chroniques et interviews metal
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6908Step In Fluid + Gold @ Poitiers 2019

posted by alonewithl on septembre 27th, 2019

Step In Fluid + Gold @ Poitiers (86) – Confort Moderne
(20 Septembre 2019)
Ouverture à partir de 21:00 heures.

Depuis combien de temps je n’ai pas mis les pieds au Confort Moderne? Oui, cette salle que l’on considère, en capacité du moins, comme la plus importante à Poitiers pour toutes les représentations rock ou musiques alternatives à Patrick Bruel a bien changé depuis ses travaux. Depuis 2013 et le passage de “Sepultura” mes basques n’ont même pas foulé l’endroit, maintenant aux faux airs de friche industrielle à dominance “tôle et verre”. La raison de ma venue n’est autre que le concert de “Step In Fluid” formation de Harun Demiraslan, figure bien connue de la scène metal poitevine, notamment à travers sa formation “Trepalium”. L’événement de ce soir a son importance car c’est la première fois en 8 ans que “Step In Fluid” remonte sur scène. Et la formation ne compte pas le refaire de si tôt. Cette date unique n’a en fait pour but d’accueillir la sortie de leur second album “Back in Business”. Bien sûr ils ne sont pas venus seuls; Le groupe de dark rock néerlandais “Gold” s’invite en première partie.

GOLD

Je vois tout de suite venir les blagueurs demander comment ont été les interprétations de “Capitaine abandonné” ou “Ville de lumière”. Vous avez bien compris qu’il ne s’agit pas là du groupe de rock français des années 80, et je ne suis pas sûr que les néerlandais présents aient eu vent ou ait connu le moindre titre de ce vieux groupe faisant aujourd’hui le bonheur des karaokés. En fait ce “Gold” bien actuel est à l’opposé du “Gold” ancien, loin du kitch à paillettes, de l’émotivité et même de la gaiété. Ayant d’ailleurs passé récemment dans la Valley du Hellfest, le groupe originaire de Rotterdam a néanmoins de la bouteille, et compte à ce jour 4 albums d’une musique singulière, située entre dark rock, post punk et post black. C’est ce que nous entendrons durant le show, où il sera difficile de distinguer un genre clairement dominant suivant les différents titres qui s’écoulent. “Gold” est stoïque sur scène. Dans une atmosphère de pénombre pénétré par des flashs, les pieds sont enracinés au sol, et seule la tête ne brasse sur les passages les plus énervés et martelés, période où se dégage le plus cette fibre post black, qui elle est totalement ignorée par la chanteuse moins immobile, mais tel un pantin actionné par un maître invisible. Parée d’un lourd manteau, presque une charge contre elle, qu’elle se débarasse selon les différents morceaux du set. Son chant est doux, froid, glacial même, totalement désenvouté, allant de pair avec l’apport implacable et sévère des différents instruments. Tout ça ne respire pas la joie et la gaiété donc. Ce manque d’empathie affiché agit comme une résonnance du monde moderne auquel on se trouve, d’une ville de lumière, lumineuse et en même temps si sombre.

Set-List:
1. Wide-Eyed / 2. He Is Not / 3. Things I Wish I Never Knew / 4. Summer Thunder / 5. Old Habits / 6. I Do My Own Stunts / 7. Taken by Storm / 8. Please Tell Me You’re Not the Future / 8. You Too Must Die / 9. ODIR / 10. Till Death Do Us Part / 11. Mounting into Bitterness

