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4453Iron Command : Play It Loud

posted by alonewithl on octobre 18th, 2014

Iron Command : Play It LoudLe heavy metal pur et classique a la côte en ce moment. Ce n’est pas à vous que je vais l’apprendre. Et même en Amérique latine où cela devient un vrai phénomène. Les groupes de heavy revival commencent à pulluler dans ce jeune continent, plus en phase avec un metal authentique. C’est aussi le cas pour la Colombie et de sa ville de Medellin, qui voit émerger en 2011 une formation dominée par des femmes, du moins trois femmes pour deux hommes. Ils se sont rompus dans un premier temps à reprendre des chansons de « Deep Purple », de « Rainbow », ou de « Judas Priest », avant de se lancer dans leurs propres compositions. Ces derniers vont les emmener à enregistrer l’album « Play It Loud », volume suintant de classicisme et de simplicité.

L’opus ouvre sur le heavy speed déchainé et fougueux du titre « Iron Command ». On aurait pu croire que cette frénésie serait de mise tout le long de l’album. Ce qui n’est pas le cas. A bien réfléchir cet extrait survitaminé aurait pu tendre à quelque chose de plus mémorable s’il y avait eu une certaine part de subtilité. Car à dire vrai, même puissant ce genre de heavy speed est assez banal et manque d’inventivité pour sortir du lot. Le chant de Paola est assez fidèle à l’esprit heavy metal à l’ancienne véhiculé par la formation. Du moins, il s’avère efficace sur les morceaux heavy speed de l’album, tels le hargneux mais répétitif « Power Abuse » ou encore un « Sentence » particulièrement impulsif, qui doit un grande part de sa réussite à ses riffs nerveux et à l’ampleur rythmique atteinte par moments. « Persecution » marque une exception. Le chant y est là quelque peu amorphe face à la puissance électrique jubilatoire affichée par les guitares. Tant d’énergie gâchée.

On se rend compte très vite de la sobriété musicale affichée. Même pour du heavy traditionnel, les colombiens ne font pas beaucoup étalage de richesse. Les guitares se perdent parfois à prolonger les mêmes riffs. On tient ainsi le sommet de la redondance avec un morceau mid tempo tout ce qu’il y a de plus basique comme « Rock the Night ». Curieusement, le chant s’y montre un peu plus fluide, dû à la passivité des instruments, batterie en tête. La batterie se révèle assez décevante et sans relief sur bon nombre de titres de l’opus. Elle aurait pu par exemple donner plus de profondeur à « Into the Fire », un titre qui s’identifie là à un style propre au NWOBHM avec des riffing tranchant par à-coups. Quand le groupe s’attaque à un heavy metal tout ce qu’il y a de plus commun, le manque de réactivité devient criant.

Le groupe se ressaisit toutefois en ajoutant un soupçon de rock n’ roll à ses compositions, une énergie brute et séduisante. On ne le retient à peine sur « The Years of Decay », proposant un heavy massif maintenant par un riffing continu et salvé ; il est davantage présent sur « Rush Slaves », étonnement diversifié et livrant plus de liberté aux guitares, qui ne se font pas prier pour nous foudroyer de leurs enchainements endiablés. Sans surprise, le gain de subtilité donne de l’entrain au morceau. Là où la fibre rock n’ roll est omniprésente c’est sur le titre éponyme « Play It Loud ». Hormis la platitude offerte par la batterie, ce titre dispose des ingrédients pour faire bouger l’auditeur. Même si j’en conviens, il n’y a rien d’extraordinaire. On pourra néanmoins retrouver ici le plus long solo de l’album. Pas un solo excessif à l’ordinaire, bien au contraire. C’est juste que les occasions où l’on révèle ainsi des sorties techniques sont rares.

Il n’est pas du tout sûr qu’« Iron Command » soit amené à ébranler les rangs du heavy metal revival, même pas pour ce qui concerne le sous-continent sud-américain. En fait, leur musique joue les faux-semblants. Ça n’a rien de proprement original, ça n’a carrément rien d’inventif. Du heavy metal comme on en trouve désormais à foison. Le petit plus d’ « Iron Command » est d’être constitué pour la majorité de femmes, pour le reste ce sera perdu au milieu de tout ce qui se fait actuellement dans le genre. Bien qu’énergiques et parfois entrainants au premier abord, les morceaux sont répétitifs, techniquement limités. A leur décharge, « Play It Loud » est une auto-production, la première à leur actif. Le groupe de Medellin aurait beaucoup à gagner à ne pas s’accorder de riffs aussi monotones et poussés jusqu’à l’usure, d’une simplicité frôlant trop souvent la banalité et l’ennui. Au lieu de vouloir jouer à fond, il serait crucial pour eux d’enrichir leur palette.

12/20

 

 

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