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132Halford : Halford IV – Made of Metal

posted by admin on octobre 15th, 2010

Halford : Halford IV - Made of MetalQue vois je? Est-ce une compilation de musique techno? L’album prétentieux d’une modeste formation de rap français qui aime rouler les mécaniques? Non, rien de tout ça.

Est utilisé ici un genre de couverture que l’on voit assez rarement dans le registre metal. Et pourtant quelle autre forme musicale pourrait le mieux se rapprocher de l’image du bolide de course?

Et au volant de cet engin qui retrouve t-on? Rob Halford, vétéran des circuits. Le Metal God, comme on aime à l’appeler, nous ramène ici son 4ème opus studio, « Made of Metal », un nom presque trop anticipé, mais qui colle assez bien au produit.

De savoir s’il arrivera jusqu’au podium ou s’il fera une sortie de piste, une analyse de la course s’impose donc.

Pas de démarrage en trombe, mais la vitesse augmente, gardant une ligne de conduite prudente. L’engin tient correctement à la route. « Undisputed » utilise un rythme plus soutenu, grâce à une persistance de riffs acérés, maintenant hors de distance les poursuivants.

Mais quelque chose nous turlupine dans le son quand même, et cela se vérifie sur les titres « Fire and Ice » aux enchainements « power metal »; Et de manière plus démonstrative encore sur l’entêtant « Made of Metal » aux accents un peu plus futuristes (voix), qui désorienteront les vrais fans du groupe.

On croyait que les jolis chants de Noël du troisième volume n’était qu’une parenthèse, mais en fait non. Rob Halford ne souhaite plus faire dans le brutal et l’explosif, dans la chair d’un « Resurrection » ou d’un « Crucible ». La seule référence à ses deux précédents albums se retrouvera paradoxalement en toute fin, sur le titre « The Mower », sec et abrupte.

Il y a une perte en puissance qui fait place à un gain en mélodie. Pour le God, il n’est plus trop question de reprendre sa voix stridente et énervée, comme je l‘ai dit. C’est presque un total retour en arrière au fin fond de sa carrière chez les « Judas Priest » qu’il nous amène. Le flash back sera évident sur le magistral « Speed of Sound », sur le copié collé « Matador », mais plus encore sur « Hell Razor », dont on croirait voir tout droit sorti de l’album « Sin After Sin »; Qui aurait pu être une énormité, s’il n’y avait eu cette défaillance de la voix, à la peine sur les refrains (ça s’entend au timbre).

Sinon, le gros de l’album se fera autour de titres heavy à mid-tempo. Un heavy reposé et délassant qui atteindra son sommet sur l’éblouissant « Thunder and Lightning ». Des parties guitares qui glissent toutes seules sous le commandement du chef-mécanicien Roy Z, qui œuvre aussi à la production.

Par contre la batterie de Bobby laisse un peu à désirer. Elle est même piteuse à l’écoute de « I Know We Stand a Chance ».

Une composition soft, qui n’oubliera pas quelques titres plus mélancoliques à l’image d’un « Heartless », qui fonctionne comme les battements et les soubresauts d’un cœur qui tente de se raccrocher à la vie, et du bonjour-tristesse « Twenty-Five Years » et ses couplets acoustiques.

Un titre au beau milieu de tout ça va complètement se démarquer, aussi bien de l’album que du style général chez « Halford ». « Till the Day I Die » est une étonnante expérimentation south rock. Un south blindé par des sons musclés et un chant de baroudeur des bayous.

Arrivé intact au stand, pas de coupe, un bon score en revanche, avec le sentiment du travail accompli.

Après la fournaise des deux premiers opus, l’hiver enchanteur de « Winter Songs », place à la tiédeur printanière de « Made of Metal ». Un album que certains jugeront « facile » et dénué de vigueur.

Une facilité déconcertante qui s’écoute sans fin (ou sans faim) pour ma part. La galette pourra être fade à chaud, mais en laissant refroidir (après plus de 2 écoutes) c’est délicieux.

15/20

 

 

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