chroniques et interviews metal
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6456Stonewitch : The Cross of Doom

posted by alonewithl on juillet 2nd, 2017

Stonewitch : The Cross of DoomDes ruines d’”Acarus“, “Stonewitch” est né, mais “Stonewitch” demande à grandir. La formation de heavy doom charentais produit assez rapidement une première démo (“The Godlesss“) disponible sur support k7, histoire d’avoir une base studio de départ pour notamment disposer de dates de shows. La troupe prend confiance en elle et souhaite rapidement passer à l’étape d’au dessus qui est d’enregistrer un album. Le projet est réalisé fin 2015 au Caveau, studio à l’origine notamment de productions de “Manzer“, de “Hexecutor” et de “Norman Shores“. L’ouvrage dessine les contours d’une musique enracinée dans les bases historiques du doom metal. Il reste encore à sublimer cet héritage. “The Cross of Doom” est là comme une pierre funèbre dressée marquant une nouvelle vie, une seconde jeunesse qui demande à s’exprimer et exige maturité. Comme un vin en somme.

L’ouvrage, même pour un album de doom est assez court et compte 6 morceaux, ce qui est en revanche plus coutumier. On commence donc la lecture avec “EerieValley of the Crimson Planet”, distinctif par à jeu par à coups et une légère fibre stoner à l’américaine. Tout cela repose sur une ambiance toute tempérée. Le chant de Serge s’accommode plutôt bien avec la musique, mais il semble ne pas porter suffisamment. A l’évidence, il n’a pas été très bien servi à la production. Pour apercevoir une matière plus ténébreuse, il faut aller du côté d’”Unearthed”, certes classique, mais accommoder d’à coups plus secs dans un soucis de rendu absolument mélancolique. De plus le jeu guitaristique se révèle élaboré. Les guitares sont à leur aise dans ce volume. Ils ont font une assez savoureuse illustration sur le long titre éponyme, entre arpèges froids et long soli. Néanmoins, ce morceau se confond quelque peu dans sa sobriété et son classicisme. Il donne une sensation étirée et laisse ainsi entrevoir quelques longueurs.

Quand on évoque justement le classicisme dans le doom metal, on se réfère automatiquement à la base, à ce qui identifie le plus le genre, et donc à des sommités telles que “Black Sabbath” et “Pentagram“. On retrouve un peu de “Black Sabbath” chez “Stonewitch“, bien que cette influence parait brouillée par le chant en mode ricain de Serge. S’il faut voir une influence majeure, et là parfaitement décelable chez eux, il faut se référer à “Pentagram“, dont ils épousent aussi les quelques contours stoner de leur carrière plus récente. Nous en avons un parfait exemple avec “Beyond the Sharp Vine” à l’entame bluesy et offrant une partie instrumentale intéressante. Le rapprochement à “Pentagram” se vérifie surtout par la reprise de l’emblématique “Sign of the Wolf”, tout à fait potable, mais n’égalant toutefois pas l’originale. “Stonewitch” se montre cependant plus déterminant sur son morceau phare “Holy Smoke”, valorisant l’entrain et les changements de rythme. Un de ceux que l’on aimerait retrouver plus souvent dans la jeune carrière du groupe angoumoisin.

Bien que “Stonewitch” ait au préalable sorti une première démo, c’est vraiment à partir de cet album que tout semble débuter pour la formation. On en décèle l’esprit, les influences, mais également ses qualités et ses défauts. “Stonewitch” maintient une sorte d’équilibre pour l’instant malgré quelques fragilités liées à une production sapant le chant, que l’on voudrait plus puissant à l’écoute, mais encore à une composition qui mériterait davantage d’excentricité et de recul par rapport à des influences parfois trop évidentes. Surtout que le niveau technique est bien présent et pourrait s’exprimer pleinement sans pour autant corrompre l’ambiance ou la cohésion. En cela, on devine un départ à tâtons, presque hésitant alors que les membres ne souffrent aucunement d’un manque de dextérité. Au su du réel potentiel de “Stonewitch” ce premier album correctement tenu, que l’on pourrait juger un peu trop court, laisse un soupçon d’amertume, mais laisse aussi entrevoir la possibilité de compositions plus addictives et façonnées à la hauteur des grands groupe de doom metal français.

