées?

Effectivement, le groupe ne prend aucun risque et nous propose une recette qui a fait ses preuves depuis longtemps. Mais ma foi, quand on aime, faut pas se priver, et si ces cocos là sont accros au bon vieux black / death, pourquoi iraient-ils chercher plus loin, n’est ce pas ? Le groupe s’emploie donc à composer des morceaux à base de rythmes souvent très rapides et de riffs tronçonneuse qui fileront le bambou aux amateurs de musique “brut de décoffrage” et sans synthés aucuns. Si Ingens ne brille pas par une originalité débordante, il ne tombe pas non plus dans la simplicité d’un bourinage bête et méchant. La construction des morceaux est en effet plutôt habile et surtout, les musiciens ralentissent de temps en temps la cadence afin de développer certaines ambiances bien malsaines. Ces parties plus tempérées aèrent les compos et leur donnent plus d’ampleur tout en évitant le piège de la monotonie. Ainsi “Suprematie” ou “Pesten” (en écoute sur leur Myspace) sont vraiment de bons titres.

Les musiciens maîtrisent parfaitement bien leur sujet et affichent ouvertement leur amour pour la scène black du début des années 90. Difficile de ne pas approcher leur musique de celle des premières ?uvres de Marduk ou d’Ancient (entre autre…), avec toutefois un côté death métal parfois plus prononcé, notamment dans certaines parties vocales.

Pas la peine de faire un grand déballage d’idées concernant les six titres (dont une intro et une outro) de cette démo. Les musiciens nous prouvent qu’ils sont compétents, qu’ils ont un talent certain pour développer de bonnes idées, bref, qu’ils sont prêts à passer à l’étape suivante, l’album complet. Une bonne pincée d’originalité et des riffs plus recherchés seraient toutefois les bienvenus au milieu de cette tempête sonore, car c’est sur ce point que Ingens se montre le plus faible. Laissons-leur le temps, et filez découvrir les deux titres en écoute sur leur Myspace, ça vaut mieux que tous les discours?

> Black Metal, Chroniques — admin @ 12:00 am

August 24, 2007

Ingurgitating Oblivion : Reincremation

ReincremationHhhhaaa? Les joies de l’underground ! Entendez par underground des groupes non signés qui enregistrent leur démos ou leur album à leurs frais et qui rament comme ils peuvent pour se faire connaître, à coup de concerts, de premières parties plus ou moins glorieuses ou de splits, ce qui est ici le cas?

Et underground n’est pas forcement synonyme d’amateurisme, ce que nous démontre avec brio ce cd 100 % death métal pur jus ! Les quatre groupes qui se côtoient ici sont de qualité et se révèlent totalement convaincants. Les français de UMPUREZA ouvrent les hostilités (3titres) et décrochent assurément la palme de l’originalité grâce à leur death métal gitan. Ce mélange de guitares hispanisantes, de chant espagnol et de rythmiques à la DEICIDE / KRONOS est aussi inédit que réussi, cocorico ! Les musiciens sont impressionnants, la prod’ tout à fait bonne, une excellente façon de présenter le groupe.

ARSONIST (Swe) enchaîne (3 titres) avec un death beaucoup plus terre à terre et classique, mais néanmoins très accrocheur grâce à des tempos variés et des solos explosifs dans une veine assez ANGELCORPSE. Le mix met le chant un poil trop en avant, mais aller, boarf, on s’en fout. Les musiciens assurent, de bons riffs et des breaks explosifs viennent régulièrement nous chatouiller les tympans, c’est le principal même si l’originalité est mise au placard?

Les allemands débarquent en force et SUDDEN DEATH prend les choses en main (4 titres). Son death fortement old school est tout simplement excellent, à la fois basique et très violent. Un peu comme si GRAVE s’essayait au brutal death, tout en conservant régulièrement des mid tempo écrasants. Mon gros coup de c?ur de ce Split, car le groupe possède un feeling impressionnant pour rendre ses compos accrocheuses à grands coups de riffs simples mais bougrement entraînants. Vous aimez GRAVE, MASSACRE, MALEVOLENT CREATION ? SUDDEN DEATH est fait pour vous?

