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668Heidevolk : Uit Oude Grond

posted by admin on avril 27th, 2010

Heidevolk : Uit Oude GrondAprès avoir brûlé et envahi nos chaumières, les barbares saxons venus de Hollande reviennent avec un 3ème opus intitulé sobrement « Uit Oude Grond », que l’on pourrait traduire par « De l’ancienne terre ». « Heidevolk » nous entraîne une nouvelle fois et encore plus physiquement, dans leur univers mythologique païen, typique des Pays-Bas. Plus exactement de celui de leur terre de prédilection, le « Gelderland », en français le « Gueldre », région située à l’est de la Hollande. D’ailleurs le groupe consacre dans le livret de l’album, quelques indications sur les divinités, héros et événements qui marquent ce folklore mythologique.

Assez parlé d’Histoire-géographie, parlons de l’album en lui-même. D’entrée, Heidevolk montre qu’il n’est pas là pour rigoler. Le premier titre venant aux écoutilles, « Nehalennia » arrive tout en puissance. Les instruments sont pris de frénésie et notre sang se met brusquement à chauffer. Il y a une prédominance de la guitare. Le son est, pour ainsi dire, plus metal, bien que la partie folk ne soit pas totalement en reste avec quelques passages de violons. Ce titre est en soit un vif aperçu de l’album en son entier, tout en force et en finesse. « Uit Oude Grond » se caractérise, lui, par la marque de fabrique « Heidevolk » qui consiste toujours en ce double chant caverneux dans cette belle langue si rugueuse et germanisante qu’est le néerlandais.

Néanmoins, comme il a été envisagé précédemment, c’est un album qui se veut davantage metal que folk (dans une première partie), par rapport aux opus précédents de la formation. On pourra remarquer une certaine évolution, disons plutôt une influence. Sur la fin du titre « Ostara » et sur le titre « Vlammenzee » le tempo s’emballe. Il devient tapageur, frôlant même parfois la crise cardiaque et le blast; une caractéristique du metal extrême en général. On prend ainsi ici conscience de l’influence d’autres formations de folk/pagan qui œuvrent davantage du côté du metal extrême (black/death). On pourra même entendre un ou deux grognements qui finissent par avérer nos soupçons. Cela paraît insignifiant, une fois l’événement passé ; cela ne perd en rien niveau qualité, mais on reste sur nos gardes pour les passages suivants.

Le reste de l’album est dans l’ensemble très bon, de manufacture plus classique. C’est du « Heidevolk » tout craché. Les deux énormes voix de Mark et Joris rythment merveilleusement la suite de l’album, sauf sur deux morceaux, où celles-ci seront assurément absentes. C’est normal, ce sont deux titres instrumentaux. Et quels titres ! « Alvermans Wraak » est une superbe cavalcade dans un univers de plaines boisées. Il démontre dans le même temps que Heidevolk peut très bien s’en tirer, même en l’absence de chant. Le groupe réitère l’exploit instrumental sur « Deemstering » en proposant cette fois-ci un autre registre. Cela se veut plus tendre, plus sentimental en introduisant le violon et la guitare acoustique dans une ambiance de bruits nocturnes.

Décidément, rien n’est à jeter dans cet album et surtout pas « Nehalennia » et « Reuzenmacht », des titres qui finiront sans doute dans une possible compilation. « Heidevolk » tente de se tailler une place plus grande dans la sphère folk metal, en agrémentant leur sauce et en faisant preuve d’une certaine audace farouche. « Uit Oude Grond » ajoute ainsi un mur porteur à leur édifice.

17/20

 

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