13/20

No Comments | Categorized: Doom Metal

6378Toter Fisch : Yemaya

posted by alonewithl on juin 20th, 2017

Toter Fisch : YemayaLe viking metal ou le pirate metal ne sont pas des styles à proprement dit, mais des thématiques. Le viking metal n’est autre que le pagan metal instauré par “Bathory” développant une thématique viking. En fait le terme “viking” perd toute son essence quand est développé des thématiques celtes ou autres dans le même style inauguré par Quorthon. A propos du pirate metal, il y a une différence musicale évidente entre “Alestorm“, “Running Wild“, “Zed Yago” ou “Toter Fisch“. Comment ça, vous ne connaissez pas encore “Toter Fisch“? Je suppose que ça va venir. Le point d’attache de ces pirates se situe loin de la mer, à Tours plus précisément. Ils ont pu gagner leurs premiers galons avec deux premiers Eps et quelques shows, dont un en ouverture de l’édition 2017 du Cernunnos Pagan Fest, qui semble avoir été remarqué. La sortie de leur premier album “Yemaya” s’est suivi peu après et témoigne du potentiel et des capacités de ce groupe qui propose autre chose qu’un simple suivisme d’une vague “Alestorm” de plus en plus décevante et déconcertante (bien que l’”Alestorm” 2017 remette les pendules à l’heure à mon sens). Disons qu’à la découverte de ce “Yemaya” on s’imagine un Henri Sorvali en Barbe Noire.

Sans étonnement, c’est la mer qui se manifeste sur le prologue. Un fond épique très lointain nous arrive de plus en plus fort, comme un navire s’approchant du rivage. Quelques percussions et des sonorités assez propres à “Equilibrium” nous parviennent, et ce n’est pas tout. Arrivent ensuite de fortes secousses rythmiques et une brusque accélération pour faire le pont avec le titre suivant “Rise of the Black Flag”. Celui-là impose un black folklorique non dénué d’une forte proportion épique. Nous nous situons alors quelque part entre “Finntroll” et les débuts marquants d’”Alestorm“, quand ces derniers faisaient encore quelque chose en prise avec la guerre en mer. Le chant hurlé de Horgoth est très performant, mais plus complaisant. On passe par différentes étapes sans manquer des passages des plus malsains en complète contradiction avec ceux davantage emmenés par l’accordéon. Le titre termine d’ailleurs dans une sorte d’apothéose.

“The Undead Crew” figure dans les morceaux les plus brumeux et les plus emmenés. Intimidant dans son rythme par à coups et dans la profusion de basse. On en vient peu avant le milieu à une violente charge tout en grâce à la manière d’un “Dmmu Borgir“, en décalage avec l’air pataud que l’on percevait en prime abord. “Toter Fisch” se permet même de produire un death black en fin jusqu’à ce que l’on perçoive ensuite le bruit de la houle. Ce côté pataud que l’on retrouve assez aisément dans le folk et le pagan est très présent sur “Another Sunset”. Le titre est charmant et on retrouve encore un penchant affirmé pour “Finntroll“, notamment dans ce mélange atypique d’obscurité et d’espièglerie. Néanmoins, si “Toter Fisch” puise du côté des finlandais, il le fait sur les albums récents. Ceux qui révèlent un “Finntroll” beaucoup plus ombrageux et torturé. C’est ainsi que l’on interprète le morceau “The Legend”, néanmoins très mélodieux avec les claviers et l’accordéon en figures de proue.