Le cd se termine avec INGURGITATING OBLIVION (3 titres), allemand aussi, qui nous présente un death beaucoup plus sombre et aux vocaux extrêmement caverneux, très proche de combos tels que INCANTATION ou DISGORGE. Blast, double pédale d’abordage, riffs saccadés et lugubres, ce groupe radical se montre lui aussi impressionnant de maturité et de puissance. Les musiciens empruntent de temps à autres des chemins plus chaotiques qui sentent bon le MORBID ANGEL des temps anciens?

Ce Split nous présente des groupes aux styles variés mais d’une qualité irréprochables. Les amateurs de brutalités raffinées ne peuvent que prendre leur pied à l’écoute de ses morceaux. Amis death métaleux, je vous recommande fortement ce cd qui vous ferra découvrir de très bonnes formations. Cd à commander chez :

Nihilistic Holocaust

Gabriel Skowron,

9 rue de la Scapre

59552, Lambres Lez Douai

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August 19, 2007

War From A Harlots Mouth : Transmetropolitan

TransmetropolitanLa pochette originale et délirante de cet album m’a tout de suite suggéré que ce nouveau venu, War From A Ahrlots Mouth, ne se limitait pas à un style de métal précis et évoluait dans son propre univers, sans se fixer de règles définies. On dirait un peu une illustration de Fred, auteur de Philémon, dessinateur unique qui a bercé mon enfance grâce à ses bd incroyables?

Le contenu du disque s’avère effectivement assez barré, empruntant ça et là des plans jazz, des parties purement grind, des grosses rythmiques hardcore, bref, que les allergiques au grindcore à tiroir passent leur chemin. Le bagage technique des musiciens (assez jeunes d’après la photo) est imposant, ce qui leur permet moult rebondissements rythmiques et autres pirouettes musicales délirantes. Les changements de rythmes sont incessants, les riffs extrêmement alambiqués et techniques, le tout avec un arrière-goût de chaos finalement assez sombre. Un peu comme si Ion Dissonance, The Red Chord et Cattle Decapitation se rassemblaient en un seul groupe?

Le talent des musiciens est indiscutable et aucun morceau ne donne dans la facilité, ce qui aurait largement pu être le cas compte tenu de leur maîtrise instrumentale respective. D’ailleurs, aucun solo de gratte à l’horizon, ce qui est plutôt courageux ! Néanmoins, même si la recette de ce mélange est parfaitement dosée, on ne peut pas non plus parler d’innovation. Partie hyper speed et ambiances plombées, gros riffs rentre-dedans et mélodies dissonantes, chant death et hardcore, c’est du déjà-vu tout ça. Ca n’empêche pas non plus que le résultat peut être bon, et le groupe s’en sort très bien sur certains titres, en particulier sur l’enchaînement “Trife Life” (curieux instrumental planant), “Fighting Wars With Keyboards” (petite bombe grindcore de 1′50) et “Mulder”, le meilleur titre de l’album (le plus long aussi), sur lequel le groupe développe une réelle personnalité. Un morceau plein de fureur qui combine habilement guitares à la fois plaintives et sombres et parties plus mélodiques, un titre sur lequel le groupe me donne l’impression de mieux maîtriser son sujet, car il prend d’avantage son temps pour installer ses ambiances. Au passage, un des riffs de cette compo me fait penser au divin “Ivory Tower” de Afflicted?

Ce premier album se révèle plutôt sympathique et le bilan final est loin d’être négatif, mais l’ensemble manque de personnalité, même si le groupe cherche réellement à sortir des sentiers battus du métal extrême. Je sais, c’est une conclusion assez banale qu’il est facile de placer dans beaucoup de chroniques, mais pas mal de combos ont tendance à se ressembler. Tout de même, War From A Ahrlots Mouth me donne la sensation d’en avoir gros sous le capot et j’attends la suite avec impatience. A découvrir?

> Chroniques, Death Metal — admin @ 12:00 am

August 16, 2007

Decline Of Humanity : Corrosive

CorrosiveDecline Of Humanity est un groupe français formé en 1999 qui a été victime, comme beaucoup d’autres, de changements de line-up, de tensions internes, et même d’un split, ce qui explique que les morceaux de cette démo, « Corrosive », datent de pas mal de temps déjà. Le groupe travaille d’ailleurs actuellement sur la sortie d’un album complet?

