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3ème chronique : Apocalyptica – Reflections

November 6th, 2008 by vrael

  Apocalyptica est un groupe qui a commencé en 1996 avec des reprises originales de Metallica, et l’album qui (d’après les fans) lui a permis de se faire remarquer est Cult.
Mais qu’est-ce qui rend ce groupe si particulier ? Autre question qu’on peut se poser, plus classique : ah tiens c’est un groupe de métal symphonique, mais… ils n’ont pas de chanteur ?
Observons son line-up : trois violoncellistes, dont un jouant du violoncelle électrique et un batteur, rien de plus. Les habitués du métal font souvent la grimace quand ils lisent ça. Pourtant, ses reprises suivent pratiquement le morceau d’origine : ceux qui connaissent bien ‘Enter Sandman’ ou ‘Fade to Black’ reconnaîtront bien les chansons de Metallica, les paroles en moins, remplacées par le violoncelle.

Mais je m’égare (^^), revenons à Reflections. Bon, la première chose que j’ai à dire sur l’album c’est que sa construction a un sens : à voir les titres, on dirait des noms de chapitres pour un livre, et ça se tient… presque. J’y reviendrai. Deuxième chose : Reflections s’encastre en deux parties distinctes, que l’on peut séparer grâce à « Conclusion », le morceau ‘charnière’.
Reflections est un album qui s’écoute comme on regarde une histoire sans les dialogues : la musique et les titres nous offre des bases, mais nous devons imaginer nous-mêmes l’intrigue.
Et franchement, Reflections pourrait facilement faire une soundtrack.

Tout commence par une introduction au titre sobre : ‘Prologue [Apprehension]’. Dans les livres, le prologue est un passage court, un peu en dehors de l’œuvre, qui nous donne des infos parallèles à l’histoire pour nous donner un aspect différent de l’intrigue et y mettre du relief. Et l’appréhension d’un problème, c’est son observation avec pour but de l’identifier.
Tout comme le morceau suivant, ‘No Education’, ‘Prologue [Apprehension]’ possède un rythme assez soutenu, des riffs sombres qui contrastent avec une mélodie chargée de regrets et de rancune (surtout ‘No Education’). Un morceau plus loin a le même style : Drive, même si on y perçoit un soupçon d’espoir. J’ai juste une chose à rajouter : c’est bizarre, ce morceau je l’ai découvert dans le best of, sorti avant « Reflections », et ‘Drive’ existait déjà sous le nom de ‘Driven’.

Les morceaux les plus beaux sont bien sûr les ballades : il y en a quatre en tout. Parlons d’abord des meilleurs : ‘Faraway’, ‘Conclusion’ et ‘Epilogue’. Les trois mis ensemble sont dans deux ordres logiques : celui de l’album^^, mais aussi dans la montée du sentiment d’amertume qu’elles transmettent. Ces trois tracks sont lentes, seule ‘Faraway’ contient des parties au violoncelle électrique et un peu de batterie, et toutes sont magnifiques. ‘Faraway’ est tout de même presque joyeuse, alors que les deux autres sont vraiment tristes. Les poétiques y retrouveront l’évocation de la brise d’automne qui transporte les feuilles mortes… pour la première partie du morceau. La deuxième partie, qui vient un peu après la moitié de la track, est plus marquée par la souffrance mélancolique, probablement celle de la prise de conscience que la mort est immuable et invincible. Et tandis que Conclusion touche, Epilogue « achève » les cœurs sensibles. Bon, si vous n’êtes pas dans l’ambiance en effet, il est possible de voir Epilogue comme un titre dérisoire et niais, style ‘sortez les violons’ à la fin d’un film d’amour. Personnellement, j’ai eu les larmes aux yeux à la première écoute, chacun ses goûts. En ce qui concerne la dernière ballade, Pandemonium : les fans de Cult reconnaîtront tout de suite la saveur de l’album, avec un plus, la batterie. En latin, le titre signifie littéralement ‘Lieu de désordre et d’agitation’ : et bien, c’est exactement l’impression que reproduit le morceau. Le violoncelle électrique semble improviser et la mélodie n’est pas claire, sans parler de la batterie presque aléatoire. De plus, les solos au violoncelle sec sont excellents. Par contre, la track tombe un peu comme un cheveu sur la soupe et c’est bien dommage : elle casse l’ordre logique de l’album, et même si elle est bonne elle dérange.

Pour les morceaux les plus métal de Reflections, histoire de ravir un peu les ‘vrais’ métalleux avides de riffs méchants et de batterie audible, voici une partie qui leur est réservée.
J’en décompte cinq en tout : ‘Somewhere Around Nothing’, ‘Cohkka’, ‘Heat’, ‘Cortege’ et ‘Toreador II’. Toutes possèdent un rythme différent, mais ont une connotation Heavy Metal évidente : la batterie y est nettement plus forte que dans les autres tracks, les riffs beaucoup plus lourds et la mélodie puissante. Jamais de paroles, parce qu’elles seraient inutiles. Le titre et la musique suffit amplement pour dégager leur sentiment ou impression (dans l’ordre) : espoir, trahison, chaleur, surprise, force. Les solos au violoncelle électrique sont incroyables, sans parler des efforts que le batteur doit fournir pour donner autant de snares tout en gardant le rythme.
Pour moi, ‘Cohkka’ et ‘Toreador II’ sont les paroxysmes des deux parties du CD.
Il ne reste qu’un morceau : ‘Resurrection’. C’est lui qui démarque avec brio la deuxième partie de l’album, après un ‘Conclusion’ relativement déprimant. Il surgit comme un pied de nez, avec un ton du genre « et non, je suis encore là » cynique mais aussi joyeux : celui de se sentir vivant. Il n’est pas remarquable, mais il est bien placé, et à noter un solo osé au violoncelle électrique.

