chroniques et interviews metal
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6658Alestorm : No Grave but the Sea

posted by alonewithl on janvier 10th, 2018

Stonewitch : The Cross of DoomEntre “Alestorm” et moi, on est passé de la simple entente au désamour complet. La tournure débilissime prise depuis quelques forfaits déjà par la formation de Christopher Bowes s’est malheureusement confortée avec un “Sunset on the Golden Age”, qui, outre son aspect purement clownesque, attirant la sympathie chez certains, révèle un réel effondrement du niveau musical. Comment peut-on réaliser une telle caricature de “Trollfest” sans égaler sa richesse musicale et avec un humour déjà banni dans les cours d’école primaire? Le ponpon aura sans doute été que le meilleur morceau de cette galette sensé déblatérer sur la bataille de Carthagène de 1741 passe totalement à côté du sujet traité, oubliant aussi bien les belligérants, que le déroulement de la bataille comme de son issue. L’Histoire comme le respect du passé pirate n’est pas le truc d’”Alestorm”, il semblerait.

Leurs trucs à eux ce seraient plutôt désormais les blaguounettes faciles, la musique en boîte destinée à un public d’adolescents ou geeks gras du bide à faible QI. Le concept “pirate”, supposé être leur fabrique, alors que des groupes de metal “pirate” ont existé bien avant “Alestorm”, n’a été invoqué semble t-il (au temps où le groupe s’appelait “Battleheart”) que pour profiter de l’effet “Pirates des Caraïbes” (d’ailleurs la sortie du premier film de la saga correspond à quelques mois près à la fondation de “Battleheart” qui a suivi). Mais une fois le soufflé des films de la saga Disney retombé, le groupe opportuniste s’est ensuite emballé dans une confusion thématique, à base de banane-canards et autres fantaisies. “Ultra Vomit” ne trompait lui nullement sur la marchandise, même si on peut trouver que c’est du vomi avec de la chantilly et que ça ne mériterait pas de passer normalement en tête d’affiche, volant parfois au passage la vedette à des auteurs plus méritants.

Christopher Bowes a beau se montrer bon camarade et un rigolo de nature, il aura fait le ménage autour de lui. Ainsi en 2015, le dernier autre membre de la formation originelle, Dani Evans, est débarqué de la formation pour raison “professionnelle”. A sa place est appelé Maté Bodor, un membre tout jeune et frétillant. Un hongrois résidant en Angleterre, ex-guitariste de “Wisdom”, groupe considéré comme valeur montante du power metal. Avec ce nouveau venu la troupe s’attelle à une nouvelle création. De cela, j’en attendais strictement rien, et pourtant j’ai été surpris de m’apercevoir que certaines critiques, qui pouvaient paraître inaudibles, au milieu du troupeau d’adorateurs, paraîtraient avoir atteint le regard intéressé de Christopher Bowes. La composition reprend le fil après “Black Sails at Midnight” à mon grand étonnement. Malgré tout, ce retour aux sources tant espéré trahi encore davantage le manque d’inspiration actuel, que les frasques pouet-pouet, colorées et canardisés ne tendaient en fait qu’à camoufler. Désormais, le pirate est nu! Enfin, presque…

La nostalgie de la première rencontre se dessine dès le morceau éponyme d’entrée. On y retrouve là tout l’entrain épique du premier album, mais dans une fougue, cela dit, plus tempérée que lors du premier voyage à bord du navire du Capitaine Morgan. En fait, nous apprendrons vite que ce retour en arrière se reproduit généralement dans un mode automatique. “To the End of the World” figure un peu en exception. Il s’agit là d’un titre très caractéristique de ce fameux détour pris par “Alestorm”. Celui qui nous rappelle le plus “Captain Morgan’s Revenge” en fait, avec des sons cuivrés et une atmosphère lourde d’affrontements de bataille. De faux airs d’accordéon redonnent même le claquant traditionnel et maritime de cette divine période. Même si on peut le juger répétitif, “To the End of the World” nous fait encore espérer en un vrai retour au folk metal d’avant. Même guilleret, là n’est pas le problème. “Rage of the Pentahook” montre qu’”Alestorm” est tout à fait capable de créer une chanson nerveuse, sympathique, tout en subtilité, également animée par le son virevoltant du violon.

