Deathbound : We Deserve Much Worse

We Deserve Much WorseSitué directement dans la lignée de Rotten Sound ou de Inhume, le dernier Deatbound débarque et vous guette du coin de l’?il, prêt à vous envoyer au tapis d’une grosse droite bien sentie. Ca fait mal, mais ça qui est bon, tout amateur de grind vous le confirmera?

Certes, Deathbound joue ce qu’il est convenu d’appeler du grind, c’est à dire un métal au fort relents de punk / hardcore et truffé de blast disjonctés, mais sa musique est riche, technique et aérée, du grind intelligent quoi, ben oui. Les compos sont courtes, épileptiques, et alternent, comme il est coutume de dire, entre parties extrêmement rapides, parties plus lourdes et mid tempos. Jusque là rien d’exceptionnel, c’est un menu que l’on peut lire à la pancarte de n’importe quel resto grind, mais deathbound n’est pas n’importe qui ! Les riffs, ainsi que la façon de mettre en valeur refrains et parties entraînantes, tout est calculé au micron près pour être efficace, un peu à la manière de Napalm Death, ce qui n’est pas une mince comparaison. Écoutez moi un peu les torrides “A fraction Of Truth”, “Never Ben Worse” ou “Debate To Terminate”, l’avalanche de décibels est tout simplement jouissive, d’autant que le batteur (ex-Rotten sound !) est absolument redoutable de vitesse et de précision. Bien entendu, il est facile de dire que Deathbound n’innove pas et qu’il mouline une recette mille fois éprouvée. Et alors ! Quand le résultat est aussi savoureux, moi je m’en ressers trois fois !

Pour ne rien gâcher, l’album bénéficie d’une remarquable production, à la foie grasse et parfaitement claire, ce qui n’enlève toutefois rien à la spontanéité des morceaux. Par ailleurs, les textes, loin du gore, sont revendicatifs et engagés, ce qui nous vaut de bonnes parties de chant à reprendre à pleine gorge et avec le poing levé?

Deathbound possèdent les arguments qu’il faut pour séduire aussi bien les vieux fans de Brutal Truth que les jeunes brutes en herbes qui se plongent avec bonheur la tronche dans leurs enceintes à la simple écoute de gros riffs qui tuent. En tout cas, moi j’y retourne !

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April 18, 2008

Goat The Head : Simian Supremacy

Simian Supremacy“Primal caveman death metal”, telle est l’appellation que les membres de Goat The Head ont eux même donné à leur musique. Avec une définition aussi alléchante et la pochette qui va avec, cet album sent bon le death original et primaire à souhait, ils sont pas mignons nos hommes des cavernes perchés sur leur arbre ? On dirait les protagonistes de La Guerre Du Feu réfugiés en hauteur pour échapper au tigre dents de sabre?

Rahan n’a qu’à bien se tenir, la tribu des Goat The Head est prête à en découdre à grands coups de guitares taillées dans le silex et de vocaux moi pas content, moi grogner. Et pourtant, si on enlève l’imagerie rigolote du groupe, que nous reste t’il ? Pas grand chose de bien excitant en fait, car leur musique est malheureusement bien moins originale que leur imagerie, aux Goat The Head. Sans être mauvais, leur thrash death est en fait bien peu surprenant. Le groov est présent, quelque passages se montrent forts entraînants, mais l’album déçoit au fur et à mesure que les morceaux s’enchaînent. Le fun est bien peu présent et les compos se montrent étonnement sages, seuls quelques gargouillis et quelques tentatives de chant clair amusantes (”Simian Supremacy“) nous rappellent que nous avons à faire à un groupe qui prêtant ne pas se prendre au sérieux. Dommage, car le concept donne faim !

Sur la longueur, l’album finit même par se montrer plutôt barbant et répétitif tant la musique du groupe est peu originale. Pourtant les musiciens assurent, les p’tits soli heavy font mouche, mais ça ne prend pas, il manque définitivement quelque chose aux compos pour qu’elles soient percutantes. Ni méchant, ni impressionnant, ni marrant, « Simian Supremacy » est en fait un album royalement quelconque qui ne ferra pas date dans l’histoire du métal, même si plusieurs morceaux se montrent assez réussis (”Beast Man”, “Mount Improbable”, “Rockbiting Havoc”). Pas de quoi nous donner envie de manger de la viande crue au p’tit dej’?

