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The Sound Of The Underground

Obtained Enslavement : Soulblight

May 16th, 2007 by admin

Obtained Enslavement : SoulblightDans l’univers du Black Metal, il y’a des Å“uvres dont la simple découverte bouleverse complètement notre imagination artistique et révèlent que le talent et l’inspiration d’un artiste peuvent dépasser largement les frontières étroites où notre esprit est naturellement enclin à enfermer les créations de l’Homme. C’est le cas d’un « Anthems to The Welkin at Dusk » diront certains, d’un « Enthrone Darkness Triumphant » diront d’autres, mais c’est aussi la catégorie d’albums où excelle Obtained Enslavement ! Et si vous ne connaissez pas encore les Å“uvres de ce groupe lancez-vous dans leur quête au lieu d’avancer des excuses, car ne pas connaître cette bande est une infraction cruellement punie par les dieux norvégiens.

Un an juste après la symphonie mélancolique “Witchcarft”, Obtained Enslavement nous revient avec une nouvelle réalisation “Soulblight” ! Difficile de présenter un digne successeur à “Witchcraft” dans une intervalle de temps aussi réduite dira-t-on, et ben détrompez-vous car chez un groupe qui possède un compositeur aussi inspiré que Heks dans ses rangs, l’exception devient la règle. Les norvégiens nous reviennent en effet avec un nouveau chef d’Å“uvre, prouvant qu’ils font tout simplement partie des formations les plus prestigieuses de l’histoire de l’art noir.

Petit changement au line up mais retenant surtout l’arrivé de Morigan d’Aeternus pour occuper le poste de claviériste mais pas de craintes car c’est toujours Heks – à la basse désormais – qui compose et arrange le tout.

Après l’intro “A Black Odyssey”, c’est “The Dark Night Of Souls” qui débarque. En parfaite harmonie avec son titre ce morceau nous entraîne dans une mélancolie noire relatée par des lignes de guitares et un piano bourrés de phrases mélodiques déchirantes et ô combien inspirées, Morigan assure à merveille l’interprétation de l’ouverture splendide au piano pour se contenter par la suite d’accompagner des guitares généreuses qui prennent le dessus au point de jouer par moment sur deux lignes mélodiques différentes mais complémentaires, se disputant ainsi la suprématie sur l’esprit d’un auditeur totalement perdu au milieu de ce royaume du désespoir.

Non contents d’avoir entamer la bataille avec un chef d’Å“uvre du Black Metal, les norvégiens hissent encore leur niveau d’un cran sur le morceau éponyme « Soulblight », une symphonie noire élégante que seules des groupes de la trempe d’Emperor peuvent égaler (sur un registre différent toutefois). Alternant accélérations et ralentissements de rythme, la batterie nous prend dans un voyage en compagnie des maîtres de la mélodie dans le monde de la mélancolie et de la misère noire où la beauté devient synonyme de douleur et de tristesse. Laissant le soin de l’introduction à des guitares terriblement désespérées, le piano jaillit à mi chemin comme une lumière et prend le dessus, une lueur d’espoir se profile alors dans l’horizon mais ce petit instant de répit n’est finalement qu’un moment de nostalgie pour des temps révolus que les guitares se chargent d’achever en compagnie d’une batterie qui ralentit progressivement son rythme formulant ainsi un désespoir total et un relâchement définitif…

Si le groupe norvégien tire essentiellement sa force de la qualité de ses compositions, il le doit également à une capacité peu commune à varier ces dernières, permettant de donner à chaque morceau une personnalité à part et contribuant à former un ensemble riche de sa diversité et intacte face aux aléas du temps. Preuve de ce constat, la 3ème Å’uvre intitulée « Nightbreed » où le groupe laisse souvent en arrière plan ses guitares époustouflantes, introduisant un clavier atmosphérique qui contribue énormément à l’aboutissement d’une Å“uvre frisant de par sa richesse, sa durée (8:03) et ses variations constantes un « mouvement » de concerto…

Bien que ne partageant guère les avis comparant la musique d’Obtained Enslavement à celle d’Emperor, je ne peux que valider ce constat s’agissant du riff d’entame de « Voice From A Starless Domain » que l’on croirait sorti directement d’un « Anthems to The Welkin At Dusk ». Durant les 2 premières minutes, le groupe alterne ce riff plein d’énergie avec un riff doux mémorable qui occupe quasiment la place d’un refrain, avant d’engager un processus de variations où les mélodies sombres se succèdent et s’arrachent la suprématie sans qu’aucune d’entre elles n’y parvient tant la qualité de l’ensemble est parfaite, laissant ainsi le soin de la conclusion au fameux refrain qui demeure, de par son contraste avec le reste, le moment le plus interpellant de ce 4ème morceau.

The Goddessi Lake constitue un moment de répit de par son ton apaisé, ce 5ème morceau intervient au bon moment et se démarque visiblement du reste, ici le groupe joue essentiellement sur des arpèges à la guitare électrique et démontre qu’il peut se passer de son instrument favori – le Piano – sans faire de concession quant à la qualité des compositions. Entre regrets, remords et nostalgie, The Goddessi Lake oscille, nous plongeant dans un des moments les plus touchants de cette Å“uvre.

Charge démarre avec un riff que l’on ressent justement comme une charge puisque moins inspiré que le reste et trop répétitif, mais ce n’est que partie remise puisque la suite nous réserve une touche mélodique qui nous rappelle enfin la présence de Morigan, car c’est du Aeternus de la grande époque « …And so The Night Became » que l’on croirait entendre à ce moment là. Ce morceau demeure toutefois le moins inspiré de l’album.

Un album indispensable donc, et si ma chronique n’a pas suffit de vous en convaincre, j’ajouterai alors que Soulblight est pour le Black Metal, ce qu’était Calypso pour Zeus.

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