Après “Cult” qui nous a révélé ce que Apocalyptica est capable de proposer loin des reprises auxquelles le groupe nous a habitué à ses débuts, l’attente des fans est devenue grandissante. La réponse de Eicca Toppinen et consorts a donc pour nom “Reflections“.
Sur ce nouvel album les finlandais se reposent sur les bases d’un style qu’ils ont déjà jetées lors de leur précédente sortie, corrigent les quelques anomalies qu’on a pu constater au niveau de “Cult” (Arrangement approximatif et passage parfois inutiles) et embauchent un batteur pour donner plus de rythme à l’ensemble. Les ingrédients sont donc là mais le pari est risqué car quand le choix de la continuité est privilégié aux soucis de l’évolution tout se joue sur le niveau d’inspiration du moment. Heureusement, Toppinen est un flot qui coule encore, il déborde d’une générosité musicale qui emporte sur son chemin l’âme de son auditeur, reléguant au second plan les exigences techniques et révélant au grand jour une sensibilité artistique de toute beauté.
“Prologue (Apprehension)” est un morceau prenant avec son refrain nostalgique teinté de regrets, “No Education” plus classique dans le registre du groupe se contente de consolider les acquis, “Faraway” romantique à souhait, nous propose un mariage passionné entre violoncelles et piano, “Somewhere Around Nothing” se distingue pas son riff introductif imposant mais semble moins armé pour résister aux aléas du temps, “Drive” est une réussite, grâce à sa grande variété et à ses tournures multiples, il s’apparente à un conte de fée passionant. Cohkka et le jumeau de Coma (Cult), monotone, lent, ennuyeux et répétitif, au point de s’en passer à chaque écoute. Conclusion, dont le titre n’est pas choisi au hasard se charge de clore la première partie de Reflections, original, calme et inspiré clairement de la musique de chambre.
Resurrection entame à merveille la 2ème partie de l’album et en dessine déjà quelques traits, dont le principal reste cette touche espano-orientale dont Toppinen a le secret et ce n’est pas Heat qui va contredire ce constat, conçu autour d’un riff trash épique, il repose sur une interprétation plus libre du soliste mais dans la même ligné que son prédecesseur, ce morceau demeure toutefois pénalisé pas la présence de Cortège tout juste après, un des meilleurs morceau de l’album, avec notamment cette mélodies très inspirée qui intervient en ouverture puis à la fin dans une atmosphère majestueuse. Pandemonium nous propose une démonstration technique de grande qualité, tandis que Toreader II, le digne successeur de Toreader (Inquisition Symphony), complète le dessin de cette 2ème partie de la plus belle manière.
A la manière de conclusion, Epilogue [Relief] annonce la cloture de cette oeuvre dans une ambiance mélancolique…
Reflections est un album réussit mais un peu répétitif et donc à consommer avec modération.