Maceration : A Serenade Of Agony

A Serenade Of AgonyBon, arrêtez de vous marrer sur le nom du groupe, nous sommes en 1990 et ils fallait bien que les zicos trouvent un nom en “-tion” pour leur groupe de death. Cet unique album de la formation danoise est sortie en 1991 et n’a pas laisser de grandes traces derrière lui, on y trouve pourtant un personnage connu et respecté de la scène death actuelle?

Day Disyraah, ça vous dit rien, mmh ? Et si je vous dis que derrière ce patronyme se cache Dan Swanö, ça vous parle plus ? Comme j’en vois trois au fond qui ont l’air de ne pas capter, je me permets de vous rappeler que le bonhomme est à l’origine d’un nombre assez impressionnant de groupes ou de projets comme Diabolical Masquerade, Edge Of Sanity, Incision ou encore Bloodbath. On le retrouve ici au chant et accessoirement au clavier pour les quelques intro placées ça et là. Et la musique dans tout ça ? Du death tout simplement, dans tout ce qu’il a de plus basique et qui se rapproche de formations comme Morgoth, Gorguts (en moins technique), voir Massacre pour l?aspect direct des rythmiques. Il n’est donc pas question ici de records de vitesse et de déballage technique, mais plutôt de riffs gras et basiques appuyés par une batterie souvent mid tempo et bien massive, ce qui n’exclut pas toutefois de fréquentes accélérations éjaculatoires, notamment lors des soli assez primitifs. Pas mal de riffs monocordes bien simples rappellent également les premières armes de Grave ou de Unleashed, ce qui ancre définitivement cet album dans le passé.

Bon, l’ensemble n’est pas vraiment de haute volée, d’autant que les instruments sont écrasés par une production très étouffée. Tout de même, certains refrains et certains riffs font mouche, quelques titres se révélant alors assez savoureux, comme “Transmogrified”, “The Mind Rampant” ou “Reincarnation / Time Flies”. Bien entendu, ceux qui découvriraient cet album presque 20 années après sa sortie risqueraient fort de le trouver moisi, voir franchement périmé. Tout n’est que question de goût, moi j’adore ce vieux style de death sincère et sans fioritures?

« A sérénade Of Agony » n’est pas un incontournable du death, mais il est bien représentatif d’un style et d’une époque révolue. S’il on tient compte du fait que Dan Swanö en a fait partie, on peut presque dire, à petite échelle, que cet album a une valeur historique. Une réalisation pas indispensable mais qui mine de rien a son charme.

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May 31, 2008

Time Has Come : White Fuzz

White FuzzC’est par le biais de Regain Records que les allemands de Time Has Come sortent leur premier album, « White Fuzz ». La pochette est assez énigmatique et ne laisse pas transparaître le style du groupe, c?est donc avec une certaine curiosité que je me penche sur cette nouvelle recrue du célèbre label qui possède un imposant panel de groupes death et black?

Time Has Come fait finalement partie de cette nouvelle vague de groupes qui mélangent aussi bien le hardcore que le death ou le grind, le tout avec une technique à toute épreuve et des breaks incessants. Enfin quand je dis nouvelle vague, plus tant que ça finalement, car cette façon de composer à déjà été visité en long et en large avec plus ou moins de violence et de variations. Certains, dans des styles au final relativement différents, s’en sortent magnifiquement bien (Psyopus, Between The Buried And Me?), d’autres sont sympas sans soulever des montagnes (Harlots, War From Harlots mouth?) et d’autres royalement gonflants (The Devils Wears Prada, Manngard?). Time Has Come se situe dans la deuxième catégorie, celle des formations agréables à écouter deux ou trois fois puis qui s’oublient très vite.

Pas de problème au niveau de la technique, ça joue vite et bien sur des constructions souvent tortueuses qui alternent donc entre grosses cavalcades à la limite du grind “propre” (”The Abandoned City Part II”, “Ignorence Is Bliss”) et morceaux plus syncopés et ambiancés assez typiques du genre. Tout de même, il faut reconnaître aux musiciens une évidente habileté dans la composition, ceux ci parvenant par ailleurs à placer des plans plus mélodiques qui s’insèrent sans problème dans l’univers de l’album, tel la seconde partie de “Keep Your Tongue From Evil” ou les instrumentaux gentiment décalés que sont “Elevator To Prypiat” et “The White Fuzz“. Parfois le groupe donne à fond dans la technique avec des rythmiques ébouriffantes qui donnent la part belle aux guitares (”Keep Your Tongue From Evil“, “Something Draws Near From Nothing”).