STEP IN FLUID

Choix quelque peu surprenant que celui d’associer “Gold” à “Step In Fluid” tellement le mécanisme rigoriste des hollandais se distance de l’extrême mélodicité des poitevins. Il est probable d’ailleurs qu’ils se soient rencontrés au Hellfest, puisque deux membres de la super-formation de Poitiers s’y sont produits cette année. Ah oui! Pour ceux qui ne connaitraient pas encore “Step In Fluid”, c’est en effet une super-formation instrumentlale à l’initiative de Harun Demiraslan, guitariste de “Trepalium”, dont est venu s’associer Aldrick Guadagnino, guitariste de “Klone”, Stéphane Dupe à la basse, Florent Marcadet, batteur de “Hacride” et de “Carpenter Brut”, ainsi que de Gérald Villain aux claviers, qui a rejoint la formation plus récemment. Je les revois donc 8 ans au même endroit lors de leur précédent concert, quand ils avaient été programmés avec “Hacride”. La salle était comble et ne comptait pas que des affinités de la formation, mais aussi des fans et beaucoup de curieux qui n’hésitaient pas à encourager le groupe, à donner de la voix. Pas de grande surprise musicale pour ceux qui connaissent déjà, on reste dans une fibre tantôt jazzy tantôt bien groovy, rappelant même parfois par bribes des parties instrumentales de “Trepalium”. ça fuse du moins, on y voit du plaisir de jouer sur scène, et le public est admiratif des compositions mélodiques qui n’offrent peu de temps mort, tout au plus le temps de s’accorder, de souffler et de souhaiter l’anniversaire d’Aldrick, assez timide sur son côté droit, mais bien présent dans l’articulation musicale, jouant les rivalités avec la guitare de Harun, l’hommes au bérêt. Un concert qui a connu un succès certain. Il fallait les voir ensuite pris d’assault au petit stand de merch. Ils devaient se dire chacun dans leur tête par autopersuasion: “on est pas fatigués”.

Set-List:
1. Streets of San Francisco / 2. Booty Shake / 3. The Funk Bot Dance / 4. The Stranger / 5. Vicious Connection / 6. Westside Step / 7. Beat Hunter / 8. The Bridge / 9. Smooth / 10. As We Dance / 11. One Step Beyond / 12. Sex à Pile

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6896Ensiferum + Guests @ Limoges 2018

posted by alonewithl on mai 25th, 2018

Ensiferum + Guests

Ensiferum + Ex Deo + Wind Rose @ Limoges (87) – Centre Culturel John Lennon
(20 Avril 2018)
Ouverture à partir de 19:30 heures.

La formation finlandaise “Ensiferum” revenait une autre fois dans le secteur en l’espace de quelques années. Après son passage à La Nef d’Angoulême , c’était au tour du centre culturel John Lennon de Limoges de les accueillir, deux fois, en 2015, puis cette année en 2018. Beaucoup de monde était à les attendre, même si cela m’a paru plus modeste qu’à mes attentes pour ce genre de groupe metal qui bénéficie d’une côte assez grande, surtout chez les jeunes générations. Toute cette vague “folk power” s’estompe doucement, mais surement depuis presque deux-trois années. Certains iront pourtant encore se presser pour être présents à leur séance signatures juste avant le show prévu pour “Ex Deo”. Oui, assez curieusement le public semble ne pas s’attacher beaucoup aux deux autres groupes qui précèdent cette vedette, pourtant “Ex Deo” avait encore privilégié d’un certain prestige il y a peu. Le nouveau venu en première partie aurait même tendance à lui voler l’estime. Ceux qui parlent de ce nouveau venu vante beaucoup ses qualités. Ce sera l’occasion ainsi de revoir “Ensiferum” mais également de jauger la valeur live des deux autres formations présentes ce soir.

. WIND ROSE

Cette formation italienne si vertueuse aux dires de certains spectateurs manquait d’une vraie description musicale pour se faire une idée précise. On peinait à l’évidence à traduire sa musique. Le live offre l’occasion de s’en donner une idée éclairée et on découvre en fait un groupe poussant loin dans l’imitation d’un “Ensiferum” des deux premiers albums, là où on pouvait parler alors de “power extrême”, qui aura permis d’accoucher plus tard de “Wintersun” avec le départ de Jari Mäenpää. L’assemblage proposé par “Wind Rose” emprunte toutefois naturellement quelques formes mélodiques toutes italiennes caractéristiques d’une scène mélo/sympho transalpine déjà bien renommée. Les cuirasses et tenues de peau sont elles bien issues de la scène folk/pagan. On pouvait voir le chanteur se dandiner à gauche à droite de manière pataude dans sa tenue imposante, ce qui semblait être sa marque de fabrique. Ceux qui voulaient entendre du bon folk power ont néanmoins été servis. Ce n’était pour autant pas si transcendant que je l’aurais cru au gré de ce qui a été rapporté. Il s’agit plus à mes yeux d’une perpétuation toute fraîche et sympathique qu’un véritable renouvellement d’un style qui en aurait bien besoin.