Avec Reflections, Apocalyptica est un groupe qui prouve que l’on peut exprimer beaucoup, et avec talent, avec juste un titre et une mélodie de quelques minutes. Ce sont des artistes avant tout, ce qui en fait des maîtres dans l’art de l’instrumental. Une question subsiste cependant : pourquoi le violoncelle ?
D’après des études – et vos propres oreilles, on constate que c’est l’instrument de musique dont le son se rapproche le plus de celui de la voix humaine. Les poétiques vous diront même qu’il permet de laisser chanter son âme…
Cet album est magnifique et mérite largement le 19/20 (j’aurai bien voulu mettre le 19,5 mais je ne peux pas ^^ : je ne mets pas 20 parce que je trouve Pandemonium et Toreador II mal placées), mais il est vrai que ce n’est pas le genre de CD que l’on va passer en boucle. Il est des choses qu’il vaut mieux se garder de consommer trop souvent, pour qu’elles conservent toute leur saveur.

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2ème chronique : Stabbing Westward – Darkest Days

November 4th, 2008 by vrael

J’étais assez étonné, quand j’ai voulu m’inscrire comme fan de SW, que le groupe ne fasse pas partie de l’encyclopédie de Spirit of Metal : Stabbing Westward, aux USA, a pourtant fait par-ci par-là quelques titres qui ont participé à des BO, comme The Thing I Hate qui fait l’intro du jeu de tir parodique Duke Nukem Time To Kill, ou Breathe You In qu’on peut entendre dans la série Smallville. Mais bon, on ne va pas en faire un fromage : il va falloir que je vous fasse connaître Stabbing Westward.

Pour commencer, je vais vous décrire leur style musical : à savoir qu’il a été formé en 1993, SW fait partie des premiers groupes d’Indus Metal des années 90, et il a subi les influences (ou peut-être même les a-t-il favorisées ?) des premiers groupes de Neo-Metal.
Mais SW, c’est un peu plus que ça. Dans Darkest Days, j’ai trois chansons à écarter au fait de leur style très particulier :
- Torn Apart, la 8ème chanson. Si l’on s’en tient au contexte (1996), on est en plein dans la montée des The Offspring et SW s’est un peu inspiré de leur style un peu punk-rock. La chanson amène de l’action à l’album, qui commence à perdre de son intérêt, et cet espèce de mélange punk-rock/neo-metal pas si mal venu.
- Drowning, la 10ème chanson. Elle fait presque tâche sur l’album, même si elle correspond tout à fait au titre et à la pochette de l’album, avec des sonorités très indus mais qui tournent à l’ambient. Ici, que de la voix aux paroles déprimantes, un synthé glauque et des bruits d’arrière fond vraiment flippants qui reproduisent l’idée d’un abysse très profond dans lequel on s’enfonce.
- When I’m Dead, 13ème track. Même si c’est très léger, j’y retrouve des connotations Death Metal des 80’s et j’ai trouvé ça bien foutu.

Sinon, en ce qui concerne les autres, ce qu’on peut dire c’est qu’à vouloir faire trop bien, on en fait trop. Seize chansons qui varient entre 4 et 6 minutes… eh ben, on ne peut pas toutes les réussir. C’est le cas de Everything I Touch, You Complete Me, Goodbye et On Your Way Down que j’ai trouvé décevantes et surtout inadaptées à l’album. Et oui : quand on voit Darkest Days, au premier abord, on s’attend à trouver du Dark, du Doom ou en tout cas quelque chose de sombre, mais ces chansons-là cassent tout. Il aurait plutôt fallu les retirer et créer un maxi CD pour les tasser autre part, ça aurait éviter les bavures.
A part ça, j’ai trouvé cet album excellent : existe-t-il un mélange réussi entre Indus et Neo Metal ? SW est la preuve que oui. On retrouve les deux influences : pour le Neo, des textes parfois très longs soit criés soit chuchotés. Anecdote ? Christopher Hall possède à 90% la même voix que Camillo Moreno des Deftones (quand ils chuchotent) et à 10% celle de Chester Charles Bennington de Linkin Park (quand ils braillent). Pour l’Indus, c’est pareil dans presque toutes les tracks : des sons au synthé qui reproduisent ceux d’appareils électroniques, ou une boîte rythmique (quand ce n’est pas la batterie) qui imite le bruit des machines qui travaillent, mais aussi les guitares aux sons saccadés et parfois très modulés (voir Haunting Me ou The Thing I Hate, les exemples parfaits). Chose particulière chez Stabbing Westward, on entend parfois la guitare basse même lors du refrain.

