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2813HEAT (SWE) : Address the Nation

posted by admin on juillet 14th, 2012

HEAT (SWE) : Address the NationCroulant et rassis le Hard FM?! Ben voyons! Apprenez chers messieurs et chères mesdames que le Hard FM n’a pas d’âge. Il connaît même un regain de vigueur dernièrement avec la montée en puissance de jeunes formations, et particulièrement en Suède avec « Grand Design » et le bien nommé « H.E.A.T » qui aurait très bien pu voyager vers d’autres cieux avec le départ de son chanteur Kenny Leckremo en 2010. On aurait pu craindre alors le pire pour ce groupe qui avait beaucoup misé sur la performance de son chanteur. Qui allait être nommé commandant de bord de l’appareil « H.E.A.T »? Sueur au front. C’est le tout jeune Erik Grönwall qui est désigné derrière le micro. Le vainqueur de l’émission « Sweden Idol » de l‘édition 2009 (équivalent à la « Nouvelle Star » en France) relève donc le défit d’une carrière haut en couleur. Lui qui aurait pu s’en tenir à un parcours en solo, d’ailleurs bien démarrée si on en juge les extraordinaires résultats de vente de son premier album éponyme, n’aime pas, semble t-il, la facilité. Il veut donc jouer les bêtes de scène aux côtés d’un vrai groupe. Que cela ne tienne. Il en aura l’occasion. Et ça c’est bien. Même si à l’origine Erik provient d’un milieu qui nous déplaît fortement, il a tout pour devenir notre copain.

C’est ainsi avec une jeune recrue que le groupe s’attèle à un troisième album. On devine les espoirs qui reposent sur ses épaulettes à la vision de la pochette d’« Address the Nation ». Le personnage est mis directement en avant. Le reste du groupe se maintiendrait plus à l’écart. On sait dès lors qu’il devra endosser toutes les responsabilités, prendre toutes les balles. Ce n’est pourtant pas à lui qu’incombe le méchant plagiat de « Lay Your Hands on Me » de « Bon Jovi » sur l’entame du tout premier titre, « Breaking the Silence ». On précise ainsi, s’il fallait en douter, où « H.E.A.T » puise précisément son inspiration, en plus d’« Europe ». Néanmoins le titre reste intéressant, porté vers le haut par la puissance vocale du prodige Erik. Le petit bleu se révèle un fin combattant. On aurait pas de mal à l’associer à Johnny Gioeli au timbre sur un morceau particulièrement mordant et dynamique comme « Better off Alone ». Le hard FM y prend une dimension percutante, mettant en première ligne les coups appuyés de la batterie de Crash. La puissance est de nouveau au rendez-vous mais dans un style volontiers impertinent propre au hair metal et à « Mötley Crüe » sur un claquant mais assez redondant « It’s All about Tonight ».

Comme cela avait été le cas pour les précédents albums, le groupe ré-exploite un style très années 80. « Address the Nation » pousse néanmoins un chouia plus à la diversité, délivrant plusieurs facettes à son hard FM. En plus des quelques titres cogneurs précédemment abordés, d’autres s’inscrivent dans la tradition du genre en introduisant les sonorités enjouées et captivantes du synthétiseur. C’est le cas avec « Living on the Run », qui respire véritablement la joie de vivre par ses impulsions vivifiantes. Le chant contribue indéniablement à cette vitalité. Ce n’est pas le kitchesque « Need Her » qui va nous contredire. Encore un morceau entêtant pourvu en simplicité et en excentricité. Ce qui est compliqué ne parait pas forcément le plus plaisant. De même, « Downtown » se contenterait d’un rythme uniforme et continu tout le long de la piste, d’une mise en haleine permanente agrémentée de menus sursauts. Pourtant, ça marche. Le tout est cohérent et parvient à captiver notre attention. L’extraordinaire qualité de la production, signée par Tobias Lindell, producteur ayant déjà travaillé pour le compte d‘« Europe » et de « Mustasch » , apporte une aide conséquente au produit.

L’impact sonore sera déterminant pour l’hymne « Heartbreaker ». En effet, le titre repose sur le fondement solide incarné par la batterie en mode cassage de cailloux. La cadence qui est maintenu permet aux autres intervenants plus de liberté d’expression et une base forte sur lequel se reposer. Sur « Falling Down » la batterie offre un peu plus de distance, mais reste froidement alignée à sa mission d’impulser le morceau. Ce plus grand espace accordé se familiariserait davantage à une musique plus posée, à mid tempo. Ce qui d’ailleurs le cas avec ce présent titre, nous ramenant plusieurs décennies en arrière et de l’autre côté de l’Atlantique, dans l’AOR américain des années 80. Ce genre ré-accaparé par la formation lui donnerait des ailes au point que celui-ci tenterait l’introduction du saxophone sur « In and Out the Trouble ». « H.E.A.T » n’a pas crainte d’apparaître vieux jeu. La ballade « The One and Only » n’est pas non plus un exercice de grande originalité. Le chant langoureux d‘Erik, accompagné du rythme slow et des chœurs féminins sur le refrain, ne fileront pas des cheveux blancs aux quinquagénaires amateurs du genre. Ils ne feront pas non plus pousser des poils pubiens aux jeunots. Mais, en règle général, figurant entre quelques bons hits, on saura s’en contenter.

Personne n’est irremplaçable. On avait juré que le chanteur Kenny Leckremo l’était. Force est d’admettre aujourd’hui que son remplaçant a su l’éclipser sans grande difficulté. La bleusaille sait faire comme les anciens et presque mieux que les anciens. « H.E.A.T » c’est désormais Erik Grönwall et consorts tant le jeune vocaliste se démarque sur l’album. Bien entendu, les musiciens ne déméritent pas. Toutefois l’écart entre eux est existant. On remarque plus ce chant s’accommodant imperturbablement de tous styles et d’humeurs, que cette musique qui, bien que pimpante de mille feux, n’ose pas vraiment inventer ou bousculer le genre. Peut-être que je suis trop pessimiste à leur encontre. Certains répondront bien que c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes. L’argument est valable, puisque le groupe n’a pas vocation ou prétention de faire de l’originalité son credo. Nous admettrons au moins communément l’excellent choix du nouveau chanteur et le pari osé du recrutement d’un jeune peu expérimenté plutôt callé dans la musique pop. En l’espace d’un album, celui qui a pris la suite de Kenny Leckremo est devenu un autre membre irremplaçable.

15/20

 

 

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