chroniques et interviews metal

4362Rampart : Zavera

posted by alonewithl on juillet 24th, 2014

Rampart : ZaveraAprès nous avoir complétement désenchanté suite aux sorties communes de l’ep « A Tale to Cold » et « War Behest » en 2012, la formation de Maria Doychinova se décide en l’année 2013 à délivrer un album entièrement en langue bulgare et intégrant de nouvelles compositions, mais aussi des pistes de leurs anciens forfaits, remises au goût du jour, si on peut dire comme ça. Mon problème, c’est que la traduction proposée des titres ne s’attache à rien de similaire dans la discographie, et le livret, tout écrit en cyrillique, n’est pas là pour aider les sujets non-bulgares. Malgré l’enquête, peu d’informations instructives circulent à ce propos. Le plus intriguant a été de voir créditer le nom du bassiste Alexander Spiridonov sur l’opus, alors qu’il ne faisait plus théoriquement parti du line-up depuis 2011. Bien entendu, il n’y a rien nous indiquant la datation de l’enregistrement de ce « Zavera ». On peut apprendre par contre qu’il s’agit d’une autoproduction via la boîte Metal Industries, montée de toute pièce pour l’occasion. Et que Maria Doychinova est l’auteure de l’artwork du volume. « Zavera » nous pose plus de questions qu’il ne fournit de réponses. Nous adorons tous les contrariétés…

L’album contient exactement trois nouvelles compositions, dont l’introduction qui est une entrée en douceur à la guitare électrique. Il est dommage que la mélodie produite soit si dissonante. Vraisemblablement, ce serait la basse qui viendrait jouer ici les perturbateurs. « Vlast » et « Dekemvri » sont compris dans ces nouvelles chansons de « Rampart ». La première des deux s’illustrant dans un speed nerveux au premier abord, avant que le rythme ne choisisse de s’étouffer. « Dekemvri » n’est pas mieux loti. Il s’agit là plutôt d’une ballade, mais d’une ballade assez barbante et bien trop longue. La basse se fait encore remarquer par sa traitrise et ses grésillements maladroits. Seul un solo influencé par le power metal de « Helloween » permet de bonifier la chose sur le dernier tiers piste. On ne remerciera jamais assez Victor Georgiev pour ses excellentes sorties solo.

On peut avoir un très bon exemple de prouesses guitaristiques sur « Katartikon » à la fibre très power metal. Le titre est dans ce que l’ouvrage peut offrir de plus survolté et de plus additif. Il s’impose radicalement face à des titres au heavy metal plus classique et redondant comme « Propast », ou encore au duo « Zhrebii? » et « Bez okovi » qui tentent d’imiter un heavy speed à l’allemande. Les riffs compressés et répétitifs font ici office de remplissage. C’est bien loin de la fougue et du plaisir procuré par un album comme « Voice of the Wilderness », qui reste le chef d’œuvre de la formation bulgare. On risque malheureusement de l’aborder à travers l’horrible reprise de « Warriors », titre emblématique de ce premier album et du groupe, à travers « Voi?ska ».

A écouter les nombreuses hésitations, les chœurs si peu convaincus et les grésillements dégueulasses de la basse sur ce divin morceau, on peut parler sans manière de terrorisme pur et dur. Pour dire le crash du MH 17 au-dessus de l’Ukraine m’a fait moins d’effet. La version bulgare de « Metal Spell », « M?lnii », offre en comparaison un résultat plus satisfaisant, retransmettant tout le répondant du titre original. « Grad?t » est également une reprise, mais d’une autre formation cette fois. Le morceau tient son origine du groupe pionnier dans le heavy metal bulgare, « Era » (à ne pas confondre avec le projet d’Éric Lévi). Son auteur, Lyubomir Malkovski, le réinterprétera avec son autre formation « Er Malak ». Le titre s’intéresse à la ville, voilà pourquoi on entend les bruits d’une activité citadine, jusqu’à entrer dans le vif du sujet et d’entendre un heavy metal plus original, notamment pour son appui aux claviers. On note pour ce « Grad?t » (signifiant « La cité » en français) un exercice d’accès bonne facture de la part de « Rampart ».

Un disque qui reprend d’anciennes compositions du groupe, voire d’un autre groupe, en langue bulgare, vise avant tout un public bulgare. « Rampart » ne s’est peut-être pas imaginé qu’il serait possible pour des fans de l’extérieur de s’intéresser à l’ouvrage. Ceux-là ne bénéficient pas suffisamment de véritables informations sur le produit et ne comprendront pas pourquoi certaines traductions de titres et de textes en bulgare ne les amènent à rien de connu dans la discographie du groupe, malgré les indications véhiculées çà et là comme quoi il s’agirait de redites pour certaines. Heureusement les morceaux « Warriors » et « Metal Spell » peuvent être de suite interpelés. Les nouvelles compositions ne nous révèlent rien de véritablement extra pour l’avenir. Non ! Vraiment ! Il y a des questions que l’on n’a parfois pas envie de se poser.

11/20

 

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