. EX DEO

Très étrange accueil pour “Ex Deo”, trop timorée même compte tenu de la formation en présence. En effet, beaucoup connaissent cette formation de death mélodique canadienne basée sur le thème de l’Empire Romain. Aussi parce que les membres en question figurent au sein du groupe phare de death metal “Kataklysm”. Un semblant de décorum antique était posé. On ressentait dès le début une pression épique écrasante. Maurizio Iacono, au chant, se présente bien en avant tel un centurion parée d’une épaisse cuirasse de cuire. L’énorme prestance scénique du chanteur, toute en majesté et en virilité cachait une prestation musicale dans l’ensemble un peu fade, statique, dont on percevait difficilement les articulations, relativisé néanmoins par quelques morceaux réellement transcendants notamment plus issus de leur premier album, “Romulus” entre autres, en cloture, qui n’a cependant pas fait tiquer le public, mais aussi le titre phare du second album, “I, Caligula”. C’est en grande partie regrettable au vue de la sympathie dégagée entre les morceaux, notamment lorsque le chanteur s’adresse, visiblement ravi, dans son langage québécois à la foule. J’avoue là une légère déception qui semble accompagner les critiques sur leur dernier album, qui avait pourtant privilégié d’un concept dont on aurait pu tirer un très grand potentiel. C’est aussi l’idée que je me suis fait de ce concert.

Set-List:
1. The Rise of Hannibal / 2. I, Caligula / 3. Pollice Verso / 4. Intermezzo / 5. Cato Major / 6. Ad Victoriam / 7. The Final War / 8. The Roman / 9. Romulus

. ENSIFERUM

On finit par ce qui devait être le plus léger et mélodieux sur le papier. J’avais déjà croisé “Ensiferum” lors de la tournée “Unsung Heroes”. Il y a eu aussi leur passage remarqué au Motocultor où ils s’étaient présentés sans tenues adaptées et avec le minimum de décorum, suite à une sombre affaire de vol pour une prestation tout juste correcte, assez peu chatoyante. Revenu de premiers souvenirs sympathiques et après quelques changements de line up du côté des claviéristes et deux albums nuancés plus tard, “Ensiferum” revient dans le Centre-Ouest de la France avec une formule sans claviériste et sans accordéoniste. Les membres ont semble t-il maigri et gommé leur embonpoint visible il y a quelques années. Du moins ce regain de vitalité s’est immédiatement ressenti sur scène. ca bougeait plutôt pas mal, surtout chez Sami, le bassiste. De plus la musique en elle même était méconnaissable pour ceux qui étaient habitués à les suivre, tellement on y ressentait un renfort thrashisant qui n’avait jamais figuré au préalable. Cela ne peut pas être seulement du à la celle absence de claviériste ou d’accordéon. Il y avait un vrai renfort d’énergie. Ainsi “One More Magic Potion” paraissait complètement modifié. Exit la similarité à “Finntroll” et le côte bon enfant sur ce morceau, pour une démarche nerveuse et prédatrice. Petri Lindroos, au front, excellait en rapidité et en doigté. On pouvait cette fois admirer son jeu vif et remarquable, car il s’apercevait bien que l’on fixait ses mains aussi à cause de la proximité des spectateurs situés très à proximité. C’est ainsi que l’on aura remarqué un solo manqué brièvement sur “Stone Cold Metal” et sa grimace à ce moment. J’ai été heureux de voir que certains enfin réagissaient et accompagnaient au chant “Victory Song”, même s’il y avait toujours des trends dans le public à réclamer en fin de set cette chanson alors qu’elle venait d’être jouée. En bref, un concert saisissant et déstabilisant des finlandais. Sans nul doute le meilleur qu’ils ont eu à offrir en ma présence, laissant même des perspectives intéressantes et une évolution probable pour la suite alors que le groupe faisant en albums du surplace depuis quelques années. Wait and see!

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6863Zemial + Guests @ Saintes 2018

posted by alonewithl on mai 10th, 2018

Zemial + Guests

Zemial + Silver Machine + Rotten @ Saintes (17) – Chapelle Chavagne
(13 Avril 2018)
Ouverture à partir de 21:00 heures.