Néanmoins, l’auditeur averti déniche à travers “Rage of the Pentahook” une légère influence Finntrolliennen, dont on vérifie amplement la présence à l’écoute d’un “Pegleg Potion”, au refrain plaisant. “Finntroll” partage même ici la soupe avec “Ensiferum”, dont on devine des airs de “Magic Potion”, bien que le rythme pris par “Alestorm” soit moins soutenu que le chef d’oeuvre inspiré. Grandes envolées mélodiques et sons cuivrés sur l’entame de “Treasure Island” laissaient inaugurer une chanson d’ampleur. Mais la tempête retombe aussitôt sur des couplets comportant de vilaines longueurs et un flonflon peu stimulant. Ce qui est l’inverse du court break mélodique qui met un soupçon de vitesse et de prestance. Cette impression contrastée se ressent également à travers le morceau “Alestorm” qui a l’originalité de proposer un folk metal bien guilleret, dilué sous quelques effusions hardcore. Il pêche beaucoup en revanche sur son refrain, extrêmement plat, fade et répétitif. Le groupe donne malheureusement la manifestation d’un pédalage à vide, sec et sans émotion pour un titre qui aurait du en principe l’honorer, puisqu’il leur est attitré.

Les britanniques ont encore voulu jouer les originaux, notamment sur “Mexico”, qui a fait l’objet d’un clip, en intégrant une entame en 8 bits. Clin d’œil à peine dissimulé à la vague nostalgique du jeu-vidéo rétro. Mais le morceau s’inscrivant par le groupe comme élément phare de l’album tombe vite dans une certaine automaticité et mollesse, qui laisse de marbre. “Man the Pumps” n’offre guère plus de relief en comparaison. Tempéré, un brin mélancolique, frisant parfois avec le pagan, ce titre se montre malgré tout assez sympathique. Tout comme la petite chanson à la con “Fucked With an Anchor” usant d’un ton grivoix et d’un esprit enfantin, emmené par les airs malicieux d’accordéon et la guitare acoustique. L’extrait contraste fortement avec “Bar und Imbuss” dans un ton semi-sérieux propre aux débuts de la formation “Alestorm” et donc en lien direct avec ce qui a fait l’engouement et la renommée du groupe. L’articulation est ici autrement plus minutieuse et complexe. On y accorde même ici quelques petits solos assez démonstratifs hissant de nouveau bien haut les couleurs de ce qui fut autrefois un vaisseau pirate et qui est devenu à force de détournements en tous genres un canard en plastique géant prenant l’eau de partout.

On célèbre les vertus des algues et de l’eau de mer. Ce serait bon pour la santé d’après. Mais croyez moi, qu’un régime pareil vous donnera vite la nausée et une chiasse sans équivalent. C’est un peu ce qui m’est arrivé avec “Alestorm”. J’avais cru à la cure, j’en ai vite décrit les méfaits. Pourtant, il s’est immiscé le doute. Celui de croire que je ne comprenais tout simplement pas la vogue pour une telle formation. La raison pour laquelle des gens que l’on dit de tous horizons croyaient en “Alestorm” ou continuaient à y croire. Mais, on peut se rendre en fait compte aussi que cela joue beaucoup sur le fait que le groupe a produit de la musique “conne” qui n’a fait qu’attirer une masse de “connerie”. Tout le monde a le droit à la déconne. Mais le monde ne doit pas être sans cesse infantilisé et tourner tout le temps autour de la “connerie”. Surtout, quand on voit aujourd’hui le groupe voler la vedette à d’autres plus expérimentés et travailleurs. Que voulez vous, on a toujours préféré Picasso à Rubens. Par cet album, il s’est immiscé une lueur d’espoir, une réponse accordée aux nostalgiques qui comme moi souhaitaient qu’”Alestorm” revienne quelques pas en arrière et s’égare moins dans la multitude de trips qui visaient à accrocher coûte que coûte le public …. par un humour très foutre-pipi-caca, faute de pire. “Alestorm” a partiellement répondu à mes attentes, que pour mieux révéler sa fragilité et son dépassement actuel. Inutile de trop s’attarder sur un cadavre, juste pour y prélever quelques pièces.