Le problème, comme souvent, est que les compos ne dégagent aucune atmosphères particulière et s’enquillent les unes aux autres sans déplaisir, mais sans être passionnantes non plus. Un album de plus dans ce style, dira t’on. C’est bien réalisé mais pas du tout marquant sur le long terme?

Ce n’est que le premier album de Time Has Come, laissons leur encore le temps de mûrir. « White Fuzz » renferme tout de même pas mal de bonnes idées et, par sa violence et son aspect peu joyeux, l’album ne vise pas à tout prix à séduire le maximum de d’jeun’s qui se la jouent rebelle de la mort qui tue. Encourageant?

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Cryptopsy : The Unspoken King

The Unspoken KingVoici un album que j’aurais mis bien du temps à chroniquer, par peur que mon jugement après seulement quelques écoutes soit erroné. C’était toujours : “allez, je me le repasse encore une petite fois, j’ai peut-être mal compris la nouvelle direction musicale du groupe?” Ben non, j’ai beau faire, le dernier Cryptopsy ne passe définitivement pas, pire, il m’ennuie profondément.

Pour ce sixième album, les québécois nous reviennent avec un nouveau chanteur, Matt McGachy, et un pantin aux claviers, Maggy Durand. Comment une formation culte comme Cryptopsy, auteur de merveilles comme « None So Vile » (1996), peut-elle opérer un tel virage à 180° et changer sa personnalité afin de proposer une musique aussi douteuse ? La première chose qui vient à l’esprit est que le groupe tente de séduire un public plus large, plus jeune, quitte à se faire renier par ses fans les plus fidèles. Drôle de choix ! Changement de cap risqué et audacieux diront certains, revirement opportuniste et maladroit diront les autres?

Car Cryptopsy propose à ce jour une musique bien éloignée de ses racines death métal traditionnelles et de là à dire que le groupe a complètement perdu en route sa personnalité, il n’y a qu’un pas. La première chose qui saute bien évidemment aux oreilles sont les vocaux sans saveur du petit nouveau qui ponctue beaucoup de compos d’abominables parties de chant clair irritantes. La démarche en elle même aurait pu être bonne, mais il aurait fallu pour cela des compositions en béton, des riffs fouillés et prenants, bref, tout ce que le groupe ne propose pas. Ce n’est en effet pas uniquement à cause de ce chant moisi que cet album est un rartage, les guitares nouvelle formule lorgnent en permanence vers le deathcore le plus banal et les synthé et autres plages plus atmosphériques n’arrangent rien à l’affaire par leur manque d’inspiration. Bien sûr, il est toujours possible de sauver ça et là quelques morceaux plus directs et réussis, mais même ces quelques titres moins mauvais ne trouveraient pas leur place sur les anciennes réalisations du groupe. Les constructions sont lourdingues, les morceaux sans caractère, on sent que les musiciens ne maîtrisent tout simplement pas ce métal moderne à la production synthétique.

Même si leur précédent album, « Once was Not », préfigurait déjà un changement de style et ne m’avait pas franchement emballé, « The Unspoken King » est de loin l’album le plus faible de la formation. Tous les groupes ont droit à l’erreur et une mauvaise sortie ne veut pas dire que Cryptopsy soit mort. Tout de même, j’ai déjà ma pelle sur l’épaule et je commence à creuser leur tombe si la prochaine livraison est du même acabit?

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May 28, 2008

Blackwinds : Flesh Inferno

Flesh Inferno« Flesh Inferno » est le premier “vrai” album de Blackwinds, « Origin » paru il y a peu étant une réédition de leur EP de 1999 agrémenté de quelques bonus. Composé de membres de Setherial, Blackwinds vous invite à replonger dans l’ambiance du black métal suédois des années 90, avec plus ou moins de talent?

Nous voici donc plongé durant près d’une heure dans un tourment d’ambiances glaciales, de mélodies funèbres et de riffs tranchants, le tout relevé régulièrement par quelques lignes de synthé traditionnelles. Impossible, entre autre, de ne pas penser à des formations comme Sacramentum ou Diabolical Masquerade qui maniaient à la perfection l’art de mélanger parties mélodiques et guitares à la fois froides et acérées. La démarche, sans prétention, est sympathique, et l’album se savoure sans déplaisir mais sans grand enthousiasme non plus.