“Mami Wata” se montre aussi très finntrollien à l’entame dans sa nonchalance et ses soubresauts. Le titre se révèle plus riche et nerveux qu’espéré, avec parfois des passages très violents et le chant féminin de Jenni (ex-vocaliste de “Noein“) en guest, histoire d’y amener de la tension. On est pas au bout de nos surprises quand on découvre notamment “Maelstrum” qui délivre rugosité, raideur et quelques éléments death metal. Inversement à cette masse volumineux bâtie dans le granite, “Toter Fisch” développe un autre genre dans l’interlude “Cursed”, incluant une dose atmosphérique à l’ancienne, précédent d’une charge curieusement ponctuée de pig squeals. Des vieux airs atmosphériques tirés des années 90 refont surface dans l’introduction du sobre mais quelque peu transparent “Waiting for the End”. ll y règne malgré sa nature tempérée une certaine pesanteur funèbre, diluée par l’accordéon.

Et la mer dans tout ça. On perçoit l’écoulement des eaux par endroits, l’accordéon joue un élément traditionnel et essentiel pour s’accrocher à l’époque et à l’épopée des pirates du 16ème au 18ème siècle, mais est-ce tout ce que “Toter Fisch” est capable de faire pour explorer ce milieu? l y a bien ce doux fracas de la marée sur les rochers à travers l’épilogue dont l’atmosphère et la musique sont toutes apaisantes. Peut être ressenti d’ailleurs un aspect ascensionnel sinon harmonieux, tranchant avec la noirceur de la majorité des morceaux du volume. Mais qui dit “pirate” dit naturellement “taverne”. Il en faut pas plus pour se jeter sur l’entreprenant et conquérant “Back to Nassau”. Un titre donnant la trique alimentant un rythme généralement élevé. Ce qui peut paraître curieux quand on s’attend à une chanson grivoise. La houle produit par la mer fait association avec l’esprit de taverne pour un “Dancing in the Fog” de nouveau très épris par “Finntroll” et l’un des rares à être repris cette fois en chœur.

Toter Fisch” a beau (chercher à ) ressembler aujourd’hui aux prémices d’”Alestorm“. Il y a erreur sur la marchandise. Point d’esprit parodique ou de keytar à l’horizon. Et ce serait tant mieux. La piraterie ne doit pas être limitée qu’à la caricature. Mais de manière étrange, “Toter Fisch” puise ses mélodies du côté de la Baltique. Tout cela s’ajoute à une forte emprise souterraine black metal qui est loin d’être indigeste lorsque celle-ci part en trombe et se complète à un chant rageur. On le comprend ainsi, “Yemaya“, c’est autre chose qu’un simple opus de pirate metal profitant de la vogue pour “Pirates des Caraïbes”. Les tourangeaux ont rapidement mis à profit divers ingrédients pour réaliser un black folklorique assez unique, malgré quelques évidences musicales. Machiavélique sur support audio et festif sur scène. Cela peut être la clef de leur très probable futur succès. Une clef qui ouvrira un fabuleux trésor.

15/20

6376Anthems Of Steel Fest – Warm Up 2017

posted by alonewithl on juin 16th, 2017

Anthems Of Steel Fest – Warm Up 2017

Anthems Of Steel Fest – Warm Up @ Bressuire (79) – Salle Emeraude
(05 Mai 2017)
Ouverture à partir de 21:00 heures.

Vendredi 05 Mai

La grande revue et le rendez-vous des aficionados du metal underground en terre poitevine est de nouveau une réalité avec la troisième édition d’Anthems Of Steel. Proposant chaque année courant mai une affiche séduisante et écliptique, avec quelques grands noms oubliés ou des formations en passe d’accéder aux sommets, n’oubliant d’ailleurs ni la scène locale ni quelques perles venues de l’étranger. Et comme à chaque fois des concerts gratuits précédent en Salle Emeraude l’événement du Samedi. On annonce pour le vendredi 3 groupes : un local, un étranger et une référence française. Le monde présent laisse entrevoir le succès du festival, C’était vraiment la première fois que l’on trouvait présent autant de monde pour un warm-up. Ça induira en fait en erreur pour ce qui va être du lendemain ou la foule arrivera en fait plus clairsemée.