12/20

No Comments | Categorized: Folk Metal

6615Lacuna Coil + Guests @ Limoges 2017

posted by alonewithl on janvier 1st, 2018

Lacuna Coil + Guests

Lacuna Coil + Guests @ Limoges (87) – Centre Culturel John Lennon
(16 Décembre 2017)
Ouverture à partir de 19:30 heures.

Samedi 16 Décembre

Dernier concert metal de l’année pour la salle John Lennon ce 16 décembre avec la tête d’affiche des festivités de Noël, “Lacuna Coil”. Le lieu a fait salle comble la veille en accueillant “Ultra Vomit” et “Tagada Jones”. Ils avaient même du refuser des centaines de spectateurs potentiels, et d’après que l’ambiance était infernale. La fréquentation cette fois semble un brin plus modeste, mais plus élevée que lors de la première soirée de l’affiche spéciale avec “Wolves In The Throne Room”. Les visiteurs sont cette fois un peu plus des visiteuses. On avait une foule féminine plus représentée, alors que d’ordinaire les concerts metal n’attirent qu’un public à -10% féminin. C’est toujours encourageant pour la scène de les voir davantage présentes, mais à bien y réfléchir c’est en grande partie à cause des groupes présentés ce soir en affiche. Il est vrai que “Lacuna Coil” s’attire une réputation de groupe metal pour jeunes femmes. Et en discutant avec certaines d’entre elles avant l’ouverture des portes, j’ai pu me rendre compte que les autres groupes n’intéressaient pas ou peu celles-ci. Et pour être honnête les mecs sur place ne semblaient pas non plus venir pour “Nightmare”. Misère!… Mon masochisme me perdra.

. VOICE OF RUIN

La formation d’ouverture est à considérer à part par rapport aux autres groupes de la soirée. En effet, “Voice Of Ruin” est un groupe metal plus classique au sens propre comme au figuré. Ils sont originaires de Suisse et jouent un registre thrash death avec un aspect technique qui ressort plus sur album qu’en live. Le groupe a deux albums et un EP à son actif. Ils sont encoure très marginalement connu mais gagnent rapidement en notoriété au vue des réactions de ceux qui les découvrent. Et il est vrai que les albums sont plutôt bons. D’ailleurs l’un des membres tenant le merch confiait être étonné d’écouler beaucoup de CD, surtout par rapport à tout autre merch vendu. En effet, pour une formation d’ouverture, ce fut une assez bonne surprise. On sentait néanmoins les membres légèrement tendus et statiques si on met à part bien sûr le chanteur très à son aise et interagissant bien avec le public. La brutalité d’un thrash distillé par quelques aspects death n’avait pas effrayé le public. Bien au contraire, l’accueil a été immédiatement très positif, même de la part de ceux qui n’étaient là que pour “Lacuna Coil”. On a aussi pu distinguer chez eux, à travers ce concert trop court à notre goût, une grande humilité, des titres ayant de l’envergure avec un chant très marquant et quelque peu dominant. Ce qui fait plaisir et qui montre que ce groupe a manière encore de progresser.