Cette soirée est quelque part un peu spécifique. Tout d’abord, il s’agit de mon premier passage à la Chapelle Chavagne, en fait une chapelle désacralisée juxtaposée à la basilique Saint-Eutrope, lieu se trouvant à proximité des arènes de Saintes et particulièrement difficile à localiser. Après avoir maintes fois tourné pour trouver à me garer, il a fallu chercher la chapelle en question. Il faisait beau au départ, mais la pluie s’est rapidement invitée. Et il n’y avait pas vraiment d’abri où s’abriter hormis la chapelle et des toilettes situées à côté. Ce n’est qu’un petit inconvénient passager quand on sait qu’un groupe grec comme “Zemial” vient dans cette petite ville accompagné de deux groupes, eux très locaux.

. ROTTEN

“Rotten” refait son apparition après leur passage à Poitiers au Cluricaume. La bière mis a disposition a rapidement été sifflée. Quoi d’étonnant quand on connait le chanteur Ben qui officie également chez “Bottle Doom Lazy Band” et dont on connait certains secrets. Il était en pleine forme ce soir là, et cela se ressentait aussi bien scéniquement que vocalement, même si la voix manquait un peu de puissance. Mais c’est une faiblesse d’origine technique qui sera récurrent pour les différents groupes, aussi parce que le son des instruments y est très perceptible, et que cela doit en grande partie à l’excellence du son que confie la salle. La basse semblait d’ailleurs tellement présente que leur death lourd et putride prenait parfois quelques proportions doom alors que ça n’avait pas été le cas lors de leur concert précédent de Poitiers. Un rapide petit accident à cette très bonne prestation fut à signaler; un des spectateurs pour une raison inconnue, s’est littéralement écroulé sur le porte partitions du guitariste, alors que le public s’était montré plutôt studieux à ce moment précis. Mais tout ce monde s’agitera enfin par la suite une fois la scène bien échauffée et atteindra un paroxysme tout en chaleur et en graisse lors du dernier tiers de set.

. SILVER MACHINE

On reste toujours dans le metal extrême, bien que pourtant “Silver Machine” ce soit distingué dans le heavy metal. La formule parait avoir changé depuis peu. Ainsi on avait assisté à un concert de heavy black lors de leur précédent passage à Angoulême en compagnie de “Stonewitch”. C’est encore une fois la même chose pour ce soir, y compris le même set. Les lumières se font moins présentes au contraire du concert de “Rotten” qui avait privilégié d’une luminosité optimale. Du coup le groupe était dans la semi-obscurité et se présente d’ailleurs de manière statique en ligne de front. La grande qualité son que confère l’endroit a beaucoup bénéficié à “Silver Machine”. Leurs nouvelles compositions paraissaient ici infiniment plus subtiles que lors de leur passage au Showcase, hormis de nouveau le chant qui manquait de volume. Tout était en parfaite perspective, et on arrivait parfaitement à distinguer les différents morceaux et intervenants. En cela, “Silver Machine” apparaissait plus convaincant encore dans sa nouvelle formule.

. ZEMIAL

Les balances ont semblé très longues. Autant le bassiste et le guitaristes n’ont pris qu’assez peu de préparation, juste le temps de deux-trois réglages et pour que le bassiste enfile une spacieuse tenue à capuche avec multiples symboles ésotériques, autant le batteur faisait preuve d’extrêmement de minuties dans sa préparation. Quoi de plus normal aussi lorsque l’on est la vedette du trio sur scène. “Zemial” est en effet son projet, lui qui s’est fait connaître dans la formation de son frère “Agatus” ou au sein d’autres groupes de black metal grec. Au contraire d’un black metal classique, le groupe de Vorskaath donc, se reconnait par ses touches thrash et ses dimensions progressive et épique, qui en fait un projet tout particulier. Nous aurons ainsi l’occasion de nous en rendre compte ce soir. Tout d’abord le guitariste dont la préparation semblait hâtive fait une grosse impression par sa totale maîtrise et son jeu tout en dextérité et en complexité, multipliant les effets pour passer efficacement coup sur coup d’une ambiance black thrash avec quelques accents de “Celtic Frost” à un black progressif évasif et contemplatif. Bien sûr, le batteur également au chant et aux claviers figure en principal bâtisseur. Son perfectionnisme transpose littéralement sur cette scène et le set puise dans une large partie de la discographie de “Zemial”, surtout chez “In Monumentum” et “Nykta”. On peut retenir ce concert sur le plan qualitatif parmi l’un des meilleurs qu’a eu à organiser Anthems Of Steel. L’endroit privilégie d’une qualité acoustique rare et a servi de contenu idéal à une prestation hors norme, tellement impressionnante que le public était littéralement bouche bée.

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