Là où le bât blesse, c’est au niveau de l’inspiration, car chaque riffs et chaque mélodies a été entendu mille fois, plus classique comme black c’est pas possible. Blackwinds aligne des plans d’une simplicité extrêmes, le groupe ne prend absolument aucun risque au niveau de la construction des morceaux et propose donc au final des titres très conventionnels, sans grande saveur, qui ne dégagent pas souvent de réelle émotion. Quelques assez bons morceaux se dégagent du lot, comme “Plague Bringer”, “Conceptualizing The Devil” ou “Inquisition“, d’autres renferment des riffs franchement poussifs (”Enter The Pandemonium”, “Arcitecture Of Phantasmagoria“), et le reste suit tranquillement son chemin sans attirer spécialement l’oreille. L’ensemble manque cruellement de profondeur, d’idées Originales, j’ai attendu jusqu’au bout que la bête se réveille et que le groupe nous dévoile une pépite, mais non, en vain. Ajoutez à cela un son de batterie synthétique franchement impersonnel et vous obtenez un album royalement quelconque qui ne vous tire de votre somnolence qu’à de trop rares occasions.

Ni impressionnant, ni captivant, « Flesh Inferno » est un album à écouter une ou deux fois par curiosité, histoire de voir ce que les gars de chez Seterial veulent exprimer à travers leur black métal rétro. Retro, mais plutôt mou du genou, dommage !

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May 22, 2008

Unleashed : Hammer Battalion

Hammer BattalionHaaaa, enfin ! Le voici le nouvel album de Unleashed, et c’est peu dire que je l’attendais de pied ferme celui là, vue la claque que j’ai pris avec leur précédente réalisation, «Midvinterblot ». Je n’avais qu’une peur, c’est que le groupe perde de sa fougue et nous serve un album en demi teinte, comme ça lui est déjà arrivé par le passé.

Il faut dire que Unleashed, tout comme Grave, a de la bouteille, alors les musiciens ont ils choppé de l’arthrite dans les articulations ? Ont-ils eu envie de ralentir la cadence et de nous parler d’autre chose que de glorieuses épopées viking ? Que dalle ! Unleashed reste Unleashed, et cet album est une merveille qui se place encore un cran au dessus de « Midvinterblot », car plus compact et plus homogène. Le groupe n’a jamais été si teigneux, si agressif, et ne lésine d’ailleurs pas sur les blasts. Mais il ne mise pas tout sur la vitesse car les ambiances sont glaciales, parfois même proche du black métal, et les compos, assez courtes, sont gorgées de riffs assassins et de rythmiques massives parfois lentes et vicieuses (”This Day Belongs To Me”, “Carved In Stone“).

D’après moi, Unleashed n’a jamais réussi a être aussi percutant qu’aujourd’hui, pas mal pour un groupe qui traîne ses clous depuis environ 25 ans ! Que se soit à travers le style de riffs ou les vocaux uniques de Jonnhy Hedlund, Unleashed est reconnaissable entre mille et s’offre tout simplement une seconde jeunesse tellement les compos de « Hammer Battalion » sont bonnes. Vous pensez peut-être que je m’emballe un peu vite, mais attendez un peu de poser une oreille sur ce disque, on en recausera après? Oubliées les rythmiques parfois simplistes du passé, oublié le passage à vide de la fin des années 90, les compos sont tranchantes, entraînantes, les arrangements fouillés, et la production massive achève de donner à cet album une personnalité écrasante. Comme d’habitude avec la bande à Jonnhy, les rythmes sont variés, alternant entre parties très speed ou lourdes, et mid tempo foudroyants. Mais surtout, Unleashed construit ses morceaux de façon à les rendre les plus percutants possible, c’est à dire qu’il ne fait pas étalage de sa technique mais concentre ses efforts sur des constructions assez basiques (bien que plus fouillées que par le passé), ce qui rend chaque compo immédiatement accrocheuse.

Impossible par ailleurs de ne pas placer un mot sur les très brillants soli qui ponctuent chaque morceau ! Inspirés, fortement heavy et créatifs, chacun d’eux est un pur moment de délice pour les tympans.

Vraiment, je ne suis pas déçu par ce nouvel album, et je vous invite fortement à en faire l’acquisition. Treize titres, treize torpilles, « Hammer Battailon » est une ?uvre majeure de la discographie de Unleashed, qui, loin de renier son style, s’impose comme un chef de file du death métal. Rien que ça ? Ben ouai?  