Le premier nom qui m’est venu en tête en écoutant les compos du groupe est celui des allemands de Dew-Scented. Du moins lors du premier titre, le très bon “Cult Of Blood”, brûlot expéditif de 2′50 qui mélange thash et death à grands coups de riffs tranchants tout à fait efficaces. La donne change dès le deuxième morceau qui nous présente un métal toujours énergique mais plus varié, le groupe s’essaye à quelques passages plus posés et je dois avouer que j’ai trouvé la deuxième moitié de ce titre quelque peu poussive, un peu trop éparpillée. Cette impression se confirmera avec le morceau suivant, “Galaxiy Express”, qui, malgré un démarrage bien puissant, lorgne de temps à autres vers le heavy. Les arrangements mélodiques basse / guitares s’aventurent sur des terrains moins radicaux, plus accessibles, et je dois bien dire que je n’ai que moyennement accroché à ce curieux mélange thrashcore / heavy. Ce titre assez long (6′34) traîne plutôt en longueur, même si les riffs de fin se révèlent franchement bons.

Les deux morceaux suivants continuent sur la même lancée en passant d’un death / thrash bien couillu à des parties plus mélodiques, presque “maidenesques”, ce qui donne au final un aspect quelque peu bancal à l’ensemble. C’est dommage, car ces compos renferment des riffs vraiment énormes et des rythmiques à renverser un éléphant. Le dernier titre, “The Prophecy“, relativement court (3′29) et super entraînant me confirme mon ressenti, à savoir que Decline Of Humanity n’est vraiment excellent que lorsqu’il se concentre sur l’aspect direct et percutant de sa musique. Pour moi les intermèdes mélodiques s’intègrent assez mal dans la musique de ce groupe (exception faite des très bons soli) et j’ai tout simplement l’impression que les très bons riffs qui ponctuent cette démo ne sont pas assez exploités?

Par ailleurs, le groupe a gonflé cette démo avec quelques bonus vidéos, à savoir 3 morceaux enregistrés sur scène en 2005 au Killer Fest et un clip de “Lethagic Worms”. Ces enregistrements de bonne qualité nous montrent à quel point cette formation est énergique sur scène et le clip est bien sympathique.

Les musiciens ont un très bon niveau ( quel batteur !), la mise en place et les compositions sont très loin de l’amateurisme, et les critiques que j’ai formulées n’engagent que mes propres opinions. En gros, ce groupe est bourré de qualités et je vous invite à le découvrir. Quelque chose me dit que Decline Of Humanity aura d’avantage ciblé sa voie sur l’album à venir et qu’il va nous balancer une bombe. Pari tenu ?

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August 9, 2007

Lacerater : Nessun Urlo Nell’Ombra

Nessun Urlo Nell'OmbraLacerater est un groupe qui nous vient tout droit d’Italie et qui nous propose sa première démo. 4 titres pour un total de 13′23 et puis s’en va? Quelle pochette appétissante ! Et vu le nom du groupe, je savais à l’avance à quoi m’attendre en glissant le cd dans le lecteur. On dirait un peu les gros vers blancs que les aventuriers à deux balles de Kho-Lantha doivent ingurgiter encore tout vivants, vous trouvez pas ?

Fort heureusement, la musique de Lacerater est bien loin d’être aussi indigeste que ces immondes lombricidés (j’emploie ce terme pour me la péter un peu, ça sonne mieux que “vers de terre”). Disons que la musique du groupe a plus des allures de grosse sangsue vicieuse prête à vous aspirer la cervelle à coup de succions éc?urantes et obscènes !

Partagées entre grind et death, les compositions sont résolument efficaces et pilonnent dans tous les sens, mais sans prendre non plus des allures de gros foutoir. Les musiciens ne s’éparpillent pas dans toutes les directions, la maîtrise instrumentale et la mise en place sont parfaites, les mid tempos sont ravageurs, bref, les quatre titres proposés ici sont de qualité égale. Leur style, qui flirte parfois avec le hardcore, me fait assez penser à nos français de DSK, l’énergie est donc ici de mise. Les riffs sont souvent plutôt basiques et directs mais peuvent également se montrer fort tranchants et corrosifs, comme sur l’intro de « Nato Morto ». De plus, les quelques soli exécutés à la wah-wah, dans un esprit assez Massacra, sont tout à fait savoureux. A noter également que le batteur soutient les rythmiques de façon magistrale, sa précision et ses parties de double expéditives sont remarquables.