Set-List:
1. Disgust / 2. Voices From the Ruins / 3. Blood of Religions / 4. Snakes in My Head / 5. Time for Revenge / 6. I Confess / 7. All Hail the King / 8. I Am the Danger

. NIGHTMARE

J’ai là une appréhension similaire que lors du passage de “Misanthrope” à leur dernier passage sur Limoges. J’aurai cru que l’expérience et la discographie de “Nightmare” joueraient en leur faveur pour être positionnés tout près de la tête d’affiche. En fait, j’ai eu la stupeur de constater que bon nombre de spectateurs n’en avaient même pas entendu parler. Ce groupe figure pourtant en légende du heavy metal francais avec une longévité auquelle il faut rendre hommage, et qui doit aussi aux différents changements de line-up. Dernièrement, “Nightmare” s’est dotée d’une chanteuse. La fameuse chanteuse belge Magali Luyten, que bon nombre de power metalleux ont connu à travers les projets “Virus IV” et “Beautiful Sin” avec des albums qui ont pas mal fait parler et qui ont bâti une certaine aura autour de cette chanteuse. Pourquoi parler de ce changement qui date de 2015? Parce que j’avais pu assister à un concert de “Nightmare” avec Jo Amore, pas encore avec Magali. A vrai dire je me suis senti intimidé de les voir et de me rendre compte que le public s’en fichait un peu. Durant les balances, j’avais en face de moi Franck Milleliri. Il m’avait demandé de tenir son câble de guitare pendant les réglages. Magali se présente dans une belle tenue cuir moulante. Sa voix ne me laisse pas imperturbable, mais cependant je suis gêné par la fréquence de larsens. Franck sert les dents et montre un visage crispé à l’encontre des larsens qui pourrissent littéralement près de la moitié des morceaux du set, en quasi-totalité des morceaux du dernier album. Ils continuent à jouer en pensant évacuer cela. Yves Campion, membre historique, parcourt aisément la scène, multipliant les poses. L’équipe est rodée et fait de son mieux. C’est vraiment sur la second moitié, débarrassé des parasites sonores que l’on saisit mieux la superbe de ce groupe, et un heavy/power de toute maîtrise. Fortement dommage de ne pas avoir vu “Nightmare” à son plein avantage avec cette chanteuse.

Set-List:
1. Intro / 2. Dead Sun / 3. Of Sleepless Mind / 4. Ikarus / 5. Tangled in the Roots / 6. Red Marble and Gold / 7. Eternal Winter / 8. Serpentine / 9. Infected / 10. Starry Skies Gone Black

. CELLAR DARLING

Cette formation là me parle plus qu’à beaucoup de monde présent. Le projet est tout récent, il est normal qu’il paraisse comme un inconnu. En tout cas les membres de “Cellar Darling” devraient vous rappeler quelque chose. Souvenez vous de la dernière grosse crise survenu au sein des célèbres suisses d’”Eluveitie”, qui a vu trois de ses membres se retirer du groupe; Un guitariste, le batteur et surtout la chanteuse et joueuse de vielle Anna Murphy. Ceux-ci, présents lors de la dernière venue d’”Eluveitie” à Limoges, sont revenus sous le nom de “Cellar Darling”. Ce nouveau venu signé chez l’omnipotent Nuclear Blast, a sorti un album qui s’illustre dans un genre plus proche d’un metal gothique gentillet que de la dualité folk/death mélodique caractéristique de leur ancien groupe. D’ailleurs Anna Murphy aura conservé sa vielle à roue, bien mis en évidence sur la scène et posé sur un piédestal. On les voyait faire leurs balances devant un public n’ayant pas vraiment tilté de qui étaient là sur scène. Anna souriait et prenait un thé tout en peaufinant les réglages. Le concert lancé, l’enthousiasme retombe. Je pensais alors qu’on entendrait davantage la vielle et que l’aspect folk ressortirait, même un peu. En fait, non. C’était tellement gentillet que des filles en goth commencent à émettre des critiques et trouvent a trop mou. On remarque que le bassiste prend ses distances par rapport aux autres membres du groupe, notamment Anna et le guitariste Ivo Henzi qui se mettent bien en avant. Moi-même je trouve le temps long jusqu’à ce qu’arrive les morceaux “Avalanche”, “Six Days”, déjà plus entêtants. Ils clôtureront avec un “Black Moon” pas trop mal non plus, mais encore pas suffisant pour convaincre la totalité de la salle. De mon côté, je suis quelque peu déçu car j’attendais qu’il y ait au moins un soupçon de folk qui ressorte. Et je dois dire aussi que j’ai baillé tellement fort sur la premier moitié de set que j’ai bien failli me coincer la mâchoire. J’ai quand même apprécier la petite intervention d’Anna Murphy nous expliquant que son français n’était pas très bon, parce qu’elle ne suivait pas les cours de français à l’école. Je la pardonne uniquement parce que c’est elle. Par contre, il y a intérêt pour sa nouvelle formation de mettre un peu plus d’envergure dans tout ça.