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May 19, 2008

Grave : Dominion VIII

Dominion VIIIDepuis 2002, Grave est d’une régularité à toute épreuve en sortant un album tous les deux ans. Voici donc leur petit dernier, « Dominion VIII », qui célèbre leur huitième album studio depuis « Into The Grave » en 1991. Grave, c’est l’assurance d’un death simple et sans chichi bien éloigné des débordements techniques en tout genre?

Incroyable comme ce groupe reste fidèle à son style originel ! Il y a bien eu durant sa carrière quelques tentatives pour sonner de façon plus moderne (« Soulless », « Hating life »), mais Grave est bien vite revenu dans le droit chemin en balançant un death tout ce qu’il y a de plus classique et construit sur des riffs souvent très simples. Je n’ai pas été très tendre avec leur précédent opus, « As Rapture Comes », qui, bien que très violent, me paraissait relativement fade. Néanmoins, j’attendais avec impatience cette nouvelle réalisation, et que les fans se rassurent, Grave reste fidèle jusqu’aux bouts des doigts de pied à son style caverneux.

Comme à l’accoutumée avec un album de Grave, quelques titres se montrent très bons et le reste est un assemblage de compo pas mauvaises, mais extrêmement basiques et qui auraient pu figurer sur leurs deux premiers albums. Le son est toujours aussi bon, et la musique du groupe doit d’ailleurs beaucoup à cette production massive qui donne aux guitares une coloration incroyablement épaisse et pesante. Sans cet apport, les riffs souvent monocordes sonneraient de façon bien plate. Il est à noter par ailleurs que les musiciens ont mis au placard les blats qui émaillaient leurs deux dernières réalisations, dommage, car ils apportaient une bonne dose d’énergie supplementaire.

L’ambiance de « Dominion VIII » est résolument sombre, malsaine parfois (”A World Of Darkness“, “Dark Signs”) et les morceaux sont toujours partagés entre cavalcades old school et passages pesants, les mêmes thèmes étant d’ailleurs souvent joués de différentes façon, c’est à dire grattés à toute berzingue ou repris en accords appuyés ou étouffés. Quand une recette est bonne, pourquoi la changer, n’est ce pas ?

Sur les neuf titres de cet album, trois sortent réellement du lot. La première grosse claque ne se prend qu’à partir du sixième titre, “Annihilated God“, un morceau aux riffs plus recherchés et à la coloration thrash fort sympathique. Ce très bon titre aux tempo variés est headbanguesque à souhait, du vrai bon Grave. Deuxième mandale avec “Dark Signs” et son refrain simple mais bien senti et son break qui vous donne l’impression de vous prendre sur la tronche un sumo tombé du 14ème étage. L’album se clôture en beauté avec “8th Domination”, dont l’intro en arpège rappelle dès les premières notes le “Seasons In The Abyss” de Slayer ! Ce titre sombre aux rythmiques prenantes souvent mid tempo ferra merveille en concert, un très bon morceau également.

Bien que cet album n’apporte absolument aucunes surprise, il se montre au final bien agréable, même si tous les morceaux ne sont pas de la même trempe. Pour ma part, je le trouve même plus intéressant que son prédécesseur, même s’il me donne l’impression que le groupe se tourne encore d’avantage vers le passé. J’ai hâte à connaître vos impressions?

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May 18, 2008

Hellcharge : Thrash Domination

Thrash DominationHaaaa? Nostalgie, quand tu nous tient ! Rien que la pochette, on dirait un vieil album de Kreator? Ce groupe marseillais est amoureux des vieilleries thrash des années 80, ça tombe bien, moi aussi. Bougez pas, j’enfile ma cartouchière et je reviens vous causer de leur démo?

26 minutes du pur thrash old school, voici ce que vous propose Hellcharge avec sa première démo ma foi fort sympathique. Thrash old school, certes, mais pas crasseux pour autant, car les musiciens maîtrisent parfaitement leur sujet. La production est tout à fait correcte, la mise en lace impeccable et chaque compo donne envie de lever le poing et de shooter dans ses meubles. Le genre de groupe que j’adore découvrir ! Les riffs sentent bon le Destruction ou le Kreator, voir le Metallica de « Kill ?Em All » pour certaines parties plus heavy, les soli pètent le feu, aucune raison pour que vous ne soyez pas séduits par des torpilles comme “Thrash Domination” (mon préféré !) ou “Nuclear Zombification”. De plus, les rythmes sont variés, Hellcharge évoluant souvent sur des mid tempo ravageurs saupoudrés de discours guerriers (argh, cette intro !) ou de rires sataniques. Et mine de rien, le groupe ne se vautre pas dans la facilité d’un bourrinage sans finesse car les breaks sont nombreux et toujours bien mis en valeur. Les parties mélodiques sont également de mise avec des interventions de basse et de grattes soignées, comme sur “Land Of No Return” qui clôt avec brio cette démo.