Lacerater ne cherche absolument pas à se créer un style unique et encore moins à proposer du neuf, il tente simplement d’apporter sa petite pierre à l’univers du grind / death, ce qu’il parvient à faire de façon totalement efficace. De plus, la prod’ quelque peu rugueuse mais parfaitement adaptée, insuffle au compos un petit côté à la fois authentique et sincère que j’affectionne particulièrement dans ce genre?

Lacerater est un groupe que j’imagine tout à fait bien en tournée avec des pointures comme Avulsed ou Grimness 69, autre groupe italien qui évolue dans un style assez similaire. Cette première démo convaincante est une bonne mise en bouche, vivement l’album complet !

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Blood Red Throne : Come Death

Come DeathBlood Red Throne m’a littéralement, pardonnez-moi l’expression, troué le cul avec son dernier album, « Altered Genesis », sorti en 2005. Un death métal de grande qualité, aussi violent que recherché et à la personnalité très affirmée. Tchort, son leader, officie dans les formations très différentes que sont Carpathian Forest et Green Carnation, des groupes de grande qualité?

J’imagine tout de suite que ce nouvel album va diviser les fans, car Blood Red Throne a, si l’on peut dire, mis de l’eau dans son vin. Les morceaux proposés sur ce nouvel album renferment davantage de parties mid-tempos, et même si les blasts sont toujours de mise, les influences thrash du groupe sont d’avantage mises en valeur. Néanmoins, et c’est ce qui fait toute la force de cet album, les compos ne perdent absolument rien en puissance et se montrent même au final encore plus percutantes. Si comme moi, vous êtes principalement restés scotchés sur les quelques riffs saccadés et écrasants de leur précédente réalisation, n’hésitez pas et foncez sur « Come Death », car ce nouvel envoi en est truffé?

Amoureux du death métal, imaginez un peu un groupe qui assemble les guitares carnassières de Vader, le côté lourd et sombre de Immolation et la brutalité bestiale des premières ?uvres de Deicide, vous voyez la bête ? Cette entité se nomme Blood Red Throne, et l’animal ne se limite pas à un étalage de technique ni ne se contente de lorgner du côté des gloires du passé. Son univers est unique, à la fois profondément malsain et à la fois headbanguesque (je l’ai bien écrit ?) au possible, si bien que vous avez autant envie de découper votre s?ur, votre mère ou votre femme que de pogoter comme un possédé. Chaque compos possède sa personnalité et est très vite assimilable, dès la 2ème écoute en gros, chose assez rare dans le death actuel. C’est dû en grande partie au fait que les musiciens ne nous noient pas sous un tsunami de riffs et composent les titres de façon à ce qu’ils sonnent de la façon la plus efficace possible, et ça marche à 300 % ! Néanmoins, les rythmes sont très variés sur chaque morceau, alternant entre blasts, mid-tempo et riffs plus pesants lors desquels la basse tricote de la plus belle des manières (l’intro de “Deranged Assassin”?), le tout sans aucune lourdeur ni aucun cliché pesant. Ajoutez à cela quelques intermèdes mélodiques (”Slaying The Lamb”) parfois limite black métal (”Guttural Screams”) et absolument aucun titre n’est à jeter !

Un classique ? Oui, je crois que pour moi ce disque est véritablement un album de death à classer aux côtés des grands classiques du genre, un album qui m’emballe comme aucun disque ne l’a fait depuis bien longtemps. Ce disque me prend les tripes à pleine main grâce à son mélange de violence viscérale, de rythmes hyper entraînants et de riffs thrash saccadés à la Entombed / Dismember. Un véritable pont entre le death du passé et celui qui se pratique actuellement, le tout avec un touché qui fait que Blood Red Throne se donne immédiatement, et encore plus avec cet album, une incroyable personnalité. Et comme si ce n’était pas encore assez bon, le groupe m’a fait verser une larme de bonheur en reprenant en 8ème position l’énorme “Disincarnated” de Gorguts. Ah les vaches, je vous jure qu’ils m’ont presque fait chialer sur ce coup-là? La reprise est énorme et s’incorpore incroyablement bien aux compos du groupe.

Je m’attendais de leur part à un très bon disque, mais pas à une telle merveille. Sûr que l’on parlera encore de ce disque dans les années qui viennent car il assemble avec un parfait équilibre ce qui se fait de mieux en death métal. Rien de moins pour moi que l’une des meilleures sorties des ces dernières années, je n’ai pas fini de me le repasser. Merci Blood Red Throne, merci?