Vite écouté, vite oublié, « Simian Supremacy » est anecdotique, pas le genre d’album que l’on ressort fièrement devant ses potes en clamant « Hey, matez moi un peu ce que j’ai à vous faire écouter ! ». Le groupe ne tient pas ses promesses, et moi, comme témoignage de la préhistoire, j’aime encore mieux me taper n’importe quel musée? Ourgl !

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April 16, 2008

Impaled : The Last Gasp

The Last GaspBeaucoup de groupes sont influencés par d’autres formations plus anciennes et laissent traîner dans leurs chansons des petits bouts de solo ou des riffs qui rappellent indéniablement ces dîtes influences. D’autres prennent le parti de jouer purement et simplement dans la même cour que leurs idoles, quitte à leur ressembler de façon incroyablement flagrante?

C’est le cas de Impaled qui mange et respire du Carcass à chaque coin de compo, et ce depuis tout de même onze années, « The Last Gasp » étant leur quatrième album. Le style de riffs, les soli, le chant, tout rappelle la célèbre formation anglaise à l’époque du culte « Necroticism » (1991). Cet amour pour Carcass est étalé de manière tellement évidente que la formation en arrive à dépasser le cap du simple hommage, Impaled devient quasiment Carcass ! Et pourtant, le groupe évite le plagiat ridicule tant il a de l’énergie et des idées à revendre, ce qui fait de ce nouvel album une sortie fort sympathique.

Leur précédent opus m’avait paru quelque peu maladroit, notamment à cause des nappes de synthé brouillonnes qui se juxtaposaient assez mal au riffs et aux ambiances plus mélodiques. Le mal est réparé avec cette nouvelle offrande, le groupe ayant mis au placard les synthés en question. Il se concentre donc sur l’essentiel et balance des riffs en béton soutenus par du blast et des mid tempo ravageurs, à l’image des très bons “The Visible Man”, “Right To Die” ou “Mastre Of Ordure”, ce dernier étant sans doute le titre le plus carcassien de l’album. A mon avis, ce qui sauve le groupe est justement cette manière d’assumer pleinement ses influences, les musiciens sont très performants et n’essayent pas de gonfler leurs morceaux avec des éléments extérieurs inutiles. On aime Carcass et on joue du Carcass, point !

Bien entendu, comme il est coutume de dire, la copie ne dépasse pas l’original, mais « The Last Gap » vous ferra assurément passer un bon moment, certains passages se montrant franchement bandants.

Tentez le coup de faire croire à vos amis qu’il s’agit de morceaux inédits de Carcass, je prend le pari que ça marchera ! Impaled est un groupe attachant qui se montre redoutablement habile en matière de composition, je vous invite vivement à vous pencher sur leur travail. Moi j’en redemande !

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Wykked Wytch : Something Wykked This Way Comes

Something Wykked This Way ComesSi je vous dis thrash / death à voix féminine, vous pensez à Holy Moses,Arch Enemy ou Acrostichon pour les plus vieux d’entre vous. Très peu irons sortir le nom de Wikked Witch, combo au combien médiocre qui parvient pourtant à sortir ce premier album en 1996 chez Demolition records. Soit le groupe a été signer par erreur, soit ils ont les oreilles définitivement déglinguées chez Demolition?

Alors me direz vous, pourquoi perdre du temps à rédiger une chronique si l’album est abominable ? Tout simplement parce que je pense que ça change des chroniques bisounours, et surtout parce que j’ai que ça à foutre ce soir. Je ne sais pas ce que valent les albums suivants du groupe, mais ne faites pas la même erreur que moi, n’achetez pas « Something Wykked This Way Comes ». Le seul truc qui me soulage est que je l’ai payer 3 euros dans une braderie, mais quand même, pour ce prix là vous avez facilement dans votre boulangerie des trucs bien plus savoureux à vous mettre dans l’estomac, enfin bref?

