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3164Razorwyre : Another Dimension

posted by admin on octobre 28th, 2012

Razorwyre : Another DimensionLe heavy revival est un phénomène qui fait désormais le tour du monde, gagnant même le continent austral et la lointaine Nouvelle-Zélande. C’est dans ce pays que nait « Razorwyre » de la complicité entre les guitaristes Chris Calavrias et James Murray en 2008, tous deux passionnés du heavy metal des années 80. Le groupe commence véritablement à jouer avec un line up complet l’année suivante sous le nom « Gaywyre ». Ils ne tarderont pas à reprendre ensuite le nom initial « Razorwyre ». Le label français Infernö Records éditera leur démo-cassette « Coming Out » et jettera son dévolu sur cette formation prometteuse en étant choisi pour la production du premier album de « Razorwyre ». Plus influencés par la culture américaine qu’européenne, comme c’est souvent le cas chez les néo-zélandais et leurs voisins australiens, le heavy revival de « Razorwyre » se teinte de thrash metal. « Another Dimension » n’est donc pas une œuvre nostalgique. Ce serait une réutilisation de quelques vieux matériaux dans le but de créer une machine mortelle.

Le paradoxe pour une œuvre définie comme heavy metal, c’est d’ouvrir avec un titre au thrash metal particulièrement acéré. Ainsi « The Conjuror » impose un rythme et un jeu électrisant dans le pur style thrash metal des années 80. Cependant, ce style est parfois accompagné de quelques riffs maideniens, notamment sur le milieu de piste. Autre morceau s’inscrivant dans le fin mélange entre thrash et heavy, « Desert Infernö » se démarque par sa rythmique à la fois salvée et compressée. On croirait avoir à écouter du « Agent Steel », d’autant que le chanteur Z Chylde pousse des aiguës comme John Cyriis le faisait autrefois. Etrange d’ailleurs car celui-ci n’utilise son instrument vocal de cette façon que pour ces titres à dominance thrash metal. Pour le reste sa voix est beaucoup plus posée, voire très banale.

Z Chylde connaitra quelques difficultés pour articuler son chant. Sur l’étourdissant heavy speed « Knights of Fire », celui-ci peine à nous convaincre. Il se montrera même totalement dépassé par le rythme soutenu conjugué des guitares et de la batterie sur « Speed Warrior ». Il ne prend véritablement ses marques que quand les instruments lui laissent de la marge, comme c’est le cas avec le mid tempo « Hangman’s Noose ». On reprocherait à ce dernier morceau très maidenien sa linéarité et son manque de dynamisme. « Nightblade »et le court instrumental « The Infinite » feront songer eux aussi à « Iron Maiden », et le fort enthousiasme inhérent suit la lignée des « Katana » et autres formations de heavy revival fans des maîtres britanniques. Attention, car quand on révèle une allégeance à « Iron Maiden » dans une groupe de revival, l’ombre du concurrent « Judas Priest » n’est pas placé bien loin.

« Judas Priest » aura influencé avec certitude des titres plus alambiqués comme « Fight or be Fucked ». Dommage que le chant soit moyennement inspiré et que la longueur finisse par rendre le morceau redondant, car l’alternance rythmique des guitares enrichissait la piste. « Another Dimension of Hell » bénéficie également des riffs tranchants et assurés qui font toute la personnalité du groupe de Glenn Tipton. Encore une fois le chant peu motivant de Z Chylde ainsi que la trainée en longueur feront perdre à l’auditeur le fil et l’intérêt. « Razorwyre » saura relever son niveau sur des titres plus courts et énergiques, à l’instar de l’excentrique « Wind Caller », qui laisse la part belle aux grattes sur sa seconde moitié de piste. La performance du duo Calavrias/Murray est le point fort de cette jeune formation. Ils nous maintiennent aisément en haleine et parviennent à enchainer des mélodies très habiles. Malgré tout, ils doivent se frayer un chemin dans des compositions parfois poussives et hasardeuses. « The Fort » nous en dévoile d’ailleurs un parfait exemple. Les guitares y donneraient trop l’impression de faire front en luttant contre la batterie et le chant qui ont pour effet de plomber le son.

Un album mi-figue, mi-raisin. Ce n’est pas du pain sec, mais ce n’est pas du caviar non plus. Cet ouvrage qui n’est pas à proprement parler à 100% heavy metal, et qui pourrait donc se distinguer du florilège de formations de heavy revival en activité, n’offre pourtant rien d’inédit. Rien qui nous laisserait entrevoir « Razorwyre » comme rival potentiel de « Skull Fist » ou de « Holy Grail ». On se réjouira cependant de découvrir une scène heavy metal en ébullition et vaillante dans ce très lointain pays. « Razorwyre » devra se libérer de quelques chaînes avant de passer à l’offensive.

13/20

 

 

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