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3441Skyclad : Tracks from the Wilderness

posted by admin on février 28th, 2013

Skyclad : Tracks from the WildernessEn 1991, la formation britannique « Skyclad » révolutionne le monde du metal et incorporant une musique traditionnelle originaire de leurs îles. Pourtant leur première œuvre, « The Wayward Sons of Mother Earth », réside essentiellement dans un heavy thrash sans compromis, héritage croisé des formations « Sabbat » et « Satan » dont sont respectivement issus les deux fondateurs. Va s’en suivre assez logiquement une tournée, de même que l’élaboration de nouveaux morceaux. C’est ainsi que l’EP « Tracks from the Wilderness » voit le jour. Celui-ci se compose en deux parties distinctes. Sur la première partie figure trois nouveaux morceaux enregistrés dans les studios Lynx de Newcastle. La seconde partie, la face B si on l’estime en tant que support vinyle, comprend trois titres pris durant le Dynamo Festival d’Eindhoven, en juin 1991. Ce mini-volume n’a pas vocation à être ou à devenir un chef d’œuvre. C’est une illustration du penchant d’alors de « Skyclad » d’aller vers un folk metal de plus en plus affirmé.

De plus en plus affirmé, mais loin d’être majoritaire cependant. Il ne serait pas aisé d’affirmer la pièce en question comme une authentique œuvre folk metal. Le heavy et surtout le thrash ont encore une place prépondérante dans la musique du combo comme l’atteste notamment un bien nerveux « When All Else Fails ». Pour le coup « Skyclad » y joue un thrash metal rudement bâti, reposant sur un riffing saccadé et écrasant, parsemé de quelques passages incendiaires. « A Room Next Door » est bien plus sage en comparaison. Ce dit-titre s’ouvre et se ferme sur une guitare acoustique mélancolique, surplombé par un rythme pesant et un chant plein de gravité. À l’intérieur de ce cadre, s’affirme en à peine une minute, soit tout au plus un quart de la piste, un heavy metal étriqué, sec avec des riffs hachés. Le contre-pied de la sinistrose ambiante qui domine alors ce morceau. Jusque-là pas de folk metal. Il faudra pour cela se pencher sur le premier titre qui viendra à nos oreilles, c’est-à-dire la reprise faite d’« Emerald » de « Thin Lizzy ». On comprend tout de suite alors la signification du trèfle à quatre feuilles sur la pochette de l’EP. Cette reprise, où contribue d’ailleurs Brian Robertson, un des membres historiques de « Thin Lizzy », est plus qu’un hommage rendu au mythique groupe irlandais. C’est un hommage aux traditions et à la musique de l’Irlande. Le violoniste Fritha Jenkins s’illustre de la plus belle des manières, reprenant de son instrument des airs celtiques qui nous ramènent à de vertes collines herbeuses.

Pour ce qui est des titres live, à présent, un seul est tiré de l’album précédent. Il s’agit du titre magistral « Skyclad ». Les deux autres paraîtront sur le second opus à venir, « A Burnt Offering for the Bone Idol ». Que ce soit avec le folk et saccadé « Spinning Jenny » ou avec l’excellent et mouvementé heavy/thrah sur « The Declaration of Indifference », le groupe impose un son puissant. Le jeu endiablé de la batterie et des guitares ont pour effet de couvrir un chant pourtant violent et quasi-aboyé de sir Martin Walkyier, qui ne démérite aucunement et qui a déjà initié à la puissance sonore lorsqu’il avait chanté avec son ancien groupe « Sabbat ». Il se montre en tout cas très complice avec son public. La téméraire formation britannique « Skyclad » est en train de semer dans une terre vierge.

On sait maintenant, que ce que le groupe anglais avait semé à cette époque, a ensuite germé et colonisé de nouvelles terres. Au commencement des années 90, « Skyclad » fait sa révolution pépinière. Le folk metal l’inspire de plus en plus, elle n’hésitera plus à évoluer et à teinter son metal d’une musique traditionnelle celtique.

Down from the glen came the marching men

With their shields and their swords

To fight the fight they believed to be right

Overthrow the overlords

15/20

 

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