Absurdity : Urban Strife

Urban StrifeLes alsaciens de ABSURDITY prennent leur temps, et il leur aura fallu 4 longues années après leur première démo pour sortir ce mcd, « Urbab Strife ». Les changements de personnel et les années n’ont pas découragé nos lascars qui nous proposent un produit au visuel verdâtre fort réussi. J’espère seulement ne devenir de la même couleur en écoutant leur musique?

Le groupe n’est pas resté inactif durant toutes ces années et s’est régulièrement produit en concert en compagnie de grosses pointures françaises ou étrangères. Question technique et mise en place, pas de soucis donc, c’est du propre, tout comme la production d’une grande clarté. Vu le nom du groupe et son logo, je m’attendais à un gros death brutal ou poisseux de la même veine que tous ces groupes en « y », Obscenity, Hypocrisy, Brutality, Atrocity, etc, etc? Tout faux !

Absurdity est 100% métal, mais bien plus tourné vers un thrash indus puissant que vers le death. Indus, mais pas tant que ça non plus, disons que certains passages possèdent assurément une coloration electro qui donne d’ailleurs à l’ensemble des compos une personnalité assez froide, personnalité relevée par une prod’ plutôt seiche et des riffs saccadés et tranchants. Les samples et nappes de synthé restent au final assez discrets et ne constituent pas, à mon sens, un élément fondamental de la musique du groupe, même si ceux-ci renforcent l’aspect quelque peu futuriste et urbain des morceaux.

Après plusieurs écoutes, mes sentiments restent mitigés concernant ce « Urban Strife ». Malgré une volonté évidente de se créer un univers bien à lui, les compos du groupe manquent de mordant et de naturel, c’est trop propre, un brin trop répétitif, j’ai toujours l’impression que les musiciens restent trop imprégnés par les albums de Fear Factory ou le « Chaos A.D » de Sepultura. Par ailleurs, le rythme reste souvent trop calé sur le mode mid-tempo “rouleau compresseur”, ce qui a tendance à ne plus faire ressortir de façon efficace les bons riffs qui sont pourtant légion sur des morceaux comme “Powered” ou “Bagga”. ABSURDITY possède un gros potentiel, s’il passe la cinquième et met un peu plus de piment dans sa recette, sûr que la prochaine réalisation serra excellente !

Je gratifie « Urban Strife » d’un “petit” 14/20, car je suis certain que le groupe peut mieux faire. Que ceci ne vous empêche surtout pas de vous intéresser à cette formation, car ce cd est professionnel et bien loin de la médiocrité. Pour être honnête, je ne suis pas convaincu que ABSURDITY est fait le meilleur choix en s’orientant vers le thrash indus, car vu la qualité de ses riffs, un bon retour aux sources lui ferrait peut être du bien?

> Chroniques, Death Metal — admin @ 1:00 am

October 31, 2007

Rompeprop : Menstrual Stomphulk

Menstrual StomphulkÔ joie, ô bonheur, une livraison de chez Bizarre Leprous Production ! Que de bons albums à me mettre entre les oreilles, je vais encore y laisser quelques neurones? Mes mains tremblent d’émotions à la vue de ces albums si joliment colorés de Plasma, Rompeprop, Pigsty, Tu Carne ou nos nationaux Sublime Cadaveric Decomposition?

J’ouvre donc les hostilités avec les poètes de Rompeprop, groupe originaire des Pays Bas et qui jouit (rhââââ, c’est bon? ) d’une bonne petite réputation au sein de l’underground, placard à balais dont il n’est pas prêt de sortir un jour. A noter que la pochette de l’album est bien soft en regard des images intérieures qui décorent le cd. Je ne peux pas les décrire car ma chronique se verrait immédiatement interdite au moins de 18 ans, mais sachez que les charmantes demoiselles qui y apparaissent ne sont pas beaucoup vêtues et se livrent entre elles, et avec le sourire, à des pratiques que la morale répugne et que le seigneur, lors de leur comparution devant le tribunal final (enfer ou paradis ?), leur reprochera de son regard accusateur? Et je ne vous parle même pas des musiciens qui font à tour de rôle subir les pires atrocités à un nourrisson (une poupée bien sûr). L’art d’aimer son prochain?

