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665Pentagram (USA) : Day of Reckoning

posted by admin on avril 27th, 2010

Pentagram (USA) : Day of ReckoningUn vent de folie s’est emparé de la crypte. « Pentagram », orchestre des ténèbres, est venu réveiller les morts de leur éternel repos. Les vivants, ces êtres méprisables, devront souffrir les 1000 tourments de l’enfer, dont la musique démoniaque de « Pentagram ».

Ce groupe durant ses années de gloire a été considéré comme le « Black Sabbath américain », proposant un heavy/doom racé, technique et intelligent. Il est aussi réputé par l’image de scène véhiculée par le groupe, et par son chanteur charismatique, Bobby Liebling. Ce moustachu, fringué en hippie, apparaît comme un fou possédé par de quelconques démons, lâché au milieu de la scène. Le guitariste et le bassiste ne sont pas en reste et arborent tous deux cuirs et chaînes dans la plus ultime version sadomasochiste. Ils se sont néanmoins montrés capables de créer de bonnes réalisations studio, comme avec « Day of Reckoning » produit en 1987. C’est l’album auquel on va s’intéresser ici.

La thérapie commence avec « Day of Reckoning », un titre heavy/doom par excellence. On entend très distinctement et en même temps chacun des instruments : guitare, basse et batterie. Meilleure preuve de la grande qualité du son de l’album et de la totale maîtrise des instruments, par ces dignes représentants des légions de Satan, cette même spécificité sonore se retrouve dans tous les autres titres.

Le chant quant à lui est une véritable énigme. A première écoute ce chant est tout à fait commun, voir trop commun pour rivaliser avec les sonorités lourdes et aiguisés des instruments. Mais en faisant un minimum attention, ce chant paraît beaucoup plus subtil. Il pourrait même être assimilé au chant du divin Ozzy Osbourne sur les fameux albums de « Black Sabbath », « Sabbath Bloody Sabbath » et « Sabotage ». C’est dire.

Titre après titre, « Pentagram » fait un pied de nez à tous ceux qui ont osé douter d’eux. Bien que ce son soit peu original et quasiment identique sur l’ensemble des pistes, il n’y a aucune linéarité. On pourrait croire que la composition leur a été soufflée par le diable en personne. « Pentagram » renoue avec la tradition des longs riffs à la guitare venant égailler (ou plus exactement pervertir) chaque couplet, comme l’illustre parfaitement « Madman » ou « Evil Seed ». On ne se laisse pas aller à l’improvisation. Tout est bâti sur des fondations solides, inébranlables. « Broken Vows » est à la fois mélodieux, sombre et sophistiqué. C’est un titre que l’on retient dès la première écoute et n’a que des qualités. On voit mal ce que l’on pourrait redire dessus. Il y a vraiment de quoi rester sur le cul, si on peut dire. Le long « Burning Saviour », titre également exceptionnel fait une entame lente à la guitare acoustique, puis se rebiffe et affiche alors sa face violente et brutale, jusqu’à reprendre une vitesse de croisière et un calme relatif.

L’album « Day of Reckoning » se termine sur le titre minuteur d’apocalypse « Wartime ». Le chant est ici tronqué par des arrêts et des échos répétitifs, jusqu’à un finish digne de ce nom : une explosion atomique.

C’est l’esprit possédé par le démon de « Pentagram » et l’écoute de ces titres sans pitié, que je peux affirmer maintenant que « Day of Reckoning » est un concentré de magie noire, une apologie de la méchanceté et de la toute puissance du mal. Il peut s’écouter en toute occasion. Il pourrait même prendre (une place dans) votre vie.

Bien que trop court, c’est un album que tout vrai amateur de heavy/doom devrait posséder. En bonne place entre les « Black Sabbath » et les « Candlemass ». La voix qui me parle entre mes oreilles m’a dit que si vous n’aimez pas cet album, je devrais vous tuer.

17/20

 

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