Je ne vais perdre mon temps à faire du titres par titres où à essayer de trouver ici un riff un peu plus chouette, ou là un bout de solo comestible et presque mélodique, le disque en entier est à mettre au oubliette ou aux chiottes. Non, pas au chiottes vous risquez de les boucher, et cette fois ci avec une vraie grosse merde. Le groupe ne noie dans un espèce de thrash maléfique et bourrin à grands coups de riffs ridicules et de vocaux misérables. Que se soit dans les hurlements braillards hystériques ou dans les beuglements plus death, la demoiselle (quelle photo dans le livret !) se montre pitoyable, à la hauteur du niveau des musiciens (sont-ils vraiment bien accordés ?) et de la production à la vas-y comme je te pousse. C’est une honte de signer de tels groupes quand d’autres mille fois plus talentueux rament pour s’en sortir ou passent inaperçus. C’est sans doute le fait que le groupe soit doté d’une “chanteuse” qui a motivé le label à signer la formation, je ne leur vois que ça comme excuse.

Je suis content, j’ai tapé une chronique et ça m’a demandé 20 minutes ! Dîtes vous que mon article est un avertissement, ne vous approchez pas de ce cd, il est radioactif. Il peut vous causer de grave troubles de l’audition dus à une détérioration cancéreuses des cellules de vos tympans. Vous êtes prévenus !

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April 15, 2008

Impaler (UK) : Charnel Deity

Impaler (UK) : Charnel DeityLe groupe anglais Impaler n’est l’auteur que d’un seul et unique album, le présent « Charnel Deity » sorti en 1992, époque à laquelle les labels signaient n’importe quel groupe pourvu qu’il joue du death et qu’il porte un nom bien glauque. Forcément, le très bon côtoyait le médiocre et beaucoup sont passés totalement inaperçus?

J’aurais aimé vous causer un brin de l’histoire du groupe mais je n’ai absolument aucune info, je ne saurais même pas vous dire ce que sont devenus les musiciens après le split de leur formation. Reste ce témoignage de leur passage éphémère dans le grand monde du death, témoignage qui en aura visiblement marqué quelques uns puisqu’une page myspace est entretenue par des fans. Soyons honnête, ce « Charnel Deity » n’a absolument rien d’exceptionnel, il fait partie de ces albums écoutables mais sans grande inspiration, qui sentent le old school à plein nez et qui n’impressionneront probablement pas les fans du death actuel.

Basiques, chargées d’influence thrash, les compos de Impaler foncent tête baissée à coup de riffs tronçonneuses et de rythmes alternants entre le lourd, le mid tempo et les accélérations poum tchac poum tchac poum tchac. Le premier nom qui vient en tête à l’écoute de cet album est celui de Grave car le style pratiqué est assez similaire. Le son, par contre, diffère de la formation suédoise, les guitare sont plus graisseuses et l’ensemble plus compact, ce qui apporte une petite touche de personnalité aux morceaux. On est bien entendu loin de la perfection des enregistrements actuels, ce côté “naturel” ne peut sans doute plaire qu’aux vieux bouseux dont je fait partie ! Une batterie triggée ? C’est quoi ça ?

L’ensemble, sans être génial donc, reste sympathique et est typique du début des années 90, de quoi faire verser une larme de nostalgie à tous les amoureux du vieux death et de la basket montante avec la languette qui sort. Quelques titres se montrent tout de même fort entraînants, à l’image de “Accursed Domain“, “Impaler of Souls“, et surtout de “Internally Rotting”, morceau qui pourrait faire headbanguer une plante verte avec ses riffs simples mais rudement efficaces. Question soli, pas de quoi se relever la nuit, les amoureux des descentes de manche fluides et limpides n’y trouveront pas leur compte. On a plutôt droit à une sorte de croisement entre Grave, pour le son plein de réverb, et de Vader, à ses débuts, pour les alignements de coups de vibrato et d’harmoniques sifflantes.

« Charnel Deity » est donc un petit album sympa, pas indispensable, mais qui se laisse écouter avec plaisir pour peu que l’on apprécie le death bas de plafond et pas technique pour deux sous. Un genre de death qui ne se pratique plus vraiment aujourd’hui mais qui pourtant possède son charme. Essayez sur myspace, vous verrez bien?

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April 13, 2008

Wolf Spider : Kingdom Of Paranoia

Kingdom Of ParanoiaQuand on pense au thrash technique d’il y a 20 ans, ce sont des noms comme coroner, sadus voir même annihilator (si si, les 2 premiers) qui nous viennent en tête. Dans la catégorie des grands oubliés qui méritent d’être redécouverts, Wolf Spider est assurément en très bonne place. Petit retour en 1990 avec leur deuxième réalisation?

