Embryonic Cells : Before The Storm

Before The StormTONIO

Plus c’est long, plus c’est bon ! Vous connaissez le dicton, apparement EMBRYONIC CELLS aussi… “Before The Storm” est le premier album de ce groupe originaire de Troyes formé en avril 1996.

Ce n’est pas pour autant qu’ils ont glandé entretemps les p’tits gars, car le groupe a quand même un paquet de concerts à son actif, dont des premières parties de molosses comme GWAR, NUCLEAR ASSAULT ou OBSCENITY. Sur un press-book, ça affiche quand même pas mal ! Et puis quand je dis “p’tits gars”, je suis limite irrespectueux, l’age des musiciens se ballade entre 24 et 32 ans.

J’aime beaucoup l’hartwork du cd, ce paysage dévasté au couleur de feu et de cendre. Lidée n’est pas originale mais le rendu est efficace et colle parfaitement au nom de l’album et à l’univers du groupe. Si je dois donner là, tout de suite, sans réflechir (comme j’ai l’habitude) quatre termes pour qualifier leur musique : dépouillée, glaciale rampante et claustrophobique. Claustrophobique ? Ben quoi, j’ai bien précisé sans réflechir, non ? Et puis en fait, claustrophobique est un terme qui leur correspond plutôt bien aux cellules embryonnaires, car leur black métal est oppréssant et assez maladif d’un bout à l’autre de l’album.

La production est très seiche, limite minimaliste, mais c’est tout à fait ce qui correspond à une musique aussi crue. Les riffs sont simples et répetitifs, le batteur au style très linéaire est souvent bloqué sur le mode mid-tempo, leur black métal aurait pu voir le jour il y a 15 ans et rend directement homage à des entités comme BURZUM. Concernant les vocaux, s’ils sont saturés à l’extrême et donnent au compos un aspect viscéral encore plus fort, il est tout de même dommage que Max, le guitariste/chanteur, use de cet artifice en permanence. Une alternance chant hurlé clair / chant saturé aurait, je pense, donné plus d’impact à des parties musicales fort bien trouvées. Par ailleurs, des nappes de synthé, elles aussi plutôt rudimentaires, se posent régulierement sur les morceaux.

Vous devez vous dire que tout cela a l’air bien basique et risque de sonner amateurs, le genre de musique que pratiquent facilement des petits groupes qui ne savent pas trop jouer et qui se donnent une attitude “true” pour masquer leurs faiblesses. Vous oubliez ? Je vous ai dit que EMBRYONIC CELLS roule sa bosse depuis 1996 ! L’experience est là… Je ne vous cache pas que sur presque 50 minutes de musique, j’ai senti des longueurs et que tout n’est pas forcément passionnant, mais certains titres valent franchement le détour. Quand les zicos choppent une bonne mélodie, ils ne la lâchent plus et accouchent de chansons ennivrantes comme “Godess Earth“, “Death Dealer” ou “Before The Storm“, mon titre préféré, à la beauté glaciale et pénétrante. Vous l’aurez compris, il ne faut pas être un accros du blast et des tempos fous furieux pour adhérer à leur musique. Par contre, leurs compos ne sont pas molassonnes pour autant, elles sont simplement plus axées sur des rythmiques martelées et hypnotiques que sur de défonçage de crâne bête et méchant. Pour être convaiquant, c’est un exercice qui demande du talent, et EMBRYONIC CELLS en a en reserve.

Dans la belle ville de Troyes, il n’y a pas que du foot ou des andouillettes, il y a aussi une formation intéressante du nom de EMBRYONIC CELLS qui ne demande que votre soutient et qui vous accueillera toutes griffes dehors pour vous faire plonger dans son univers dépressif. “Before The Storm” est une clé qui ouvre la porte d’un univers malsain et sournois rempli de vermines rampantes. J’en fais trop ? Allez donc sur leur site et écoutez les morceaux proposés, vous reviendrez m’en causer…

> Chroniques, Heavy Metal — admin @ 12:00 am

April 27, 2007

Crystalic : Watch Us Deteriorate

Watch Us DeteriorateTONIO

Tu aimes le death mélodique ? Tu aimes les riffs alambiqués soutenus par de la double à fond les ballons ? Tu aimes les solos virtuoses avec plein de doigts dedant ? Tires une carte… CRYSTALIC ? Bonne pioche !

