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525Dio (USA) : Master of the Moon

posted by admin on juin 19th, 2010

Dio (USA) : Master of the MoonMaster of the Moon“, 10ème album stuDio de “Dio“, sorti en 2004, risque d’entrer presque involontairement à jamais dans la mémoire et le coeur des fans de Ronnie James Dio, incroyable chanteur qui nous aura véritablement enchanté par sa voix et ses compositions. Il aura tant fait pour le heavy metal, tant produit, sans indulgence avec lui même, travaillant toujours ses réalisations avec acharnement. C’était une bête, un monstre de la scène comme l’on en fait plus aujourd’hui.

L’album “Master of the Moon“, marqué aussi par le retour du guitariste Craig Goldy semble être un condensé du fruit, de l’esprit de conquête et d’intuition de notre défunt père Ronnie James Dio. Cette réalisation semble être définitivement la dernière de la formation. Dernier grand envol sur son projet “Dio” avant de rejoindre les cieux, assurant à Ronnie James Dio son entrée triomphante au panthéon des metal gods.

La première piste de l’album commence au son de salves électriques, extrêmement riffés des guitares, en conformité avec un heavy metal authentique. Le tout est emmené par un Ronnie James Dio au meilleur de sa forme. “One More for the Road“, classique et entraînant, nous absorbe littéralement par cette musique transportée, dominatrice. Cette chaleur dégagée d’entrée sera directement refroidie avec le titre suivant, “Master of the Moon“, le titre éponyme. Le groupe s’enfonce dans une dimension parallèle. Les tonalités sont plus lentes, sinistres. Tout celà pour mieux préparer un Ronnie James Dio encore bien plus glacial, faisant peser lourdement chacune de ses paroles, et d’ensuite briller en harmonie sur les refrains. Le chant de Ronnie est toujours aussi mâché, mais tout autant émérite, constructif, touchant directement à l’âme de ses auditeurs.

Ce rythme lourd à pas cadencé, néanmoins technique, fait ressortir toute la profondeur et l’obscurité du style de “Dio“. Cette musique au ton destructeur, continue et endurcie au niveau guitares, s’illustre également par la frappe lourde de la batterie. Elle nous créée ici un environnement pesant qui ne demande qu’à être exploré. Cette musique, ponctuée ci et là de quelques mélodies, sert de socle à un chant au comble de sa maîtrise permettant de fluidifier le son, de le rendre jouissif. C’est le constat que l’on peut faire avec des titres comme “Shivers” ou “I Am”. Celà se caractérise généralement sur l’ensemble des titres, même ceux tournés vers un heavy metal plus classique. Donnant l’occasion aux guitares de mieux s’affirmer par rapport à un chant plus retranché, notamment sur des menues parties instrumentales. Elles affirment leur dextérité grâce à des riffs et des mélodies de plus en plus accentués, faisant mine de s’imposer. Cette action plus active des guitares se retrouve sur “Death by Love”, mais de manière plus convaincante sur “Living the Lie”. “The End of the World” est une sorte de clin d’oeil à “AC/DC”. Les riffs d’entrée sont d’ailleurs inspirés par cette illustre formation, tout aussi endiablés et tranchants.

Master of the Moon” mise aussi sur des titres plus élaborés, où les claviers s’incrustent. C’est ce que l’on peut apercevoir sur des titres en milieu d’album avec “The Man Who Would Be King” et “The Eyes”. Les instruments agissent comme des coups de tonnerre féroces, ponctués par un fond et quelques effets de synthé, apportant une touche d’harmonie et même de modernité sur “The Eyes”, où il s’attaque malicieusement au chant. Ce chant n’est pas pour autant intimidé et gagne même en ampleur et en résonance sur les refrains. “In dreams” clos ce dernier chapitre de “Dio “sur un ton cinglant, poussif, sous des airs de marche forcée. Le chant comme la musique transparaissent par endroits une certaine émotion intelligemment contenue.

L’aventure “Dio” se sera sans doute (terminée) sur un album redoutable avec un Ronnie James Dio éloquent, ne faisant pas dans la demi mesure. Les compositions s’analysent sans transpirer la moindre faiblesse, la moindre faute technique. Tout est solide et ferme, à la hauteur et à l’image d’une montagne faite pour rester dans le paysage plusieurs centaines de milliers d’années.

15/20

 

 

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