Formé en 1985, le groupe sortira quatre albums entre 1989 et 1991et jouera d’ailleurs son tout dernier concert en ouverture pour Deep Purple. « Kingdom Of Paranoïa » est sa deuxième réalisation, et je n’ai pour l’heure pas encore réussi à mettre la main sur leur premier album. Le groupe est signé chez Under One Flag, mais pas facile à cette époque de se faire connaître quand on est originaire de Pologne ! Et oui, la formation est polonaise, et bien que Vader semble avoir enfoncé toutes les portes avec « The Ultimate Incantation » en 1992, le métal existait bel et bien dans ces contrées, et ce dès les années 80. La batteur de Wolf Spider a d’ailleurs joué pas mal de temps avec Turbo, autre groupe plus ancien à la discographie longue comme mon bras.

L’album s’ouvre en douceur avec une belle intro acoustique, puis c’est parti pour dix titres de heavy / thrash absolument ébouriffant. Les musiciens parviennent à insuffler énormément d’énergie à leurs compos tout en restant extrêmement technique, ce qui rend cet album tout à fait passionnant. Les guitaristes balancent des riffs nerveux et alambiqués et utilisent une palette d’accords riches et originale, donnant tout de suite une personnalité très marquée à la musique du groupe. Chaque soli est d’ailleurs un pur moment de bonheur, d’autant que la production est très claire. Je dirais que l’on a à faire à une sorte d’accouplement entre Coroner et Voivod, avec certains breaks riches en basse qui ne ferraient pas tache dans des morceaux de Atheist. Un vrai vent de folie souffle sur cet album qui n’oublie pas la mélodie, loin de là (les magnifiques riffs de “Foxes”, le très bon refrain de “Survive“?).

Il faut replacer l’album dans son contexte, nous sommes en 1990, donc ce disque en rebutera beaucoup par son côté “métal de papys”. Le chant est souvent haut perché, quelques c?urs guerriers sont disséminés ça et là, bref, il y a chez Wolf Spider un côté heavy années 80 parfois assez prononcé, mais à mon goût jamais lourdingue. Les compos sont aventureuses, fouillées, le groupe ne fait pas dans la simplicité et propose au final une musique qui ne ressemble à aucune autre.

Album délicieux qui se savoure avec le même plaisir à chaque écoute, « Kingdom Of Paranoïa » a fort bien vieilli (sauf la pochette !)mais, paraît-il, est un album assez dur à trouver aujourd’hui. C’est en tout cas une perle que je suis heureux de posséder dans mon armoire à cd. A redécouvrir?

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April 12, 2008

Dark Age : Minus Exitus

Minus ExitusIl aura fallu quatre années aux allemands de Dark Age pour nous sortir enfin un successeur à « Dark Age », leur précédente réalisation. « Minus Exitus » est le quatrième album de cette formation passée maître dans l’art de composer des morceaux accrocheurs. Fans de Death mélodique, ne loupez pas le coche?

Même avec l’expérience, un groupe n’est jamais à l’abri d’une plantade, mais une fois encore, Dark Age s’en sort avec les honneurs. Quand je parle de death mélodique, je pense à une musique proche de celle de Katatonia par exemple. Le côté mélodique vient principalement des refrains en chant clair, les rythmiques étant pour leur part très souvent bâties sur de très gros riffs plein d’épaisseurs. Et quelle habileté dans la composition ! Un terme me vient à l’esprit pour parler de Dark Age : homogénéité. Le groupe ne faiblit pas un instant sur cet album et la qualité des morceaux est constante. Chaque titre est admirablement mis en valeur soit par des riffs en béton, soit par des refrains prenants, soit par les deux en même temps, et là c’est l’extase ! “Minus Exitus“, le plus violent “Exit Wounds” ou “Life For Blood” sont des hits en puissance. Quelle habileté dans la composition?

Il faut dire aussi que Eike Freese parvient à donner à la fois puissance et chaleur à son chant, sans jamais se complaire dans des vocaux pleurnichards ou mielleux. Écoutez un peu son excellent travail sur l’intimiste “No Way Home”, du grand art !