Cet album, aux USA en tout cas, avait eu son petit succès. En l’occurrence, le titre Haunting Me a engendré un single et bien sûr The Thing I Hate a intéressé les créateurs de Duke Nukem car, l’année de la sortie du CD et du jeu, elle a servi à faire l’intro (que personnellement je trouve ridicule, mais bon).
Une dernière chose, je trouve dommage que SW soit si peu connu alors que ce n’est pas un mauvais groupe. D’accord, ils ont un style commercial, mais il n’empêche qu’il mériterait plus d’attention de la part des Européens.

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1ère chronique: Schéol – 9 Secondes

November 4th, 2008 by vrael

La première chose à savoir de ce groupe parisien est qu’il privilégie les tracks instrumentales. Le véritable nom de leur style musical est ‘electro dark cold wave metal symphonique’, beaucoup de mots pour l’étrange phénomène qu’est le groupe Schéol.

Tout d’abord, retirons du lot les deux titres de l’album qui ne sont pas totalement instrumentales, à savoir 9 secondes et Poor oil on trouble water.
9 secondes est la ‘chanson’ d’intro de l’album, qui en dit long sur la pensée globale du groupe vis à vis du monde, vu par les yeux d’un ‘narrateur’ (le sample vocal n’est ni chanté, ni rappé ni même slammé) cynique et horripilant.
En résumé, le monde est foncièrement pourri et y donner la vie, c’est obliger les générations futures à subir la même chose. Dans ce titre, on retrouve l’aspect doom un peu maigre du groupe, dans les paroles (et les actes) de ce ‘narrateur’ immonde.
Ensuite, Poor oil on trouble water est du même genre, sauf que la voix libère un discours en anglais (dont je n’ai malheureusement pas réussi à obtenir les paroles). La musique en second plan est très sombre, traduite par un thème récurrent joué au piano, des sons de synthé très modulés qui reproduisent par le son l’image d’une onde sur un lac sale, accompagnée d’une boîte rythmique aux sonorités dures qui se répètent en écho dans les ténèbres.

Les autres tracks sont toutes entièrement instrumentales. Personnellement, mes deux préférés sont I’m stronger than you are (en Français : je suis plus fort que tu ne l’es) et The man with the hate on his back (l’homme avec la haine sur le dos). Ces tracks sont celles qui mettent le plus l’accent sur le style dark symphonique de Schéol.
Les deux vont instrumento et crescendo pour transmettre un son d’une puissance hallucinante à travers des guitares électriques ultra saturées, précédé d’un son de synthé particulièrement glauque et évoquant celui d’un orgue en indus, accompagné d’une batterie ‘libre’ (les snares du batteur son irréguliers et semblent improvisés), d’un peu de piano déprimant et d’une ligne de guitare répétitive lourde. Le mélange respire affreusement le désespoir face à une situation douloureuse. En l’occurrence, I’m stronger than you are exprime, même si la musique est adaptable à de nombreux scénarii tragiques, la vanité de la volonté de se battre contre quelque chose d’inexorable.
The man with the hate on his back : pour moi, c’est le chant de douleur d’un individu persécuté par l’intolérance et la haine. Et dans ces deux titres, comme chez les talentueux Apocalyptica, c’est l’instrument principal (ici la guitare) qui remplace le chant, ce qui rend le sentiment exprimé encore plus puissant.

Quant aux derniers titres, même s’ils ne sont pas négligeables, je ne les trouve pas particulièrement remarquables. Upstairs romance (« romance du haut des escaliers » donc à l’étage du dessus, mais l’expression est difficile à traduire en Français) reprend la critique de la ‘mauvaise sexualité’ annoncé par l’intro 9 secondes avec le son torturé que nous commençons à connaître de la guitare saturée à l’extrême, qui ressemble un peu à It’s love that won (c’est l’amour qui vainquit). Cette dernière a un début assez doux fait à la flûte de pan accompagnée de guitare tranquille et d’un peu trop de batterie. Mais il semblerait que l’amour ne vainquit pas sans y mettre un peu de violence : la deuxième partie du titre se remet à la guitare saturée. Lost est certainement la plus intéressante de ce lot, car elle commence fort pour ne pas s’arrêter, ce qui met un peu d’action dans l’album qui commence à s’essouffler après le paroxysme de l’album (I’m stronger than you are) qui est survenu trop tôt. Et, fait plutôt rare, on entend la basse qui accompagne la guitare. L’ultime track, You said… (Dis-tu, au passé simple) démarre avec un thème au synthé reprit en canon, accompagné d’une ligne de beats à la boîte rythmique, et lors de la deuxième partie nous avons un solo à la mandoline électrique qui produit un son magnifique car cristallin.

Pour ceux que ça intéresse, les albums de Schéol figurent sur le site de partage musical gratuit Jamendo, aux côtés de nombreux autres artistes méconnus qui, pourtant, mériteraient plus d’attention pour le talent qu’ils ont.

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November 4th, 2008 by vrael

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