Set-List:
1. Fire, Wind & Fire / 2. Challenge / 3. Starcrusher / 4. Redemption / 5. Six Days / 6. Avalanche / 7. The Hermit / 8. Hullaballoo / 9. Black Moon

. LACUNA COIL

Enfin le clou de la soirée. Je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre ayant été perturbé par leurs derniers efforts studio. Mais aussi parce que Cristina Scabbia, qui avait fait rouler des yeux bon nombre de metalleux a aujourd’hui 45 ans. Oui! Le temps passe vite et “Lacuna Coil” fête ses 20 ans. Limoges figure en plus en point de chute de leur tournée. Cela laisse relativement songeur. Je suis néanmoins satisfait de voir ce groupe metal, parmi les plus fameux d’Italie. Je sacrifie ma place en premier rang à des petits jeunes, dans l’espoir de faire un tour rapide au merch et de faire des photos avec le public. Le concert en lui-même ne m’attirait pas spécifiquement à cause, je dois l’avouer, d’idées reçues à l’encontre de la formation italienne. En fait, j’étais loin de me douter de ce qui allait se dérouler. Le groupe apparaît dans des tenues inspirées du concept autour de leur dernier album “Delirium”. Tous plus ou moins grimés, parfois en corpse-paint et en camisoles de force s’il vous plait. Cristina arbore une face effrayante, comme s’il avait eu la peau arrachée. Le bassiste est malade comme un chien, il lâchera pour les deux derniers morceaux, mais sera bien présent pour la photo finale. Malgré cette perte en fin de set, le concert atteint une qualité que je n’aurais pas envisagé. Le duo au chant est imparable. J’ai même cru un moment au playback tellement le chant était impressionnant et se reportait à une prestation studio. Le batteur jouait avec une grande dextérité, faisant régulièrement tourner ses baguettes, jonglant même. Des titres de “Delirium” sont proposés sur la set-list, mais également d’autres plus renommés, tels que l’excellent “Trip the Darkness” ou encore la mémorable reprise de “Depeche Mode”, “Enjoy the Silence”. Un concert plutôt d’exception qui m’aura sans doute fait voir “Lacuna Coil” sous un autre jour et qui aura certainement comblé le public présent venu en grande partie pour eux.

Set-List:
1. Intro/Ultima Ratio / 2. Spellbound / 3. Die & Rise / 4. Blood, Tears, Dust / 5. Ghost in the Mist / 6. My Demons / 7. Trip the Darkness / 8. Downfall / 9. Enjoy the Silence / 10. Our Truth / 11. N.S.L.O.W / 12. Intro/Naughty Christmas / 13. Heavens a Lie / 14. The House of Shame

No Comments | Categorized: Live Report

6605Wolves In The Throne Room + Guests @ Limoges 2017

posted by alonewithl on décembre 28th, 2017

Impiety + Guests

Wolves In The Throne Room + Guests @ Limoges (87) – Centre Culturel John Lennon
(09 Décembre 2017)
Ouverture à partir de 19:30 heures.