Ce groupe venu de Finlande et formé en 1998 a pris la peine de réaliser plusieurs démos avant de s’attaquer à la réalisation de son premier album, “Watch Us Deteriorate“. Ce qui saute donc tout de suite aux oreilles est la parfaite maîtrise instrumentale des zicos et leur habileté a construire des morceaux interessants. Si on peut penser aux vieux albums de IN FLAMES, l’influence la plus évidente de CRYSTALIC est le groupe DEATH, plus particulierement dans sa période “Indivudual Though Patterns” et “symbolic”. Les compos sont bâties sur des riffs rapides et mélodiques et ponctuées bien entendu par de nombreux solos bien sentis et techniques qui rappellent eux aussi le style de Schuldiner. Cette impression permanente d’avoir à faire à un “tribute-band” de DEATH m’a un peu gêné tout au long des premières écoutes. Une fois les compos mieux assimilées, les mélodies se révellent au final assez accrocheuses et parfois même agréablement entêtantes, certains titres comme “Severe Punishment” ou “soulstabbed” possèdent des cassures rythmiques et des lignes de grattes tout à fait efficaces. De plus, le groupe ajoute à sa cauce pas mal d’intermèdes plus calmes qui permettent aux guitaristes de nous montrer qu’ils savent aussi bien balancer des rythmiques à 200 à l’heures que des solos sensibles “sortez vos mouchoirs”. Le bassiste aime lui aussi rappeller à l’auditeur qu’il n’est pas ici pour faire de la figuration et met régulièrement son instrument en valeur, souvent sur des intros, voir lors de courts solos comme sur le bon “World Collide“. Bien sûr, son style très fluide rappelle inévitablement des morceaux comme “The Philosopher” de qui vous savez…

Le death de CRYSTALIC, à défaut d’être original, est donc très loin de la médiocrité. Par contre, je mettrai un gros bémol sur le chant qui dénature la musique du groupe. Il manque vraiment de personalité et se situe dans une veine plus thrashcore que purement death métal, pour accompagner une telle musique à la fois sensible et énergique, un chanteur plus percutant aurait vraiment élevé les compos à un autre niveau. J’ai lu des commentaires qui jugaient au contraire son timbre chaleureux et original, alors… A vous de voir !

Si on y regarde bien, le death mélodique purement old-scholl comme celui-ci ne se pratique plus vraiment aujourd’hui, alors si vous êtes fan des albums des années 90 et un brin nostalgique de cette époque, “Watch Us Deteriorate” ne peut être que un bon investissement. Pour ma part, j’attendrai tout de même la suite avant de verser une larme en me disant que je tiens entre mes mains les nouveaux “grands” du death mélodique, car il manque encore à l’ensemble une bonne dose de personnalité. Cet album est en tout cas suffisament bon pour attirer l’attention sur CRYSTALIC qui est un groupe à surveiller de près.

> Chroniques, Heavy Metal — admin @ 12:00 am

April 25, 2007

Bewitched (SW) : Spiritual Warfare

Bewitched (SW) : Spiritual WarfareTONIO

Ca fait un paquet de temps que je ne me suis plus intéressé à la carrière de BEWITCHED ! J’ai en fait lâché l’affaire depuis le LP Encyclopedia Of Evil paru peu de temps après leur premier album, Diabolical Desecration, en 1996. Il y a 10 ans, punaise ça ne me rajeunit pas ! J’en ai passé des bons moments avec ces deux opus, alors c’est avec un réel plaisir et une larme de nostalgie au coin de l’?il que je glisse leur nouvel envoi dans le lecteur…

Ben mon vieux, si un certain OBITUARY n’avait pas déjà appelé sa dernière galette Frozen In Time, nul doute que BEWITCHED aurait pu utiliser ce nom pour leur album, ça aurait collé à merveille ! Le groupe n’a pas évolué du tiers du quart d’un poil de doigt de pied… Quand je dis qu’il n’a pas évolué, ce n’est pas une critique ! L’évolution n’est pas un facteur clé de la longévité et de la qualité d’un groupe, beaucoup de combo propose la même recette depuis des lustres et multiplient les bons albums, c’est même souvent tout à fait agréable de savoir exactement ce qu’on aura à ce mettre dans les oreilles… BEWITCHED, en grand seigneur, offre donc à sa poignée de fidèles ce qu’ils attendent, un mélange parfaitement dosé de black métal pas trop méchant et de heavy couillu en cuir moule-burnes, millésimé grand cru “années 80″. Sortez votre ceinture cartouchière et votre veste à patchs !

Pourtant au fil de cette écoute, mon enthousiasme est quelque peu retombé et mon attention a rapidement été captée par moult attractions autour de moi.

“Tiens, l’araignée du coin gauche de la chambre est revenue ! Si je lui trouvais une t’ite mou-mouche, elle a l’air un peu maigre… Merde, non, faut que j’écoute bien ce skeud pour Spirit !”



“Tiens, c’est qui cette tête de gland qui passe sous ma fenêtre avec son t-shirt Slayer ? J’le connais pas, j’vais lui dire un p’tit bonjour ! Ah oui mais non, j’ai du taf avec le dernier BEWITCHED, faut que je reste concentré…”



(baille)

Comme j’ai décidé d’être sérieux et professionnel, j’ai utilisé la méthode la plus terre à terre qui soit, la prise de note. Petite feuille de brouillon, stylo, assis bien droit à la table du salon pour pas m’endormir, et j’écoute chaque morceau en notant sa durée et sa vitesse d’exécution, ses particularités rythmiques, bref, tous les petits détails pertinents qui feront que ma chronique une fois de plus sera exceptionnelle ! En général, avec cette technique, j’accouche d’une chronique plutôt courte, basique et assez impersonnelle, mais une chronique quand même ! Mais là, problème, au cinquième titre, ma page est toujours blanche…