Le style musical ? Le groupe est signé chez Bizarre Leprous, donc forcément c’est du gras, du bourrin, et de la déconne à prendre au 36ème degré. Même Mister Bean à côté, c’est du Chaplin ! Un mélange de grind crasseux, de riffs death / hardcore, le tout sur des tempos de batterie plutôt basiques. Les vocaux sont gargouillant, glaireux, un peu comme si votre grand-mère s’étouffait avec la purée du midi, et tellement extrêmes que ça en devient forcément rigolo, c’est d’ailleurs le but recherché. Bien entendu, quelques intro vocales complètement débiles viennent pimenter le tout, tel le titre d’ouverture et sa fanfare de cirque sur laquelle viennent se greffer des vocaux porcins. Une combinaison encore inédite me semble-t-il ! Rompeprop invente le “Kermesse Grindcore”, pas mal quand même? Je crois que la palme du vulgaire revient au titre “The Babyshitter”, morceau que les zicos ont du prendre comme référence pour leurs photos intérieures, si vous voyez ce que je veux dire? Le pire, c’est que la sauce prend carrément bien grâce à l’énergie des compos, à cet esprit 100% pas sérieux, et aussi, il faut le dire, grâce à la courte durée de l’album (21 minutes). A mon avis, 45 minutes de cette mixture aurait été largement excessifs !

La prod’ est beurk (pas trop non plus), l’humour vole au raz des pâquerettes, mais je vous assure qu’un cd comme ça est plus efficace que n’importe quel antidépresseur lorsque vous êtes bien stressés par le boulot, votre femme, votre copine ou vos gosses. Ca marche sur moi, alors pourquoi pas sur vous ? A condition bien entendu d’apprécier le métal le plus primaire qui soit et d’avoir conserver un esprit prout/pipi/caca légèrement enfantin. Qui a dit immature ???

> Chroniques, Grind Metal — admin @ 12:00 am

October 26, 2007

Dividead : Beyond Death

Beyond DeathGroupe Français formé en 2006, DIVIDEAD ne perd pas de temps et nous propose déjà un EP cinq titres (plus une intro) pour un peu plus de 20 minutes de musique. Ils sont bien pressés ces p’tits gars ! Pas mal de groupes, trop désireux de franchir le cap de l’enregistrement, proposent des démo bancales qui les desserrent plus qu’autre chose. DIVIDEAD va t’il en faire partie ? Verdict?

Premier bon point, la présentation du cd est très agréable, propre et professionnelle, le groupe prend visiblement les choses au sérieux. Reste à savoir si le contenu est aussi agréable que l’emballage ! Pour être honnête, la première écoute ne m’a pas vraiment emballé, j’ai trouvé le death mélodique de DIVIDEAD plutôt terne et trop commun, aucun des morceaux ne m’a accroché plus qu’un autre. Avec une deuxième écoute, j’ai repéré ici et là quelque riffs tout de même bien tournés et quelques mélodies assez habiles, ce qui m?a incité à tenter une troisième écoute, et ainsi de suite?.

Finalement, DIVIDEAD maîtrise réellement bien son sujet, la technique est sans faille et les compos sont solidement construites. Les différentes parties s’enchaînent très bien, la mise en place est métronomique, bref, le groupe a toutes les cartes en main pour devenir un grand.

Après, tout n’est qu’une question de goût, si vous appréciez le death propre et mélodique vous tomberez à coup sûr sous le charme. En fait, il n’y a de vraiment death métal que les vocaux de Pierre, car la musique est beaucoup plus tournée vers le heavy / speed, même si on note sur un titre quelques blast (”Lies Fuckin’Lies”). Des vocaux clairs et hauts perchés pourraient tout aussi bien convenir aux morceaux, je trouve d’ailleurs dommage que le groupe ne mélange pas de temps à autre ces deux types de chant, je suis convaincu que certaines parties musicales fort bien trouvées seraient d’avantage mises en valeur. Le mélange de guitares mélodiques et de synthé me rappelle parfois le MAIDEN de « Seventh son? », les solos, fort bien exécutés, sont aussi fluides et rapides que ceux de ANGRA et démarrent parfois dans un style très heavy métal, là aussi proche de MAIDEN (”Edge Of Madness”). Vous comprendrez donc que ce EP, aussi bien réalisé soit-il, s’adresse bien plus aux fans de CHILDREN OF BODOM qu’à ceux de CANNIBAL CORPSE ! En tout cas, DIVIDEAD a un réel talent pour composer des airs accrocheurs, à l’image du titre Dividead (en écoute sur Myspace) qui développe de très bonnes idées. De plus, la production est extrêmement propre et chaque instrument est parfaitement audible. Les guitares ne sont pas trop grasses, ce qui convient tout à fait au style du groupe, mais je me permettrai tout de même une petite critique concernant la batterie, trop synthétique à mon goût. Les tac-tac-tac de la double, façon machine à écrire, sont un poil irritants. Mais bon, c’est vraiment pour chercher la petite bête !

« Beyond Death » est un premier essai tout à fait encourageant, cette formation a un gros potentiel et n’attend plus que votre soutien. Reste au groupe à d’avantage mettre en valeur ses bonnes idées et, de mon point de vue, à d’avantage travailler les parties vocales qui manquent encore de personnalité et de relief. Groupe à surveiller de très près?

> Chroniques, Death Metal — admin @ 12:00 am

October 3, 2007