Samedi 09 Décembre

Après la venue inédite de “WASP” récemment en Novembre le centre John Lennon à Limoges ne rompt pas avec sa réputation à faire venir des poids lourds de la scène metal. Peu de salles en font l’équivalent dans tout ce que comprend le centre-ouest de la France. Et en cela on doit particulièrement remercier l’association Execution, qui organise spécialement une affiche de plusieurs dates “Spéciale Noël”. Pour ce début décembre on annonce la venue entre autres d’un grand de France (“Misanthrope”) et d’une ponte du black américain (“Wolves In The Throne Room”). Les deux groupes suivants sont bien de chez nous, mais n’ont pas encore une notoriété ni une carrière équivalentes aux deux groupes précédemment cités. Néanmoins, ils vont faire preuve de sérieux et d’originalité durant cette soirée étoffée comprenant donc quatre shows. Arrivé peu presque une heure avant les horaires d’ouverture, peu de monde se présente peu avant 19h. Tout au plus une trentaine, bientôt une quarantaine lorsque les portes s’ouvrent. J’en espère encore beaucoup plus par la suite, même s’il est déjà acquis que le premier concert ne bénéficiera pas d’un large public.

. TREHA SEKTORI

Bien étrange concert que celui de “Treha Sektori”. Nous sommes rivés face à un grand écran, et l’auteur de cette pièce est dans un coin de scène tel un DJ face à une tablette et un micro. A côté de lui un tambour avec lequel il exécute des percussions. Est ainsi diffusé un film en même temps qu’il pianote, chante ou frappe. Le spectacle est une démonstration autant visuel que sonore, l’un n’allant pas sans l’autre, car tout s’inscrit dans une articulation inquiétante, mêlant un art conceptuel, contemporain aux sources de l’homme dans un les méandres sombre d’un dark ambient et neo folk tribal. Le concert change complètement des codes et s’incruste comme une pure originalité devant un public très dispersé, mais néanmoins assez attentif. Le show s’avère captivant malgré le décalage entre l’archaïsme défendu dans le concept et la modernité des outils. “Treha Sektori” fait sa tournée européenne à ce que j’ai cru comprendre. Pour ceux intéresser par les travaux de Dehn Sora, il est également à la tête d’un projet plus metal, mais à l’atmosphère tout aussi marqué avec le black metal dépressif de “Throane”.

. MISANTHROPE

J’ai la grosse surprise de m’apercevoir que “Misanthrope” groupe mythique et historique du death metal français passait avant “Lizzard”, alors que l’envergure et l’ancienneté aurait voulu que le groupe de SAS de L’Argilière prenne la priorité. Même, il n’aurait pas été surprenant de les voir en tête d’affiche. Cela dit, la troupe semblait presser de reprendre la route, sans doute pour une autre date. Preuve en est le stand de merch affilié à “Misanthrope” EMP a été débarrassé plus tôt. Sur le concert, tous les instruments étaient rigoureusement calés, rien n’a redire, si ce n’est l’impression que le son aurait pu être autrement plus claquant et aussi le public qui baillait aux corneilles alors que le show était plus que satisfaisant. “Misanthrope” défendait là son nouvel album “Alpha x Omega”, paru chaudement et dévoilait des extraits de celui-là. En plus de morceaux récents, ils ont repris une panel de titres, embrassant ainsi l’ensemble de leur belle carrière; bien sûr les immanquables “L’écume des Chouans”, “Bâtisseur de Cathédrales” en clôture, mais également “Le Roman Noir” pour les plus connus. Le concert a été un grand moment de communion metal. Phillipe Courtois a rendu un hommage remarqué au groupe “Exécution” avec qui ils avaient joué dans les années 90 et présent en salle. Occasion aussi pour savourer une véritable bouteille de Champagne et d’arroser le public tel un champion de Formule 1. “Misanthrope” c’est notre Alain Prost, mais il n’est pas prêt de se retirer du circuit.

