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3567Highway (FRA) : United States of Rock ‘n’ Roll

posted by admin on juin 2nd, 2013

Highway (FRA) : United States of Rock 'n' RollC’est aux Etats-Unis d’Amérique qu’a pris naissance le rock n’ roll durant les années 50, point de rencontre entre le blues de la communauté noire et la musique country de la communauté blanche. Il a depuis fait des petits et gagné d’autres horizons. A notre époque, il n’est plus du tout exotique que de voir un groupe français reprendre cette musique estampillée US. Pour valeureux exemple nous avons les sétois de « Highway » ; un groupe formé en 2000 par les frères Ben (guitare) et Romain Chambert (batterie) qui en plus d’avoir participé et remporté des tremplin rock, tourné avec des formations de prestiges telles « Gotthard » ou « Crucified Barbara », se retrouve avec un catalogue de trois opus. Le dernier en date, « United States of Rock n’ Roll », enregistré et édité en 2011, est annoncé comme le disque le plus abouti de la formation. Il est vrai que le produit n’a rien à envier aux productions américaines.

La première approche est un peu distante. « Became Someone » révèle de bonnes proportions hard rock, mais aussi une certaine redondance. A noter que le chant de Benjamin Folch nous rappellerait celui d’un certain Dexter Holland de « The Offspring ». Mêmes appréhensions pour « I Like It », dans un registre plus bluesy cette fois. On devine à l’entame, quoiqu’un peu effacée, que le groupe c’est inspiré du fameux riff d’« Enter Sandman » de « Metallica ». Nous verrons « Highway » rebondir aussitôt, plus ventru et affermi. Il est dommage en revanche que les chœurs du refrain fassent retomber l’envoutement produit. Nous irons encore plus profondément et plus efficacement dans la musique blues avec « Freedom ». Une ballade, un excellent titre. Un léger accent groove se dévoile sur un refrain puissant s’inscrivant dans l’héritage d’ « AC-DC », mais pas seulement. Bien différente en tout cas de l’autre ballade blues, plus américaine cette fois, « On My Knees ». C’est l’acoustique qui est ici privilégié. Et avec un soupçon d’harmonica on pourrait se croire en tenue de cow-boys, accompagnant les troupeaux au pâturage.

Les influences ne sont pas clairement démarquées chez « Highway ». Ils ont le grand mérite d’en insérer plusieurs. Les plus dominantes étant les éternels californiens « Van Halen » et « Guns N’ Roses ». L’incontournable « AC-DC » n’est pas en reste. Et comme l’a prouvé ultérieurement « Freedom », nos sétois auront sans doute puisé du côté des australiens pour créer le dynamique « Highway O’Love », ou du moins son riffing très marquant. Un titre vraiment bien fichu avec un chanteur bluffant au front. Il démontre toute sa performance et son timbre chaleureux également sur un titre reposant sur une fibre percutante stylée années 80 ; sympathique, peut-être un brin trop long. Plus convaincant que le curieux « Breath of Life ». Curieux, car son entame est constitué de cris furieux, lointains, dans un univers clos. On pourra y voir l’univers carcéral ou un asile psychiatrique. Le hard rock qui va suivre ne s’inscrit pas trop dans cette optique, même si on décèle un certain malaise. Le jeu haché ne donnera que des perspectives moyennes et la seconde voix se révèle assez inconfortable. L’expérience n’est pas ici convaincante.

Il faudra s’atteler à des titres ayant davantage de tonus comme « Mr King Size » ou l’impétueux « Leave Me Alone », pour retrouver le sourire. L’un aguichera pour sa fermeté et ses contours « Guns N’ Roses », l’autre pour son rythme déchainé. La virilité de ces deux morceaux ne s’engagera pas à la même vitesse. Si « Leave Me Alone » est le plus fougueux et le plus décomplexé, « Mr King Size » offre lui du mordant et des coups. L’ambiguë « Hey Man » serait une adjonction des deux. Dans une moindre mesure qualitative cependant, car le chant ne se montre pas dans son plus beau jour et la musique semblerait se morfondre, si on fait toutefois exception du superbe riff d’entrée qui fera quelques incrustations ravissantes par la suite. La formation peut se targuer d’avoir un guitariste émérite en son sein.

« Highway » ne se contente pas de véhiculer toutes ces images que nous avons de l’Amérique à travers des photos ; la route 66, les enseignes éclatantes et tapageuses de Las Vegas, les buildings rectilignes de New-York, ect… En fait, le groupe est arrivé à transcender ces images dans sa propre musique. Chose que beaucoup de groupes français de hard rock souhaiteraient concrétiser, sans pouvoir le reproduire fidèlement, et à des niveaux différents. Non assujetti à ces complexes « Highway » a une route à prendre. Aux Etats-Unis bien sûr. Cette route nous la parcourrons avec eux grâce à « United States of Rock n’ Roll » jusqu’au prochain motel.

14/20

 

 

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