chroniques et interviews metal

566Stormzone : Death Dealer

posted by admin on mai 29th, 2010

Stormzone : Death DealerL’Irlande du Nord, région plus réputée pour ses clivages entre catholiques et protestants, n’a pas été épargnée par la grande vague metal qu’a connu chaque recoin du Royaume-Uni durant les années 80. Je veux vous parler bien entendu du NWOBHM, qui a fait connaître “Iron Maiden”, “Def Leppard” ou encore “Saxon“. Ce mouvement s’est fossilisé depuis, faute de relève, malgré tout le respect que l’on lui doit. “Stormzone”, modeste et récente formation du genre, surfe encore sur cette ancienne vague, réalisant un deuxième opus en 2010 au nom provocateur de “Death Dealer“.

Le défi paraissait pourtant perdu à l’écoute du titre éponyme de l’album, “Death Dealer“. La technique et le jeu des instruments est plutôt limité, sans réelle saveur, avec un tempo très vite lassant, voir énervant; surtout la batterie qui manque sérieusement d’inventivité. Cette mauvaise impression, vis à vis de cet instrument, ressort sur une grande partie des titres de l’album. Néanmoins la batterie s’en tire mieux sur la fin.

Le chant avec des intonations à la Biff Byford pour les parties “gueulées”, est lui aussi d’une qualité passagère. Ce chant est étouffé, faisant mine d’être pressé et se grippe parfois sur certaines intonations. Celà plombe d’ailleurs d’autres titres comme “Immortals” ou le long titre “(Destiny of Legends) The Legend Carries on”, qui avait pourtant bien débuté et où la musique était satisfaisante, bien élancée.

Le chant s’améliore sur “Secret Gateway” et au niveau de la musique également du même coup, bien que le rythme soit plus répétitif et la batterie toujours aussi plate.

L’album prend une tournure bien plus intéressante à partir du titre “Wasted Lives”, une assez belle ballade venant agrémenter l’ouvrage. Le chant pacifié et quelque peu mélancolique s’applique grâce à un rythme plus posé, ajoutant une profondeur bien assortie. On pourra s’interroger longtemps sur le chant de John Harbinson, tête pensante du groupe. Ce chant diffère selon les pistes. On y retrouve le meilleur comme le pire.

En évoquant du meilleur, “Stand up and Fight” est sans doute le titre le plus abouti de la galette. Guitares et chant sont tels des machines déboulant en 5ème vitesse, incisifs et performants. Les autres titres qui suivent sont pas mal non plus. Il y a une ambivalence dans les airs joués par les instruments. On peut retrouver enfin une batterie digne de ce nom sur “World of Sorrow”, véritable chanson lancinante, animée par la tiédeur du son. “Final Journey” clôture plutôt correctement l’ensemble, avec une superbe entame en double guitares acoustiques, puis un déroulement en trombe électrique, en maintenant une rythmique rapide et grisante.

Après un début de partie assez laborieux, “Stormzone” embellit cet album de riffs de guitares et de bons solos. On recherche ici à produire quelque chose d’authentique et de pur par un heavy metal certes passionné, mais peu original. Mais ne soyons pas trop sévères. L’album évolue vers plus de technique au fil de l’écoute. Il serait difficile d’exiger de cette petite formation les mêmes performances qu’une autre disposant des meilleurs moyens de production et d’une plus grande expérience.

13/20

 

 

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