Hellcharge n’invente rien mais fait revivre avec talent et enthousiasme un style de métal passionné qui vient du fond des tripes. Je ne peux que encourager Hellcharge à continuer dans cette voie et à refaire parler de lui le plus rapidement possible avec une autre démo ou pourquoi pas, un album complet. A découvrir !

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Coldworker : Rotting Paradise

Rotting Paradise« Rotting Paradise » est le deuxième album de Coldworker, formation qui compte en ses rangs l’ancien batteur et principal compositeur de Nasum, Anders Jakobson. « The Contaminated Void » sorti en 2006 avait quelque peu divisé les foules, certains ne voyant en cet album qu’un grind death efficace mais sans saveur, qu’en est t’il à présent ?

Point de grosses surprises, Coldworker ne revoit pas sa façon de composer et ne cherche pas l’originalité. Il faut tout de même noter que, malgré de très nombreux blasts, l’aspect grind est moins mis en avant, le groupe gonflant souvent ses compos avec des parties death fortement old school. Ces influences death rappellent sans complexes la grande vague suédoise des années 90, Grave en tête, et s’incorporent finalement très bien à la musique du groupe. Ce mélange de grind death actuel (Nasum, Rotten Sound, voir Napalm Death) et d’éléments plus traditionnels donne au final un résultat assez original, sans être non plus renversant.

Les musiciens sont de véritables chirurgiens de la rythmiques, la production de Dan Swanö est parfaite, il est juste dommage que les riffs se montrent si conventionnels. La puissance de feu est réelle, mais les compos s’enchaînent sans réellement se montrer captivantes, les morceaux qui se démarquent du lot sont trop rares. Pourtant, quand le groupe se décide un peu à sortir des sentiers battus, que le résultat est bon ! “Citizens Of The Cyclopean Maze”, avec sa touche mélodique dans les riffs, est une petite bombe au solo magnifique, “Paradox Lost” et “Deliverance Of The Rejected” sont eux aussi de forts bons morceaux aux mid tempo entraînants, mais pour le reste, difficile de retenir un titre plus qu’un autre. L’album n’est pas mauvais, mais vu le niveau technique des musiciens et le pedigree du batteur, je reste quelque peu sur ma faim, je m’attendais clairement à mieux. Tout de même, « Rotting Paradise » (et sa magnifique pochette !) bastonne efficacement et renferme quelques parties redoutables qui fileront le bambou à tous les amoureux d’une musique brute et sans artifices. Il manque juste à cette album une bonne dose d’originalité.

Si vous avez apprécié le premier effort de Coldworker, pas de raison que celui ci vous déplaise. Ceux qui recherchent la nouveauté risquent par contre de trouver cet album bien terne. Quant à moi, et bien je suis partagé entre les deux sentiments, car j’apprécie le groupe mais je suis persuadé qu’il pourrait faire beaucoup mieux. Wait and see?

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May 15, 2008

Exciter : Thrash Speed Burn

Thrash Speed BurnEt non, Exciter n’est pas encore mort ! Ce groupe culte canadien martèle son thrash ravageur depuis le début des années 80 et n’est pas encore prêt à se faire enterrer. « Thrash, Speed, Burn », son huitième album studio, porte bien son nom, pas de tromperie sur la marchandise. Tous à vos futals moule-burnes et à vos bracelets à clous !

Je ne suis pas spécialiste du groupe et j’ai vérifié à deux fois qu’il ne s’agissait pas d’une réédition d’un vieil album tant la chose en question paraît anachronique. Que se soit au niveau de la production très crue ou au niveau des compositions, ce disque transpire le old school à un tel point que s’en est étonnant. Étonnant et attachant, car cet aspect vieillot octroie à cet album une sincérité désarmante, c’est assurément là son point fort. Pour moi en tout cas, car beaucoup seront probablement agacés par ce son qui semble sortir d’un autre age et par des morceaux qui ne donnent pas dans la technicité. Les riffs se veulent entêtants, la batterie martèle de façon assez basique, et les soli au son quelque peu crasseux sont très classique et ne donnent pas dans la démonstration.