Par ailleurs Dark Age se permet quelques petites prises de risque réussies, en ajoutant par exemple des guitares acoustiques sur les rythmiques de “Outside The Inside” ou en se fendant d’une reprise du “October” de U2 (piste cachée). Plus les années passent, plus le groupe affirme sa personnalité et son style? Les musiciens nous prouvent également à quel point ils sont doués en se faisant (et en nous faisant) plaisir avec un instrumental chargé de soli, morceau tout simplement intitulé “Instrumental”.

Plusieurs écoutes m’auront été nécessaires pour m’imprégner complètement de l’univers de « Minus Exitus », même si beaucoup de mélodies sont immédiatement accrocheuses. J’espère seulement que Dark Age battra le fer tant qu’il est chaud et qu’il n’attendra pas de nouveau quatre années avant de nous servir une nouvelle galette de cette qualité.

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April 1, 2008

Mygrain : signs of existence

signs of existenceMygrain, groupe finlandais, nous présente ici sa deuxième réalisation, « signs of existence ». Leur premier album avait été plutôt bien accueilli par la presse, et dieu sait pourquoi, peut-être ai-je confondu avec une autre groupe, je m’attendais à écouter un death mélodique tranquille et vaguement thrash sur les bords. Ben pas vraiment?

On retrouve il est vrai des éléments mélodiques dans la musique de Mygrain, mais je ne pensais pas me prendre en pleine face un métal aussi puissant. A dire vrai, ce n’est pas un album que j’ai apprécié dès la première écoute tant leur compos aux accents futuristes (comprenez par là bruitages de synthé) m’ont semblé fades et archi communes. Impression renforcé par les fréquents passages en chant clair, ingrédient dont je ne suis pas spécialement friand dans ce genre de zique. Mais comme je suis un chroniqueur consciencieux, je ne me suis pas arrêté à ma première impression et j’ai persévéré avec plusieurs autre écoutes. Bien m’en a pris !

Mygrain est au final un groupe bien plus malin qu’il n’y paraît. Les riffs, à cheval entre le death et le thrash, sont extrêmement carrés et puissants, mais surtout les petits bruitages électro, ceux là même qui me filaient des boutons lors de la première écoute, s’incorporent finalement très bien à la musique du groupe. Ce petit côté “science fictionnesque” est tout à fait sympathique et n’enlève aucune puissance aux compos, au contraire, il en augmente l’originalité. Ils peuvent néanmoins se montrer un poil de chouilla maladroits, comme par exemple sur “Killing Time” qui aurait vraiment été un très bon morceau s’il n’y avait pas eu ces “tut tut tut” assez ridicules.

Par ailleurs, les vocaux clairs ne sonnent ni niais ni superficiels. Tommyboy n’est pas un grand chanteur lyrique, mais ses parties claires tapent justes et apportent à l’ensemble un côté mélodique bien sympathique. Ses vocaux hurlés, sans être exceptionnels, sont tout de même bien efficaces, les bonhomme s’arrachant les cordes vocales avec un évidente conviction.

Certains titres se montrent donc vraiment prenants, à l’image de “Shed The Second Skin”, “The Psychonaut” ou les excellents “Alienation” et “Final Frontier”, morceaux qui rassemblent à eux seuls ce que Mygrain sait faire de mieux en terme de violence et de mélodie.

Mygrain est une bonne découverte pour moi et je vous invite à ne pas vous fier à une seul écoute. Les mélodies et les arrangements se dévoilent au fil des écoutes pour faire de ce « signs of existence » une sortie plus que correcte. Pas un chef d’?uvre non plus, mais un album qui mérite largement votre attention.

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March 31, 2008

Necropsy (FRA) : Bestial Anatomy

Necropsy (FRA) : Bestial AnatomyVoici un retour qui fait bien plaisir ! Non Necropsy n’est pas mort et enterré, non il n’est pas en train de se faire picorer la tronche par des asticots, il renaît de ses cendres pour notre plus grand bonheur, avec s’il vous plaît, un album complet bien appétissant malgré sa moche pochette verdâtre.