. STONEWITCH

Il s’agit là d’un groupe plusieurs fois vu et revu, dont j’ai déjà écrit quelques impressions sur scène. Toutefois, l’insistance pourrait se justifier sachant que l’on est en présence d’un des groupes les plus prometteurs du circuit picto-charentais. Pour ceux qui ne connaîtreraient pas encore, « Stonewitch », c’est du doom metal à mi-chemin entre « Black Sabbath » et « Pentagram » pratiqué par des musiciens chevronnés ayant déjà traînés leurs godillots sur différentes scènes, soit auprès d’ « Acarus », de « Manzer » ou d’autres encore. Un petit changement de line-up a eu lieu entre-temps et mérite d’être signalé. Le bassiste Joss a quitté la bande augoumoisine et a été remplacé par Flo du groupe de post-punk « The Last Oath », un fin et jeune amateur de metal à l’ancienne. Il se sera régalé durant le show, multipliant les poses, au point même d’amener une dose d’excentricité à ce groupe de heavy doom. Sinon, le concert donné se situait dans la norme de ce qu’ils ont offert jusqu’à présent, toujours sous influence « Pentagram » .

. EXTIRPATION

Après la valeur locale on s’envole de l’autre côté des Alpes rejoindre les ritals d’ « Extirpation ». Le jeune groupe avait joué la veille aux côtés de « Manzer » dans le bar du Zinc de Poitiers. Cette formation de thrash black passe pour être complètement méconnu, elle a pourtant édité deux albums. Cette anonymat est complètement immérité si on s’en tient au très haut niveau de la prestation. Leur thrash black tire très fortement chez « Venom », mais les transalpins exercent une surenchère de mélodies à grande vitesse associée à une malsanité assez inédite. L’exceptionnelle valeur technique sous une couche suie impressionne immédiatement le public, qui réagi en conséquence. Les coups commencent à pleuvoir sous l’excitation. Seul bémol, à mon humble avis, le chant quelque peu indigeste, mais néanmoins dans la fibre de cette gesticulation diabolique et crasseuse. « Extirpation » a été sans conteste un des passages les plus mémorables de ces deux journées programmées.

Set-List:
1. Wings of Decadence / 2. Daily Struggle / 3. Thrash the Enemy / 4. Sick Life / 5. Eternal Moments / 6. Desires of Dust / 7. Consumed System / 8. Fall in the Dark / 9. Controlled by Rage / 10. Oath of the Death / 11. Dawn of Ignorance /12. Whiskey

. SANCTUAIRE

La scène grenobloise est en pleine ébullition, elle bout . La Salle Emeraude a déjà acueilli plusieurs de ces formations : « Lonewolf », « Elvenstorm », « Electric Shock ». Et là nous avons en tête de soirée la formation de heavy en français « Sanctuaire », inspiré du heavy français des années 80 et du groupe « Malédiction ». Florent, celui qui est à l’origine de cette formation et figurant ici à la basse et au chant, ne nous est pas inconnu non-plus. Il a joué l’an dernier aux côtés d’« Elvenstorm » et a été longtemps un des piliers de « Necrowretch ». Il est inutile de cacher que le groupe était très attendu. On assiste pourtant à un départ assez difficile. Et le fait de n’avoir qu’une guitare en plus de la basse et de la batterie se fait durement ressentir. Il y aurait comme un manque. ça a tendance même à paraître rugueux et quelque peu redondant. Néanmoins, le trio s’en sort beaucoup mieux à mi-chemin dès que vient “Sentence” et “La Chambre Ardente”.

Set-List:
1. Intro/The Church / 2. Une Messe pour l’Enfer / 3. Sainte Mort / 4. L’Emmurée Vivante / 5. Sentence / 6. La Chambre Ardente / 7. Les Visages de la Peur / 8. Orage de Cuir / L’Ange au Regard Noir

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