Set-List:
1. La Fabrique du Fataliste / 2. Aenigma Mystica / 3. L’écume des Chouans / 4. Les Empereurs du Néant / 5. Melissa & Darvulia / 6. Le Roman Noir / 7. Noyade Abyssale / 8. Bâtisseur de Cathédrales

. LIZZARD

Celui qui succède donc “Misanthrope” est pour ma part un grand inconnu, mais a déjà fait paraître des ouvrages. Le groupe originaire de Limoges se compose en un trio très soudé, où chacun a une place distincte. Le guitariste-chanteur à l’extrémité gauche, le bassiste à l’extrémité opposée, et la batteuse flanquée en plein milieu de scène. Pour tout dire je m’attendais pas à grand chose. Il y avait juste la ribambelle de pédales d’effets qui m’intriguaient, cela dit. Je n’ai pas du tout accroché à leur premier morceau, et je me dis alors qu’on aura affaire à une sorte de groupe de metal alternatif quelconque. Bien mal m’en a pris car le groupe a plus d’un tour dans son sac, change de style au gré des morceaux, passant à quelque chose de plus atmosphérique puis de plus progressif. Difficile de déterminer un classement, mais on observe un contour très expérimental dans leur musique. Le chanteur-guitariste semblait prendre son pied et se montrait assez communicatif avec le public, qui a fait preuve lui d’une réception plus positive qu’à l’adresse des shows précédents. Le frontman maniait à fond ses effets, arrivant à produire un instrumental assez dantesque, projetant bien loin la mauvaise appréhension du début. Un bémol cependant; son chant était parfois trop couvert. Visiblement, le micro n’était pas réglé assez fort. Une vraie et riche curiosité s’adressant à quasiment tout le monde. Du moins si on apprécie les différents genres utilisés par “LizZard”.

. WOLVES IN THE THRONE ROOM

On se sent honoré de la venue de ce groupe de prestige. Un monument de la scène black américaine, dont on a pas vraiment toujours l’occasion de voir. Le groupe a sorti en septembre un nouvel album et compte bien le défendre en France. Les préparatifs chez eux sont élaborés avec grand soin. De grands panneaux avec de superbes motifs nordiques sont disposés sur la scène. Les claviers et la batterie sont mis en arrière champ. La claviériste justement va disperser préalablement de la fumée d’encens. Encens contenu dans une espèce de jarre en metal, et qui sera de nouveau attisé en plein concert, mais par le nouveau guitariste Kody. Et comme si la fumée d’encens ne suffisait pas, on en rajoute par dessus donnant avec l’obscurité choisie une sacrée purée de pois qui n’était pas sans rappeler d’ailleurs la prestation d’”Enslaved” lors du Hellfest 2016. Et d’ailleurs, même la prestation m’a remémoré le show d’”Enslaved”. Un concert que j’avais trouvé étrangement plus nerveux que d’habitude, car c’était pas très longtemps après la parution d’”In Times”, qui revenait quelque peu à une violence que l’on avait plus trop espéré. Pour revenir au concert de Limoges, “Wolves In The Throne Room” avait misé sur la fumée pour produire un effet visuel à l’aide des spots. On avait ainsi horizontalement deux couleurs qui prenaient la largeur de la scène, telles deux grandes bandes, avec une préférence pour le rouge, le jaune et le vert. Ils ont joué avec la plus grande froideur un balck metal implacable et obsédant. Le public était porté entre des longs passages contemplatifs et petits moments de férocité. Pas de mots, justes quelques gestes de remerciement en fin à la foule enthousiasmée, voilés par un épais nuage sombre et coloré.

No Comments | Categorized: Live Report