Nos petits franchouillards reprennent les choses là où il les avaient laissé et se replongent avec joie dans un grand bac de tripailles grind gluantes. Pas de tripailles, non, de lisier plutôt, car Necropsy s’est fait un devoir de nous causer de la vie à la campagne. Un monde où la sodomie porcine est autorisée, un monde où il fait bon se soulager avec une vache avant de la déboyauter et de s’amuser entre père et fils à s’envoyer à la tronche des bouts de bidoche, bref, un monde où la rigolade est reine et le bon goût est roi. Ca nous vaut des morceaux aux titres colorés comme “Gueule De Vieille”, “Au Pré”, “Degueule House”?etc.

Question musique, ça rigole beaucoup moins, car Necropsy a un sens du riff et du rythme pas possible, son grind est puissant (forcément), mais surtout varié et très habilement composé. Comme il s’agit de grind / death, les tempo varient sans cesse et les breaks sont hystériques, que les amateurs de death raffiné aillent voir à Plouc-ville Sur l’Oignon si j’y suis. Même si le groupe manie fort bien son sujet, certains morceaux manquent tout de même de cohésion et bourinnent à tout va sans réels accroches. Fort heureusement, les bons titres l’emportent haut la main sur les moins intéressants, certains morceaux se montrant même franchement étonnants. Par exemple, “140″ renferme des riffs absolument énormes, mélodiques et originaux, un must. Les passages plus death metal sont fréquents, ce qui aèrent les compos et les rend plus mémorisables, plus percutantes aussi. Il faut dire aussi que Gil au chant est assez impressionnant.

Par ailleurs la production n’est pas des meilleures mais elle colle tout à fait à l’esprit du groupe et lui donne même un petit côté rugueux assez sympathique.

Les Necropsy sont en forme et doivent dégager une énergie pas possible sur scène. Son grind rural n’est pas réellement exceptionnel, mais le groupe a sa personnalité et son style. Il mérite vraiment que les grosses brutes que vous êtes se penchent sur ce « Bestial Anatomy », vous y trouverez forcément votre compte.

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March 29, 2008

With Blood Comes Cleansing : Horror

HorrorHaaaaaa, du death chrétien, ça faisait longtemps ! Installez vous à table, le couteau à la main et la serviette bien nouée autour du cou, parce que ça risque de saigner. Jamais je ne comprendrai comment on peut venter son amour pour le christ à travers une musique aussi violente. Pour moi, c’est comme si Carla Bruni se mettait à vanter les mérites du satanisme, y’a un truc qui colle pas?

Chacun est libre de ses opinions, de ses religion, je n’irai pas casser un groupe uniquement parce qu’il lèche les pieds du petit Jésus. J’aime beaucoup Mortification par exemple, et dans le genre “Dieu m’a montré ma voie”, ils sont pas mal non plus ! Et de toute façon, c’est de death brutal dont il s’agit, alors les paroles, hein? Je resterai donc sage et j’épargnerai les lecteurs de blagues graveleuses sur l’assemblage death / christianisme, d’autant qu’après tout, le satanisme peut être considéré lui aussi comme une forme de religion, non ?

C’est bien gentil, mais dans tout ça je n’ai pas encore placé un seul mot sur la musique du groupe en elle même. En fait ce petit paragraphe sur la religion dans la musique m’a bien aidé à faire du remplissage, parce que musicalement, ben y’a franchement pas grand chose à dire, le death de la formation est d’une platitude absolue. Les constructions, les riffs, les passages lourds avec des accords étouffés, tout à déjà été entendu et archi entendu. Niveau inspiration, on frôle le zéro absolu, et puis ce mélange de voix guttural et de voix criarde, quel horreur ! La voix death en elle même, ça passe, mais la voix braillarde aiguë est insupportable tellement elle est nasillarde. Deux ou trois passages chatouillent de temps en temps les tympans, et certains titres se montrent alors moins mauvais, comme “Scourged”, “Mother” ou “Slow Dude”, ce qui explique que je colle tout juste la moyenne à cet album. La prod’ est bonne, les musiciens assurent techniquement, mais il manque l’ingrédient magique de tout bon album : l’inspiration.

Je ne vois rien d’autre à ajouter sur cette sortie, Dieu doit probablement ressentir le petit frisson de la honte lui parcourir l’échine à l’écoute de cette déclaration d’amour maladroite. « Horror » est le parfait exemple d’un album fadasse qui ne laissera aucune emprunte dans l’histoire du métal?

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March 28, 2008