Je suis donc bien obligé de me plier à cette triste conclusion : BEWITCHED ne m’amuse plus ! Leur premier album de 1996, que je possède toujours, était féroce, teigneux et les guitares rythmiques et solo débordaient d’énergie. Ce nouvel album, pourtant dans la même veine, sent légèrement le périmé. Les riffs sont mous, répétitifs, aucun morceau ne m’a accroché l’oreille plus qu’un autre. Le groupe n’a plus la niack d’antan ! Après, vu que je suis resté sur une image très positive du groupe, j’en attendais peut-être trop de ce nouvel album, c’est possible, mais je serais très étonné qu’une galette aussi plate impressionne qui que se soit aujourd’hui. Ce n’est pas complètement nul, ça reste écoutable, mais c’est totalement insipide, un peu comme d’aller bouffer au Mc Do après s’être tapé du trois étoiles pendant une semaine…

Le BEWITCHED d’aujourd’hui m’a l’air bien fatigué, c’est assez étonnant quand on voit la qualité des sorties de NAGLFAR, groupe autrement plus violent au sein duquel officient Kristoffer (basse/chant) et Marcus (guitare).

Comme d’hab’, je vous invite à écouter et à vous faire votre propre opinion. Si vous ne connaissez pas BEWITCHED, peut être que ce disque aura sur vous le même effet qu’a eu sur moi Diabolical Desecration il y a dix ans, allez savoir… Leur association du black et du heavy reste assez unique mais je vous conseillerais néanmoins de plutôt vous pencher sur ses anciennes réalisations que sur celle ci. Bon allez, je vais me réveiller avec un p’tit GOATWHORE, tiens ! C’est autrement plus énergique…

> Chroniques, Heavy Metal — admin @ 1:00 am

February 28, 2007

Ozzy Osbourne : Diary Of A Madman

Diary Of A MadmanNOTE : 19/20

Bon sang, ce que j’ai pu être stupide tout ce temps !

Je suis mordu des vieux albums de BLACK SABBATH depuis un paquet d’années, les premiers riffs que j’ai essayé de gratouiller sont ceux de Paranoïd ou d’Iron man, mais jamais je ne me suis penché sur la carrière solo de Ozzy. Enfin si, une fois. J’avais acheté “Ozzmosis” à sa sortie, album qui ne m’avait absolument pas convaincu et j’étais donc resté sur une image plutôt négative du personnage. De plus, les anciens morceaux de SABBATH avec Ozzy au chant me faisaient (et me font encore) tellement vibrer que je ne voyais pas pourquoi j’irai chercher plus loin…

Quelle erreur !

J’ai donc tenté le coup avec ce “Diary Of A Madman“, deuxième et dernier album enregistré avec le jeune guitariste Randy Rhoads.

Et bien ce n’est pas une baffe que j’ai pris mais une droite à la O.J. Simpson qui m’a explosé les dents et la cervelle ! Pas par sa brutalité ou sa vitesse, car cette oeuvre date de 1982 et évolue dans un pur style heavy, mais par sa richesse musicale et son inspiration. C’est simple, tous les morceaux sont bons et absolument rien n’est à jeter.

Bien sur, la personnalité et la voix unique de Ozzy imprègnent les compos, mais c’est plus qu’un projet solo du bonhomme, on sent que l’alchimie entre les musiciens est parfaite, équilibrée. Que ce soit la basse ou la batterie, personne ici ne fait de la figuration. Et la guitare, wow !!! Sans en faire des tonnes, R. Rhoads est éblouissant par son sens du riff et son feeling aux solos, comme sur le phénoménal “Over the Mountain“… Les breaks mélodiques, les refrains, tout est sublime.

Le morceau titre “Diary Of A Madman” justifierai à lui seul que l’on se procure l’album. Magnifique intro en arpège, riffs en acier sur un rythme cassé original, ligne de violon et c?urs désespérés, 6 minutes d’un voyage surnaturel.

Je ne vais pas m’amuser à vous disséquer chaque titre, mais je me suis rendu compte au fil des morceaux à quel point Ozzy, ou le “Ozzy’s Band”, a pu inspirer de nombreux groupes. Et ce n’est pas CATHEDRAL qui me dira le contraire ! J’ai sauté sur place en écoutant le morceau “S.A.T.O.”. Les riffs, les vocaux, on jurerai un morceau de MEGADETH sur l’album “Countdown…” !

J’ai l’impression que Ozzy a en fait réellement pu prendre son envol une fois séparé du groupe qui l’a rendu célebre. Son esprit créatif était alors totalement libre.

En tout cas, mille fois merci Monsieur Ozbourne pour ce chef-d’?uvre, et on ne pleurera jamais assez la disparition tragique du bouillonnant Randy Rhoads.

Néanmoins, un détail me fait un peu peur : il parait que l’album précédent, “Blizzard Of Ozz” est meilleur, qu’est ce que ce doit être ! J’ai hâte à l’avoir entre les mains…

> Chroniques, Heavy Metal — admin @ 12:00 am

July 5, 2006