> Chroniques, Death Metal — admin @ 12:00 am

The Red Chord : Prey For Eyes

Prey For Eyes« Prey For Eyes » est la troisième offrande de ce groupe formé en 2000. La pochette, fort réussie à mon goût, attire inévitablement l’?il. Sympa la demoiselle qui déguste des oiseaux morts !Est-ce une métaphore, une façon de nous dire que THE RED CHORD n’apprécie pas particulièrement le cui-cui mélodieux de nos amis les volatiles ? Possible, et vue l’allure de sa musique, sûr que le groupe préfère engloutir de la viande crue au p’tit dèj’ plutôt qu’un bol de café au lait !

« - Son précédent album, « Clients », m’avait quelque peu assommer par ses changements de rythmes incessants, ses constructions à tiroirs, bref, par son manque de cohérence général.

- Néanmoins, Tonio, je trouve que tu avais très habilement relevé le potentiel technique du groupe, que tu avais très finement perçu que les musiciens, malgré le chaos général de l’ensemble, avaient un sens prononcé du riff qui tue et une inspiration débordante.

- Merci beaucoup Tonio, c’est gentil ! Effectivement, je pense que je ne m’étais pas trompé et que mon oreille, musicalement très sensible, s’est montrée une fois de plus à la hauteur de sa réputation.

- Hahaha, sacré Tonio, heureusement que ta fierté est à la hauteur de ton talent, car sinon certains auraient vite fait de te cataloguer de prétentieux !

- Prétentieux ? Non non, seulement très doué, hahaha? »

Bon, ok, j’arrête là mes conneries. Mais j’aime bien me lancer des fleurs de temps en temps, c’est tout, c’est humain? Le style de THE RED CHORD ne varie pas d’un pouce avec ce nouvel album, à savoir un mélange de death, de grind et de hardcore (surtout pour les vocaux), style que le groupe exprime à travers des compos aux structures extrêmement complexes. Les cassures rythmiques sont incessantes, les breaks tous plus tortueux les uns que les autres, de quoi filer une bonne migraine aux amateurs de métal accessible. Si je trouvais l’album précédent plutôt fatiguant, celui-ci au contraire m’a captivé jusqu’au bout. Le style pourtant, reste le même, quel ingrédient THE RED CHORD a t’il donc rajouté à sa sauce pour que celle-ci prenne mieux ? En fait, je ne sais pas trop, mais les morceaux se révèlent plus compacts, mieux élaborés je pense, tout en restant malgré tout d’une extrême violence.

Les riffs, aux constructions très complexes, sont souvent bien éloignés des schémas classiques du death et le travail de composition reste en permanence impressionnant. Ainsi, certaines partie peuvent aussi bien faire penser à IMMOLATION (”Dread Prevailed”), qu’à PESTILENCE (le magistral final de “Seminar”, l’instrumental “It Came From Over There”). L’ombre de NAPALM DEATH n’est parfois pas très loin non plus (l’excellente intro saccadée de “Bone Needle”) et beaucoup de riffs renferment un esprit groovy qui rappelle, sans le plagier, le grand PANTERA.

IMMOLATION, PESTILENCE, NAPALM DEATH, PANTERA, que d’influences différentes pour un seul groupe ! Et cette mixture prend admirablement bien, bien mieux que sur l’album « Clients ». Certains titres se révèlent tout simplement irrésistibles, comme “Pray For Eyes”, “Responsibles”, “Tread On The Necks Of Kings” (quel riff à 1′40 !), “Seminar”, ou l’instrumental planant “It Came?” sur lequel des synthés font leur apparition. Et je constate avec bonheur que cet album se bonifie au fil des écoutes !

J’étais certain que THE RED CHORD nous servirai bien mieux que le plutôt poussif « Clients » et je constate, sans me vanter, que je ne m’étais pas gourré. « Prey For Eyes », s’il reste destiné aux amateurs de brutalité, est un album mature et varié qui me fait espérer que le meilleurs reste encore à venir pour ce groupe. Une très bonne surprise pour moi, et par pitié, ne vous arrêtez pas à la première écoute, cet album nous livre ses trésors petit à petit?

> Chroniques, Death Metal — admin @ 12:00 am

August 4, 2007