Le chanteur varie quant à lui entre hurlement aigus et chant rocailleux parfois assez proche de celui de Bobby Ellsworth(Overkill). D’ailleurs, certains couplets sont repris en c?ur de façon guerrière, particularité qui ancre encore davantage Exciter dans le heavy thrash d’il y a 20 ans. S’il faut chercher des formations évoluant dans le même registre, c’est assurément vers des anciens groupes qu’il faut se tourner, du genre Meliah Rage ou Mortal Sin.

Si certains titres sont fort entraînants (”Thrash Speed Burn“, “Evil Omen“), je dois dire que l’album dans son ensemble manque tout de même de riffs mémorables et que question originalité, ça frôle le zéro absolu. Les compos sont grosso modo toujours bâties sur les mêmes schémas, aucunes surprises n’attend l’auditeur durant l’écoute. Point d’intermèdes mélodiques, d’intro acoustiques ou de rythmiques risquées, le groupe bastonne d’un bout à l’autre. Tout juste aère t’il ses morceaux avec des mid tempo bien sentis et des rythmiques parfois plus groovy, ce qui évite (de justesse) à l’album d’être lourdement répétitif.

Album correct mais relativement quelconque, « Thrash, Speed, Burn » s’écoute tranquillement trois ou quatre fois, puis on le range et on l’oublie. A côté des brûlots sorti ses derniers temps dans la catégorie thrash, Exciter fait plutôt pale figure, même si on peut saluer son intégrité totale. Bof bof?

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May 8, 2008

Obtest : Gyvybės Medis

Gyvybės MedisDéjà 15 années que le groupe lituanien Obtest s’est formé, et le présent « Gyvybès Medis » n’est que son quatrième album. Même si la formation compte également à son actif plusieurs démo et LP, le moins que l’on puisse dire est que les musiciens prennent leur temps entre chaque sortie. Manque d’inspiration ou désir de proposer un produit méticuleusement abouti ?

Ceux qui connaissent le groupe devinent facilement la réponse, Obtest est loin de proposer des albums approximatifs composés à la va-vite. Le groupe est catalogué dans le rayon “pagan black metal”, mais les ingrédients qui composent sa musique sont variés, et l’aspect black métal n’est finalement présent qu’à travers quelque riffs ou certaines harmonies de guitare. Le chant lui même est bien loin des hurlements de gremlins sous acide tellement courant dans le style, le chanteur n’en rajoute pas des tonnes et son timbre rocailleux, ni black ni death, donne encore plus de personnalité à ce groupe relativement hors norme.

Les mélodies sont envoûtantes, les riffs sont énergiques et lorgnent autant du côté du heavy que du côté du thrash, le tout saupoudré d’un esprit folk réellement palpable et parfaitement mis en valeur sans paraître artificiel. Le premier nom qui m’est venu en tête à l’écoute de leur musique est celui de Skyclad, à l’époque de ses premiers albums, lorsqu’il se livrait encore à une musique fortement heavy. Et puis bon sang, que les soli sont bons ! Limpides, mélodiques et éclatants, chacun d’eux est un pur moment de bonheur.

Mais il ne suffit pas de posséder les bons ingrédients pour faire une bonne popotte, encore faut-il savoir maîtriser les dosages pour que le plat ait de la classe et de la personnalité. Et c’est sur ce point que Obtest fait la différence, les musiciens ont l’art et la manière de faire sonner leurs riffs et leurs mélodies lumineuses de façon tout à fait originale. Le mariage entre mélodies lancinantes et cavalcades entraînantes est immédiatement captivant, c’est ainsi que de véritables merveilles éclosent sur cet album. “Apeigos”, “Sviesa”, “Tai Ne Pabaiga”, ces trois titres représentent pour moi le trio gagnant de ce divin album, mais tous les morceaux renferment de bonnes idées qui rendent tout de suite les compo différentiables et passionnantes. Seul petit bémol, une baisse de régime en milieu de disque avec le plus léger “Sakalo Vaikai”, titre gentillet aux mélodies dansantes un peu faciles. Mais bon, vu la qualité du reste, cette faute de goût est bien vite pardonnée !

Moi qui ne suis pas fan de la vague grossissante du pagan / folk / black métal machin chose, je suis tombé sous le charme de Obtest dès la première écoute. A l’image de l’arbre sa belle pochette, le groupe est solide, majestueux, et s’élève bien au dessus de la médiocrité poussive qui règne bien souvent dans ce style?

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May 7, 2008